‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 77 sur 120 · LES SABLES D’OLONNE · texte numérisé non relu

LES SABLES D’OLONNE

Suivant une ancienne tradition, des pécheurs basques bâtirent un hameau sur ies dunes du territoire d’Oioniic, bourg dont le prieuré dépendait de l’abbaye de Vendôme. Telle a été l'origine des Sables, qui, avec le bourg, le château elle village de lu Chaume, constituaient une seigneurie appartenant au\ vicomtes de Thouars. Nous reiharquons que ce fut dans la rade qui s'étend en hémicycle , visà-vis de la ville actuelle, qu’en 817 débarquèrent les Normands. Louis d’Aniboise, vicomte de Thouars, donna la cliâtcllenie des Olonnes en dot à sa 6lle Marguerite qu'il mariait à Louis de la Trémouille, et Richard d'Arundel, commandant des troupes anglaises en Poitou ( 1387-1388), construisit à la Chaume un château dont on voit encore ies débris, ün ne connaît pas d'autres faits relatifs à l’histoire des Sables d’OIonne, avant le règne de Louis XI. En li72, ce prince vint visiter les côtes du bas Poitou, avec Pliilippe de Commines , et chargea les sieurs du Fou et de Bressuire, ses chambellans, de diriger l’établissement du port et des fortifications des Sables; il fit présent aux liabitants d’une somme de cinq mille livres , et les affranchit de tailles et aides , sous la condition de fortifier leur ville, afin qu’elle pùl offrir plus de sécurité aux marcliands qu’y attirerait bientôt le renom de son port, lequel, dit l’onlonnance royale du 10 novembre 1472, <t est bon et bien sûr, et plusse nul autr^ port ou hâvre du royaume. » Louis XI , en 1^^ aborda de nouvemx privilèges aux liabilants des Sables et de la Chaume, et drelb, pendantling([j%a, les blés et les vins qu’on amènerait dans

le port. La seigneurie des Oloflhs, enlevée à la famille de la Trémouille, fut donm e à Philippe de Commines, par lettres-patentes du mois de mai L480. La ville prit un développement rapide. Louis de La Trémouille, réintégré dans ses biens par arrêt du parlement, écrivait à Charles VIII que le port des Sables recevait annuellement quatre-vingts ou cent navires , qui allaient chercher du sel à Brouage , à Noirmoutiers , et à l'Ile de Ké.

Après la découverte de l’Amérique , les Olonnais Orent des armements considérables pour la pèche de la morue. Les guerres religieuses du xvi' siècle suspendirent malhearèlttenfcnt ces expéditions. Les Sables , emportés de vive force par les calvinistes4)|B'ffi7T.et^678 , furent assiégés une troisième fois , au mois de février 1622, parte 4uc de Rohaiv-Soubise, à la tête d’une armée protestante. Les gentilshommes qui'dirigeaient la défense ayant péri dans les premiers assauts, les Olonnais entrèrent en pourparlers avec le dur, qui exigea d’eux une rançon de cent mille écus-, et les pipa heHes filles de la ville. Ils répondirent qu'ils étaient dans l’impossibilité de réunir la somme demandée , et qu'ils étaient prêts à mourir plutôt que de livrer leurs concitoyennes. Le duc leur proposa de lui fournir deux cent mille écus, quatre-vingts pièces de canon, et trois vaisseaux; ilsaccep-

poiTor.

tèrent; mais malgré la capitulation , le cher protestant accorda à ses troupes deux heures de pillage : toutes les églises furent mises è sac, les cloches et les calices emportés, les images brisées, les nappes d'autel transformées en drapeaux. Le duc de Soubise décampa è l’approche de l'armée royale , commandée par Louis XUI on personne. Pendant le siège de La Rochelle , le port des Sables reçut des na ' ires chargés de vivres et de munitions pour les troupes catholiques, et , le septembre 1635, l'amiral de Montmorency y prit le commandement d'une flotte de soixante-siv vaisseaux hollandais. Sous Louis XIV, les Sables avaient , suivant des liocuments offlciels, de U à 15,000 âmes de population; les états dressés, en 1668, par les officiers de l'amirauté, constatent que les habitants armaient cent un vaisseaux , tandis que Nantes n’en comptait que quatre-vingt-neuf, et I.a Rochelle trente-deux.

Les guerres maritimes du xvii* siècle décimèrent rapidement la population Sablaise; une flotte anglo-batave bombarda la ville, le 17 juillet 16^6; des ouragans la détruisirent, à trois époques différentes, dans le cours du xviii* siècle, en 1747, en 1750 et 1751. Pendant les troubles de la Vendée, les Sablais repoussèrent continuellement les in.surgés; ils subirent courageu.sement, en 1793, un siège de plusieurs Jours , contre des forces supérieures dirigées par un chirurgien de Machecoul, nommé Joly (34-38 mars). Sous l'Empire, la rade des Sables fut 1e théâtre d'un glorieux combat entre les trois frégates françaises, la Calijpto, la t'ybèle et r/lalienne, et cinq vai.sseanx de ligne anglais (34 février 1809).

Les Sables, siège d'une amirauté et chef-lieu d'une élection , étaient administrés, sous fancien régime , par un maire et un corps municipal. Il y avait dans cette ville, depuis 1778, un détachement de canonniers gardes-côtes; on y comptait deux parois.ses ; Notre-Dame et Saint-Nicolas ; deux couvents d'hommes ; des r.ordcliers et des Capucins; et trois communautés de femmes ; des Bénédictines, des Dames de l’I’nion-Chrétienne et des sœurs de Saint-Vincent-de-Paule, qui desservaient l'Hôtel-Dieu. I.es Sables sont aujourd'hui l'un des chefs-lieux de sous-préfecture du département de la Vendée ; l'arrondissement renferme près de 1(E!,000 âmes , et la ville un peu plus de 5,000 ; on y trouve une inspection des douanes, un syndicat des gens de mer, un tribunal de première instance, et un petit séminaire. La pèche est la principale ressource des habitants, qui font, en outre, un commerce asseï considérable en bestiaux, goudron, sel, grains, et vins du midi de la France. Le port a récemment attiré l’attention du gouvernement ; on y a commencé, en 1845, des travaux de curage et d'agrandissement. L'intérieur de la ville ne présente qu'un réseau de rues sinueuses coupées par des ruelles; mais on admire, le long de la plage, le remblai, construit en 1767. Deux établis- .seroenLs de bains de mer, fondés en 1840 et 1845, sont visités, durant la belle saison , par environ douze cents baigneurs.

Plusieurs marins fameux sont sortis des Sables d'OIonne. Nous citerons d'abord Jean-Daviil Nau, plus connu sous le nom de fOlonna't; ce chef de flibu.stiers surnommé le fléau des Espagnols, dont il ne se fit pas moins redouter par son courage que par ses cruauU's , v ivait dans le xvir siècle ; il périt misérablement sous les coups d'une troupe de cannibales, qui se disputèrent scs membres mu-

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tilis. Nous mettons bien au-dessus de cette triste renommée le \oytgeut Imbert, le premier explorateur de l'intérieur de l'Afrique; le vice-amiral comte de Vaugiraud , gouvereenr de la Martinique en 18U, et le conire-amiral Gautier. '

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