FONTENAY-LE-COMTE
Malgré la m'alion rémite de Bnurbnn, Fnntenay-le-T.omtft, anrienne rapilale du 1)BS Poituu , est restée la principale ville de la Veniléc, tant par le ctiilTre de sa population, que par son industrie, son commerce et les richesses variées de son territoire. C'est aussi In plus ancienne cité de la contrée , car elle eut pour premiers liahiUints les Camboleciri Agesinatfs, que les Romains remplacèrent presque immédiatement après In conquête des Gaules. Le nom de In ville, écrit indistinctement dans les chroniques Fnntanacum, Fonteniacum, Fonlrneum, et Fontenetum, se compose de Fontana et du sufTive gaélique ocA. Vue source abondante d'eau limpide et la présence des comtes de Poitou, valurent à Fontennyle-Comte sa double dénomination. Ce n’était encore qu’un bourg en 841, lorsque Renaud, comte de Nantes, y rassembla des troupes pour marcher au secours de Cbnrles-le-Chauve. Des marais immenses l’empêchaient de s'étendre au sud, mais bientét on construisit sur leurs l'ivages une chaussée, le long de laquelle s’établirent des pécheurs : telle fut l’origine du faubourg des Loges.
Dans le xr siècle, Fontenay appartenait il In famille de Thouars, sous la suzeraineté des comtes de Poitou, qui y avaient institué une vigtierie. Les maisons de Mauléon et de Lusignan possédèrent successivement cetleville. Louis IX, en 12W, l’enleva ù Geoffroy II de Lusignan, dit la Grand' Dent, et la donna à Alplion.se, comte de Poitou. Au mois d’août 1361, Fontenay fut cédé auv Anglais, et confié à la garde du sire de Uarpedanne, sénéchal de Saintonge, dont la femme défendit héroïquement le château contre les troupes françaises, commandées par le connétable Du Guesclin. Celui-ci s’étant emparé de la place, en 1372, la reçut de Charles V,’en récompense de ses services et la rendit à Jean de France, duc de Berry. Tandis que les institutions municiiiales se développaient dans la France entière, le Bas-Poitou n’avait pas encore une seule commune. La première de toutes, celle de Fontenay, fut établie par Louis XI, au mois de mars 1471; un édit du 2 janvier 1544 y créa une sénéchaussée. Ces deuv institutions promettaient à la cité poitevine un heureux avenir, mais les guerres de religion lui furent fatales : les deux partis se la disputèrent, et, du 23 mai 1562 au 30 avril 1587, elle n’eut pas h soutenir moins de dix sièges meurtriers; le dernier, dont Sully dans ses Œconoiiiies royales, nous a laisse une longue description, fut dirigé par Henri IV et terminé par une honorable capitulation. Les Fontenaisiens commencèi'ent alors à relever leurs murailles; mais l.ouis XIII, ayant visité Fontenay, le 20 mai 1621, ordonna qu’on démolit toutes les fortifications ; elles étaient hors d’état d’arrêter l’ennemi , quand la place fut occupée , en 1649, par le sieur Des Roches-Bariteaud , à la tête des gentilshommes poitevhis armés contre le parlement.
Tel e.st le dernier événement dont Fontenay fut le théâtre jusqu’à 1789.
FONTENAV-I.E-COMTE.
ü^s les premiers troubles de lii Vendé-e, les insurgés mennrérent celle ville qui en était devenue le clicf-licu. Itepoiissés, le 10 mai 1793, ils reparurent, le 25, au nombre de trente-cinq mille hommes, sous les ordres de Boncharap, Lescnre, Catliclineau, d'Elbée et La Koelicjaquelein. Le général t'halbos, commandant de la place, n'avait à leur opposer que cinq mille cinq cents hommes. Sept (’.onventionnels as.sistaient au combat. L’armée républicaine, accablée par le nombre, perdit dix-huit cents hommes, quarante pièces de canon, et presque toutes ses munitions. Ia;s généraux vendéens comptaient faire de Fontenay le centre de leurs opérations, mais n'ayant pu retenir sous les drapeaux les paysans qui composaient leurs troupes, ils furent obligés de transporter leur quartier général à Chollet. Fontenay, resté à la Uépublique, prit le nom de Fonlenuij-lt-Peuple, eut un club et un tribunal révolutionnaire, et reçut dans ses prisons un grand nombre de royalistes. Le 10 décembre 1793, une révolte menaçante éclata parmi eux : le représentant Lequinio, se faisant aussitôt ouvrir le cachot de l'un des chefs vendéens, lui brûla la cervelle; cet acte cruel de résolution apaisa l'émeute.
Il y avait à Fontenay, avant la Révolution, un grand nombre de communautés religieuses, des Capucins, des Bénédictins, des Lazaristes, des Cordeliers, illustrés au xvr siècle par le séjour de Rabelais dans leur maison; sans compter te morutier des cent frères jacobins, fondé en 12.30; le collège des Jésuites, établi en 1630, et un couvent de Dames de Saint- François. La cathédrale, édiQce du xv* siècle, mutilée et restaurée plusieurs fois, a survécu à tous ces établissements religieux ; elle conserve encore une élégante façade et une belle flèche ayant pour base une tour carrée. L'église Saint-Jean, située dans le faubourg des Loges, semble un diminutif de la cathédrale. Celle de Saint-Nicolas, qui s'est écroulée pendant la Révolution, renfermait le tombeau du roi de la Ligue, Charles mort h Fontenay, le 9 mai 1590.
L’Empire a relégué Fontenay au rang des sous-préfectures, sans lui ôter son importance réelle. L’arrondissement renferme 126.531 habitants, et la ville 7,175: elle a un collège communal, un hospice, un comice agricole, un dépôt d’étalons. Ses foires attirent un grand concours de Français et d'Espagnols, qui viennent y acheter des bestiaux et surtout des mulets. La création récente d'un port augmente encore les ressources du pays. La fontaine qui a donné son nom à la ville jaillit du centre d'un gracieux monument du xvi" siècle; elle a été célébrée par Rabelais, de Thou, Sainte-Marthe, Colletet et autres écrivains. Figurée en argent sur champ d’azur, elle compose le blason de la cité. La légende de ces armoiries porte : Fonteniacum felicium ingeniorum .vcaturijro- devise ambitieuse justiliée par la naissance des jurisconsultes André Tiragneau et Jean Imbert; du mathématicien François Viette; du président Barnabé Brisson, et des poètes Nicolas Kapin et Julien Colardeau. Le général Betiiard est également né à Fontenay-le-Comte. '
1. Archives de la ville. -^Chronique du Langon. — Ms. d'Amos Barlxit. — Dom Fontâiieaii. — Branlôinc. — Mémoires do Siiil). Fatiüliii Foevdavaïu. — Tliibaiidonii. — MM. Benjamin Fillon, de Fonlenay, el l.oiiits Aude, de Buiirbon>Yepdéo. — C. Arnaiill, Histoire de MaiUetais.