‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 86 sur 120 · TROIS-ÉVÊCHÉS · texte numérisé non relu

TROIS-ÉVÊCHÉS

1402, un parti de Lorrains et d'Allemands ayant incendié les villages de Jouy et de Saint-Martin-sur-Meuse, le bailli de Chaumont, chargé par le roi de France de protéger la ville de Toul, requit les compagnies d’armes de la commune : deux fois de suite, il battit les agresseurs, d'abord è Lebdo, puis à Liverdun. Charles l"' était alors duc de Lorraine. Irrité de la double défaite que ses troupes avaient essuyée, il prétendit, pour se venger des bourgeois de Toul , être remis en jouissance de la pension de cent livres à laquelle ses ancêtres avaient eu droit. Sur leur refus, il se décida, avec l'appui de l'empereur Rupert que l'on venait de subslitner à 4V'enceslas, à faire le siège de la ville qu'il qualifiait de rebelle. Son frère Ferri de Vaudemont, et Édouard, marquis de Pont-à-Mousson, réunirent leurs forces aux siennes. Pendant deux mois entiers les bourgeois résistèrent bravement, mais au bout de ce temps les vivres leur manquant totalement, ils s'engagèrent à rendre l'advocatic de Toul, a>ec une pension de quatre cenUt livres , au duc de Lorraine, qui se montra d'autant plus accommodant que le roi de France, protecteur de la ville, se préparait à lui envoyer des secours. En 1419, le duc renouvela ses prétentions, et, après une année de, guerre, arracha aux itourgeois la pi omes.se d'une nouvelle rente annuelle de quatre cents livres. Cette rente , jointe auv redevances anciennes allouées au duc de Lorraine, constitua pour celui-ci une rente de mille livres, qui lui fut exactement servie jusqu’en 1645, époipie à tacpielle le roi de France défendit expressément aux Toulois de Ip' la iiaycr dorénavant.

T • En 1 4-20 , l’emporcur Sigismond permit aux bourgeois de tenir une banque , et

. mix Lombards, qui s'étaient établis dans la ville de Toul , d’augmenter leur nombre, fixé à douze seulement par une ordonnance de Charles IV. L'année suivante, la cité courut un assez grand danger; Robert, Damoiseau de Commercy, suivi de vingt lances, était venu jusqu’aux pieds des remparts, défier les bourgeois. Ceuxci réussirent à l'y retenir assez de temps, pour permettre è une troupe de cavalerie de sortir de la ville par une autre porte , et de couper toute retraite aux imprudents, qui furent tous faits prisonniers; le Damoiseau fut alors obligé d’enfourcher son cheval à rebours, et il fut amené en ville dans ce grotesque équipage. Après avoir ainsi servi de jouet à la populace, il fut relAché, moyennant quinze cents livres de rançon ; mais l'affront était trop sanglant, pour se pouvoir oublier; le Damoiseau de Commercy chercha, par tons les moyens possibles , a SC venger des bourgeois. Une première fois il prit à sa solde trois chefs d'aventuriers nommés Lahire , Lestrack et Pierre, qu'il réunit A sa petite armée , et qu'il tenta d'introduire furtivement dans la place, en profitant d'une journée de vendange. Mais le capitaine Pierre, entré dans ta ville en habit de vendangeur, pour reconnaKre les postes, fut arrête sur sa budtie raine, invaincu d’être un espion, et comme tel condamné A être noyé sur l'heure. .Pour sauver sa vie, il s'empressa de tout révéler aux magistrats ; ceux-ci rassemblèrent leurs compagnies et marchèrent au-devant du Damoiseau , dont la troupe , rencontrée h Foug, fut mise en déroute, après avoir laissé cent cinquante hommes sur le carreau. Cet échec ne dégoûta pas le Damoiseau de Commercy, car, en 1432, il essaya de nouveau de se rendre maître de Toul par surprise; cette fois encore la tentative échoua nu moment même de l’exécnlion, et le chef de l'entreprise , avec

T.UUL.

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