‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 69 sur 120 · PARTHENAY · texte numérisé non relu

PARTHENAY

Poitou, envahit ses domaines et vint mettre le siège devant sa capitale. Iji belle résistance des assiégés le contraignit 6 s'éloigner, mais en se retirant il ravagea tous les lieux qui se trouvaient sur son passage (11-29). Peu de temps après, Guillaume d'Aquitaine ayant embrassé le parti de l'anti-pape Anaclet, saint Bernard se rendit & Parlhenay pour le conjurer de renoncer au schisme qu’il avait embrassé avec tant d'ardeur. Guillaume, frappé d'une terreur mystérieuse, tomba aux genoux de saint Bernard et consentit à reconnaître pour pape Innocent II (1136).

Ce fut vers ce temps que les seigneurs de Parthenay ajoutèrent à leur nom celui de l'archevêque pour se distinguer des branches cadettes de leur maison. Sous Jean-sans-Terre, le seigneur de Parthenay se montra fidèle aux successeurs des ducs d’Aquitaine qui lui représentaient ses légitimes suierains. Sa con.stance fut même si grande que le roi d'Angleterre lui écrivit la lettre la plus encourageante (17 mai 1202] : aussi quand Philippe -.Auguste envahit le Poitou, la Gatine fut le seul pays où il rencontra de la résistance. Mais les forces étaient loin d'étre égales : Hugues l'archevêque fut vaincu et sa capitale forcée de se rendre au roi de France (1208); cet échec ne l’empêcha point de suivre jusqu’à la mort le parti des Anglais. Le successeur de Hugues aurait bien voulu marcher sur ses traces; mais les temps étaient changés : le pays tout entier obéissait à ses adversaires; saint Louis et son frère Alphonse faisaient même des préparatifs pour assiéger Parthenay. Il se rendit donc en toute hâte auprès d’eux et déclara qu’il renonçait à la cause qu'il avait jusqu'alors défendue (12A2). Par cette démarche décisive, il parvint à sauver son héritage, qu'il laissa à son jeune fils Agé de quinze à seize ans. A cette nouvelle accablante, le roi d'Angleterre reconnut qu'il fallait renoncer A la Gatine, et ordonna à la garnison de Parthenay d'évacuer la place et de se rendre à Bordeaux.

Sous Guillaume VIII, l’Archevêque, le pays était soumis de nouveau au roi d’Angleterre ; aussi quand Du Guesclin vint conquérir le Poitou , le descendant des l’Archevêque se relira A Thouars où il se conduisit comme ses ancêtres avec une bravoure remarquable (1371); mais, au moment où la fortune abandonnait décidément son parti , il se rangea sous la bannière de Charles V qu’il servit avec un rare dévouement (1372). Quand les loisirs de la paix furent arrivés, le souverain de Parthenay qui aimait la poésie fit commencer, par un poète du nom de Condrette, le roman en vers de Melutine , dont on prépare en ce moment la curieuse impression. Son successeur, Jean II, était un prince faible, débonnaire < et doulx , plus doulx qu’une pucellc. » Comme il était sans enfants, sa souveraineté devint l’objet de plusieurs convoitises. Le doc de Berry, que le voisinage d'un fief aussi important inquiétait beaucoup, résolut de s’en emparer. Poussés par lui, les créanciers de Jean poursuivirent ce malheureux prince avec tant d’insistance qu'il fut obligé d’aliéner son petit État pour la somme de deux cent mille écus d’or (13 novembre 1A03). A la fin de l’année 1418, le chef de la Gatine désirant sans doute se soustraire A la domination du duc de Berry, se déclara pour le duc de Bourgogne : ses adversaires le firent assiéger alors dans sa capitale; mais cette ville était protégée par on triple fossé et une double enceinte, et par de vaillants chevaliers dont les fortes épées enlevèrent tout espoir

POITOU

aux nssiégeanU (HI9). La ville de Parthenay appartenait enrore à ses anciens maîtres quand les partis signèrent le traité de Uorbcil. Par une eomentiun partirulièrc, le faible Jean promit de conGer la garde de sa capitale à celui qui serait choisi par le duc de Bourgogne et par le Dauphin. Vainement les flilcs du dernier des |■Archcvéquc firent tous leurs efforts pour recouvrer les domaines de leur père: leui's réclam.nlions furent rejetées, et Charles VII, par lettres-paleides des 9 août et 2'» octobre 1125, donna déGnitivement tous les biens de la succession au comte de Ilichemont. Jean II eut même la faiblesse de sanctionner cet arrangement. Ce fut en li2C que le connétable vint A Parthenay prendre possession de ses nouveaux domaines, car le seigneur était mort depuis peu, après avoir fait jurer à tous les nobles de sa seigneurie et à tous les capitaines des places d'obéir au connétable, comme à leur seigneur naturel. Jacques II de Harcourt, marié avec la nièce de Jean l’Archcvéque, avait voulu, en 1423, se saisir du chiUeau de Parthenay; mais il avait échoué dans cette tentative et il y perdit même la vie. Uichemont resta maître de la Gatine, qu’il ne rendit au roi qu’en 1458. Charles VII offrit au bêfard d’Orléans, comte de Dunois et de Longueville , cette riche possession A laquelle ü avait des droits par le mariage qu’il avait contraçjé, en 1425, avec la petite nièce du dernier des l’Archevêque.

Lorsque après la mort de Louis XI, la révolte du duc d’Orléans et les entreprises du duc de Bretagne forcèrent Charles VIII A prendre les armes, le Gis du célèbre Dunois, au bruit de l’approche du roi, se retira A Partlienay pour s’y défendre (1486); il parait cependant qu’il changea bientôt d’avis, puisqu’il ne se trouvait plus dans la ville menacée quand l’armée royale vint l’assiéger. En s’éloignant, Dunois avait coiiGé le commandement de la place à Joyeuse : celui-ci n’ opposa qu’une courte résistance etsc soumit. A peine Charles VllI fut-il entré dans la place rebelle, qu’il s’empressa d’en détruire les fortifications. Pendant le xvi' siècle, la Gatine, qui avait pour chefs les Longueville, prit une |>art active aux guerres du protestantisme : Parthenay fut pris et repris tour à tour par les deux partis (1.568-1569). Ce fut dans scs murs que se réunirent les chefs des calvinistes vaincus A Moncontour : de nombreux messagers en partirent pour apprendre A leurs alliés le revers qu’ils avaient essuyé; la ville ne tarda point à retomber au pouvoir des catholiques.

Depuis la fin du xvr siècle ju.squ’aux guerres de la grande insurrection vendéenne, nous ne trouvons dans les annales de la Gatine et de Parthenay, aucun fait intéressant ; on .sait qu’alors le pays fut le théâtre de combats acharnés. Sous l’Empire, ces contrées belliqueuses partagèrent la tranquillité commune. Les paysans, toutefois, persévéraient dans leurs idées et leurs sentimenU ; isolés au fond de leurs fermes, ils restaient ce qu’ils avaient toujours été : aussi, quand les clairons de 1830 vinrent troubler leurs bocages , quelques-uns d’enU-e eux ne craignirent pas de reprendre les armes, pour montrer aux soldats du nouveau roi qu'ils pourraient bien combattre encore.

Parthenay est aujourd’hui le chef-lieu d’un arrondissement qui renferme une partie de son ancienne circonscription territoriale , et dont les produits les plus imporUnls sont le seigle, l’avoine et le sarrasin ; les habitants élèvent beaucoup de bestiaux, ce qui forme le principal objet du commerœ local avec celui des

PARTnENAY.

bois (le chauffage et de (’onslniction. Il y ii. de plus, A Partlicnay, quelques fabriques d étoffes de laine et quatre ou cinq tanneries. La ville, mal IxUie, est située sur un terrain inégal; ses anciens monuments ont beaucoup souffert; il lui reste pourtant le fort Saint-.lacques, et surtout Icsdébrisdc Notrc-Dame-de-la-l'ouldre : l’architecture du xii' siècle ne pourrait montrer ailleurs des ornements plus gracieux, des détails plus accomplis. Parihenay renferinc a [M'ine 5,000 habitants, et l'arrondissement en compte 00,509. '

THOUARS

L’origine de Thouars [Thourcittm , Tunrcium) remonte A r(';poque gallo-romaine, puisque à l'époque de l'inlrodudion du christianisme cette ville fut érigée en chef-lieu de l'un des (b(yennés du Poitou. On est fondé à croire que Tliouais eut un hôtel des monnaies, sous la race mérovingienne : un tiere de sou d'or porto, en effet, pour iascriptiou Toarec Caihum. En 75A, Pépin, suivant la chronique de Richard de Poitiers, prit le chAteau de Thouars {Caslrum Thoarz), indiqué comme le plus fort de l'Aquitaine, et en 702 il le détruisit, comme nous l'apprennent les annales de Metz. Si l'on en croit même un autre document historique du temps, c'est au chAteau de Thouars que le duc llunald fut fait prisonnier.

Au commencement du ix" siècle, les comtes de Poitou placèrent un vicomte A Thouars, et soumirent à sa juridiction un territoire très-étendu, surtout en allant vers la mer : aussi , lorsque les offices devinrent héréditaires , la vicomté de Thouars fut-elle considér(k; comme un des plus grands fiefs du royaume. Thouars, dans ces temps recub'-s, n'était encore, du reste, qu'un simple chAteau [Caslellum Tlioarch) , bAti dans une po.sition très-forte, à l'est de la ville actuelle , et protégeant quelques maisons qui, plus tard, formèrent les deux paroisses de Notre- Dame du Clultelct ou du ChAteau, et de Saint-.André ou la Basse-Ville.

Dans le xi’ siècle, Achard et sa femme Uoscie, tous deux riches et puissants, ayant fait apporter près du chAteau de Thouars , d'une terre qu'ils possédaient A Cui'sais, A deux lieues de là, le corps d'un certain Laon, mort en odeur de sainteté, fondèrent une (*gtise sur le lieu même où avaient été déposées les reliques, et y installèrent quatre chanoines. Saint Laon, dont on croyait l'intercession toutepuissante pour la guérison de la folie et de 1a faiblesse de cervean, donna bientiH une grande réputation à cette (-glise, qui pourtant fut placée d'abord sous l'invocation de Notre-Dame : on y voit encore aujourd'hui la chapelle des Fous. Thouars s'étendit, en peu de temps, de ce côté-là : c'est le quartier Saint-Laon. Quant A l'église de Saint-Médard, elle fut construite plus tard, et servit de centre à une agglomération nouvelle de maisons. Ce dernier quartier, construit

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