‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 89 sur 120 · I.OKKAINE · texte numérisé non relu

I.OKKAINE

entendre, et le 2 mars 1170, il essuya sous les murs de ('iranson une sanglante déraile, qui fut le premier acte du drame terrible dont le dénouement devait amener la ruine de la puissance bourguignonne et la mort du duc lui-méme. L’effroyable revers de Granson altéra , assurc-t-on , la raison de Charles-le-Téméraire ; il eut un effet plus certain , ce fut de ne plus laisser i ce prince que la seule pensée de se venger promptement des Suisses, contre les lances desquelles le prestige attaché a son nom venait de se briser.

Dès que la nouvelle du désastre de Granson se fut répandue, quelques seigneurs lorrains profitèrent de l'occasion pour s’insurger contre la domination bourguignonne ; ils parvinrent à se saisir des places de Vaudemont et de Vezelise et de quelques petits postes moins importants encore. \ l’annonce de ces symptèmes de révolte, le sire de Bièvre, gouverneur de >ancy, sc lutta de mettre la place en état de défense , s’attendant à la voir attaquer d’un instant à l’autre. Il assembla les bourgeois et leur dit qu’ils étaient libres, s'ils le voulaient, de sortir de Nancy; mais aucun d’eux, quelque envie qu'il en eût, n'osa se déclarer ouvertement du parti de Itené U. ('.ependant le duc Charles se préparait à tirer vengeance de sa défaite de Granson. Bicntél il sc vit à la tête d'une armée de vingtcinq mille hommes , et entrant en Suisse il vint mettre le siège devant Marat : on était alors au mois de juin H7G. La garnison tint bon et laissa aux Suisses confédérés le temps de sc rassembler et d’arriver sous les murs de la place. Des que les Suisses s'étaient vus menacés de nouveau par le duc de Bourgogne, ils avaient envoyé au duc René , qui était à la cour de Louis XI , un message qui le suppliait de venir se mettre à leur tête. Le jeune duc trouvait là uue trop belle occasion d'assouvir enfin sa haine implacable contre le prince qui avait envahi ses états, pour qu'il pût se dispenser de la saisir. Il sollicita du roi de France la permission d’aller combattre dans les rangs des Suisses ses fidèles alliés, ce qui lui fut accordé; il obtint en même temps qu’un corps français de quatre cents lances le suivrait en Suisse. Ce petit corps d’armée traversa toute la Lorraine , sans que les Lorrains et les Bourguignons songeassent à se chercher querelle ; mais parvenue à Sarrebourg, les troupes françaises s'arrêtèrent et refusèrent d’aller plus loin.

René II arriva donc sans elles à Strasbourg, et suivi seulement de la petite compagnie de .seigneurs lorrains qui s’étaient joints à lui pendant sa marche à travei's le pays. Dans cette capitale de l’Alsace un nouveau message des Suisses vint presser René, qui partit pour Zurich le 2 juin 1176. Il arriva sous les murs de Murat peu d’heures avant la bataille, qui eut , on se le rappelle, la même issue que celle de Granson : une fois encore l’orgueil de Charlej>-le-Téméraire sc brisa contre le patriotisme des Suisses et la valeur du jeune dur. Ce nouvel échec releva les espérances des Lorrains, et toutes les places fortes occupées par les Bourguignons leur échappèrent en peu de temps. I..C siège fut mis devant Nancy, et René vint en personne le diriger. Bientôt la famine se fit si cruellement sentir dans la place, que la garnison, réduite depuis plusieurs jours à vivre de la chair des chiens et des chevaux morts de faim, somma le gouverneur de capituler. Vainement celui-ci supplia à genoux ses soldats de patienter huit jours encore pour laisser au duc Charles le temps d’arriver à leur secours ; ils ne voulurent point l’écoutev, et force lui fut de se rendre. Le 6 octobre H76, lu ville fut occupée

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parles Lorrains. Le jour même Jean de Kubempré, sire de Bièvre, envoya au dur Kenc un pèté de chair de clioal, en lui riiisant dire que depuis quelque temps il n'avait usé d'autres vivres ; René s’emprcs,sn de lui faire passer des provisions de toute espère pour lui et tous ses ofliricrs. I.e lendemain matin la garnison bourguignonne qui devait sortir avec armes et bagages évacua Nancy par la porte de la Craffe. Arrivés au faubourg Saint-f)izier, ils furent enveloppés par les Allemands de l’armée lorraine qui se mirent en devoir de les détrousser. Il fallut l'intervention de René pour metire fin à cetle violation du droit des gens. Le duc assista en personne au défilé des assiégés, et quand le sire de Bièvre parut, jl mit pied à terre , le salua , et lui dit en l'empèchanl de descendre de cheval ; (■Monsieur mon oncle (ils étaient cousins par alliance}, je vous remercie très-humblement de ce que vous avez si courtoisement gouverné mou duché. Si vous avez pour agr('able de demeurer avec moi , vous auifz le même traitement que moimême. I) M. de Bièvre lui répondit : « Monsieur, j'espère que vous ne me saurez pas mauvais gré de cette guerre ; j’aurais fort souhaité (|uc monsieur de Bourgogne ne l'eût jamais commencée; et je crains <pi'à la On lui et nous n’y demeurions et n’en soyons les victimes.» Ces paroles prophétiques ne devaient pas tarder à recevoir un triste accomplissement. Le siège de Nancy par les Lorrains dura depuis le 15 septembre jusqu’au 5 octobre 1V7G. René, après avoir envoyé une bonne garnison dans la place, vint s’établir à Saint-Nicolas pour rendre plus facile le service des subsistances de son armée. Il y était à |ieine arrivé qu’on vint l’avertir que le duc de Bourgogne approchait et que ses troupes étaient déjà aui environs de Neufchdteau.

\jü nouvelle était vraie. Le 8 octobre H76 le duc Charles se présentait aux portes de Toul que les magistrats lui fermèrent en le suppliant de respecter leur neutralité, moyennant quoi ils lui fourniraient tous les vivres dont il aurait besoin pour ses troupes qui se logèrent dans les faubourg et dans les villages voisins. Le 17, il était à Dieulouard. Quelques jours se passèrent de part et d'autre à s’observer et à escarmoucher; enfin, le 25 octobre, les Bourguignons vinrent mettre le siège devant Nancy. C'était la troisième fois depuis quelques mois. René se rendit aussitôt à B&le pour tenir conseil avec les Suisses scs confédérés, sur les moyens de résister à leur puissant ennemi et de faire lever le siège de Nancy. Cette ville était étroitement bloquée depuis plus d'un mois déjà , que les cantons n'avaient pas encore pris de dérision définitive. L’hiver était venu , et les Suisses ne se souciaient pas de se mettre en campagne dans une saison si défavorable. Le duc René se déiûda è offrir quatre florins de solde par mois à tous ceux qui s’enrôleraient sous sa bannière, et , à partir de ce moment , il eut plus de soldats qu’il n’edt osé en espérer. Cependant les provisions des assiégés étaient épuisées, on manquait de tout à Nancy; d'un autre côté les capitaines lorrains qui commandaient dans toutes les petites places environnantes, ne cessaient de tourmenter et d'inquiéter les assiégeants. Le jour de Noël, les Suisses se mirent en marche ayant le duc de Lorraine à leur tète.

I.C siège traînait loujours en longueur, grâce à la trahison de Nicolas de (jvmpobasso qui , par res.sentimcnt d’un outrage qu'il avait reçu du duc Charles , avait résolu de le perdre et de le livrer mort ou vif à ses ennemis. Voici à quelle occasiou.

LUHKAINE.

Le mattrc-d'hôtcl du duc René, nommé Chiffron de Vachière, voulant pénétrer dans Nancy pour annoncer aux assiégés la venue prochaine de son maître, fut pris par les Bourguignons, et Charles donna l'ordre de le pendre incontinent. En vain tous les officiers, qui environnaient le dur, le suppliaient d’accorder la vie au pauvre prisonnier. Il ne voulut riqn entendre et Campobasso lui dit alors ; « Monsieur, il a fait comme un fidèle serviteur. Si un de nous était pris en vous servant et qu’on le flst pendre, vous n’en seriex pas content. Si vous le faites mourir, vous devez vous assurer que les Lorrains vengeront sa mort sur plusieurs des vélres qui sont entre leurs mains. » Le dur de Bourgogne, cédant alors à un mouvement de violence impardonnable, souffleta , de son gantelet de fer, le comte de Campobasso, qui , forcé de dévorer cet affront, jura, au fond de son cœur, qu'il s'en vengerait. Chiffron de Vachière fut pendu sur l'heure à la lueur des flamheaux. Le lendemain les assiégés réclamèrent le prisonnier en échange des Bourguignons qu'ils avaient en leur pouvoir. Il était trop tard ; ils ne purent obtenir que son corps, qui ne leur fut même livré qu'avec grand'peine et qui fut enterré avec pompe à côté du maltre-autel de Saint-Georges. Ce pieux devoir accompli, les reprwailles commencèrent; on prisonnier bourguignon fut pendu à la fenêtre d'une tour qui faisait face au camp du duc de Bourgogne, et le duc René donna l'ordre de traiter de la même manière tous lés prisonniers bourguignons qui étaient détenus dans les petites places de guerre dont il était encore maître , ou qui seraient pris i l'avenir. On devait leur attacher sur la poitrine un écriteau portant ces mots : a Pour très-grande inhumanité et meurtre commis cruellement en la personne de feu le bon Cliiffron de Vachière et de scs compagnons, après qu’ils ont été pris en bien et loyaument servant leur maître, par le duc de Bourgogne, qui, par sa tyrannie, ne se peut saouler de répandre le sang humain, faut ici finir mes jours.» Cet ordre terrible fut exécuté, et plus de cent vingt malheureux prisonniers périrent victimes de la brutale opiniêtreté du duc Charles.

Mais revenons au siège de la place. La famine y allait toujours croissant, et la garnison en était venue à vivre de la chair des chevaux, des chiens, des chats et des rats. A deux reprises différcnte,s , des émissaires parvinrent à s’échapper de Nancy pour aller supplier le duc René de faire hôte pour secourir sa fidèle capitale. Nous l'avons déjè dit, le duc n’était |>arvenu è se mettre en marche que le 25 décembre. Dès qu'il se vit assuré des auxiliaires qu'il avait eu tant de peine A réunir, il s'empressa de mander A tous les commandants des places lorraines de réunir leurs contingents , le A janvier 1477. Le 4 de ce mois , René entrait en effet à Saint-Nicolas avec une quinzaine de mille hommes. Le jour même, Campobasso déserta avec sa troupe, et suivi de quelques autres traîtres , passa dans le camp dés Lorrains. Le dimanche 5 janvier 1477, Charles-le-Téméraire, qui, dès la veille au soir, avait pris la résolution d'attaquer le duc René, mit sa troupe en bataille et marcha A l'ennemi. Il s'établit sur un ruisseau passant entre la Hadelaine et Jarville , au point où est aujourd’hui Bon-Secours. De leur côté , les Lorrains se mirent en marche et s’acheminèrent, en boii ordre, vers Nancy. Bientôt les deux armées furent en présence : lu bataille commença entre dix et onze heures du matin. En peu de temps les Rourguignous furent culbidés de toutes leurs positions, et Le duc Charles comprit qu'il ne lui restait plus qu'a

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mourir en brave chevalier, en soutenant les siens. Lorsqu'il voulut .se couvrir la t£te de son heaume, un lion d'argent doré, qui en ornait le cimier, se détacha et tomba. Hoc est signum Dei, dit le prince frappé de ce mauvais présage, et il se jeta au plus fort de la mêlée. Ses efforts furent vains ; entraîné lui-même par la foule des fuyards, il cherchait à regagner, de toute la vitesse de son cheval, le quartier qu'il avait occupé pendant le siège, lorsqu'il fut atteint, é la queue de l'étang Saint-Jean, par un gentilhomme lorrain nommé Claude de Beaumont, lequel le renversa d’un coup de lance. Le duc se releva et se mit en défense ; deux autres coups de lance l'ayant mis en grand péril, il s’écria : «Sauve le duc de Bourgogne.» Beaumont, qui par malheur était sourd, crut entendre vive le duc de Bourgogne, il revint à la charge, fendit la tête à son adversaire, depuis l'oreille Jusqu'à la mâchoire , et passa outre sans savoir à qui il avait eu affaire. Le soir même, Itcné entra triomphalement dans la ville de Nancy.

Uuiis la cour de son palais, il trouva une espère de trophée composé des têtes des chevaux , des ânes , des chiens et des chats que les habitants avaient été réduits à manger pendant le siège. Cependant on était toujours dans l'ignorance absolue de ce (|u'était devenu le duc de Bourgogne , lorsque Compobasso vint présenter à René un jeune page de Charles-le-Téméraire , nommé Baptiste Colonna, qui lui raconta qu'il s'était trouvé près de son maître quand celui-ci avait été renversé de cheval , et qu'il l'avait vu tuer sur place. Le lendemain de la fête des Rois on Ht des rcchcrclies au lieu indiqué , et |>arroi une foule de cadavres on trouva celui du duc; il avait été complètement dépouillé, et une partie du corps et du visage était engagée dans la glace. Un s'assura de son identité à l’absence de quelques dents qu'il avait perdues dans une chute, à la cicatrice de la blessure dont il avait été atteint à lu gorge en combattant sur le champ de bataille de Montlhéry, à la longueur de scs ongles, à la trace d'un bouton charbonneux qu’il avait eu jadis à l'épaule, à une fistule qui s'était déclarée à l'abdomen, et enfin à un ongle de pied difforme. A ces différents signes, son frère, le Bâtard Antoine de Bourgogne, qui avait été fait prisonnier, le reconnut de la mapière la plus positive. A cété de lui gisait, la tête ixrasée, Jean de Itubcmpré, sire de Bièvre. Leurs deux corps furent rapportés en grande cérémonie à Nancy, où on leur rendit tous les honneurs funèbres dus à leur rang ; René visita l'illustce mort plusieurs fuis, pendant qu'il demeura exposé sur son lit de parade , et dans une de ses visites il prit la main du cadavre en disant : « Chier cousin , vos âmes ait Dieu, vous nous avez fait moult maux et douleurs.» l.e dimanche 12 janvier, le corps embaumé et renfermé dans un double cercueil de plomb et de bois , fut porté en grande cérémonie à Saint-Georges, où il demeura jusqu’en 1350. Tous les morts restés sur le champ de bataille furent enterrés près d’une chapelle que le duc René ht bâtir, et qui reçut le nom de chapelle des Bourguignons ^ à la même place est aujourd'hui l'église de Bon-Secours.

A l'endroit où le corps de Charles-le-Téméraire fut retrouvé on planta une croix de pierre portant l'inscription suivante :

En l'an de l'Incanintion

Mil quatre cens sepuule

LOKRAINE.

Veille de rap|»uruliuii ,

Fui lu duc de Bourgu^ne occis El en iMUiille id transis.

Ou croix fut mts<‘ pour mémoire,

René, duc de I^orraîne, mercy Rendant à Dieu pour la vicCoire.

En 1610, cette croix l'tant tombée de vétusté, M. de Haraucourt, gouverneur de Nancy , la fit relever. On la voit encore aujourd'hui è l'étang Saint-Jean.

Quelques années après la bataille dans laquelle périt C.barles-le-Téméraire , eut lieu à Nancy l’un des derniers duels judiciaires dont l'histoire ait conservé le souvenir. Il s’agissait de la rançon du Bétard de Bourgogne, dont Baptiste de Koquelaure, homme d'armes français, réclamait moitié de Jehennon de Bidots, panetier du duc Kcné. Plusieurs fois le débat des deux parties fut porté devant le duc de Lorraine. On ne put venir à un accommodement, et un duel en champ clos fut enfin assigné aux deux adversaires, pour le âi octobre 1482. Jehennon de Bidots se présenta seul dans la lire, et Roquelaure fut débouté de toutes ses prétentions et condamné 4 tous les dépens. René enrichit Nancy de monuments somptueux; ainsi l'église de Saint-Nicolas fut commencée sous son régne, en 149.S; l'église des Cordeliers fut de même construite par ses ordres, ainsi que la fontaine située au milieu de la place Suint-Epvre. En 150-2, ce prince voulant soulager la misère de son peuple, en proie 4 la famine, fit commencer la construction de son palais de Nancy. Après sa mort, arrivée le 10 décembre 1508, son corps fut transporté 4 Nancy, où il reçut la sépulture dans l’église des pères Cordeliers-. Le tombeau de ce prince, placé aujourd'hui 4 la chapelle Ronde, est un des plus magnifiques monuments du xvt' siècle.

Antoine-le-Bon succéda 4 son père René II, et son règne, qui ne dura pas moins de trente-cinq ans, fut une ère de bonheur pour la Lorraine. On fêta avec pompe la naissance de François, fils aîné d'Antoine (15 février 1517); entre autres divertLssements , un magnifique tournoi eut lieu ,i Nancy. Vingt-huit ans plus tard, les obsèques du duc François , célébrées avec la plus grande magnificence, attiraient dans la ville tous les princes de la maison de Lorraine; sa dépouille mortelle fut enterrée dans l’église des Cordeliers. Charles III, son fils et son successeur, n’avait que trois ans lorsqu’il monta sur le Irène ducal. En 1551 , la fameuse ligue des princes allemands et du roi de France amena Ilenri II en Lorraine. Le 14 avril, le monarque fit son entrée 4 Nancy. La duchesse douairière Christine de Danemark, qui voyait avec une extrême appréhension l’intervention de la France dans les affaires du duché, s’était hâtée de prévenir l’empereur Charles V de ce qui se tramait contre sa puissance; elle fut dépouillée de la régence du duché de Lorraine, et ses supplications pour obtenir du roi lui-méme la révocation de cette décision, furent vaines. Henri 11 lui répondit qu’il considérait le duc Charles comme son propre fils puisqu’il lui destinait la main de sa fille Claude; qu’il serait le plus zélé défenseur de ses états; et que s’il croyait devoir les occuper militairement, c’était que les conjonctures présentes lui imposaient cette dure obligation. Le lendemain , il quitta Nancy et y laissa le maréchal de Saint- André avec cent hommes d'armes et

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l'iivirun six mille hommes d'inrauleric. Le 18 (hi mOme mois, Henri 11 entrait en maître dans la ville de Melz.

Pendant quel<|ucs années lu duc Charles résida à la cour de France. I.c 22 janvier 1358, il épousa la princesse Claude, â Nolre-üame de Paris; ce fut seulement au mois d'octobre de l'année suivante qu'il lit son entrée à Nancy. Il y consacra quelques mois à remettre l'ordre dans toutes les affaires de l'état et retourna ensuite à la cour de son beau-père. Au mois de mai 1564, le jeune roi Charles IX et la reine, sa femme, visitèrent Nancy, après avoir assisté, comme parrain , au baptême de Henri , (ils aîné du duc Charles III ; les cérémonies et les fêtes somptueuses qui accompagnèrent ce baptême furent célébrées à Bar et durèrent neuf jours entiers. Dès qu'elles furent terminées , la cour se rendit à Dijon. En l'année 1598, nous voyons le duc Cluirles III faire en cour de Rome quelques tentatives pour obtenir que la ville de Nancy devint le siège d’un nouvel épiscopat, qui devait être dotiné au cardinal de Lorraine, son Dis. Mais ces projets furent traversés pqr l'influence du cardinal d'Ossat, chargé des affaires de France auprès du saint-siège. De son côté, l'archevêque de Trêves protesta contre cette création nouvelle qui eût porté préjudice à ses droits ; les démarches de Charles III restèrent donc sans ré.-ullat. Ce prince dut se contenter de solliciter et d'obtenir seulement l'érection d'une collégiale, dont le chef prit le titre de primat. Cette primatiale fut créée par une bulle pontificale du 15 mars, et érigée dans la ville neuve de Nancy, que le duc Charles avait fondée et entourée de murailles. On posa la première pierre de l'église le 13 septembre de cetlc année.

Pendant toute la durée des guerres de rdigion, la haute sagesse du duc de Lorraine sut garantir ses états des commotions violentes qui ébranlèrent le royaume. En 1603 , Henri IV' vint passer quelque temps à Nancy pour voir sa sceur Catherine de Bourbon, laquelle avait épousé le duc de Bar, (ils aîné de Charles III.

Le roi de France fut accueilli par le prince lorrain de la manière la plus brillante. Le 14 mai 1008, Charles III mourut à Nancy après avoir longtemps souf- • fort de la maladie qui le conduisit au tombeau. Scs funérailles furent célébrées avec une rare magniflcence. Un livre spé:ial, compose avec le.luxc le plus splendide par le sieur de la Ituclle, nous a conservé tous les détails de cette cérémonie funèbre qui peut à bon droit passer pour un des plus grands spectacles de l'é|>oque. Un même jour, le 18 juin 1608, vit les obsèques de Charles III et l'intronisation de son successeur; mais l'entrée solennelle du nouveau duc Henry, surnommé le Bon , n'eut lieu que deux jours plus tard. Ce fut aussi à Nancy que ce prince mourut (31 juillet 1024), et suivant son désir, il fut enterré devant l'autel de Notre-Dame, dans l'églLsc de Saint-Georges. Le duché passa ensuite à son gendre, Charles de Vauderoont, qui avait épousé la princesse Nicole de Lorraine, sa cousine germaine. Charles de Vaudemont était né le 5 avril 1604 ; à Tégc de dix ans il avait été conduit par son père à la cour de France ; là, élevé auprès du roi Louis XIII, qui n'avait que trois ans de plus que lui, il s'eu était fuit aimer. Quand son brillant mariage lui eut assuré la couronne ducale , il flt son entrée solennelle à Nancy, le 1" mars 1626. Bien différent de ses deux prédécesseurs, Charles IV était plein d'effervesoeBce, batailleur et brouillon ; au.ssi saisC-il .ividement et sans s'inquiéter des inté^s de son peuple, la première occasion

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