NOIRMOUTIER. W
et difficiles. » Les républicains ne pouvant se déployer, multiplièrent leurs colonnes; quelques monticules masquaient leur peu de protondeur ; l'ennemi, qui était en bataille sous les murs, crut avoir alTaire à des forces considérables; scs mouvements devinrent incertains, et il demanda àcapituler. Cependant, les républicains avançaient toujours : après avoir dépassé les premières batteries, Turreau somma les rebelles de se rendre à discrétion et entra dans la ville. Parmi les prisonniers, au nombre de mdle, se trouvait GigosI d’Elbée, généralissime des armées catholiques. Traduit, le 29 janvier, devant une commission militaire, il fut fusillé le lendemain sur la grande place avec ses compagnons d'armes Boisy, Duhouv, et le général Wielliind.
Depuis lors aucun événement important ne s’est passé à Noirmouticr. Cette Ile sera probablement un jour réunie au continent ; elle est aujourd'hui le chef-lieu d'un canton compris dons rarrondissemeivt des Sables d'OIonne, et sa population s'élève à plus 7.000 habitants. Iü ville principale en contient près de 2,500; elle eat tortueuse, irrégulière, pavée de galets, mais d'une propreté remarquable. La plupart des maisons ont des cloisons et des plafonds en bois. On y remarque la crypte romane de l'église, le chèteau, ancien manoir de l'abbé d'iler, et une jolie place. Le port peut recevoir des lattiments de dr-ui cents tonneaux, et occupe de trois cent cinquante à quatre cents marins : on y fait le commerce de blé , de sel , de soude, de varech et de poisson. Noirmoutier a donné le jour è Édouard nicher, auteur d'un Précis de Chisloirc de Bretagne, ^'Essais de philosophie inornie et d'un grand nombre d’autres ouvrages en prose et en vers. Cet écrivain distingué, né le 12 juin 1792, est mort le 21 janvier 183t».
C'c'st du reste un spectacle curieux , que l<‘ passage à pied sec du continent à ('Ile de Noirinoutier. a En ces mêmes lieux », dit l'iet, « où, il n’y a qu'un instant, la mer en courroux élevait en montagnes ses flots écumeux , succède tout à coup Une plage immense qui se couvre d'hommes et d’animaux , de voyageurs tant à pied qu'i cheval et en voiture. Le navire , qui tout h l'heure contrarié par l'aquilon et violemment agité par les vagues, s’est vu forcé de jeter l'ancre, repose immobile sur le sable, tandis iju'ù ses côtés un lourd chariot , traîné par des laeufs, traverse cet espace que le vaisseau n'a pu franchir. » « On passe ordinairement le Goua en caravane », ajoute M. de la Fontanelle de Vaudoré dans son excellente S/atislique de la Vendée ; « les personnes prudentes arrivent un peu avant que la mer sx' soit entièrement retirée , et, lorsqu’elle est parvenue à cet état, on voit se mettri' en route de cent à deux cents voyageurs. Ceux qui sont à pied ont à traverser, de distance en distance, des flaques d'eau de lu profondeur du genou- » Des balises ont été établies pour servir au besoin de l’efiige aux voyageurs, quand le flot de la mer vient les surprendre, et. en effet, il leur e.st arrivé plus d'une fois d'y recourir dans un moment de détresse. '
I. GaWa christiania. — Chroniques df Nantes et de Poitiers. — tfistoire de Bretagne, par doin l.obiiieau. — ftistoire dt Louis XI V, par l.arrfi)’. — Rapports et correspondance des génë~ raux de Varnde de VOaest. — BournisM-aux , ilistotre des guerres de la Vendée. — Mémoires de Tufreau. — ll<»crip(to« du Poitou, par üvlaure. de Piel. — Cuvuto-u el lU*
la Foolenelle, Statistique de la Vendée.
AGRICIILTLRK. — INÜUSTBIE. - COMMERCE. — CARACTfeRE. MOEURS. — IDIOME. — A^THJllTÉS.
Il ne faut pas plus demander l'onilé au climat du Poitou qu'à sa constitution géologique. A commencer par le déportrment des Deus-Sèvresi on y remarque, d'un arrondissement à l'autre, des différences bien tranchées; les chaleurs s'y font sentir d'une manière plus sensible et les froids y durent moins longtemps dans la plaine que dans le Bocage et dans la Gatine. La trop grande eitension donnée au défrichement des bois et .m dessèchement des marais, a singulièrement modifié de >iort à Lu(on les conditions otmosphériques du pays : les pluies y sont devenues moins fréquentes., l'air plus froid et la terre moins fertile. Le département de la Vienne, plus boisé que celui des Deux-Sèvres, a une température plus égale. Dans la Vendée, le contraste est si grand , du Marais à la Plaine, et surtout de la Plaine au Bocage, qu'on serait tenté de croire, en passant d'une de ces contrées dans les deux autres, qu'elles ne. sont point sous la même latitude. En effet, à l'ombre de son épais réseau d’arbres, le Bocage n'est point exposé à la chaleur ardente qui, sans obstacle, frappe et échauffe ailleurs les terres découvertes ; et ceci nous explique aussi comment le raisin , dont la maturité ne laisse rien à désirer dans la Plaine, ne mûrit que dillicilement sur les collines ou au milieu des clumps abrités du Bocage.
Une partie du Poitou a , pour ainsi dire , sommeillé pendant si longtemps sous le poids des eaux de la mer, et le sol de cette province offre , en général , des caraclères si.divergents, qu'il nous parait impossible de ramener à un seul point de vue ou de confondre dans une même appréciation collective ses aptitudes et ses productiotts agricoles. Il y a là une opposition, une originalité, dont on doit tenir compte, sous peine de n'élre ni clair ni méthodique. Notre exposition aura donc d'abord pour objet le haut Poitou et le Poitou intermédiaire, vaste contrée où les points d'afTinité l'emportent sur les dissemblances : ensuite, nous nous occuperons du bas Poitou , terre en partie conquise par l'industrie hnmaine sur les plages marécageuses de l'Océan , et qui est aujourd'hui peut-être la région la plus variée de la France.
I)n reconnaît presque partout une grande inégalité dans la qualité des tciTes du département de la Vienne. Ainsi, nu nord, l'arrondissement de Loudun se compose, soit d’un sable gras propre ù la végétation, soit d’une -terre noire, compacte et profonde. C’est là qu’on cultive, particulièrement dans le canton même de Loudun et des Trois-Moûtiers, une espèce de vignoble qui donne un vin blanc très-spiritueux. L’arrondissement de Chàtelleraull i-st encore moins
homogène : depuis cette ville jusqu'aux Ormes, règne une plaine sablonneuse , où l’on n’ensemence guère que du seigle ; à l’est , les cantons de üangé et de Pleuinartin, sillonnés de landes et de bruyères, laissent i peine aux travaux de l’agriculture une faible zône de terres aquatiques et d’une culture très-ingrate ; le canton de Vouneuil-sur- Vienne a bien quelques terres assez bonnes, mais le reste ne consiste qu’en une succession de terrains sablonneux et presque stériles ; le canton seul de Lencroltre, b l’ouest, le meilleur sans contredit de tout le département, peut être considéré comme très-fertile : c'est une sorte de sable gras, où l’on cultive avec beaucoup de succès les légumes et les fruits. Creuzé-Latouche appelle ce beau pays ia Plaine de l'Envigne. L'arrondissement de Poitiers, entre la Vienne et le Clain, ne contient guère que des terrains maigres et sablonneux. La vigne réussit toutefois dans le canton de Saint-Georges-les-Bailliargeaux , et l’on en retire un vin fort estimé. I.es trois cantons de Vouillé, Neuville et Mirebeau, où le fond du terrain est d’une nature plus grasse, produisent en abondance, les deux premiers du vin, le troisième du blé. Enfin quoique, au sud et à l’ouest de Poitiers, le sol soit tantôt glaiseux et froid, tantôt maigre et graveleux, la rivière y baigne pourtant de nombreuses prairies où l’on récolte des foins magnifiques. On trouve quelques vignobles aux environs do Montmorillon ; le vin qu’ils fourn'ssent ne vaut pas à beaucoup près celui des crus de Chauvigny : tout cet arrondissement, dont on n’a pu d’ailleurs défricher encore les landes considérables, n’offre presque partout qu’un terrain pauvre et argileux. Les bruyères occupent aussi de vastes espaces dans l'arrondissement de Civray : quelques cantons produisent cependant des chôtaignes , de l’avoine , du seigle , et même du vin et du froment. Sur les bords toujours fertiles de la Charente s’étendent de riches prairies et des champs, ou l’on récolte toute sorte de grains.
Le sol ne présente pas une variété moins digne d’attention dans le département des Deux-Sèvres, lequel correspond, comme on sait, au Poitou intermédiaire. Nous remarquerons, d'abord, que l’arrondissement de Parthenay, composé à peu près du territoire de l’ancienne Gatine , et celui de Bressuire qui confine au bas Poitou , renferment presque tout le pays des collines. Plus des deux tiers de la totalité des marais du département, enclavés dans l’arrondissement de Niort, lui donnent on caractère tout opposé : quant aux étangs, moins étendus et moins nombreux, ils n'existent que dans la Gatine et le Thouarsais. Toutes les terres crayeuses sont situées dans le Niortais, ou l’on trouve également les cinq sixièmes des terres pierreuses. Viennent ensuite les terres sablonneuses , dont l’arrondissement de Bressuire contient à lui seul presque la moitié ; le Niortais entre dans l’autre moitié pour plus d’un quart, et la Gatine pour un cinquième. Enfin les terres argileuses et grasses constituent le reste du sol dans les deux arrondissements de Melle et de Niort. Les plantes céréales, les vignes, les prairies et les bois : tels sont les principaux objets de la grande culture des Deux-Sèvres. Le tiers au moins des plaines de ce département, que nous voyons chaque année, au printemps, se couvrir de belles moissons, restèrent en friches jusqu’au milieu du xvir siècle; mais le ministre de Choiscul ayant autorisé la libre exportation des grains dons les pays étrangers, en 17Gti , une révolution complète changea la face du pays : coteaux, landes, bois, vignes, prés, tout fut sillonné ou trans- IV. 5't
formé par la charrue, dans un espace de six années. L'épuisement des terres, exploitées sans règle ni mesure, amena bientôt, il est vrai, la dégénérescence des récoltes, cl, par suite, une réaction en sens contraire. Aujourd'hui, dans dans tous les cantons des I)eux-Sèvrcs, on fait une récolte de blé plus que suffisante pour la consommation locale : outre beaucoup de froment , ceux du sud ou du nord-ouest produisent de l'orge d’hivcM' et de l'orge de mars ou baillarge, un peu d’avoine, mais presque point de seigle. A toutes ces cultures, il faut ajouter celles du chanvre et du lin dont la croissance est favorisée par les lieux bas, les terrains frais, et celle du houblon, qui croit spontanément en certains endroits, notamment prés de Niort. Le jardinage est aussi en honneur dans ce département. Chaque paysan a .son jardin ou son verger, qu'il nomme une ouche, et qui est à la fois pour lui un luxe et une source d'aisance. I.« banlieue niortaise est toute couverte de jardins bien cultivés, où les arbres fruitiers du centre de la France sont en plein rapport, surtout l'amandier, auquel le sol même de cette campagne convient parfaitement.
I.e plateau granitique de la Gatine ne se prête nullement à la culture de In vigne : ce n'est é proprement parler que dans la partie sud-ouest du département qu'on rencontre le pays de vignobles; les vins rouges qu'on y recueille sont assez médiocres : en revanche, on fabrique avec les vins blancs une eau-de-vie excellente. Les vignerons de l'arrondissement de Thouars ont cherché à améliorer leurs produits par des plants étrangers : mais celui de Bourgogne, dont les premiers essais avaient donné des résultats fort satisfaisants, n'a bientôt plus produit qu'un vin extrêmement plat ; au contraire, celui de Champagne s'est soutenu, et le vin rouge qu'on en retire encore est bon et a du corps. La plupart des vignobles consistaient autrefois, dans l'arrondissement de Niort, en plants de Cauché ou de f'ine^u, d'où l'on extrait un vin léger et cordial : plusieurs propriétaires en ont abandonné l'exploitation pour cultiver te Dégouttant, plus abondant en cITct, mais dont le vin, quoique fortement coloré, n'a ni sève i<i bouquet. Il y a aussi la Folle-lStanche qui est d'un très-bon rapport dans la fabrication des eaux-de-vie. Parmi les crus les plus renommés du Niortais, on cite le vin de Itorfienard, et surtout le vin de la l'oije-ilonjault , vanté par Rabelais, le premier du canton de Mauzé , le second de celui de Beauvoir. Les prairies naturelles des Deux-Sèvres, deux fois plus étendues que celles de la Vienne, sont divisées en prés bas et en prés hauts. Les foins des prés bas, fécondés par les rivières et les ruisseaux , sont très-riches. Dans les deux départements, les bois se tronvent répartis presque aussi inégalement que les pâturages; celui de la Vienne en contenant cinquante-un mille hectares, tandis que celui des Deux-Sèvres n'en renferme pas plus de trente mille.
I.es bestiaux forment avec les grains, le froment, le seigle, l'orge il deux rangs et l'avoine, les bases de la richesse agricole des habitants de la Vienne. Cependant, comme ils élèvent très-peu de moutons et de bœufs, cette branche de l'économie rurale n'a point chez eux la même importance que chez leurs voisins des Deux-Sèvres, où l'éducation du bétail a pris un remarquable développement. On compte dans ce dernier pays trois espèces de liâtes à cornes : les bœufs du nord nu gatinaur; les bœufs bourets et les bœufs du marais. I.a’s taureaux de la race de
Oatine, élevés dans le bucage des arrondissements de Parthenay et de Bressuire , jouissent d'une réputation mérité. Plus connus aux marchés de Poissy et de Sceaux sous le nom de bœufs gras de Chollet , ils ont la chair délicate , la robe sans tache et d'une couleur uniformément foncée. Les bœufs bourets, plus forts que les gati' naux, ont le poil long et d'un rouge-guigne , la tête allongée, les cornes grosses et larges ; quant aux élèves du Marais, sur lesquels influe la proximité du bas Poitou , ils se distinguent des deux c-pèces précédentes par une tète plus grosse, un mufle de couleur sombre, unecornure vcrdiUrc, un fanon très-bas, des hanches larges, un air lourd et une démarche inquiète et pesante. Les moutons, très multipliés dans les différents cantons des Deux-Sèvres, sont presque partout de haute taille et d'une belle espèce. I,e croisement avec la race espagnole, entrepris d'abord dans l'arrondissement de Niort, a non-seulement accru de moitié la quantité de leur laine, mais encore amélioré leur toison d'une manière frappante. On nourrit beaucoup de porcs dans les deux départements, d'où on les envoie à La Rochelle , Nantes et Rochefort. Les baudets de la Vienne sont assez beaux , mais ceux des Deux-Sèvres les surpassent de beaucoup ; c'est peut-être la pépinière des plus forts Unes de l'Europe ; et il y a tel baudet fameux au haras de Saint-Juire, qui n'a pas coûté moins de cinq mille francs. Le département leur doit sa magnifique race de mules et de mulets. C'est surtout de l'arrondissement de Melle qu'on tire ces bêtes si précieuses pour la charge cl pour le trait, appelés à tort mulets d’Auvergne mulets provençaux : animaux de luxe, à la fois, et de première nécessité, dont le pied si sûr permet aux voyageurs de franchir sans danger les Pyrénées et les Alpes; que l'on voit traîner des fardeaux prodigieux sur toutes les routes de la France , et dont les Languedociens et les habitants de Vaucluse appliquent si utilement la vigueur intelligente au battage de leurs grains. Aussi , dans une famille du pays , sc réjouit-on toujours de la naissance d'un mulet ou d'une mule, tandis que celle d’un cheval y cause une sorte d’aflliction. Les juments poitevines , qualifiées de race mulasiière parce qu’elles servent à la production de cette espèce bûtardc, offrent, pour type, une tête forte, des hanches bien sorties, une croupe musculeuse, des membres courts, un sabot gros et des jambes garnies de fanons. Sous l'ancien régime , le gouvernement introduisit dans quelques cantons des étalons normands et anglais, pour améliorer les formes des chevaux de figure et de carrosse, au préjudice de la race mulassière. Après quelques essais assez infructueux , on renonça à une tentative contraire d'ailleurs aux véritables intérêts du pays.
L’agriculture a été longtemps stationnaire dans le haut Poitou et le Poitou intermédiaire. En 1804, le préfet des Deux-Sèvres, M. Dupin, signalait la funeste puissance de la routine sur l’esprit de ses administrés : « C’est surtout dans la Gatinei), disait-il, «qu’elle règne avec tyrannie; l'agriculture y est encore ce qu’elle était au xv* siècle; des livres de recette de ces temps anciens en font fui. Le nombre et les espèces de bestiaux qu’on élevait alors dans chaque métairie sont aujourd'hui les mêmes. Les fermes qu’on y cultivait sont encore cultivées en pareille quantité et en même nature de grains. Les semaines consacrées aux récoltes, comme celles des semailles, ne varient point : tout est immuable , parce que tout se fait sous les auspices de tel ou tel saint. L’usage de bénir les se-
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roences et de décorer les champs de ramean se perpétue , mais celui de chauler le grain que l'on confie à la terre est oublié. S'agit-il de détruire les mulots, les paysans refusent de recourir aux moyens les plus simples, par cela seul qu’ils ne sont accompagnés ni de messe ni de procession. Dans quelques aveux et dénombrements faits au xiii* siècle , on voit que des terres de Gatine, dites gâtes , sont encore incultes, que ce qui était marais est resté marais, etc. Innover est un crime, dans l'esprit du cultivateur et de l'homme à gages, et rien n'est bien que ce que faisaient leurs aïeux. r>
On peut dire avec vérité des trois départements formés de l'ancien Poitou, que le système des jachères et la vaine piturc sont les principaux obstacles qui s'y opposent aux progrès des différentes branches de l'agriculture. Sans doute , depuis la publication de la statistique de M. Dupin, d'heureuses réformes ont été accomplies dans les procédés agricoles des Deux-Sèvres et de la Vienne. Les instru- , ments aratoires perfectionnés n'y sont plus repoussés par un attachement absurde aux habitudes des temps passés. Les cultivateurs y ont modifié leur manière de voir et d'agir sur beaucoup de points et en bien des choses : un grand nombre se sont appliqués à défricher les bruyères et les landes , on a converti les marais en prairies artificielles et en chencvièrcs. Il s'en faut de beaucoup, toutefois, qu'il n'y ait plus d'améliorations à opérer dans les méthodes d'assolement , l'éducation des bestiaux, la culture de la vigne et les procédés de vinification. Les exploitations rurales des Deux-Sèvres sont encore trop souvent divisées en quatre soles : la première année on les ensemence de froment ; la seconde de métnre , mélange d'orge d'hiver et de froment ; lo troisième d'orge d'été ou baillarge. Après avoir ainsi demandé à la tcn'e bien plus qu'elle ne peut donner, en y faisant trois récoltes successives de grains , on la laisse en jachère pendant un laps de temps d'au moins de cinq années.
Le département de la Vendée, ou plutôt le bas Poitou, borné par l'Océan sur une étendue de vingt-huit lieues, doit à sa situation géographique une physionomie è part. La formation de la côte, basse et vaseuse depuis l'embouchure du Lay jusqu'à celle de la Sèvre-Niortaise , a contribué encore à le placer dans des circonstances toutes exceptionnelles. La mer ayant envahi une grande partie du littoral , dont la nature lui avait en quelque sorte ménagé l'accès , il a fallu regagner pied à pied le terrain perdu. Les Poitevins, depuis le moyen ége , ont poursuivi l'accomplissement de cette Uchc avec une persévérance infatigable; dans nulle autre partie de la France, assurément, l'industrie humaine n'a fait de si grandes choses en ce genre. Le département de la Vendée se compose de quatre grandes subdivisions territoriales : le Bocage, la Plaine, le Marais méridional , le Marais occidental, les Iles. Toute une multitude de collines, partagées en deux chaînes principales, cl entre lesquelles se dessinent de nombreux vallons, occupent la partie occidentale du Bocage; elles sont le point de départ de plusieurs ramifications, dont l'évasement forme une succession de bassins. Le plus remarquable s'étend, en longueur, depuis les Lssarts jusqu'au delà de Cesay, et, en largeur, depuis la rive droite du grand Lay jusqu'au Pont-Gravereau , sur le petit Lay. C’est le vaste lit de l'ancien lac intérieur du Poitou. Les eaux de la mer y ont séjourné pendant des siècles, comme l'attesteut encore les débris de
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coquillages, de peignes , de cornés d'ammon , de pèlerines , mêlés aux éléments primitifs du sol; aujourd'hui, ce Itassin forme la grande plaine calcaire intérieure de la Vendée. La couche superficielle du Bocage, composée de sable et d’argile, repose ici sur un banc de glaise compacte, là sur une roche schisteuse ou granitique. Partout elle est susceptible d’étre cultivée ou fertilisée, sans en excepter les landes envahies par l’ajonc et la bruyère, mais dont le travail agricole tend chaque jour à diminuer la superficie, malheureusement presque aussi considérable dans la Vendée que dans la Vienne. Parmi les cultures, le froment vient en première ligne, en seconde le seigle, en troisième le mil, nourriture du pauvre, et le blé noir ou sarrasin. Ces grains constituent avec les bestiaux la plus grande richesse du Bocage. L'avoine, l'orge de mars ou bail-, large , et le lin, sont récoltés en petite quantité. Les plants de choux-verts, nour- ^ riture des bœufs, ont pris une extension vraiment prodigieuse, à tel point que, sur une ferme de quarante à cinquante mille hectares, on en voit, en moyenne, de quarante à cinquante mille pieds. Les deux forêts les plus importantes de la Vendée, celles de Vouvant et de La Chaise , dont la superficie totale ne dépasse pas trois mille deux cents hectares , sont situées dans le Bocage. Ce n'est point toutefois à leur existence qu'il doit son nom; celui-ci vient des clôtures qui entourent et, en quelque sorte, palissadent chaque champ ou chaque prairie. Qu'on se figure un inextricable labyrinthe de haies vives , la plupart fort hautes , - soutenues à la fuis et couronnées par toutes sortes d’arbres , chênes , ormes , érables, frênes, châtaigniers, pommiers, cerisiers, encastrés et presque cimentés dans ces murailles toujours verdoyantes; qu’on se représente l'ombre , le mystère, la tristesse, qui tombent de ces bois si capricieusement dessinés et dont les prairies et les champs sont comme les éclaircies; qu’on essaie de se plonger, par la pensée, dans des chemins profonds, encaissés, sombres, humides, espèces de ravins péniblement creusés par la main de l’homme à travers ces tristes solitudes, et l’on reconnaîtra aussitôt combien est vrai et juste le nom de ce Bocage vendéen que les royalistes et les républicains se sont disputé avec une si terribie énergie à l’époque des guerres civiles de l'Ouest. Du reste , on comprend sous la désignation générale de têtards les arbres des clôtures , parce que les fermiers en étètent, c’est-à-dire en ébranchent le cinquième tous les cinq ans pour le convertir en fagots. Une partie de la coupe sert aux usages de la métairie , et le reste est vendu aux habitants des villes.
^ous avons déjà indiqué l’origine de la Plaine, grande langue de terre enlevée à la mer et ajoutée au continent par quelque révolution dont il ne nous reste aucun souvenir, et qui amena la retraite des eaux. Cette région , dépourvue de clôtures, a trente-sept lieues carrées d'étendue. La couche superficielle du sol , plus argileuse que celle du Bocage, y repose sur une glaise moins compacte et moins profonde, laquelle glt elle-même sur un fond de galets ou de roches calcaires. Les habitants de la Plaine cultivent le froment à épis ras ; celui de machecoul pour les terres défrichées; celui de mars, principalement sur les bords de la Sêvre-Nantaise et les confins du département des Deux-Sèvres; l’orge de mars, dans le pays situé entre Fontenay et Luçon. Cette orge, d’une qualité supérieure, est très-propre à la fabrication de la bière ; à diverses époques, il en a
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été fait des envois considérables outre-Manche. L'absence des prairies naturelles, rendue plus sensible par la nécessité de pourvoir à l’entretien d’un immense bétail, a amené la culture des plantes fourragères : vesccs, trèfles, luzernes, sans parler du chou-moelle très-répandu dans le canton de Cbantonnay, et du maïs et du sarrasin destinés au même usage.
I.a mer s'est retirée de la plaine, mais elle a été, si nous pouvons nous exprimer ainsi, éconduite du bassin de la Sèvre. Les dessèchements successifs^ accomplis sur cette partie de la cèle, étaient évalués par Cavoleau à vingt mille hectares, dont mille huit cent cinquante appartenaient au département des Peux-Sèvres, trois mille six cent cinquante-huit à l’arrondissement de La Rochelle, six mille trois cent quatre-vingt-neuf au Marais méridional de la Vendée et quatre mille six cent cinquante-six au Marais occidental. Des travaux plus récents ont encore accru les diverses parties desséchées du bassin de la Sèvre. Les Poitevins, pour recouvrer ces terres, longtemps ensevelies sous les flots, les ont sillonnées d'un grand nombre de canaux ; l'ouverture de la première tranchée de cette espèce dont il soit parlé dans l'histoire de la province fut commencée en l'année 1217, avec l'autorisation de Pierre de Volvire, seigneur de Chaillé, par les abbés de Saint-Michel de l’Absie , de Saint-Maixent, de Maillezais et de Ncuil : on l'appela pour cette raison le canal des cinq abbés, et il eut pour objet le dessèchement des marais du Langon et de Vouillé.
D’autres canaux, plus ou moins importants, creusés du xiir au xvi' siècle, assurèrent l'écoulement des eaux à l'ouest du bassin de la Sèvre ; mais lu partie méridionale formait encore un a cloaque fangeux », lorsque les encouragements , donnés par les rois Henri IV et Louis XII à l'industrie privée, en tirent entreprendre le dessèchement. Le Hollandais, Humfroy Bradley, Noël Champenois et Pierre Siette se succédèrent dans la direction des travaux. En 1664, on creusa le ranal ou contrebot de Vix, le plus grand de tous; bien que d'une exécution plus facile que cet admirable ouvrage, la canalisation de la petite rivière du Jaunay a considérablement agrandi la zone des terres cultivées. La mer, il est vrai, n’a pas perdu tous ses droits sur ses anciens domaines, puisqu'elle couvre constamment les bas-fonds des marais mouillés, et qu'elle en inonde pendant les mois d'hiver les parties les plus hautes. Rien, au reste, de plus monotone , de plus triste, à la première vue, et cependant rien, en réalité, déplus nouveau, de plus intéressant pour l'habitant des villes que cette région des marais mouillés, dans laquelle on retrouve encore l’âpre et mélancolique virginité du vieux monde. C'est, en effet, le silence, le calme, la solitude et presque la vie sauvage des temps priroilifs. Point de village se projetant à l'horizon avec son clocher et ses massifs d’arbres, point de fermes, d'enclos, ni de vergers : seulement, de distance en distance , une case isolée, tissiie avec des roseaux et des branches flexibles, abrite quelque pauvre famille de hultiers. Là, les mille voix, les bruits sans cesse renaissants de la civilisation n'ont point d'écho. Les eaux mêmes dont les feuilles et les fleurs du nénuphar blanc tapissent la surface, coulent silencieusement et semblent dormir au milieu des roselières. C’est à peine si l’on entend, à de rares intervalles, les cris de quelques oiseaux aquatiques, l'explosion de l’arme à feu d’un chasseur perdu dans ce désert, le clapotement d'une rame, ou le chant lointain du huttier.
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Les terres du Marais occidental, surtout celles des lais de mer, sont au nombre des meilleures du Poitou : la couche limoneuse , d'une grande profondeur, grasse, mais mélangée de sable, a l'avantage d'étre à la fuis compacte et maniable. Telle est l'inépuisable richesse de ce sol, que ni champs ni prairies ne reçoivent' aucun engrais. Les parties culminantes du Marais, c'est-à-dire les noyaux des anciennes Iles et les lais de mer des communes de Beauvoir, Bouin et Bourgneuf, protégés par des chaussées , donnent de l'orge et d'admii'ables récoltes de froment et de fèves : tout le reste est en prairies naturelles et se couvre spontanément, lorsque les eaux s'en sont retirées, des fuuirages les plus savoureux. De là les bétes à cornes et les chevaux si robustes du .Marais. Les Moréchins les plus pauvres élèvent des nuées de canards, qu'ils laissent vaguer à l'aventure sur la plaine inondée ou la surface des canaux. Le sol du Marais méridional, limon gras et compacte , a pour base une couche de bri ou de glaise bleuâtre : il est tellement lourd que, pour le remuer, il faut un attelage de huit ou dix bœufs; dans les autres parties du Poitou, il suflit de quatre, cinq ou six bétes de trait, bœufs, mules ou chevaux , pour tirer la charrue. Les quatre sixièmes de la terre servent à la nourriture des bestiaux; les cinq autres sixièmes, sauf une faible partie laissée à l'état de jachères, sont ensemencés en froment, en orge escurgeoM, ou en fèves de marais. Les marais de Doix et de Vix produisent du lin et du chanvre. On voit à côté des saules et des frênes plantés sur les ierrées ou nwités des marais mouillés du bassin de la Sèvre, des roselières, où le roseau [arundo phragmites] se développe avec un magnilique exubérance. L'extrôroc rareté du bois donne beaucoup de valeur à cette dernière plante, dont on se sert pour chauffer les fours , rouvrir les bâtiments ruraux et garnir les digues de fascines. L'industrie agricole des côtes et des Iles de la Vendée s’exerce , comme dans l'intérieur, sur les bestiaux, grains, légumineux, vignes, etc.
Nous n’avons point parlé jusqu'à présent de l'éducation et des caractères distinctifs du bétail. Les bêtes à cornes du Bocage se reconnaissent à la petitesse de la taille , la rondeur des formes, la couleur presque toujours unie du poil; celles du Marais occidental, de race- llandriue, à leur hauteur gigantesque, leurs formes efflanquées, leurs os trop saillants, leur aspect presque disgracieux; et celles du Marais méridional à leur taille non moins colossale, qui contrasie singulièrement avec leur maigreur habiluellc. Nous ne dirons rien des bœufs de la Plaine, si ce n’est qu’ils sont plus forts que ceux du Bocage. Il en est de même de l'espèce des brebis; celles de la Plaine l'emportent de beaucoup pour les avantages corporels et la finesse de la laine sur celles du Bocage; exceptons, toutefois, dans cette dernière région, \&% brebis de Ulorlagne, au museau, aux oreilles, aux jambes, de couleur orange, et qu'on élève dans le canton de Mortagne et quelques communes des cantons de Ponzauges, des Herbiers et de Montaigu. On distingue les brebis du Marais en race de Champagné ou du Petit-Poitou , dite fiandrinc, et en race de Triaize, Saint-Michel-en-Lherm, drues et Moricq. Ces animaux doivent leurs qualités supérieures à une nourriture abondante , et surtout à leur croisement avec les mérinos des monlagnes de i'Estramadure. Si on prenait quelques peines pour améliorer l’espèce chevaline du Bocage, elle pourrait donner des chevaux de selle comparables à ceux du Limousin. Dans le Marais
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méridional, les chcvanx qui errent jour et nuit dans les prairies, et y vivent presque à l'état sauvage, « ont beaucoup d'étolTe, mais peu d'élégance ». On fait un cas parliculier des chevaux de trait et de voiture que produit, en très-grande 'quantité, le Marais occidental. Les habitants de la Plaine s'occupent plus de l'amélioration de l'espèce des juments mulassières que de celle des chevaux ; la production ou l'élève des mules, dont ils tirent un nombre considérable du département des Deux-Sèvres, étant une des branches les plus lucratives de leur industrie.
Les vignobles du Bocage, à l'exception de ceux du bassin calcaire de Chantonnay, de plusieurs communes do canton de Mareuil et de quelques parties du canton de Talmont, ne donnent que des vins sans force, recherchés cependant par les plus riches habitants du pays dont ils forment la boisson ordinaire. Ces vins proviennent du plant dit la Folle-Blanche, commun à presque toute la Vendée, mais bien inférieur au muscadet de Sigoumay, d'où l'on tire on excellent cru. Il y aurait de très-grands avantages à étendre cette culture pour en distiller les produits riches en alcool et les transformer en eaux-de-vie. C'est aussi la Folle- Blanche que préfèrent les vignerons de la plaine; on en voit des plantations considérables dans les cantons de Fontenay, de Luçon , de .Mareuil et de Mouliers. Les crus de la commune de Corps ont plus de force que les autres vins de cette contrée. Sur la côte maritime de la Vendée , les vignes sont également fort répandues ; elles produisent deux espèces de vins , l'un appelé de sable, l'autre de terre-forte; celui-ci médiocre, celui-là plus estimé. Les pommiers et les cerisiers abondent dans les cantons de la Chateigneraye et de Chantonnay qui approvisionnent de leurs fruits la Plaine et le Marais. Enfin, c'est aussi au Bocage vendéen qu'appartiennent les communes de La Caillère, de Saint-Hilaire-du-Bois, de la Jaudonnière, etc., si renommés pour la culture des arbres fruitiers ; la première surtout s'est fait une telle réputation , qu'on désigne sous le nom de eaitterols les marchands qui achètent les récoltes de fruits pour les revendre en détail aux habitants des villes. Dans toute la Vendée, on donne , par la même raison , le nom de collectif de caitlires aux jardins fruitiers.
L'industrie agricole, bien que favorisée par les qualités naturelles du sol, ti'a )H)int fait de progrès bien marqués dans ce département. Cela est vrai des méthodes d'assolement, de l'emploi des engrais, des instruments aratoires, de la culture des vignes, de l'usage des plantes fouragères, et de l'élève des bestiaux; sous ces rapports capitaux , dans le Bocage, comme dans la Vendée, dans les .Marais, comme sur la Côte, les propriétaires, les cultivateurs ou les éleveurs sont malheureusement fort arrié rés. Pour ne nous occuper que des assolemenls , voyons comment on les dispose dans la Plaine. Les terres de chaque ferme y sont divisées en deux , trois ou quatre soles : la première prévaut à l'ouest de la Plaine, la seconde à fest, la troisième au centre. Ces deux dernières sont surtout vicieuses. Le sol, condamné à porter sans interruption, pendant plusieurs années, du froment, de l'orge de mars ou de l'orge d'automne, succombe d'épuisement sous le travail de la production. D'ailleurs les champs eonsacrés exclusivement à l'alimentation de l'homme, ne produisent rien pour la nourriture des bestiaux. L'usage des quatre soles ou guérites remonte, d'après M. Tillier, à
plus de mille ans et nous reporte à renfancc de' l'art agricole. M^me absence de progrès et même défaut d'intelligence dans le Bocage, où la terre, cultivée de deux années l'une, pendant six ou huit ans, reste, après la troisième ou quatrième récolte, à l'état de patis : les genêts , les ajoncs , les bruyères, y foisonnent alors sans obstacle, et y régnent exclusiteimuit huit, dix et quelquefois quinze années. Cependant d'importantes améliorations ont été introduites dans plusieurs bran- <'hes de l'écouotnie rurale de la Vendée , gricc aux efforts des comices agricoles et de quelques agronomes éclairés. I,cs prairies naturelles se multiplient, les plantes fourragères sont mieux appréciées , et l'on commence partout à adopter les instruments aratoires perfectionnés.
Nous terminerons cet apiTçu sur l'agriculture des trois départements du Poitou parspielqiies détails sur les rapports du propriétaire avec l'exploitant du sol. Dans la Vienne, un donne le nom de colonage aux fermes des petites propriétés. En certains cantons, les fruits et les produits des bestiaux appartiennent par moitié au propriétaire, qui fournit en rexandie la moitié des semences et la souche du bétail; il n'à droit qu’à un tiers, dans certains autres où le colon se charge de la totalité des semences. Dans les Deux-Sèvres, on divise les domaines ruraux en tnetairiet et en borileries : les premiers étant exploités par les métayers ou cultivateurs à charrue , 1rs autres par les bordiers ou cultivateurs à bras. Les mêmes dénominations de métairies et de borderies sont en usage dans la Vendée : les conventions du métayage, pour la répartition des charges et des produits de la ferme entre te propriétaire et le cultivateur, n'y différent guère non plus de celles du colonage dans le département des Deux-Sèvres. Souvent tous les travaux , tous les suitis agricoles ou. économiques des domaines du Marais méridional sont confiés à un sixtaiu ou laboureur, auquel le propriétaire ubandonne le sixième des produits. Les propriétaires et les fermiers ou métayers des Deux- Sèvres font eux-mêmes la moisson et le battage des grains, avec l'aide de plusieurs domestiques, hommes et femmes, dont ils ne louent la plupart que pour l'été seulement ou pour deux mois , moyennant un salaire en argent ou en blé. Il existe une autre classe d’ouvriers nommés teveurs ou métiveurs, lesquels ne reçoivent d’autre salaire que le cinquième des grains pris sur faire, et s'engagent, en outre, à donner au propriétaire un certain nombre de journées de travail dans le courant de fanné-c. l'arnii les habitants de la Plaine de la Vendée, lea moissonneurs ont droit à la neuvième partie de la récolte u pour scier le blé, le battre , le vanner, le transporter au grenier, » outre un pot-de-vin en froment pour la préparation de faire. Les éleveurs de bestiaux du Marais méridional ont une autre coutume que nous devons noter à cause de sa singularité : le principal ou le grand berger du troupeau de moutons a toujours , indépendamment de ses gages, la toute propriété d'une des bêtes confiées à ses soins; ce mouton , a qui ne meurt jamais , parce que c'est toujours le plus beau du troupeau , s'appelle te bien gagné. »
Les substances minérales sont moins abondantes dans la Vienne que dans les Deux-Sèvres et la Vendée : on n’y exploite guère des mines de fer que dans le voisinage de la Charente; le minerai qu'on trouve dans celte région, presque à fleur de terre , suflil ou à peu près à l'approvisionnement des forges de Ituffec. Il