MARSAL
L'origine de la petite ville de Marsal se perd dans la nuit des temps. On a la preuve, aujourd’hui, qu’elle existait dès le règne de l’empereur Claude ; son nom était ilarosuUum. La découverte récente, fuite à Marsal même, d’un piédestal qui supporla vraisemblablement une statue votive érigée par les vicani maroialtenses, en l'hoimeur de Claude , dans l'année 47 de l’ère chrétienne , ne permet plus aucun doute à cet égard. Longtemps avant la venue des Romains dans les Gaules, .Marsal fut le séjour d'une peuplade qui exploitait les sources salifères abondantes dans le pays, et qui , alin de solidifier le sol boueux de la vallée de la Seille sur tous les points où elle désirait s’établir, y construisit on immense radier artiRcicI composé de petits fragments de terre cuite, façonnés à la main et noyés dans la vase. Ce radier, connu sous le nom de Briquetage de Marsal , est sans contredit le monument le plus extraordinaire et le plus gigantesque de l'industrie opiniâtre de nos sauvages a'ieux. Il sulTira, pour en donner une idée, de dire que le calcul le plus simple démontre que quatre mille ouvriers , en y travaillant pendant huit heures consécutives , chaque jour, durent employer plus d’un siècle à l'achever. La série des monuments iiumismaliques de l'époque mérovingienne nous offre des triens d'or frappés à Marsal par différents officiers monétaires, et portant la légende locale, Marsallo ou Marsatto vico.
Vers le milieu du vi' siècle , si nous en croyons les agiographes , saint Livier, martyr, eut la tête tranchée sur le revers, du mont Saint-Jean, au pied duquel Marsal est béti. Deux chapelles furent élevées sur cette montagne, l’une dédiée à saint Jean, l’autre à saint Livier. Dans une donation, faite en 709, par un certain comte Vulfoalde, ù l’abbaye de Saint-Mihiel , et dont le titre s’est conservé, l'on trouve mentionné le bourg de Marsnltum. Il parait que, dès cette époque, la fabrication du sel était fort développée à Marsal, puisqu’une charte du roi Lothaire, datée de l’an 844, exempte l’abbaye de Munster, en Alsace, des droits de péage institués pour le transport du sel tiré de Marsallum. Déjà, sous Charlemagne {litre de Saint-Üeiiis de l'année 777), il était question des poêles à fabriquer le sel , en activité à Marsal , « palellas ad sal faciendum tn Marsallo. •
En 1222, Clémence, abbesse de New-Munster, au diocèse de Meti, avait fondé la collégiale de Marsal. Renaud de Lorraine, sire de Bitche, reconnut, en 1251, qu’il tenait Marsal en fief de sa belle-sœur, Catherine, duchesse de Lorraine, et du duc Ferry III, son neveu ^ avec faculté d’y faire tout ce qu’il voudrait, c’està-dire d’y construire une forteresse. Ce fief retourna cependant nu duc Ferry III, puisqu’en 1259 il le céda à son oncle, Jacques de Lorraine, évêque de Metz. Le prélat fit aus.sitAt fortifier Marsal , qu’il légua à son Église par testament en date de 1260. Depuis lors, les évêques de Metz jouirent de la seigneurie directe et utile de Marsal. L’évêque Laurent, successeur de Jacques de Lorraine, toujours