‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 123 sur 128 · COGNAC. -JARNAC · texte numérisé non relu

COGNAC. -JARNAC

micr en date est le duel qui eut lieu, le 10 juillet 1517, devant le roi Henri II et toute sa cour, entre Gui Chabot, seigneur de Monlieu et fils du seigneur de Jarnac, et François de Yivone, seigneur de la Chàtcigneraie. Nous nous réservons d’en parler dans notre notice sur la ville de Saint-Germain-en-Laye, où fut livré ce combat singulier. La Châteigncraie, frappé à l’improviste de deux coups d'estramaçon sur le jarret gauche, ne voulut point survivre à sa défaite. Depuis, on a donné le nom de coup de Jarnnc, non pas à toute attaque vive et inopinée, comme celle qui accompagna la blessure de La Chàteigneraie , mais à tout fait inattendu quelconque pouvant être considéré comme une trahison ou une perfidie. Ainsi l'opinion publique juge quelquefois certaines actions humaines plus sévèrement qu'elle ne le devrait. Néanmoins, on a dit aussi que le coup porté par Gui Chabot n'était pas de bonne guerre , suivant les usages admis alors pour les combats singuliers. L'aulre fait historique auquel se rattache le nom de Jamae, est la bataille qui fut livrée près de cette petite ville, mais plus près encore de Bussac, entre les catholiques et les protestants, le 13 mars 1569. Le duc d'Anjou, depuis Henri III, y défit le prince de Coudé, qui après s'étre rendu prisonnier à d'Argence, son ancien ami et frère d'armes, reçut la mort d’un coup de pistolet tiré par Montesquiou, capitaine de la garde suisse, moins guerrier qu'assassin , selon la belle expression de Voltaire. Henri avait été au combat, déjà blessé, et la harangue qu'il adressa aux siens avant de se jeter au plus fort du danger, fut celle d'un chef intrépide. On avait placé sur le lieu où périt ce héros , une petite pyramide destinée à rappeler sa mort ; renversée pendant le cours de notre grande révolution, elle a été relevée depuis, et on l'aperçoit dans la plaine en suivant la route qui va d'Angoulême à Cognac.

Le château-fort de Jarnac, bâti originairement par Wardrade, un des premiers seigneurs de la ville, fut détruit en entier après la bataille de 1569. Mais, non loin de là, une élégante construction, destinée à servir de résidence seigneuriale, avait été élevée, dès 1467, par les soins de René Chabot. Un parc magnifique bien planté y était attenant et se trouvait bordé, d'un côté, par la Charente, dont plusieurs bras le parcouraient et formaient des lies dans son intérieur. Depuis la révolution de 1789, château, enrlôture, plantations, tout a disparu , et en leur lien et place on ne voit plus que de vastes et fertiles prairies. I-a ville de Jarnac, aujourd'hui chef-lieu de canton de 1,500 à 2,000 habitants, se trouve sur la ligne de parcours d’une route royale. Elle est très-commerçante, surtout en eaux-de-vie, et, comme Cognac, elle a le privilège de douze foires ordinaires, une chaque mois, et de deux grandes foires, en mai et septembre. On fabrique aussi à Jarnnc une sorte de moutarde rouge très-cstiméc. N’oublions pas son beau pont en fil de fer, le premier de tous ceux qui ont été entrepris dans la contrée d’entre Loire et Garonne ; il a été construit par M. Quénot, auteur d'une bonne statistique du département de la Charente. '

1. Esiienne Pasquier, Recherchât sur la France. — Mémoires de Laroche foucauld. — Vie du prince de Condé , publiée à Cologne en 1693. — Les autorités déjà citées pour Angoulémc, et les notes personnelles et manuscrites de l'auteur.

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