CHOLET
sa liste civile, l'argent qui lui manquait. L'empire, malgré ses continuelles guerres , fut une époque favorable pour Cholct , pendant laquelle son industrie se perfectionna , si elle ne s'étendit point. « Si l’on in'eüt laissé le temps , » a dit Napoléon, « bientôt il n'y aurait plus eu de métiers en f i ance, tous eussent été des arts. » Cliolet fut particuliérement poussé dans cette voie.
Depuis l'empire jusqu'à ce jour, Cliolet a poursuivi son œuvre sans incidents, un moment troublé par l'insurrection vendéenne de 1813, dont le drame, cette fois, s'accomplit rigoureusement hors de lui, dans le Poitou plutôt que dans l'Anjou , mais assez prés encore pour qu’il soit au moins le lieu où vienne se négocier et se signer le traité de pacification; ému et un peu arrêté, comme toutes les villes industrielles, par la révolution de 1830; subissant le contrecoup des événements généraux , aux diverses époques , sans en être directement atteint; plus ou moins actif selon les circonstances, mais entraînant constamment et chaque jour un peu plus la terre , les hommes, l'argent et les forces de lu Vendée dans son mouvement; agrandissant son cercle et faisant naître, par les bienfaits de son contact , là une lilature , ailleurs une teinturerie , ailleurs encore une blanchisserie, comme au moyen âge on voyait s’élever des églises, des couvents, des ermitages; fldéle, en un mot, à lu consigne de son fondateur. Cliolet souffre aujourd'hui, les débouchés lui manquent. Son commerce d’exportation , qui se faisait pour la plus grande partie avec l’Espagne et avec les colonies espagnoles de l'Amérique, est infiniment réduit par l'état de désastreuse agitation devenu le régime habituel de ces pays. Cliolet cependant ne déchoit pas. Sa fabrique tient toujours le sceptre de la contrée : reine dans l’Ouest , depuis fa Normandie jusqu'aux Pyrénées, reine vraiment glorieuse et méritante, qui ne doit rien au hasard de sa position et de ses antécédents, mais tout au travail et à une volonté persévérante.
Cliolet n’est qu'un simple chef-lieu de canton de l'arrondissement de llcaupréau , mais c'est un chef-lieu de canton qui compte 10,000 âmes. Son industrie occupe dans les campagnes, en travailleurs de tout sexe et de tout âge, cinq ou six fois la valeur de sa population agglomérée. Les produits annuels de sa fabrication en tissus de lil, de coton et de laine, coutils, toiles à linge, mouchoirs, flanelles, etc., sont estimés à vingt millions. La ville est traversée par la Moine, petite rivière d'une fort riante vallée Cholct a eu autrefois un château, des couvents, des églises; tout cela a disparu ou n'offre plus rien de remarquable. Ses seuls monuments dignes aujourd'hui d'attention, ce sont ses numufactures. 1
I Boulainvilliors, Etat de la France. — De Beauregard, Essai de statistique du département de Maine-et-Loire. — Marche#..)’, Archives d'Anjou. — Botlin, Recherches sur Angers et le bas Anjou. — GotlanJ-Fmillrier, l'Anjou et ses monuments. — Blorriior-Langlois, Angers et l'Anjou sous le régime municipal. — Le même, Angers et le département de Maine-et-Loire , de 1787 à 1830. — Crêlineatt-Joly, Histoire de la Vendée militaire.