‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 73 sur 120 · MAILLEZAIS · texte numérisé non relu

MAILLEZAIS

louin, Maillezais entendit le bruit des armes. Le roi de >’avarrc, qui comprit tout le parti que l’on ponrrait en tirer, alla, en 1586, se saisir de l’abbaye qui n’était gardée que par un moine et par les habitants. Sa situation avantageuse décida le puissant chef du protestantisme à en faire une forteresse, dont il donna le commandement à Chitillon d'Availles. Bientôt après Maillezais fut le théôtre d’un terrible massacre : Catherine de Médicis, afin de rompra une trêve qui lui déplaisait, y Gt égorger par surprise deux régiments de troupes protestantes. En 1.580, Henri de Navarre ayant repris Maillezais que son parti avait perdu , Agrippa d’Aubigné voulut rester gouverneur de la forteresse conquise , au grand regret du roi de Navarre , qui mit tout en usage pour le détourner de ce médiocre gouvernement. D’Aubigné n’en conserva pas moins sa conGance; aussi, quand il fut question de conduire en un lieu sùr le cardinal de Bourbon, à qui les ligueurs avaient donné le nom de Charles X, on songea au gouverneur de MaillezaLs. Celui-ci se montra digne de cette haute conGance, en résistant avec une fermeté inébranlable à toutes les offres du duc de Mayenne. Ce fnt dans la forterasse de Doignon qni dépendait de Maillezais que d’Aubigné Ot imprimer son histoire universelle. L'une et l'autre place ne rentrèrent sous l’obéissance du roi que le 27 mai 1621. La cathédrale de Maillezais ayant été en partie ruinée pendant les guerres du xvr siècle, on songea à transférer l’évêché à La Rochelle ; après de longues formalités, le 16 novembre 1666, l’évéque de Poitiers fulmina la bulle de sécularisation , et il fut ordonné aux chanoines de quitter l’iiabit des moines ; quelques-uns cependant ne voulurent point laisser leui's nobles ruines, et attendirent dans le silence et la solitude le moment de leur mort. Puis Maillezais tomba dans l’obscurité la plus profonde : de toute sa gloire passée, il ne lui resta que des tours solitaires , qu'une cathédrale en deuil , et les souvenin d’un passé qui s’efface chaque jour davantage.

Maillezais, avant la Révolution, dépendait de l’élection de Fontenay et de l’intendance de Poitiers; on y comptait environ mille habitants. Cette petite ville , ou plutôt ce bourg, situé dans une Ile formée par l’Autise et la Sèvre Niortaise, fait aujourd’hui partie du département de la Vendée comme chef- lieu de canton compris dans l’arrondissement de Fontenay-le-Comte : sa population s’est accrue à peu près d’un tiers , mais le commerce y est presque nul. '

LUCON.

].ucon [Lueionum, Lucionium, vel Luxionium) se trouvait, dans le principe, au fond du golfe septentrional formé par l’Océan, en Poitou; cette ville est à présent située au bord du marais, qui, par suite du retrait de la mer et des dessèchements, tient la place de ce même golfe. Certains étyroologistes ont

I. Labtie, Bibll. Jtfaïu. — UamucriH de dora Fonicneau. — Mzmotrfi de Sully. — .tfemoirr» de Dupicasis-Mornay.

POITOU

•diitxK'vi rundalioa à un prétendu Lueiu.'j , second üls de Constance Chlore et d llelèm'. Ii'i|uel ayant tué son frère aîné, s'enfuit sur un navire, almrda eu Poitou et y fonda un monastère. Cette fable, si absurde qu'elle soit, n'en a pas moins Oté recueillie par l'annaliste Bouchet , par l'auteur de la Chronique de M.iilleuLs, et par Bounin lui-méme, l'hisluricn de ta ville. Ce n'est pus sans ondif qu'on croit que le monastère de Luçon ne fut fondé qu'au vir siècle , par •Viisoalde évêque de Poitiers, qui le mit sous le gouvernement de Philbert, abbé d'Iler : une preuve de ce qu'on avance, c'est que l'auteur du récit de la translation des reliques parties de cette abbaye appelle Lu(;on, l.uciunum vicum nastmpi. I.uvon n'était donc alors qu'un bourg dépendant d'un prieuré où il y avait des moines d'Iler, lequel prieuré devint ensuite indépendant. Il semble, du rv'sle, qu'il dut être dans la destinée de la ville naissante de prêter aux fables et aux erreurs : ainsi, on l'a fait nommer par Éginard qui n'en dit pas un mot, et Mesebin, Robert de Uorat et Thibaudeau l'ont prise pour Loches en Touraine, Lucœ caslrum, dont Pépin et Carloman s'enqvarèrent en marchant contre Ilunald , ainsi qu'il est dit dans la chronique d'Adon.

Les Normands dévastèrent le monastère de Luvon, au ix' siècle; la Chronique de Maillezais nous apprend qu'il était encore en ruines, eu 877 ; il ne fut rétabli que vers 9G3, par l'intervention d'Ebles, évêque de Limoges, trésorier de Saint- Hilaire de Poitiers, abbé de Saint-.Maixent et de Saint- Michel-eu-Lherm , et frère du comte de Poitou, ('lUillaume-Tète-d'Étoupes. Ce n'est que vers le milieu du XI* siècle qu'on trouve une succession des abbés de Luyon , comprenant treize à quatorze dignitaires, presque tous très-peu marquants. Ce fut durant cette période que Guillaume-(iuy-(jeoffroi brûla le monastère de Luçoii et son église, sans qu'on puisse trop savoir pour quelle raison [1068]; mois, s'étant rendu à Hume, il écouta les remontrances du pape Grégoire VII, et répara tout le mal qu'il avait c.aasé (1091 ). C.e fut aussi dans le même temps que le monastère de Luçon, dont l'église avait été dénliéc à la Vierge, s'enrichit de plusieurs donations, entre autres celle de la terre de Chuupeau-en-Aiinis, que lui lit Henri II, roi d'Angleterre et duc d'.Aquitaine (1157) ; la concession de parties considérables dans les marais voisins, dues aux familles de Luçon et de Thouars; et le legs de riidtcl des Piliers, à Poitiers, que les moines reçurent d'un bourgeois de celte cité. De nombreuses habitations, élevées autour du couvent, formèrent à la lin, cependant , un bourg et ensuite une petite ville, grire la protection tant dns abbés que des seigneurs du lieu, lesquels appartinrent tour à tour aux maisons de Taniiay, de Machecoul, de Belleville, de Thouars et de Lusignan.

En 1317, le pdpc Jean XXII, ayant démembré deux prélatures du diocèse de Poitiers, créa un évêché à Luçon : le nouveau titulaire fut l'abbé même du monastère , Pierre de la Voyrie ; et son chapitre se composa des moines qui conservèrent, pendant de longues années encore, leur caractère de prêtres réguliers. L'évêché de Luçon s’étendit, d'ailleurs, surtout le Bas-Poitou, c’est-à-dire qu’il embrassa tout le territoire qui constitue aujourd’hui tout ie dé|>artcment de la Vendée, sauf Fontenay et sa banlieue, et les environs de Morlagne-sur-Sèvre. Pierre de la Voyrie et son collègue, GeolTroy Pouverel, évêque de Maillezais, ■furent sacrés ensemble à Avignon, le dimanche 20 novembre 1317, par Béranger

LUi.lOTf.

de Béziers, cardinal, évêque d’Ostie. Jean XXII, en érigeant Lucon en ovéehé, ne manqua point de quaUQer cette ville de cité ; car il était d'usage qu'un évéque ne pût avoir son tiége que dans un lieu de cette importance ; sans doute aussi Luçon renfermait déjà une population plus considéi’able. En 1317, le successeur de Pierre de la Voyric, Keynaud de Thouars, de la branche des seigneurs de Pousauges, fit avec ses religieux le partage des biens du l'abbaye de Lucon; il céda au chapitre les terres de Triaise et de Richebonne, ainsi que l'ollice claustral de la toilerie, et de cette manière se trouva dispensé de pounoir à scs besoins. Raynaud de Thouai-s rut pour successeurs plusieurs prélats peu renommés.

I.'étahlissement du chenal, de Luçon à la mer, date d’une époque inconnue. En 13G8, l'évêque et le chapitre eurent, relativement à ce canal , un débat avec Brideau de Chfltcaubriand, seigneur de Champagné; il en ressort la preuve que les revenus et frais d'entretien étaient l'objet d'une certaine répartition entre les parties litigantes.

.4 (juillaume de Larochefoucauld et Étienne Loipeau, aumônier du duc Jean de Berry, succéda sur le siège épiscopal de Luçon Germain Paillard, d'une maison originaire de Bourgogne, et Bourguignon aussi par le emur. .\ussi le Dauphinrégent , qui était alors à Poitiers, le dépouilla-t-il des châteaux et forteresses de son évêché, pour en conGcr la garde à des capitaines de son choix (1418). Germain Paillard se retira à Paris, où il mourut dans le courant de cette même année. Il eut pour successeur Ëlie Martineau, ne dans le bas Poitou, lequel se montra toujuui's dévoué à Cliarles VU. Ce prince lui en témoigna sa reconnaisance ; toutefois il ne put empêcher George du l.a Trémouille, seigneur d'une deS liaronnies de Luçon, de s'emparer de la forteresse de la ville, sous prétexte que toutes les dépendances ecclésiastiques relevaient de lui. l.a Trémouille alla même attaquer avec du canon le château du prélat aux Moutiers-sur-Lay, et, l'ayant enlevé, après quelques jours de résistance , il d'isposa en maître de tout ce qui constituait la propriété de l'évêché. Ses prétentions continuèrent sous l'épiscopat de Guillaume Gojon, successeur d'Élie Martineau^ mort en 1424. Cliarles VU rétablit cependant le prélat, par lettres du 16 novembre de oette même année, dans le droit de pourvoir au commandement et à la garde de la forteresse; mais La Trémouille D'en perçut pas moins les revenus de l'évêché de Luçon , et l’évêque même, voyant sa vie en péril, se retira à Angers, où il mourut le 25 mars 1431. Cet état de clioses, accompagné de sièges, de combats, de spoliations et autres voies de fait à main armée, se prolongea jusqu'en 1458, époque à laquelle il y eut entre La Trémouille et André de La Roche, successeur de Nicolas Coeur, frère du grand argentier, une transaction dont la clause principale reconnaissait les deux seigneurs indépendants l'un de l'autre.

A l'évêque de La Roche succéda son coadjuteur Nicolas Boutaud , sous l'épiscopat duquel fut sécularisée l'église de Luçon , par des bulles du pape Paul U (12 janvier 1468-1469). Les chanoines réguliers, c'est-à-dire moines, devinrent prêtres séculiers, changement dont les résultats furent très-importants pour Luçon. Assujettis, en effet , à la vie commune , les moines, qui logeaient et mangeaient au monastère, eurent alors une mai.son et leur ménage en ville, et l'abbaye se dépeupla au profit de la cité. En 1490, à la mort de Nicolas Buutaud ,

POITOU

le chapitre élut Mathurin de Uercé, son doyen , pour le remplacer ; mais Louk XI ne tint aucun compte de ce choix , et Ht pounoir de ce siège une de ses créatures les plus dévouées, Pierre de Sacierges, qui joua un rôle si inlAmc dans l’affaire de l'empoisonnement du duc de Guyenne. A Pierre de Sacierges succédèrent plusieurs prélats de grande maison, savoir : Ladislas du Fau, dont l’ateule était une Bourbon légitimée; le cardinal Jean de Lorraine, Bis du duc Bené II; et le cardinal Louis de Bourbon, flis du duc de Vendôme.

Sous l'épiscopat de Milon d’Illiers, la réforme religieuse fut introduite è Lu{on, ainsi que dans tout le bas Poitou ; la guerre n'éclata que sous René de Daillon du Lude, son neveu. A cette époque, le chapitre acquit la baronnie laïque de la ville, passée de la maison de La Trémouille dans celle de Milon d'Illiers. Le 30 avril 1563, un rassemblement de protestants, formé dans les paroisses voisines de l.a Chitaigneraie et de Fontenay, s'empara de Luçon par surprise. La cathédrale fut saa'agéc, ainsi que le chapitre, l'évéché et les maisons des chanoines. Les insurgés ne se retirèrent qu'en laissant garnison dans la cathédrale. L'oixlre étant rétabli, on commença une enquête sur ces désordres ; mais l'évèque résigna son siège à son parent Baptiste Tiercelin , pour l'abbaye des Chételiers, près deSaint-Maixent, où il se retira. C'est sous ce nom d’Abbé des ChAteliers que René de Daillon joua un grand rôle politique et militaire, dans les' affaires du pays, et aida puissamment son frère. Gui de Daillon , comte Du Lude et gouverneur du Poitou, A faire une rude guerre aux novateurs.

Le parti protestant grandit beaucoup dans le bas Poitou, sous l'épiscopat de Baptiste 'fiercelin, et l'exercice du culte catholique cessa dans presque toutes les communes environnantes. Le prélat et le chapitre, après s'étre maintenus quelque temps à Luçon, dont les forlifleations avaient été détruites, plusieurs années auparavant, flrent transporter tous les papiers et les objets les plus précieux de l’évêché A l'abbaye de Saint-Michel-en-Lherm qui était encore dans un bon état de défense, et se réfugièrent A Niort. Le 8 février 1568, un corps de troupes rochellaises, sous les ordi'es de Jean Boisseau et de Trousseau-la-Belle,vint investir Luçon.

La ville ayant été emportée d'assaut, malgré la vigoureuse résistance de quelques soldats du comte Du Lude qui furent tous massacrés , le vainqueur mit le feu A la cathédrale, A l'église de Saint-Mathurin, A l'évêché et aux maisons des chanoines; il revint , )>eu de temps après, brdier l’église de Saint-Philbert et celle de l'Aumônerie. Le comte Du Lude, qui accourait au secours de la place, rebroussa chemin en apprenant ce désastre. Les catholiques la reprirent , au commencement de l'année suivante, et Puygaillard y flt construire un fort, A l'entrée des marais, ce qui ne l’empêcha point d’être battu, le lA juin 1570, A Saint- Gemme-la-Plaine, distant d'une lieue, quoiqu'il eût des forces considérables, par un corps d’armée protestant aux ordres de I.a Noue et de Pluviault. A la suite de cet échec , les catholiques évacuèrent Luçon ; l'évêque en sortit de nouveau et se retira A Poitiers avec son chapitre ; quelques chanoines revinrent cependant , de sorte qu'il y eut bientôt comme deux chapitres qui ne se reconnurent ni l’un ni l’autre et entamèrent même un procès. La reprise d’armes de 1.574, les contraignit pour la troisième fois A gagner Poitiers, Angers ou Nantes. Ils se hasardèrent

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à revenir encore, quand Ica catholiquea eurent repris le dessus dans le bas Poitou, vers le milieu de cette année ; mais ce fut une imprudence, car les réformés étant rentrés à Lufon y égorgèrent un grand nombre de prêtres et emmenèrent les autres prisonniers. Dans ces conjonctures, Baptiste Tiercelin résigna son évêché pour aller vivre tranquillement dans son abbaye de Sainte-Colombe, au diocèse de Chartres, et la prélature de l.ufon passa entre les mains d'évêques confidentiaires, c'est-à-dire qui tenaient compte à de grands seigneurs de la majeure partie des revenus affectés à leur titre, et n'avaient ainsi qu'une médiocre existence. Tels furent René de Salla qui reçut son évêché de la maison de Relleville, et François llyvert qui fut le mandataire de la maison de Richelieu. Cette dernière famille eut, dans son propre sein, trois évêques conQdentiaires de Luçon , savoir : Jacques Du Plessis, Alphonse-Louis Du Plessis, depuis cardinal et archevêque de Lyon; et Armand-Jean Du Plessis-Richelieu, cardinal et premier ministre.

Jacques Du Plessis ne flt aucune résidence dons son diocèse ; il était seulement pourvu du sous-diaconat. .Mphonse-Louis n'occupa le siège que fort peu de temps et se retira à la Grande-Chartreuse. Il eut pour successeur Armand -Jean, son frère puîné. La carrière épiscopale du futur ministre fut marquée par de violentes persécutions contre les protestants ; il essaya de terminer les difficultés qu'avaient eues ses prédécesseurs avec le chapitre, et y réussit. Un génie si puissant devait nécessairement être à l'étroit dans une aussi petite sphère. Il est curieux de lire la lettre qu'il écrivait à une dame de ses amies résidante à Paris ; « Je vous puis assurer que j'ay le plus vilain évêché de France , le plus crotté et le plus désagréable. II n’y a ici aucun lieu pour se promener, ny jardin ny quoi que ce soit, de façon que j'ay ma maison pour prison. > Richelieu figura , en qualité d'évêque de Luçon, aux états-généraux de 1614, où, dans un discours prononcé à la séance de clôture , il demanda, pour le clergé, une large coopération dans les affaires publiques. Entré bientôt au ministère , il en sortit pendant quelques mois et retourna à Luçon , où il s'occupa d'écrits de controverse. Rentré au pouvoir, il obtint, en 1622, le chapeau de cardinal et se démit, l'année suivante, de l'évêché de Luçon.

Nous ne nous étendrons point sur les successeurs du cardinal, dont quelquesuns furent illustres par leur naissance, par leurs talents ou leurs vertus. Il tuvus suffira de mentionner Nicolas Colbert, frère du contrôleur général des finances; Henri de Barillon, homme véritablement évangélique, qui fonda le séminaire, la maison des missionnaires, et encouragea l'établissement du couvent de l'Union chrétienne, tout en travaillant à sa collection si estimée sous le titre de Confèrences de Luçon et à la rédaction du célèbre catéchisme connu sous le nom de Catéchisme des trois Henri, parce qu'il le publia de concert avec las évêques d'Angers et de La Rochelle qui portaient le même prénom ; Jean-Françnis de Lescure, prélat sévère et intolérant, lequel chassa les oratoriens du collège pour y installer les jésuites , et eut de vifs démêlés avec le cardinal de Noailles , archevêque de Paris, au sujet de l'ouvrage du père Quesnel; et enfin M.-C.-A. de Rabutin de Bussy, abbé de cour, surnommé le Dieu de là bonne compagnie, reçu membre de l'Académie française, quoiqu'il n'eût rien produit, en remplacement de La Mollie, ce qui fit dire qu'au plus aimable des gens de lettres avait succédé

m POITOU.

le plus aimable des gens de cour. Ue siège de Lucon fut ensuite occupé par Vcrhanion de Chavagnac , janséniste , lequel fut en lutte continuelle avec le chapitre de la cathédrale, substitua le catéchisme des trois Henri à celui de Lescure et voulut ôter la direction du séminaire aux jésuites ; ceux-ci résistèrent à main armée et se maintinrent dans une partie de la maison, tandis que les professeurs de son choix et leurs élèves habitaient l'autre. I.es jésuites ne quittèrent la place qu’au mois de juin 1758; six années auparavant, le palais épiscopal avait péri dans un incendie, et ce sinistre, résultat peut-être d'un accident, avait été attribué aux ennemis du prélat.

L’avaut-dernier évêque de Luçon , sons l'ancien régime. Gauthier d'Ancyre , rétablit l'ordre, mais avec trop de rigueur envers le bas clergé, auquel il dénia même le droit de faire des observations dans les synodes. Aussi, sous son successeur, M. de .Mercy, il y eut, en 1789, une réaction prononce^;. L'évêché constitutionnel du département de la Vendée fut placé à Luçon, en 1790, par l’Assemblée nationale; le Consulat, en n'établissant qu’un seul évêché pour les deux départements de la Charente-Inférieure et de la Vendée, désigna La Rochelle pour chef-lieu du diocèse; enllni dans les premières années de la Restauration, sous le ministère du duc de Richelieu, la petite ville de Luçon vit relever son siège épiscopal.

Luçon est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Fontenayle-Comte, dans le département de la Vendée. La Restaurqtion a dépensé des sommes énormes pour réparer le palais épiscopal , la cathédrale et la belle flèche du clocher qu’on aperçoit de très-loin. La ville ne renferme que 1,500 habitants, mais elle fait un commerce très-actif. Ses marchés de grains et ses foires de bestiaux sont très-suivis; elle doit surtout sa prospérité au canal qui la fait communiquer avec l'Océan. Les bôtiments de soixante à soixante-dix tonneaux seulement peuvent le remonter; les autres déchargent à l’entrée : il serait désirable qu'on pOt creuser et élargir le chenal, et surtout le soustraire au monopole d'une compagnie concessionnaire qui perçoit sur les bAtiments et les marchandises un droit de péage trop élevé pour que ce port ne se trouve pas dans une position trè.s-défavorable comparativement aux autres. C'est de Luçon qu’est sortie la famille Colot, dont un membre, Laurent C.olol, fit à Paris, en 1174, pour lo première fois, et à grand appareil, l’opération de la pierre, inconnue alors en France, et pratiquée déjà en Allemagne et en Italie. Au milieu du xvil* siècle , Jean Ilounin, chanoine hebdomadaire de Luçon, publia un poème en vers latins sur l’origine de cette ville, dans lequel il reproduisait la fable de Lucius. Un peu plus tard , Denù de Sallo, conseiller au parlement et seigneur de la Coudraic de Luçon , commença A faire paraître le Journal dessaranls, qui fut la première publication de ce genre. '

1. Bouchcl , AnnaUê d' Aquitaine. — Maim.'icnu de D. Fonlmiean. — l.ji FontencUe, Hii^ toire du monaetére et des éviquet de Luçon. — (Àilleclion de <locumeo(s manuscrits de l'auteur.

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