‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 63 sur 120 · CT · texte numérisé non relu

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les Gaule», ce fui d'eui prindpsleinent qu'il »« Henrit, à ce qu'on msui'c, pour approvlHonner rintérieur du pays. Cette assertion ne uou» semble nullement téméraire : on sait, en effet, que les marins du Poitou, et particulièrement ceux de Pagut fiiorttnsù, employés, dès le règne de Domitieii, au déchargement des dentées de l'empire, s'étaient rais à traQquer pour leur propre compte, et allaient échanger chez les Bretons du vin, du sel, du cuivre et des ouvrages de poterie, contre les blés, l'or, l'argent, le fer, les cuirs, les chiens de chasse et les bestiaux des insulaires.

Enfin, dans les premières années dn vr siècle, une révolution physique vint favoriser l'esprit de plus en plus entreprenant des hardis pécheurs du bourg assis sur les deux collines, lequel avait probablement acquis quelque importance et faisait sans aucun doute partie du pagut iSiortensit, sans que nous puissions indiquer quel était son nom. La mer se retira des marais du Bas-Poitou; le territoire où s'étendait le golfe fut entièrement mis i découvert aux environs de Maillezais, et l'on vit se dessiner le cours de la Üèvre à peu près tel qu'il existe aujourd'hui , depuis sa source, située à douze kilomètres au sud de Saint-Maixent, jusqu'à son embouchure dans le Pertuis-Breton , au-dessous de la polite ville de Marans où elle se jette dans l'Océan. Les principaux habitants du Niorlais s'empressèrent de proGter d'un événement aussi avantageux au commerce ; la population du bourg s'accrut avéc rapidité, et suivant l'usage adopté, dès le v’ siècle, parles peviples de la Gaule d'imposer à leur capitale le nom même de leur confédération , la nouvelle cité fut appelée par eux Morlutn (Mort).

Au IX* siècle, les pirateries des. Normands paralysèrent un moment l'essor de l'industrie niortaise. Bientôt, toutefois, de nombreux châteaux s'élevèrent à l'erabouchuie de la Sèvre , et une épaisse muraille crénelée protégea la ville ellemême contre leurs incursions. Après quelques tentatives, renouvelées dans le cours du XI* siècle et au commencement du xii', les Normands cessèrent de diriger leurs attaques contre une forteresse qu'ils jugeaient inexpugnable. C’est pourtant à celte époque (tlOk), que la Chronique de Maillezais rapporte l'inceudie du premier château de Niort; mais elle ne dit point si ce furent les Normands qui y mirent le feu. Quoi qu'il en soit, soiAal'administration paternelle des comtes de Poitou, Niort devint l'entrepôt général des marchandises de la province et de l'étranger, et atteignit promptement à un tel degré de fortune et de gloire, que ses habitants n'eurent plus rien à envier à ceux de Poitiers sa rivale. En 1 109, Robert d'Arbrisselle visita leur cité : ses prédications y curent le plus grand succès, et il y recueillit d'abondantes aumônes pour son couvent de Fontevrault.

Un des premiers soins de Henri II, roi d'Angleterre, dès que son mariage avec Ëléonore d'Aquitaine eut fait passer le Poitou sous sa domination, fut d« reconstruire le château de Niort, plus près de la rivière, vis-à-vis d'un fort (/« Port Foucault), qu'il ordonna de bâtir dans une Ile de la Sèvre, et où fut établi un moulin pour que la garnison ne se trouvât jamais au dépourvu, en cas de siège : ce bâtiment fut relié au château par un pont de bois, long de quarante pieds , sur lequel s'abattait de chaque côté le pont-levis des deux forteresses. Un autre pont faisait communiquer, au nord-ouest , le fort Foucault avec la rjve gauche de la Sèvre ; deux grosses tours en défendaient les abords : c'est par là

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‘ qne des renforts arrivaient au château et que la (.'arnisun faisait ses sorties (tlS8).

Après la mort de Henri et de son deuxième fils , Richard-Cœnr-de-Liuii , Éléonore, étant rentrée dans ses biens patrimoiiinux de la Guienne et du Poitou (1199), les Niortais, dont elle était adorée, saluèrent son retour avec enthousiasme. Cette même année , Éléonore data du château de Mort deux chartes en faveur de Poitiers, et une autre charte de commune qu'elle accorda aux habitants de Rochelle. En 1201, année de sa mort, selon le calendrier d'Aquitaine , et 1203-, selon le calendrier de France ' , la duchesse-reine voulant récompenser les Niortais de tous les témoignages d'affection qu'elle en avait reçus, leur octroya des privilèges de franche commune , par une charte datée de l'abbaye de Fontcvrault. Ce diplôme ne fut, d'aillenrs, que la confirmation, que l'extension d'une charte de bourgeoisie possédée par eux , antérieurement à l'année 120t ; Alienor, f)ei gracid , regina Àngliœ , iluciiia flionnaniœ et Aquitaniœ, eonceuimiis ut burgenses uostri de fiiorto faciunt et habeant communiant tn villd tuâ de Niorto, eunt omnibus Ubertatibus et liberia consuetudinibu* attia ad communiam sunm pei tinentibua. Sous le régime de bourgeoisie, les Niortais étaient gouvernés, quoique libres, par un prévôt , comme du temps des Romains ; sous celui de franche-commune,'ils eurent le droit de n'ètre gouvernés, au civil et au criminel, que par des magistrats de leur choix. La cliarte d'Ëléonore existe encore aujourd'hui dans les archives de la mairie de Niort ; son portrait, suspendu dans une salle de l'hôtel de ville, an avant de tons ceux des rois de France et des princes du sang de la troisième race, y est demeuré jusqu'à la révolution de 1789, et le corps municipal n’a cessé de payer qu'à cette époque, au curé de la paroisse de Saint-André, une rente de trois iivres d'argent, appelée le legs de la reine Alienor. Les Niortais, reconnaissants, conservèrent, du reste, au fds de leur souveraine, Jean-sans-Terre, une fidélité inébranlable. Philippe-Auguste essaya vainement de les séduire en conrirmant et augmentant leurs privilèges. Ce ne fut qu'en 122’» , le 15 juillet , sous le règne de Louis VllI, lorsque ce prince, pour punir Henri III d'Angleterre de n'ètre point venu lui rendre hommage en personne, eut confisqué tous ses fiefs du continent, que Niort, où commandait Savary de Mauléon, sénéchal d'Aquitaine, ouvrit ses portes au roi de France, après un siège de plus de quarante jours.

De Louis VIH à Philippe de Valois , les Niortais ne jouèrent aucun rôle dans lés divers événements, assez considérables, dont le Poitou fut le tliéàtre. Ils s'attachèrent à leurs nouveaux maîtres , en mémoire de la reine Blanche , petite-fille d'Ëléonore, et jouirent pendant toute cette période d'une paix profonde. Le frère de saint Louis, Alphonse, comte de Poitiers , leur demanda, en 1249, ainsi qu'aux habitants des autres villes du pays, on subside de quatre sous par feu, pour t'aider à cx|Hilser entièrement les juifs de son comté. En 1316, Philippe-le-Long donna leur cité et baronnie à son frère Charles, depuis Charles-le-Bel, en accroisaement d’apanage, avec les terres de Hontmorillon , Fontenay et autres, situées en Poitou. Leurs privilèges avaient été confirmé, en 1230, par saint Louis ; en 1285, un édit de l'abbé de Saint-Denis et du maréchal de Clermont, lieutenans-

1. CeUe difrérence esl duitù ce que l'année , au xiii' siècle, eommencail loujours , en Aquiulne, le as du mois de uiirs, Uadii qu'elle ne comuiencaU en France qne le jour de PSques.

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généraux du rovaume, aous Philippc-lc-liardt, déclara libre le port de Niort à Maraiis; eiilin, sur l'ordre de Jean, duc de Normandie et comte de Poitou, copie en forme de tou.s ces titres fut délivrée, en 1311, par le maire de Rouen au maire et aux jun'‘s de Niort, ('.elle particularité est trés-intéressante, en ce sens qu'elle indique pour celte ville des privilèges aussi précieux et aussi éteitdus que ceux de Rouen , siège principal, avec Bordeaux, de la domination anglaise, sous Henri II, Richard-Cœur-de-l.ion , Jean-sans-Terre et Henri III. '

Lorsque, apri's la Bataille de Crecy, les Anglais investirent Niort, (îuichaixl d'Angle, qui commandait dans la place, repoussa le comte de Derby, |>endant trois assauts consécutifs, et le força de décamper dans le plus grand désordre (t3i6). Bientôt, cependant, la désastreuse jouimée de Maupertuis mit tout le 'Poitou sous la loi du Prince Noir ; le traité de Krétigny fut signé, et Jean Cliandos reçut à Niort l'hommage de Jean Senné, maire de cette ville, au nom du roi d'Angleterre, Édouard III (30 septembre I3GI ). Sous le gouvernement du primx; de (ialles, les Niortais furent exemptés du service du guet, ainsi que de toute réparation aux tours et murailles du cliftteau ( I3C7 ). L'année suivante Du Guesclin, fait prisonnier le 3 avril 13G7, à la bataille de Navarette, passa par Niort; Jean Chandos, qui non-seulement avait sollicité sa liberté, mais encore largement contribué à sa rançon, vint en toute hâte à sa l'encdtitrc et l'y accueillit avec autant de cordialité que de magnificence. Ce n'était pas, du reste, la première fois que les Niortais voyaient Du Guesclin dans leurs murs : défait il la liataille d'Anrai, il y avait été déjft conduit, en 13G^, par Chandos lui-méme, son généreux vainqueur.

Les états-généraux de tous les pays placés sous l'obéissance du Prince Noir furent convoqués ii Niort , en 1368 , [lour y voter l'impOt du fouoge, lequel devait être perçu sur toutes les terres et seigneui'ies de sa souveraineté. Le prince, en pei-sonnc, présida l'assemblée composée des prélats et barons du Poitou, de la Saintonge , du Limousin , dn Rouergue et des Hiiutes-Marehes de (îascogne, pai-mi lesquels ligui'aient en première ligne les comtes d’Armogniic , de Comminges et de Péngord, le vicomte de Caiinaing, les sires de la Barre, de Cande et de Pinconict; les députés des cilés et bonnes tilles d’Aquitaine faisaient aussi partie de l'assistance. Le chancelier du prince, Bertrand de Cardillac, prononça une harangue assez adroite , afin d'obtenir l'allocation du subside ; les députés des villes étaient prêts à le voter, loreque soudain de violents murmures éclatèrent sur les bancs on siégeait la noblesse de Gascogne. Le roinlc d'.Armagnac se leva, et rappelant que ses collègues et lui descendaient de ces mêmes hommes qui, ponr échapper à la honte du joug romain, avaient franchi les Pyrénées, et résisté ensuite en Aquitaine à C.hlodwig, Dagobert, Charles- Martel, Pépin et Charlemagne, il demanda la prorogation des états àNiort, dans le but de conférer plus amplement sur l'impOt avec plusieurs évêques, abbés barons et chevaliei-s de Gascogne, dont les résolutions n'étaient [vas encore mûre-

1. Les diplômes de Niort reiiToienI, pour leur auihenticilé, à ceux de Rouen; tandis que mix de Dorde:iu\ renvoient , au contraire, aux diplùim^ de Niort. U y a dans archives munici|Kdcs de Cette ville, dit La Terraudièn\ « un roule en |tarchemin , en latin, onquel est contenu les privilèges et droits appartenant à la mairie, et corps, et collège de Rouen. » {ThrétQr <U fiyort.)

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ment arrêtées. L’assemblée se sépara : le Prince Noir convoqua une autre réunion à Angoulême, et s'y fit accorder le louage à l'insu des opposants. Il a été dit ailleurs que les barons de Gascogne en appelèrent à leur suzerain le roi de France et que la guerre ne tarda point à se rallumer : les Niortais , encouragi’-s par l'exemple de leurs voisins , ne craignirent pas de fermer leurs portes A Kichard d’Évreux et Thomas de Percy, quand ces deux chefs s'y j)rés<Mitèrent à la tête de quatre cents lances et deux cents archers [1360-1.372). Malheureusement Du Guesclin se trouvait alors à Poitiers qu'il venait de surprendre; il ne put accourir A leur aide : la place fut emportée d'assaut , livive aux flammes , et « il y fut occis, dit Froissart, grande foison d'hommes et de femmes. » Mais au mois d'aodt de cette dernière année, une troupe d'Anglais, commandée par Jean d'Évreux , Geoffroy d'Argenton, Aimery de Rochechouart et le capitaine gascon Louis de Jaconvelle, s'étant portée de Niort même, où depuis la reddition de Thouars ils avaient établi leur quartier général, au secours de la ville-forte de Chizé qu'assiégeait le connétable, celui-ci les tailla en pièces, et contraignit la garnison de la place A capituler ; il fit ensuite endosser les casaques des vaincus A ses meilleurs soldats, auxquels il ordonna de marcher en diligence sur Niort. Les Anglais, croyant avoir affaire à leurs propres troupes, revenues victorieuses de l’expédition de Chizé , les refurent'sans défiance dans la ville, qui rentra par ce stratagème sous la domination de la France. Du Guesclin ne tarda point A venir s'assurer du succès de sa ruse, et les habitants prêtèrent entre ses mains seinnent de fidélité A Charles V. La pris*; de Niort détermina la conquête de tout le Poitou. Les Niortais recueillirent bientét de précieux avantages de l'administration de Jean, duc de Berry. Ce prince , faisant droit A leurs doléances, les exempta de tous impôts, tailles , gabelles et auti'es subsides. En HT6, il leur concéda un irapOt perçu sur différentes localités de la province, afin qu'ils pussent creuser un port neuf avec un canal de navigation , non loin des fossés du cliAteau. « Et pour le faire et parfaire » , lisons-nons dans le Thrrsor de Nyort , « il mit sus un certain aide estre levé sur toutes manières de denrées et marchandises, et celles qui passeroient pardevant le port de Sepurca et ès |iays de Boulié, aziré et autres assis ès chastellanies et ressort de Niort » Il les affranchit ensuite du guet et de la garde du château ; il gratifia l'hOtel de ville d'une horloge sonnante, et Ot bâtir dans un terrain varaiit'des halles spacieuses , plus commodes que le vieux marché situé devant les casernes. En IA12 , il accorda au maire et aux échevins les droits d'aide et coutume sur tous les ports de la Sèvre et de la Vendée ; enfin , grâce A quelques franchises, les marchands étrangers furant attirés aux foires de Niort.

Ce nouvel état de prospérité se maintint sans trop de secousses , pendant les guerres qui désolèrent les règnes de Charles Vf et de Charles VU, jusqu'à la misérable échauffourée de la Praguerie (1V40). Les Niortais, mal conseillés,

1. I.C bassin de Niort nVst plus le mùmc aujourd’hui que ciduidii xv« sièide: à culte époque, les baleaui moDlaiont dans le port par sept écluses. Le commerce de la ville ne laissait pas« d'ailleurs , que d'avoir assez d'importance avant U construction du grand bassin par le duc Jean : les ports de la TiAfardière et de Sevreau (Sépufra )«sis à droite et à gauche de la rivière, lui ouvraient «le faciles débouebi's. Les habilanls envoyaient leurs vins daus les Pays-Bas, en vertu d'un privilège obtenu de Jeanne de Flaudre.

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commiront la fante (fembrassor le parti des rebelles : imprudence d'autant plus coupable que Charles VII , n’étant encore que Dauphin et lieutenant du roi en son royaume, s'était montré trés-bienveillant envers eux et avait rétabli leur hôtel des monnaies ayant pour marque un ^rand N devant une petite croix, o Depuis l’an lisons-ifous , elTeclivement, dans un vieux manuscrit, «l’on a fait

monnoie à Bourges, Chinon, Nyort, Fontenay-le-Comte, Parthenay, etc. » Or, l’atiin'-e précitée est l’époque môme du massacre des Armagnac à Paris et de la ruite du Dauphin dans son apanage du Poitou : présomption plus que suIRsante pour faire penser que les Niortais durent cette faveur à un prince qui avait eu tant d’intérét à se concilier les sympathies des Poitevins. Charles VU, d’ailleurs, s'était plu, dans mainte circonstance, à Dxer sa résidence dans leurs murs : en IU8, notamment, au mois de septembre, il avait daté de cette ville des lettres-patentes portant création du parlement de Poitiers; et en li37, il y avait reçu les ambassadeurs de François I", duc de Bretagne , venus pour solliciter son agrément an sujet de la vente que le maréchal de Raiz avait faite à leur maître de la terre de Chantocé et de plusieurs autres seigneuries. Quoi qu’il en soit, le duc d'.Mençon et le sénéchal de Poitou, Jean de I.a Roche, forcés •'d’évacuer Saint-.Maixent, où venait d’entrer Charles VII, revinrent la nuit à Niort où était le Dauphin, que le bâtard de Bourbon et Antoine de Chabannes avaient enlevé du château de Loches. « Ils y trouvèrent, » dit .U. de Sismondi, «Chabannes que le duc de Bourbon leur avait envoyé avec cent vingt lances pour Ira engager à lui amener le Dauphin en Bourbonnais. Alençon le conduisit en elTet à Moulins, tandis que La Roebe demeura chargé de la défense de Niort et des places occupées en Poitou par les soldats de la Praguerie. » Les troupes du connétable de RIchemont réduisirent sans peine la ville à implorer la clémence royale ; mais Charles VII punit les habitants en les dépouillant de tous leurs droits et privilèges '. Il les leur rendit pourtant, le 11 du mois de mai H42, par lettres de rémission datées de Limoges, lesquelles furent confinnées, le V juin U43 ; et en outre, en 144.5, il leur accorda trois foires de trois jours chacune, commençant les 5 février, 6 mai et 30 novembre de chaque année.

Le Dauphin , devenu Louis \l, n’oublia point quels périls avaient affrontés les Niortais pour se dévouer à sa cause. Il les récompensa de cette marque précoce d’affection , en ajoutant à tous leurs anciens privilèges celui de noblesse héréditaire, sans charge aucune de finanee, |iour le maire, les douze échevins et les douze conseillers jurés qui constituaient le corps de ville, et en créant, le même jour, une châtellenie royale à Niort , laquelle devait avoir dans sa juridiction une partie de l'Angoumois. Ces lettres-patentes furent données au château d’Amboise, le 14 novembre 1161 ; Thibaudeau prétend qu'elles sont datées de Niort même. La Chambre des Comptes Ut bien d’abord des dillicultés, en raison de la décharge de linani'e; mais enfin, surlfc Commandement réitéré de Louis XI, elle entérina les lettres de noblesse, tout en réservant les droits de l’État {taiths et aydes)

I. Ce* priviU'ges fPcr>in|)o»aK*nl, entre autre* immunilc**, du droit de juridiction et inventaire, du (Iroii d'exi'niption de lod*et ventes |KHir les ao<iui»itious faites dans ia ville nit^mc, de rexem|>t ion du droit de minage , et du droit exclusif de commerce à l’intérieur des murs , sauf les temps de foire.

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contre tous ceux des récents ennoblis a qui ne sen iroient point aux armées continuellement, quand les nobles du pays seroient mandez de par le roy. » Cette même année (t’iGl), les CordcUers de Mort s'aniliéreiit les maire, échexins, conseillei-s, pairs et bourgeois de la ville; privilège renouvelé, en 15IG, par le provincial de l’ordre, et dont le maire, Cliristoplie Augier, sieur de la Terraudiére, lit imprimer les titres, en t675, dans le recueil des Chartres et concessions royales conservées aux arebixes de la municipalité : preuve incontestable de l’exlréme importance qu'on y attachait encore. En lV7t , une partie dos troupes que le roi, menacé d'une prochaine agression par son frère, Charles, dur. de Guyenne , faisait fder vci's les frontières du duché, prirent leur cantonnement à Niort, sous les ordres de Tannegiiy du CliAtel. Ce capitaine y était encore au rommeneemeiit de l'année suivante, prêt à tenter quelque expédition contre La Itochelle, Saintes ou Saint-Jcan-d'Angély ; mais Louis XI , qui avait entamé des négociations avec le duc de Bourgogne pour conjurer l'orage, a sans estre obligé, » dit dom Lobineau, « de quitter les environs de la Guyenne, avant que d'avoir vd quelle seroit la lin de la maladie de son frère, lui ccrivist du Plcssis-lez-Tours, le 8 de mai, (|u'il estoit d'avis qu'il ne se pressas! point, parce qu'il y avoit apparence que la paix estoit conclue, puisque le duc de Bourgogne n’entreprenoil rien quoique la trêve fust expirée. » Charles VIII, en janvier H83, conlirma les privilèges de Mort ; formalité que renouvelèrent tour è tour ses successeurs, depuis Louis XII jusqu'à Charles IX ( 1’i98-Iü60). En l.'iG."», au retour de son voyage en I.anguedoe , le dernier de ces princes entra en Poitou , où il séjourna , pendant une semaine environ , avec toute sa cour, dans les différentes communes des Deux- .x^évres; il coucha, le 19 sc'ptembre, à Mort, «qui est une bonne et belle ville, première ville de Poictou, » dit Abel Jouan dans sa relation; et au mois d’octobre, étant à Mantes, il créa par lettres-patentes une cour consulafre à Mort, a comme il en existoit dans plusieurs bonnes villes du royaume. » L'industrie des Miortais s'était dés lors ouvert des débouchés sur toutes les places de l’Europe ; aussi leurs magistrats avaient-ils réclamé cotte institution comme indispensable, d'une part , pour régler les transactions elles-mêmes, surtout à l'époque des trois foires royales; de l’autre, pour vider les contestations qui pouvaient surgir entre les parties. Mais bientôt les guerres de religion désolèrent tout le pays d’alentour, et le marché de Mort cessa d’ftre le rendez-vous des négociants et des marchands, Up£|égnicoles qu'étrangers.

Ce fut -sans douté iWtrèmc importance des -intérêts publics et privés engagés dans le commerce , qui empêcha les magistrats et les habitants de se prononcer, dès le comineucement même de la lutte. Au mois de mai 15G2, le comtedu Lude, gouverneur du Poitou , chasiÿé de la capitale de la province par les audacieuses profanations des nouveaux sectaires, se réfugia à Niort, «où il rassembla des compagnies de gendarmerie, menaçant les protestants de ses vengeances. • Vera la lin de 1568, il y avait encore dans la place, où commandait Izi Marrnusse, autrefois lieutenant de la compagnie du comte, une garnison assez forte mais dépourvue de munitions et de vivres. Les réformés, qui depuis longtemps en convoitaient la possession, étant venus l'investir, sous la coiuluitc de l'amiral de Coligny et de son frère d'Andelot , s’en emparèrent sans coup férir, ainsi que de

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la tour de Magné , poste militaire situé à une lieue de distance. La reine de Navarre rejoignit les princes é Niort, au mois de décembre. On recruta des troupes et des ouvrages imposants furent ajoutés aux anciennes fortifications.

Ces travaux , poussés avec la plus grande activité , permirent aux habitants de résister an comte du Lude , quand, profitant du désarroi des calvinistes , après la bataille de Jarnac, il se présenta devant Niort avec sept mille hommes d'infanterie et douie cents chevaux (20 juin 1569). Le capitaine Pluviault, très-renommé par son expérience et sa bravoure, un des héros parmi les vaincus de Jamac, réussit è pénétrer dans la place b la tète de six cents fantassins, et de cent vingt cavaliers. Ce secours inespéré ranima les espérances des protestants, un peu intimidés d'abord par l’arrivée des catholiques. On se battit, des deux cétés, avec tout racharneinciit de l’orgueil, de la vengeance et du fanatisme. Enfin, après avoir fouilroyé la ville avec son artillerie , qui était formidable, et fait brèche partout, principalement à la tour de Pcict et à la tour d'Espingale , sans jamais emporter un .seul pan de muraille d’assaut, le comte de f.ude fut contraint de lever le siège (2 juillet 1569). Cette défense mémorable de Niort est sans contredit une d(‘s époques les plus glorieuses de son histoire. Pluviault et le gouverneur lie la ville, Labrosse, y déployèrent une habileté prodigieuse, une résolution inébrarilalile. I.a comtesse du Lude était au camp pour exciter les troupes ; en vain, dons le délire de sa fureur, promit-elle aux soudards découragés tes bettes /Iles de Niort à discrétion. Les femmes elles-mêmes, les habitants d’ordinaire les plus paisibles et les moins aguerris, rivalisèrent d’ardeur avec les soldats les plus intrépides ; cl l’on vit, en cette occasion , tout ce que l’enthousiasme d’une noble cause peut enfanter de valeur, de constance et de dévouement , dans des émes même énervées et rétrécies par les calculs égoïstes du commerce, lorsque cet en- Ihnnsiasme s'y communique et les échauffe.

Itattu à Moiicimtour, Coligny rallia les débris de son armée à Niort, où s’étaient déjà retirés le jeune prince de Condé et Henri de Navarre. L’amiral y reçut un renfort de cent Anglais portant sur leur drapeau cette devise : Del mihi vicias Jidem. Mais ce n'étoient ni la foi ni le courage qui lui manquaient : il n’avait plus d’argent ni de troupes. Ne se croyant pas en sûreté à Niort, il alla solliciter des secours anpri^ de ses coreligionnaires de Gascogne, tandis que le duc d’Anjou, suivant le conseil des Montmorency , se dirigeait à marches forcées sur la place. Moiiy, l'un des meilleurs officiers de l’amiral, y commandait ; celui-ci , en partant , ne lui avait laissé que peu de monde , savoir : deux régiments d’arquebusiers, soutenus par lespiquiers et les artificiers de la ville. Toutefois, les calvinistes, et les catholiques eui-mémes, s’attendaient à une vigoureuse résistance. Mais dans une sortie faite contre l’avant-garde du duc, Moüy ayant été blessé dangereusement d'un coup de pistolet dans les reins par le traître Maurevel , le même qui plus tard tira un coup d’arquebuse sur l’amiral de Coligny, cet accident jeta la consternation parmi les troupes. Moiiy consentit à se faire transporter à Saint-Julien pour soigner sa blessure; le gouverneur Labrosse évacua la place avec la garnison qu’il conduisit à La Rochelle, et les habitants de Niort furent obligés de se soumettre au duc d’Anjou, qui les traita du reste avec assez de douceur ( 8 octobre 1569 ).

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A pnriir de cette époque, nou!j no sauriuns suivre pas à pas lec/Hirg des événements, si variés, si compliqués, à travers lesquels se déroulent confusément les annales niortaises, pendant une période de div-neuf ans. De décembre Iô69 à décembre t.VtH, ce sont de continuels mouvements de U'oupes aux environs de la ville, dont les cbefs catholiques ont fait le pivot de leui-s opérations , où ils recueillent les garnisons des différentes places tombées au pouvoir des calvinistes et vont toujours cacher leur désappointement après quelque défaite; c’est une svTÎe interminable de marches et de contre-marches, d'alertes , d'embdclies, d'escarmoui-hes, où l'on dépense des deux cétés, presque sans résultat, tout ce que l'expérience la plus consoinim'-e de la guerre peut fournir de ressources ingénieoaes, tout ce que les niirurs du temps comportaient à la fois de brillante bravoure et de froide cruauté. Smdnse, d'Aubigné, Ijinoue, Sainl-tîelais, Beauvais-la-Nocle et Pluviaull, d'une part; de l'autre, I.avardin, .Maliconie, Puygaillard, le capitaine Mercure et ses féroces lanciers italiens, se poursuivent, s'attaquent, s'égorgent, avec un acharnement inouï', une activité infatigable. I.a guerre, rependant, se régularise peu i peu , et le roi de Navarre a en télé Iliron. Précisons quelques faits. Vers la fin de 1.072, le capitaine Saujon, fait ]irisonnier dans une sortie des assiégés de La Kocbclle, est emmené à Niort et enfermé au chétcau; il s’évade, réunit quelques soldats et court en Saintonge s’emparer de Royan. I.annue et Saint-tielais veulent ensuite, et tour à tour, surprendre Niort (juillet I.Î75, février f.OT); mais leur tentative échoue contre la surveillance du comte du Lude et de son frère l’abbé des Châtellicrs. En septembre 1575, le duc d’Alençon, mécontent, s'échappe de la cour: Catherine de .Médicis entame aussitôt des négociations avec le duc, auquel Henri III, pour l’apaiser, accorde Niort parmi le» places de sûreté qu’il demamle. L’année suivante, le roi de Navarre parvient aussi à tromper la vigilance de ses gardiens, et c'est à Niort, non pas à Saumiir, comme l’a dit Thibaudean , en di'-saccord complet sur ce point avec un passage formel des mémoires de d'Aubigné, que le jeune prince eberebe un refuge et rentre solennellement dans le sein de la religion réformée, qu’il n'avait abjurée que des lèvres et par crainte de la mort.

Au mois de janvier 1.57(’>, Henri III confirma les priviliStes des Niortais, leur renouvelant et assurant «le droit de barrage, le dixième sur les vins et les six deniers pour livre de la recette de l’élection. » En 1580, aux Étals-Généraux de Blois, une ordonnance royale maintint pour eux la jaridiction consulaire qu’elle supprimait dans plusieurs autres localités. Enfin , pur lettres patentes <tii 10 janvier 1.581 , le roi, en considération de lenrs bons et loyaux sciviccs, les déclara qtllttes de la somme à laquelle ils avaient été taxés pour leur (piotité de solde de cinquante mille fantassins. Henri III établit, la même année, un présidial A Niort, lequel nefut supprimé, sur les plaintes énergiques des ofiieierade Poitiers, qu’au prix de dix mille livres pour la finance , plus cinq mille livTes (rayées au roi et la création de cinq offices de conseiller au siège présidial du chef-lieu '. La munici|)alité de Niort se composait alors d’un maire, de douie échevins et de

I. Au mois do mil 1589 , Henri lit Iraiisféra X Niort le présidial de Poitiers, (mur piiuir lt« h«biuiils de celle ville, faiiaüsés |ar le maire, Jean Palustre, cl le tjouvcriieur du chtleau, Bois-

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douze comelUers-jurés , assistés de soixante-quinze pairs de la ville, y nHopris le procureur du roi de la commune et le secrétaire , lesquels lormaieal ensemble un collège de cent notables , ainsi qu'il appert de l'uccu el démeuibrentenl de ta bitronie, fait à Henri III, en 1579. Toutes ci» munificences royales indiquent assez clairement que l'esprit des habitants avait changé: non-seulement II» idées de la réfoi'me avaient perdu citez eux toute iniluenec, quoique la moitié de la population fut protestante, en 1573; mais encore, soit amour de la nouveauté, soit atiu de mieux se défendre contre les entreprises des caivinistes, un les avait vus épouser ciiaudement ies passions de la Ligue, et demauder des secours au duc de Mercœur qui leur dépécha de Bretagne quatre-vingts lances avec quelques aixiuebusiers à cheval ( 1585).

£n 1587, au mois de janvier, nous trouvons Catherine de Médicis à Niort. Venue, moins peut-être pour juger de la situation des réformés, en Poitou, que pour contenir les progrès de la Ligue , son caractère l'emporte tout è coup et lu jette dans une voie opposée. Des conférences avaient été ouvertes, à Saint-Bris, avec le roi de Navarre; mais eiles traînaient inutilement en longueur. Catherine, impatiente , public une trêve ; elle s'irrite que le prince , dans la crainte d'un piège, refuse d'y souscrire, et fait massacrer, afin de la rompre , deux régiments calvinistes, cantonnés sans défiance à Maillezais, par les arquebusicia albanais de Niort, espèce de maraudeurs qui infestaient tout le pays d'alciitour, et trafiquaient effrontément de leur butin dans la ville même. Plusieurs prisunniers, souillés de sang el de bouc, les bras lies, les vêtements en lambeaux, sont amenés aux pieds de la reine : elle les renvoie froidement, sans approuver ni blâmer - jpurs bourreaux. Puis elle s'assure d'une escorte et s'éloigne, suivie bientdt de ' ioyeuse, qui, peu satisfait de quelques faibles avantages en Poitou, s'était rendu à Niort et y avait secrètement préparé son départ (tour Paris où il allait prendie le commandement de l'Aruiee redoutable, tlu sait quelle rude leçon reçut à l^outras celte turbulente jeunesse de cour, tout éblouissante d'or, de pierreries, de plumes el de suie, que son présomptueux général s'imaginait cmidiiirc à un triomphe (3ü octohre 1587). 1.0 roi de Navarre ne tarda point à re|K>i1er ses armes victorieuses en Poitou, lo ville de .Niort appartenait toujours aux ligueurs : il résolut de la leur arracher par un coup de main. Deux de ses meilleurs ofiieiers, 8ainl- Gelais et Banques, chargés de l'entreprise, effectuèrent à la tête de -quatre cents arquehusiers et de cent gendarmes, munis d'échelles de corde et de pi'vtards, une |iointc très-audacieuse el très-habile de ce côté, tandis que Malicurne, le gouverneur, les croyait en marche sur Cognac ; et, moitié violence, moitié stupeur, la place fut enlevée dans un combat ou plutôt une algarade nocturne (37-38 déivelllbre 1588). Le roi de Navarre y cntta,le lendemain , avec un corps de cavalerie : il donna un sauf-conduit à Malicoime, foieé de capituler, la veille, dans le château ; il se montra généreux et affable envers les habitants, malgré l'appui que la plu part d'entre eux avaient prêté à la Ligue, se contentant de sévir contre quelques-

8«guin , lie l'avoir :i coii)»» do oanoii , lur^iu'il prostMilô, lo 17, eu vue do lu plui'o.

Henri IV rovoiiua cet acte de vengeauce royale, mais nous u'avons poiul sous les jeux de date précisé.

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nn« des moins traitables, que la voix publique lui désignait d'oillenn comme coupables de malvei'sations criantes ou d'indignes cruautés. Les mémoires de la Ligue parlent cependant de pillage, lequel « se fit piii' les niaisnn«>; mais tellement», ajoutent-ils, « qu'il n’y eut ni meurtre, ni violement de femmes' ou . de niles : si se peut-il dire que cela se passa aillant modérément que la ciituiuv *. stance de l'action, du lieu et des personnes h qui on aioit alfaire le poiivoit permettre. > la; roi de Navarre mit ensuite ses troupes en mouienient vers la (jarnache, dont le duc de N'erei’s avait forroc le siège; mais, étant tombé malade en chemin, il ne put la secourir à temps : la garnison en sortit avec tous les honneurs de la guerre, et battit en retraite sur Mort, qui était redevenu le quartier général des protestants; ils y avaient trouvé un matériel de guerre tout neuf, vingt milliers de poudre et un approvisionnement de blé pour l'entretien de vingt mille hommes pendant deux ans. Les ministres de l’Évangile n'avaieht pas manqué non plus d'accourir, afin de reprendre leur empire sur les habitants de cette ville, un des plus anciens boulevards du calvinisme, puisque l'introduction de la réforme y remontait à l’année 1557, et qu’elle avait été le siège de l’un des premiei's synodes nationaux.

L'avénement de Henri IV affermit les Niorlais dans les sentiments de gratitude que leur avait inspirés l'extrême bienveillance dont ce prince, n'étant que roi de Navarre, avait fait preuve à leur égard : son régne ne fut signalé, du reste, pour la ville de Niort, par aucune particularité bien digne d'intérêt, si ce n’est par la conflrmation des privilèges de la ville (aoiU 1591 ), et par la persévérante sollicitude avec laquelle il s'efforçait d'y ramener la concorde, ainsi que dons toutes les autres cités de France, entre les catholiques et les protestants. Sous lavuis XIII, les troubles fréquents qui agitèrent la régence de Marie de Médicis ne réagirent point sur l'esprit des Niortais : dociles aux sages conseils de leur gouverneur, Jean Baudéan de Parabére, ils ne frempérent dans aucune révolte des princes du sang contre la cour. Leurs privilèges leur avaient été cotiflrmés dans des lettrespatentes du 10 juin 1610, enrégitrées i la Chambre des Comptes et à la Cour des Aides, les 12 août cl .70 septembre suivants , c’esl-A-dirc dés l'ouverture même du nouveau règne. Le culte catholique, restauré dans leurs murs par le feu roi, y ralliait, de jour en jour, à l'unité religieuse toutes les classes de la population. Un des fruits les plus heureux de ce retour aux vieilles croyances fut la fondation d’un couvent des prêtres de l’Oratoire, due aux soins du Niortais Jacques Castaut, ex-curé de Sainte-Marguerite à La Itochelle, et associé de IHerre Bérulle (1612-1617). Néanmoins, lorsque l’exécution de l'édit sur le rétablissement du culte romain et la restitution des biens ecclésiastiques parut aux réformés une menace dirigée contre la liberté de conscience, c'est à Niort que les principaux d’entre eux se réunirent en conférence avec les députés de l'Aunis (février-mars 1621). Louis XIII arriva dans cette ville, le 23 mai, pour aller investir Saint-Jeand'Angély, où eOtomandait Rohan-Soubise, baron de Frontenay ; il logea au ronvent des Oratoriens, sis alors rue du Saumon, et l'un des premiers en date de tout le royaume. Parabére , quoi<|uc zélé calviniste , avait énergiquement combattu les résolutions de l’assemblée : le roi, sensible à toutes les marques de sincère obéissance et de ccupectueux attachement qu'il en recevait, ainsi que de son

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jciinc flis, D'ay.mt pu r<‘ugager, dit Thibaudeau, à embrasser la religion catholique, lui lai.'isa cependant le gouvernement de Niort. I.e 2 juin, il se porta, de sa personne, veraSgint-JejUi-d’Angély ; un détachement de la milice bourgeoise niortaise J ac(om|K)giia riirinée royale et se distingua parmi les plus braves. Aussi, trois ^ouraà peine s'élaient écoulés depuis In capitnlalion de Frontcnay, que le roi , par leUres-palentcs délivrées dans son camp sous la place, conférait à cette milice, comme récompense et en témoignage de son estime, le litre de rrgimrnt Hoyat- Niort; réglant que désormais le corps entier se composerait de doute compagnies, moitié catholiques, moitié protestantes (36 juin 1631 ). Uans toutes les guerres qui suivirent contre les insurgés calvinistes de l’Aunis et du Poitou, Louis XIII dirigea pareillement son itinéraire à travers Niort , où la mère et la sœur de Rohaii-Soubise furent conduites , après la reddition de lui Rochelle, et retenues prisonnières au chéteau ( 1033-1638).

Pendant la minorité de Louis X I V , les Niortais évitèrent avec le même soin de se compromettre dans aucune intrigue, aucune sédition, malgré quaiques conférences de la noblesse du pays qui eurent lieu dans leurs murs, à l'époque de la Fionde , et au sujet d'un impôt de dis sols qu'un arrêt du conseil avait ordonné de percevoir, a durant les présents mouvements , sur chaque minot de sel passant en la ville de Niort, pour être les deniers cti provenant employés an rempla- ('ement des munitions de guerre et aux réparations, fortiheations et autres choses nécessaires au chitteau dudit Niort. » I.'un des chefs les plus illustres du parti, le prince deTarente, Pals de Henri de La Trémouille, famille toujours très-influente en Poitou , ne put les entraîner lui-même dans cette guerre ridicule (1651-1633). Uèa^QM, du reste, la régente Anne d'Autriche les avait déjà félicités, au noan du roi, de leur prudence et de leur fidélité, dans des lettrespatentes confirmatives de leurs privilèges. Ces lettres dorent avoir d'autant plus de prix à leurs yeux, qu'elles dérogeaient formellement à l'article 6 de fédit de 163A, lequel abolissait expressément la noblesse héréditaire pour les maires, consuls, échevins et conseillers des villes ayant prérogative de noblesse par ancienne concession. Mais, en 1667 , ,10 mois de mars, des abus patents obligèrent Louis XIV h révoquer ces lettres. Les fils des ennoblis, afin de vivre noblement, abandonnaient, en effet, toute industrie et tout commerce; les familles tombaient daiLs la pauvreté, elles se retiraient à la campagne, ce qui imposait aux autres citadins une surcharge de taxe dans la distribution des tailles.

Loi-sque Louis XIV conquit pour la première fois la Franche-Comté, cinq rnmpagnies du régiment Royal-Niort , formant un elfectif de cinq cents hommes, contribuèrent puissamment é la défense des côtes du Poitou, menacés d'une descente par le roi d'Espagne (1668). la révocation de fédit de Nantes fut un ' coup terrible pour la cité : il ne faudrait pas, néanmoins, s'en exagérer les conséquences , puisque la Terraudière , dans son Thrésor de Nyort , imprimé en 1 675, nous apprend qu'elle était alors fort déchue. Il ajoute qu'il y avait eu jadis tmis paroisses dans cette ville : Nolw-Pame , Saint-ARdré et Saint-Gaudant; il parle, en outre, 4* fhôpital-généml, fondé par ta dde de Navailles (1665), dt.Apia l'énumérallbn qu'il fait de scs maisons rrligiénses, il doiM)ê exactement le dtifm et les noms de celles qu'on y trouvait en 1789. Ainsi, d^ l'espace de plus dW..

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siècle, pas un seul nouveau couvent ne s’éleva è Niort. I.^s calvinistes y étaient encore assez nombreux , en 1685; depuis quatre ans, ils enduraient patiemment tonies les rigueurs, toutes les avanies, par lesquelles le gouvernement prtdndait à une pei-.<éculion déclarée : ils n'enronl d’autre ressource que l’émigration, pour se soustraire au régime des conversions forcées et des visites de dragons. I.e temple protestant. Situé grande rue Snint-fielais, fut démoli; en revanche, on augmenta de quatre luises de long, sur onze de iarge, l’église paroissiale de Saint-André, et le roi paya de ses deniers toute la dépense.

L’histoire de Niort, au point où nous sommes arrivés, jusqu’à la révolution de 1789, rétrécit son cercle, de Jour en jour, et se réduit à une chronique purement locale. Son importance , pour déchoir, si l’on ne tient compte que des événements et île l’aclioii exercés! nu di'hors , n’en est pas moins considérable par l’abondance des détails adniinistratifs , par les phases successives du commerce et le curieux déveioppement de la cité. La mairie , après diverses modilications dans le privilège octroyé par Louis XI ’ , ne conférait plus le titre de noblesse, soit héréditaire, soit personnel, depuis l’ordonnance de Louis XIV, de 1607; elle ne cessa définitivement d'ètre annuelle et élective que sous Louis XV, pour devenir héréditaire avec nnance , comme toutes les autres charges municipales du royaume, par édits de novembre 1733 et novembre 1771. L'élection du maire avait lieu le dernier dimanclie du mois de mai ; le corps municipal assemblé faisait choix de trois personnes qu’il présentait à l’acceptation du sénéchal de Poitou, ou de son lieutenant à Nioit ; celui-ci choisissait l'un des trois candidats et dressait aussitét i’acte d’acceptation qu’il était tenu de déposer en son greffe, dans les vingt-quatre heures. Igi municipalité, A qui avait appartenu, jusqn!aj|IÇgi|trrcs de religion du xvr siècle, le droit de ne nommer qu’un seul candidaLy'pfbtestait de son côté contre cette dérogation A ses privilèges et coutumes. Le nouveau maire était installé, le onzième jour du mois de juin suivant, fête de Saint-Uarnabé ; il prêtait .serment, d’abord au palais, devant le sénéchal ou son lieutenant, puis à la msuson commune, devant le maire antique eu le plus ancien échevin; lui-mMm recevait ensuite le serment « tant du maire antique que des eschevins et pairs. » lo municipalité en corps se rendait, de là, à la ]iaroisse du nouveau maire, pour y entendre la messe, a l'antique ayant toujours le pas jusques après l’offrande. » Un des avantages les plus précieux atUichés à la charge de maire , était le droit de ehnirr, c’est-à-dire de succession aux places d’échevins devenues vacantes pendant son exercice, de préférence même aux « maires antiques n qui n’avaient |>as été ce qu’on appelait remplis d'eschevinaye. I>e cette manière, et en .supposant des extinctions successives, le maire, s'il n’était d’origine que l’un des soixante-

1. De liai ù usa, noblesse hérédilairc, avec evemption de Ctilb-s et aides, ;K>ur les moire, Cehevins<‘l constellera vivanl noblement ; ceux qui se dispensent du service mllilaire ne jouissent tle l'evemiaioH. En lise, Louis XI csipe le paiemelil des laillcs, de lous ceux qui n'nnl pi'iul été oii\ orlitéSs; ii leur onloiine , en oiilre , de s’équiper pour servir en srnies ô l’intérieur de lo ville, ei non anlretoeril. De 1.V9I ,ô 1631 , conliuuotion du itrivilégc, ninis pour les membres seuls üo lo muniéipoliie, morts oàtus et saisit lie leur ekarye. De 1631 S 16.V0, inleVriiplion de l'hérédité : les moire , echevius el enuseitlers n’ont droit il l’exemplion des toilles que pendant le temps de bmn fonctii^. De la'm b 1667, conlinuotion de i’iiérétlilé pour eCux (jni vivent nobléiiieut. En 166T, tboHtMsdu privilège.

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quinze pairs, montait premièrement à l’èchevinagc ; il passait, en second lieu, de la place du dernier conseiller-juré à celle du dernier des premiers échevins, et prenait alors rang et séance , « par dessus tous les échevins-conseillers , bien que pourvus de leur eschevinage avant luy. » l.'Hdtel de Ville prélevait certains droits et revenus , destinés aux frais d'administration , à la nourriture et au vêtement de ses cinq sergents gagés; comme par exemple le sol pour livre de tous les baux, « qui sont, dit la Terraudicrc, le dixième, le barage, le Poids-le-roy et la poissonnerie, » dont le maire André Dabilion, sieur de Limbnudière, et les échevins avaient fait acquisition , par contrat du 9 décembre 1609. Le maire retenait sur ces fonds généraux quatre-vingts livres, d’une part, et cinq de l'autre pour le souper des échevins, le jour de la mairie ; sans compter, comme dédommagement personnel , cent livres sur une moitié du dixième , et le sol pour livre sur r«iitre moitié. Il percevait, de plus, depuis 1673, sur ce même bail du dixième, deux cents livres pour les habits des cinq gagés ; il se faisait payer dixhuit livres par les rentiers des fossés existant encore devant le couvent des Cordeliers; il avait droit de visite sur tout le poisson frais ou salé qu'on mettait en vente à la poissonnerie et autres marchés publics, et affermait, au carnaval, le bureau des chairs, dont un arrêté municipal, en date du 30 juin 1675, avait appliqué le prix à l'hêpital-général. Les bouchers de la grande boucherie lui devaient, en outre, à la vigile de Noël « la poitrine entière du meilleur bmuf qui eût été marqué, » et ceux de la petite boucherie, aux jours d'assemblée, « un demy mouton et un quart de veau. » Le chapitre de Ménigodte lui servait enHn, sur ja terre de Sihec, pour la nourriture des gagés, une rente de « trente-deux boisseaux de mesture, » Ce n’était pas tout : les gagés eux-mêmes allaient en contribution dans plusieurs bourgs et paroisses de la banheue, en vertu du droit de Jranche-commune , sur lequel ils offraient à la mairesse trente livres pour sa * quenouille. Le maire, d'ailleurs, et les échevins, en leur qualité de juges de police , l’étaient également des manufactures, y compris leurs dépendances, tant de la ville que des faubourgs et du la banlieue; et, par transaction du 28 mai 160&, ils recevaient de l’abbé de Saint-Liguaire e la moitié do la réfection des portes et chaussées de la Rousseille, près Nyort, sur la rivière de Sayvre. <

Nous grouperons ici, chronologiquement, quelques faits d’ordre intérieur nu qui touchent à la vie même de la cité. Iji deuxième année du règne de Louis XV, le collège, dont la fondation remontait à 1620, fut confié aux prêtres de l’Oratoire : la municipalité, manquant de fonds , ne leur affecta qu’une rente de mille livres, mais arec promesse do porter cette somme jusqu’à deux mille cinq cents, chiffre de sa première allocation. En 17>V7, un débordement terrible de la Sévre renversa le pont communiquant de la ville au faubourg du port , et le pont bois qui reliait le Coin-Sotet au Forl-Foucnull, dans une petite Ile de la rivière ' (mardi 21 février). Le premier pont seul fut réparé. perte du Canada faillit bientôt tarir à sa source la plus riche industrie des Mortais ( 1760-1763] t loi pet. * loteries de ce pays cessant 4’arriver à Niort, par La Rochelle, il y euttek’sgs fabriqueftencombrement dMoates ces étoffes de grosse laine que maisons de commerce de la srlHe écoulaient en retour au Canada, ta chamobeifé déclina tout à coup, poor ne se relefer, plus tord, ^t’avec peine : efie avait été

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jadis si llorissaiitc, que les Niorlais avaienl adopté deux sauva(/e$ en co$tume pour support n leurs armoiries , eonsistnnt en une Inur ronde d’argent à deux étages et percer de trais ineartrières, sur champ d’azur semé de fleurs de hjs d’or. Il parait, du reste, que riudiistrie uiortaisc était déjà fort eu sourfranre, à la lin du xvir siècle, piiisqu'en 1718, sur nue longue supplique de la munieipalité, se plaignant au roi di? la déi ndeiiee du eoinmertc de la ville , et des maux que le jet de la taille arbitraire y avait causés tant aux marchands, bourgeuis et autres, qu’aux gentilshommes, officiers et ecclesiastiques , intervint un ariùt du Unnseil qui substitua à la taille un octroi payable par toutes sortes de personnes privilégiés. I,es gantiers et les diaïuoiseurs de Niort, a force de courage, et de persévérance, se crér'-rent de nouveaux débouchés eu Italie, et dans les colonies anglaisr's du nonl de l'Amérique, ainsi que dans nos colonies à sucre. Une autre branche de commerce aci|uit aussi une extension très-remarquable: nous voulons parler de la confiture d'angélique, dont il ne s'expédia pas moins de vingt quintaux, annuellement, soit à l intérieur de la France, soit a l'étranger. En 1770, Matbicu itouget de (iourcez étant maire , on creusa le canal ou aqueduc pour l'écoulement des eaux de Houillounouse , lesquelles, dans leur crue subite, inondaient souvent les maisons voisines de la halle. Sept ans après, le comte d'Artois , frère de l.ouis XVI , allant à La Itochelle et retournant ensuite à Versailles, traversa deux fois Niort: ce passage fut suivi de celui de l'empereur d'.\llemagne , Joseph 11, qui voy.igeait sous le iioin de comte de Falckenstein (3.7 et 30 mai - 18 juin 1777).

L'agitation répandue dans tout le royaume par roiivcrture des Élals-tiénéraux de 178‘J, UC fut pas d'abord très-sensible à Niort. La loi du 4 mars 1790 érigea cette ville en chef-lieu de l'un des six districts du département des Deux-Sèvres, dont le Direcloirc adjugea, le IG mai 1791 , pour la .somme de soixante-huit mille trente-trois livres, les bàtimcjits du château à la commune. Bientôt cependant l'enthousiasme de la liberté gagna , de proche en proche , les Niortais. Dumouricz se rendit dans leurs murs, pour y organiser les volontaires du département. Les intérêts de la Itévolution n'eurent point, dès lors, de défeiiseui's plus ardents ai plus dévoués, ün sait que ce fut l'im d'eux , Pierre Baugicr, qui , le ‘2V août 1793, à la tète des gardes nationales d'alentour et d'un détachement des soldais de marine de llochcfort , .sauva la ville de Bressuirc attaquée par les paysans insurgés d'Adrien Delouche et de Baudry-d’Asson. Les Vendéens ii'eurent affaire, eu aucune circonstance, a sic plus rudes adversaires (|ue les bataillons recrutés dans les Dimx-Sèïres; jamais aucun rie leurs chefs n'osa rien etilrepi’endrc contre la ville, et les généraux i-épublicains trouvèrent toujours dans l'énergie de ses habitants des moyens sûrs et prompts de réparer leurs défaites ou de combiner .qiielqm; victoire. Le général Chalbos, après la déroute de Fontenay, se replia sur Niort avec .sept a huit cents des siens qu'il était parvenu à rallier [3.7 mai 1793] ; le directoire départemental recourut aussitôt à des mesuix's violentes pour la conservation de la place.

Le couvent des Oratoriens avait été fermé, pendant la tourmente révolution'iiaii’e : ce n'est tpi'en brumaire an v , que les cours fui’ent rétablis sous le nom d’Iicnie Centrale des Deux-Sèvres. Ia.'s professeurs rassemblèrent et classèi'eiit, dans une ^bliothèque publique, plus de onze mille volumes provenant des dépôts

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