LUNEVILLE
* D’après une ancienne tradition, fort répandue parmi les Lorrains, l’étymologie du nom de Lunéville se rattache aux croyances religieuses de l’époque galloromaine et peut-être même de l’existence du culte des astres parmi les nations primitives de la Gaule. Ce nom signifierait la Vitle de la Lune ou plus poétiquement la ville de Diane, et son introduction dans la nomenclature géographique du pays ne serait que la cunstatatinu d'un fait. La science héraldique se serait appliquée elle-même à en traduire le sens dans les armoiries de Lunéville, qui portait d'or à la bande d’azur, chargée de trois croissants montants d'argent. Il est vrai , comme on l'a fait observer, qu'avant sa réunion à la France , la I,orraine était une province de l'Empire, qu'on y parlait allemand, et l'on y parle encore cette langue dans les villages même assez rapprochés de Lunéville; et qu'en allemand, on l'appelle Luenenslndt , et non Mondstadt, traduction littérale de vitle de la lune. Mais parce qu'une étymologie est plus ou moins contestable, est-ce une raison pour repousser absolument le témoignage de la tradition'? Nous ne le pensons pas. Celle-ci s'appuie d'ailleurs sur plusieurs circonstances ou découvertes locales fort importantes. A une lieue des murs de Lunéville s'élève une colline appelée Léomont, où existait, au temps de la domination romaine, un temple de Diane ; en remuant profondément le sol, au xi‘ siècle, sur l’emplacement de ce temple, pour y construire un prieuré, on trouva des médailles et plusieurs autres objets qui , par leur origine antique , attestaient la consécration païenne de l’èdilice, du bois sacré et de la fontaine, dont les eaux savonneuses coulent encore du cêté de Saint-Epvre. D’autres fouilles pratiquées, vers la fin du XVIII' siècle, sur les terres de la commanderie de Saint-Georges, voisine de
I. Düin Culihct, HiUoire Ut Lorraitit. — 1.'ü)iIk> Hugo, tout ie pteudonylHe de Baleicourt. hegin , Histoire des dues de Lorraine. — Ilugueniiit Siège de Aancy. ~ .4tmuaïre« de la Meurthe. — Expül; » Dictionnaire des Gaules, — Moniteur universel^ aiiotr 1791.