‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 80 sur 120 · IV · texte numérisé non relu

IV

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existe aux environs de la Rochc-Poaay, une fontaine d’eaux minérales sulftareuscs froides. La plupart des cantons du pays renferment des carrières de pierre meulière, de pierre à chaux et de pierre de taille; l'arrondissement de Civray a des marbres, dont le manque de débouchés a fait abandonner l'exploitation. Dans le département des Deux-Sèvres , il n'est pas rare de voir le fer couvrir le sol à l'état de pyrite et sous des formes régulières. On cite les Blons de la mine de Gourgé, dans l'arrondissement de Parthenay, ceux de la colline qui s’étend de Montalcmbcrt à Melle , et la mine limonense de Mairé. Parmi les sources minérales, quatre surtout ont du renom; celles de Bilazais, de Vrère, deTonneret et de Fonladou. Iji pierre meulière est très-répandue sur un coteau, au dessus de Saint-Maixent, et la pierre de taille dans l'arrondissement de Niort. A Coulanges, il y a une chaîne de rochers de marbre de différentes couleurs, gisant sur un lit d'argile. Le sol des Deux-Sèvres oCh'c encore des schistes , de la pierre rousse, où pierre calcaire colorée par l’oxide de fer, des argiles, des marnes très-variées, des stalactites, imitant ia blancheur de l'albAtre, du mica pur, des cliairédoines , des quartz et des cailloux transparents , dont la couleur, surtout près de CbiUillon, rappelle la topaze de Bohème.

Parmi les produits minéraux de la Vendée, nommons d’abord la mine de plomb sulfuré argentifère, appelée vulgairement la mine des Saris, située A l’est des Sables d'OIonne , dans la commune de Saint-Hilaire de Talmont ; la mine d'antimoine de la Hamée, dans le canton de Pouzauges, et un autre gisement de ce dernier métal consistant en un filon sulfuré découvert, en 18.19, aux moulins de la Véronière , près Les Essarts. On sait que le fer du Poitou gênait particulièrement, dans le moyen âge, à la confection des armures et des fers de lance. M. de La Fontenelle de Vauduré conjecture que çe fer provenait du gisement de La Vergne-des-Loges, situé à un myriamètre au nord-est de Fontenay, dans la commune de Payré-sur-Vendée. Ce savant auteur signale la présence du même minerai près de Saint-.Michel-le-Cloucq , de Puy-dc- Verre , de l'Hcrmcnault; il constate, en outre, l'exislcnce de schistes plus ou moins ferrifères, aux Boutanelières , au nord-ouest de la Chataigneraye et entre la Marzellc et le Petit Lay. A la TermeMère, est un gisement de fer extrêmement riche, de plusieurs lieues d'étendue et d’une puissance d'un A deux mètres. N'onblions pas la minière d’ocre ou d’oxide de fer, du canton de Challans , ni les eaux minérales ferrugineuses de Fontenelles, de la Brossardière , de I..a Gilardière, de Beaulieu, de Iji Touche, de Réauraur, de la Ramée, du Pouet, etc. Le vaste terrain Invuillcr de Vouvant, exploité dès le dernier siècle, puis négligé, puis reconnu et exploité de nouveau par les .soins de MM. de Fa Fontenelle et Decressac, donne des produits déjà fort recherchés pour le chauffage des chaudières,” les forges et la fabrication du coke. Les houilles du bassin de Chantonnay sont d'une qualité inférieure. Les carrières de pierre dè taille abondent : mentionnons le calcaire de Pultcau, qui a la dureté du marbre ; les granits si nombreux , et dont le plus beau est relui du ChAtclier; les scliistcs du Bocage, combinés tantét avec le granit, tanWt avec le c.ilcaire; le gneiss ou le micaschiste, avec lequel a été bâtie la belle lourde la Merlusine ,)s Vouvant; le schiste A dalles des bords du grand Lay; la pierre meulière des environs de L’Hermenanlt; les ardoisières de

la Chaise , donnant une ardoise comparable à celle d'Angers ; le kaolin de Clouseaui et de Fenouillet, propre à la fabrication de la faïence et de la porcelaine, etc. On pèche de l'ambre gris sur les cdtes, et l'on y a ménagé une muUilude de marais salants d'où l'on tire environ cinquante millions de kilogrammes de sel.

Le commerce et l'industrie sont partout à peu près les mêmes , bien que les progrès en soient moins marqués dans la Vienne que dans les Ucux-Sèvres et la Vendée. En général, le travail des populations poitevines est alimenté par des fabriques de serges, de molletons, de draps , de dentelles communes , de bonneteries, de chapeaux ; par des papeteries, des tanneries , des chamoiseries , des selleries, des blanchisseries de toiles et de cire, des distilleries d’eau-de-vïe , des brasseries; par des forges et de hauts-fourneaux, des verreries, des poteries, des tuileries, etc. Quelques localités se sont créé des spécialités, ou bicti ont devancé le reste de la province dans le perfec tionnement des procédés de fabrication : comme, par exemple, Niort pour ses chamoiseries, Chétclierault pour sa coutellerie , les bords de la Sèvre-Nantaise pour leurs papeteries , Bourbon-Vendée pour sa tannerie, Faymoreau pour sa verrerie, etc. Les transactions commerciales roulent principalement sur les bestiaux, les euirs, les vins, les eaux-de-vie, les céréales, les farines de minot, les légumes, les châtaignes, les fruits conOts, le chanvre, le lin, la cire, le miel, le bois, la houille et les fers. Parmi ces diverses branches de commerce , il en est quelques-unes d'une haute importance et qui méritent d'étre distinguées. Les bœufs , les chevaux, les poulains et les juments du Bocage et du Marais occidental attirent les éleveurs ou les marchands de la Bretagne, du Berry, de la Normandie et de l'Espagne. On estime encore davantage les mules et les mulets des Deux-Sèvres ainsi que ceux de la Plaine de la Vendée : ces utiles animaux font presque tous les transports sur les routes du midi de la France et sur celles de l’Algérie, de l'Espagne et l'Italie; on en expédie aussi un grand nombre jusque dans les lies Maurice et Bourbon, où on les applique avec succès â la culture coloniale.

Nous avons peu de chose à dire sur l'hisfoire naturelle de la province, considérée dans ses rapports avec la pèche et la chasse, que les habitants du bas Poitou ont 100100» aimée passionnément. Les loups, si multipliés après les guerres civiles del’Ouest, sont aujourd'hui bien moins nombreux. Autrefois, lorsqu’un paysan avait tué une de ces bétes fauves , il la promenait de village en village, au son du hautbois et des cornemuses, pour recueillir les dons en argent ou en nature des habitants de la campagne ; cet usage subsiste encore , du moins quant à la quête , mais le chasseur se contente démontrer la tête du loup. Le cerf, la biche, le san- ’glier, le renard, se rencontrent plus ou moins fréquemment, selon les différents caractères géographiques du pays : dans ta Vendée, le premier de ces animaux devient chaque jour plus rare. Les rivières et les étangs y sont aussi bien moins poissonneux que dans les autres parties du Poitou : les poissons communs à toute la province sont l’anguille, la carpe, la perche, le brochet, la tanche, la brème, etc.; mais la Vendée n’a ni la truite, dont l’espèce foisonne dans les deux autres départements, ni le saumon, la truite saumonée , l'alose, la Lamproie et la plie, que, d’après Creuzé-Latouche , on ne trouve que dans la Vienne. Les habitants du littoral de la Vendée ne tirent point de grands bénélices de la proximité de la

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mer. Iji pêrlie marilimc a surtout pour objet les sardines, au* Sables , à Saint- Giles et à Pile de Rouin ; le thon , des cdics d'Espagne, que vont recueillir une vingtaine de barques de l’Ile-Dieu ; et les bancs d’huitres, autrefois si féconds, de la baie de Bourgneuf et du golfe de ^oirmoutier. De 1816 à 1818, cette dernière pèche a fourni plus de vingt-cinq millions d'huîtres au commerce d'exportation.

La physionomie et le caractère du Poitevin , peu tranchés dons la Vienne , se dessinent plus vigoureusement dans les Deux-Sèvres et la Vendée. Prenez, les habitants du Rocage de l'un et de l'autre de ces départements, vous reconnallrex en eux une parfaite analogie, au physique comme au moral : bien que séparés par la nouvelle division géographique de leur territoire, ils se ressemblent singulièrement. Tout au contraire, comparei-les ù leurs propres voisins, i leurs propres compatriotes de la Plaine ou du Marais, vous remarquerez beaucoup de contrastes et presque point d’affinités. Le paysan du Bocage a cette taille médiocre et bien prise qui s'allie assez volontiers avec un tempérament sain et robuste, tout se trouvant en harmonie, et rien n'étant exagéré dans une telle nature ; sa tête est grosse et ronde, sur son cou épais et sous ses cheveux longs et noirs, dont la teinte sombre fait ressortir davantage la pAleur de son teint ; scs yeux petits , mais expressifs, semblent annoncer une vivacité à laquelle il est étranger par sa constitution et scs habitudes. C’est un homme simple, bon, loyal, hospitalier, charitahie, ayant le respect de lui-méme, de sa parole et de scs engagements. Il est lent à concevoir et à se résoudre , lent dans scs mouvements et ses actions ; son esprit en est pius juste, sa volonté plus obstinée, ses croyances superstitieses plus invétérées , eniin son travail plus patient. Au temps désastreux où il soutenait une guerre acharnée contre les républicains, scs coups aussi en étaient plus sûrs : il ne jetait point sa poudre au vent, chacune de ses balles était mortelle. De loin il distinguait parfaitement, A la détonalion des armes, si elles annonçaient l'approche ou la défaite <lcs siens ou des bicux. Le feu était-il roulant et continu, les républicains avaient l'avantage et se précipitaient sur les pas des royalistes en déroute ; les coups se succédaient-ils lentement et par intervalles, c'étaient les Vendéens qui l'emportaient cette fois et poursuivaient les bleux. Jusqu’au milieu des calamités de la guerre civile, les habitants du Bocage avaient d'ailleurs conservé les traits distinctifs de leur caractère : comme ils ne pouvaient ni se séparer de leurs familles , ni rompre avec leurs habitudes, ni oublier les pratiques de leur religion , ils les transportèrent dans les camps. Les vieillards , les femmes , les enfants, leurs prêtres , leur bétail même , les accompagnaient partout, t'.e n’était pas la marche d'une armée, c'était f émigration d'un peuple patriarcal. On voyait toute cette multitude tomlrer à genoux, à l'heure de la prière, ou aller au combat en chantant des cantiques. Hommes d’une bravoure A toute épreuve, sobres, durs A la fatigue, patients, résignés dans les dangers, mais soldats indisciplinés et indisciplinables ; souvent , après la victoire , comme après la défaite, ils se débandaient, quelques efforts que iissetit leurs cliefs pour les retenir : une voix plus puissante les appelait, le désir de revoir leurs foyers domestiques et de reprendre la culture de leius terres. Les troupes permanentes de l'armée ailholigue-royale étaient composées d'aventuriers, étrangers uu pays par leur naissance, et dont l'amour du pillage était le principal mobile.

Si nous rappelons & regret ces luttes sanglantes , dans lesquelles les paysans du Poitou déployèrent un si grand murage, e'cst qu'il faut en chercher l'explication dans leur caractère personnel et leurs sentiments intimes, bien plus que dans un principe exalté de dévouement pour les intérêts de l'ancienne monarchie. Religieux, sans lumières et sans discernement, par la force des traditions, par son humeur mélancolique, par l'ascendant dü clergé sur son esprit taciturne; profondément attaché à son pays natal, parce qu'il s’est identifié avec le sol, en vivant isolé dans sa chaumière, retranché derrière scs fossés, et ne coimaissant point d’autre monde que sa famille, d'autre horizon que la sombre ceinture de ses bois; le Vendéen ne pouvait hésiter â prendre les armes, du moment où sa religion était menacée et où l’on voulait l’assujetlir au service militaire , pour lequel il a toujours eu une répugnance instinctive. Du reste, la mélancolie de l'habitant du Bocage, tout en le disposant à l’amour et aux afirctions domestiques, n'exclut en lui ni la gaité ni le goût du plaisir. Il est l’homme des contrastes, des promptes réactions : à la fois franc, méfiant, irascible, mobile dans sa taciturnité, sobre par économie sinon par nécessité; vivant de pain de seigle, de bouillie de mil, et, pour toute buisson, buvant de l’eau de la fontaine ou du marais prochain, quoique le cabaret, le vin et la bonne ebère aient pour lui un attrait tout particulier.

Il y a comme une échelle de graduation physique et morale qui va tantôt s’élevant, tantôt s’abaissant du Bocage, aux autres grandes divisions territoriales de la province. Dans la Vendée, les habitants de la Naine ne diffèrent guère, nous le savons, quant ù la stature, des populations boragères ; mais il n'en est pas de même dans les Deux-Sèvres, où une taille plus baute distingue les hommes de la Plaine : tous ont d’ailleurs, par une sorte d'analogie avec les terres découvertes, le grand jour et le rayonnement du soleil , nu milieu desquels ils vivent , la physionomie plus franche, le teint plus coloré , l’intelligence plus active, le caractère plus expatksifet plus souple. Un sent que lîi le corps et l’ilme ont échappé à l'isolement et à l’oppression qui pèsent sur eux au milieu des tristes et sombres solitudes du Bocage. I.a fréquentation des habitants des villes doit compter aussi pour beaucoup, sans doute, dans cette complète opposition. Les préjugés et les superstitions, par une conséquence naturelle , tiennent moins dans la Plaine au sentiment et à la volonté, qu’a l’ignorance et à la routine. La gaîté y est aussi plus bruyante, plus licencieuse, l’esprit d'intérêt ou de propriété plus Apre, plus processif, et les mœurs moins sévères, moins pures. Si nous passons dans le Marais des Deux-Sèvres et de la Vendée , nous rencontrons des hommes d’une stature encore plus élevée et d'une constitution en apparence plus robuste que dans le Bocage et la Plaine ; mais leurs formes et leurs physionomies épaisses dénotent assez une nature apathique, une intelligence commune et de grossiers instincts. Le cabanier du Marais, le hutier surtout est maraudeur, glissant en silence sur les eaux avec sa barque et sans laisser aucune trace derrière lui. Relégué loin du monde dans sa cabane de roseaux, superstitieux et ignorant a l'excès, et tenant par-dessus toutes choses à con.server son misérable avoir, il s'affligerait moins de la |)erte de sa femme ou de son enfant que de celle de son bœuf ou de .sa vache. Le tempérament lymphatique et les cheveux souvent blonds ou roux des .Maréchins

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occidentaux, et l'existence de ces mâtnes caractères physiques chez tous les habitants de l'iie de Bouin, ont fait supposer que cette Ile et une partie de la cète de la Vendée ont été originairement peuplées par une colonie d’aventuriei-s normands.

Il nous parait inutile de décrire la physionomie et les mœurs de la race poitevine du département de la Vienne : ce serait, sous presque tous les rapports, nous exposera des répétitions fatigantes. Les habitudes de la vie intérieure, la nourriture, les costumes offrent aussi très-peu de variété dans les diverses parties de rancicn Poitou, la; pain du métayer, du bordier ou du cabanier est presque toujours composé de froment mêlé d'orge ou de baillarge ; l'eau , sa boisson habituelle , se colore quelquefois avec le marc de raisin et prend alors les noms, de piquette, de râpe, de vinasse ou demi-vin. Ceci ne peut s'appliquer, toutefois, aux métayers ou aux cabaniers les plus riehes, dont le pain est blanc, la table servie avec un luxe grossier et le cellier garni des meilleurs vins. Dans toutes les saisons, les hommes portent des vêtements de laine d'un gris bleu ou d’une couleur terreuse, tis.sus ordinairement avec la toison de leurs brebis, et ornés d'une profusion de plis et de boutons. L’habit ample, mais très-court de taille, recouvre une ou plusieurs vestes, le chapeau est de forme plate, toujours rabattu, et le pantalon uni ou rayé retombe sur les guêtres. Il y a moins de simplicité rustique dans le costume des femmes : une coiffure assez semblable i celle des sœurs grises, serre étroitement les joues et leur donne une forme rebondie : une espèce de corset se termine en pointe vers leur menton ; un juste, un jupon, un tablier court, arrangés avec une certaine recherche, font ressortir leur taille; cniin une mante, dont le eapuchon encadre le visage, est jetée sur leurs épaules. .Mais le plus grand luxe des paysannes du Poitou consiste en quatre grandes cbaines d'argent attachées à leur ceinture par des crochets de même métal, auxquelles pendent un couteau, des ciseaux, un trousseau de clefs et une épinglière.

I.e caractère extrêmement superstitieux des gens de la campagne se montre principalement dans les pratiques de dévotion et la croyance aux devins ou sorciers. Dieu sait les pouvoirs mcneilleux que, sur toutes choses, leur crédulité complaisante suppose à ces hommes qu'ils redoutent presque à l'égal de leurs curés. Les contes de loups-garous et de revenants sont l'inépuisable entretien des longues veillées d'hiver. Ces réunions ne se tiennent pas toujours autour de l’être du foyer domestique ; les carrières abandonnées, le creux d'un rocher ou une caverne bien ténébreuse en sont souvent le théâtre. Tout en écoutant de lugubres histoires, à la lueur d'une lampe, les femmes s'occupent activement à Tder : si quelque Qleuse laisse tomber son fuseau , c'est pour connaître son amant qui, en le ramassant , lui manifeste son amour. La veillée se termine par des danses auxquelles les jeunes filles se livrent avec emportement; elles ne s'aiTêtent pas, elles tombent d'épuisement et de fatigue. Les hommes, à quelque partie du Poitou qu'ils appartiennent, prennent aussi le plus vif plaisir à ce divertissement. Rien de plus gai , de plus entraînant, aux fêtes patixmales des villages , que les ballades ou danses champêtres, accompagnées de cris et de gestes animés. Pour tout orchestre, on a le son de la mu.sette. L’amant, assidu auprès de sa maîtresse, lui tire les doigts ou appuie fortement le. coude sur son épaule, langage dont l'éloquente simplicité est compris de tout le monde. Au milieu de cette fouie

RÉSUMÉ. m

affilirée de plaisirg, les domestiques sans condition se promènent tout parés d'épis ou du fleurs, scion qu'ils sc destinent aui travaux du ménage ou è ceux de la moisson. Ils trouvent ainsi des maîtres. La récolte des châtaignes , te fanage , la moisson et la tonte des brebis, soqt dans les campagnes l'occasion d’autres Xétes, dont la danse fait presque tous les frais.

Le patois du Poitou se compose en grande partie de mots dérivés de la langue d'oil; mais on y recminatt aussi les constructions et beaucoup de mots de la langue d'oc. Ce mélange s'explique par les rapports de la race poitevine avec les populations des pays limitrophes, et par la longue domination des durs d'Aquitaine sur la province. La langue d'oc est en usage parmi les habitants de la contrée qui conBne avec le Limousin et la Marche; on la parle encore vers Montinorillon, dans plusieurs communes et inéine plus loin. Du ctHc de la Saintonge et de l'Angoumois, au contraire, la langue d'oil l'emporte, et étend son empire bien an delà des rives de la Cliarente. Pendant longtemps, le patois poitevin a eu scs poètes populaires. Plusieurs recueils de leurs œuvres ont été publiés à la Qn des guerres de religion ; le plus célèbre est sous le nom de Cente poilrvinlrie.

Quelques vestiges do culte druidique des fontaines et de la cérémonie religieuse du Gui SC sont conservés dans le Poitou Celte province est d'ailleurs riche on monuments sacrés des temps celtiques. Dans le département de la Vienne le seul arrondissement de Loudun en compte plus de vingt. Au nombre des plus remarquables sont les deux énormes pirrres posées de la butte de Saint-Dremond ; le menhir de Coursa, dominant, de sa hauteur de quatre mètres, un vaste bois de bruyères; la grotte de la Pierre-Folle, sorte de galerie gigantesque enclavée dans le bâtiment même de la ferme de ce nom; et plus loin encore, au couchant, un autre dolmen , à moitié détruit, celui de la Pelile-Croix. Non loin du Vieux-Poitiers {Velus Piclavis), on voit une grosse pierre perpendiculaire, probablement aussi d'origine celtique ; et à un kilomètre de Poitiers [Limonum], près de la route de Bourges, un dohnen de forme irrégulière, reposant sur cinq pierres. Montmorillon, possède un autel druidique de forme circulaire, curieux par sa distribution intérieure et auquel un bloc unique sert de toiture. Il y a dans la même ville un temple octogone , décoré de huit figures sculptées et d'un dôme en briques, dont Montfaucon attribue à tort la construction aux Gaulois. Les Deux- Sèvres ont aussi de beaux débris de ces siècles primitifs. On rencontre plusieurs dolmens dans la partie sud-est de l'arrondissement de .Melle. Les antiquaires signalent principalement comme digne d'attention, la pierre-pèse ou pierre branlante du bois de Limelonge , près de la roule de Melle à Civray : c'est une masse brnte, énorme , terminée en pointe et soutenue en équilibre, à plus d'un mètre du sol , par trois supports ou pierres plates, restes de rancicnne clètore de l'édifice. En fouillant .sous la pierre-pèse, il y a quarante ans, on découvrit une quantité considérable d'ossements humains, des fragments de silex, très-tranchants , et deux pierres taillées en fer de hache.

Nous renonçons à décrire tous les peuhen nu dolmen épars dans le bas Poitou , cette région , dans laquefle la religion druidique s'était retranchée comme daiU) un dernier rempart : qu’il nous suffise de dire que la plupart sont situés dans les communes du Bernard, d'.\ vrillé et de Rosnay, et particulièrement aux environs des Sables-d’Ulonne, en tiraat vers ié mer. Nous ne pouvons, toutefois,

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noqs' dispenser de mentionner au moins le pculven de ChaNans, large pierre plaie, que le Diable, selon la tradition du pays, portait un jour sur ses i^paules, à travers une lande déserte , lorsque l'apparition de la Vierge le mit en fuite et l'obligea ù ubaïulonner son fardeau sur le bord du Marais occidental , où il est resté depuis planté verticalement; ni l'autel druidique de la Frébouchère, table immense, autrefuis, dont la masse divisée en deux parties inégales par un éclat de foudre, repose sur huit supports, et que M. Aude de Réauinur représente « comme le plus haut peut-être des dolmens connus. »

Quoique les itoinains n’aient point séjourné dans le bas Poitou, on leur a attribué pendant longtemps la construction de la roule pratiquée sur le faite granitique des collines dont la ligne de partage sépare le bassin de la Loire de l'Océan vendéen. De récentes explorations ont prouvé que c’était une voie gauloise, ouverte aux communications des marais salants et du port des Namnètes avec les montagnes du Limousin. Quant agx vastr-s massifs de maçonnerie découverts prés de Challans, en 180-2, et qu’on suppose avoir été les bétimemts d'une usine, leur date et leur origine nous semblent fort incertaines, malgré la tradition qui assigne en cet endroit remplacement d'une cité. Quelques vases en terre rouge, produit d'une fouille faite, la même année , prés de .Montaigu, pourraient être considérés avec plus de vraisemblance comme un dépét romain. En revanche, dans les départements des Ileux-Sévres et de la Vienne, les vestiges laissés par le peuple-roi ont tous les caractères d'une incontestable authenticité : ce sont des cercueils en pierre et des vases lacrymatoircs trouvés à Rrion; deux voies, dont l’une, le c/u viin /erré ou le chemin de César, conduit de ce village à Vivonne, tatidis que l’autre s'étend de Hom à tlhenay ; l'amphithédtre et l’aqueduc de Poitiers, et plu- .sieurspans du Vetus-Picturis, murs encore debout entre le Clain et la Vienne, dans ce même emplacement où l’on a découvert un si grand nombre de médailles romaines et qui est jonché de briques, de fragments de colonnes et de chapiteaux corinthiens. Enfin , fart gothique et celui de la renaissance ont rayonné d’un vif éclat sur la vieille terre du Poitou. Il serait trop long d’en examiner en détail tous les monuments : rappelons seulement la cathédrale de Saint-Pierre et Notre- Dame de Poitiers; f église de Saint-Jean à ChAtellerault, celle de Civray de style byzantin, féglisc paroissiale et le château de Chauvigny ; Notre-Dame de Niort, dont la flèche est si légère et si hardie ; la cathédrale de Lu(on ; les châteaux de Bressuire et deThouars; féglisc paroissiale de Saint-Savin, type complet des basiliques primitives; les ruines de l’abbaye de Charroux, consistant en une coupole maintenue par des piliers d’une délicatesse inou'ie; et le château d’Oiron , vaste manoir de la famille des Gourfler, dont la masse domine la plaine de Muncontour. Au delà de la côte est le cliâteaii-fort de l’Ile-Dieu, qui couvre de ses débris trois pointes de rocher à pic, dressées à cent pieds d’élévation an-dessus du niveau de la mer. '

t. Tlnbaurlcaii, Hittoin du Poitou. — Dreux du Radier, «t tritiijut

du Poitou. — Rvrfhre de Bouniim*aux, Préeit hhtoriqut dt ta guerre de la Vendée. — Mémoire» de inaduine de 1^ Rochejacqueleiii, ch. ill — Mémoires de Heauchainp. ~ Cochon , PeseripUon tojxhyraphique du district de ChàtetlerauU. — Dupin , Mémoire sur la etat stique du département dee l)eux~Sivres. ^Cavoleau de La Ponleneile de Vaiidoré, Statistique de la Vendée. — Mémoires de la Société de» antiquaire» de TOueal, loues 111 » VI el VIL

TR0IS-EVECHE8;

P.trs-MKSSI.N. — T0DL018. — VERDUNOIS.

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