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AGENDXCUM
Les Séuonais, I ien avant la conquête de Jules-César, étaient un des peuples les plus puissants et les plus anciens de la Gaule , anliquissimi Gallorum Scnones. Ils avaient participé aux expéditions de Sigovèse et de Bellovèsc, en Allemagne et en Italie (an de Rome 165) ; ils s'étaient établis, les uns en Bohème et non loin de l'Océan entre l’Elbe et le Wcser, les autres le long de la mer Adriatique. Deux de leurs brenn (chefs), avaient, l'un, taillé en pièces les légions de la république au bord de l'Allia et assiégé ses derniers défenseurs dans le Capitole; l’autre, épouvanté la G ivre de sa brav oure et de son audace avant de tomber vaincu par les éléments dans les montagnes de Delphes fans de Rome 361 et 370). Nous ne rapporterons point ici la longue liste des rois fabuleux que certains auteurs, entre autres Claude Champier, donnent à la nation sénonaisc, dynastie composée de soixante-
1. Mémoires surin Champagne. — Histoire d»* Paul Jovtv — Chronique Novennaire.
— IV Bury, Histoire de Henri. IV. — Histoire do Do Ttiou, — Hcssolu, Dictionnaire historique .
— VunlultcHo, Histoire des deux restaurations.
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sept souverains, commençant ASamothès, quatrième fils de Japhet et petit-tlls de Noé, pour sc terminer à Mérovée, successeur de Waramund. Il est assurément fort regrettable pour les Bellovèse , les Sigovèsc , ainsi que pour les deux Brennus et Vercingétorix, chefs glorieux et parfaitement authentiques, de figurer dans une aussi étrange dynastie. Nous ne nous arrêterons pas davantage à l'étymologie du substantif Scnones, sur laquelle aucun savant n'est tombé d’accord, soit qu’il dérhe du grec Kotivoveç, Kotivo;, nouveau, soit qu’il ait pour racine le mot celtique ten, impliquant l'Age, la dignité et l’excellence, soit enfin qu'il signifie hôte, scnones, du grec oi ou ijeîvoi, qualification sous laquelle ils furent désignés par les Romains pour leur avoir demandé de vivre au milieu d’eux. Nous n'examinerons pas non plus si l 'Agendicum des commentaires de César est véritablement le même que la capitale des Sénonais , et si, avant lui, cette ville s’était appelée Aleuse, ou Allubria, ou OrbandeUe : ce dernier nom dil, à ce qu'on prétend, aux trois chaînes d’or qui lui formaient une sorte de ceinture murée. On a disputé longtemps et beaucoup sur toutes ces questions; on a même épilogué de la manière la plus subtile sur le mot Agendicum , qui a été décomposé comme il suit : agenda dicere, dire les choses à faire; agendicum caslcltum ou cuin quo étant rationes agendi in bello , château dans lequel se trouvaient les moyens de faire la guerre, comme si l'origine d’une cité gauloise pouvait s’expliquer par des termes pris dans une langue étrangère. Adrien de Valois, Ptoléméc et la Table theodosienne écrivent tour à tour le même nom d'une manière toute différente. Quelle conséquence tirer de ces contradictions? Le mieux, ce nous semble, est d'adopter le sentiment de Scaliger, qui reconnaît dans Agendicum la ville actuelle de Sens.
La métropole sénonaise, du reste, tenait encore le premier rang parmi les cités gauloises quand Jules-César entreprit de la soumettre à la république; Senonrs quœ est civitas imprimis firma, et magna; inter Galtos auctoritatis, dit-il au cinquième livre de ses Commentaires. L'abbé Lebeuf pense qu’elle s'élevait, à cette époque, dans l’Ile d’Yonne. En effet, Sens a été, pendant plusieurs siècles consécutifs, complètement environnée d'eau. Cette rivière la baignait au couchant, tandis que relie de Vanne, coulant à l’est et au nord, y formait déjà ces nombreux canaux qui , de nos jours, circulent dans les mes de la ville et y alimentent des fabriques et des usines.
Les Sénonais opposèrent une longue résistance à César; il finit par leur imposer un roi de son choix, Cavarinus; mais ils se soulevèrent contre celui-ci et égorgèrent la garnison romaine. Surpris par l'extrême rapidité du consul , les Sénonais n'eurent bientôt d’autre ressource que de négocier avec lui. Plus tard, avec les cités de Besançon , Bourges, Saintes, Uhodcz, Chartres, ils fournirent à l’armée de Vercingétorix un contingent de soixante-douze mille hommes, et furent enveloppés dans la défaite commune. Labienus, le lieutenant du consul, vint assiéger et prit Agendicum. César l'y suivit bientôt poui* achever la pacification du pays. l)e même qu'après la capitulation de la ville il avait fait trancher la tête an chef Accon qui l'avait défendue contre lui, il ordonna cette fois que les mains fussent coupées à tous ceux qui avaient pris les armes, ltrapès, le dernier d'entre eux dont les troupes eussent tenu la campagne (outre
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les Romains , ayant été fait prisonnier, refusa tout aliment, pour érhapper par la mort à la honte et aux angoisses de la captivité. Depuis la révolution de 1789, la municipalité sénonaise a donné à l'ancienne place du Cloître le nom de Place Drapés.
Sens , à l'époque de la division de la Gaule en dix-sept provinces par l'empereur Valens , devint la métropole de la quatrième Lyonnaise. Les Romains relevèrent ses murailles, bâties par les Gaulois et fondées sur d’énormes blocs de pierres; ils en revêtirent la maçonnerie primitive d'un parement de petits pavés, coupé de distance en distance par des cordons de briques, comme on le voit aujourd'hui. Six voies romaines conduisaient de Sens à Auxerre, Orléans, Paris, Meaux. Troyes , Alise ; il reste des traces assez considérables de la seconde de ces routes dans la forêt d'Orléans et près de Beaunc. Parmi les autres vestiges qui rappellent encore l'époque romaine, nous citerons le Clos des Arènes, la naumachie appelée la Bellenavc, l’aqueduc de Saint-Philibert ; enfin des débris de murs antiques, des bains, des pavés en mosarques et des médailles, se rencontrent très-fréquemment sous le sol , à un demi-quart de lieue de Sens. Sur la rive gauche de la Vanne, et près de son confluent avec l'Yonne, est la Motte de César, ou la Motte du Ciar : on désigne ainsi une masse informe de ruines , dans laquelle le maréchal de A'auban a cru reconnaître un ouvrage des Gaulois. Ce qu'il y a de certain , c'est que , sur l'emplacement de la Motte du Ciar, il a existé autrefois une forteresse. Construite originairement par les Celtes, elle fut restaurée par les Romains ; plus tard , les comtes de Sens en firent aussi un poste militaire à l’aide duquel ils se rendirent maîtres de la navigation sur les deux rivières, et maintinrent tout le pays sous leur obéissance.
Nous ne saurions guère préciser en quel temps Savinien et Potentien apportèrent la parole de l'Évangile à Sens , et y reçurent le martyre. Leur dépouille mortelle fut inhumée dans la crypte de Saint-Sauveur, ou ils avaient péri en enseignant la nouvelle religion; ce sanctuaire, qui a pris le nom de Saint-Savinien, est considéré comme l'église la plus ancienne de Sens. En 356, cette ville fut bravement défendue par Julien contre les attaques des Allumans et des Frauks. A près trente jours de siège, les Barbares furent contraints de se retirer. La défaite de Siagrius, en 486, livra Sens à Chlodwig. Soumise bientôt à Contran, puis à Childebert , elle passa ensuite à Thierri IL Les guerres de Thierri et de son frère , Théodebert , contre le roi de Neustrie , Clotaire II , furent funestes aux Sénonàis. Les deux armées s'étant rencontrées dans ce pays, à Dormelles, sur les bords de l'Orvanne, une terrible bataille s'engagea. Il s’y fit un si grand carnage, que le lit de la petite rivière se trouva rempli de cadavres : arrêtées par cette digue sanglante, les eaux furent refoulées vers leur source (600-602). Dormelles n'était située qu’a quelques lieues de Sens. Après la mort de Thierri , Clotaire voulut prendre sa revanche en faisant assiéger la capitale du Sénonàis par Blidebodtts, un de scs généraux. La ville se défendit pendant longtemps avec une courageuse énergie ; toutefois elle aurait peut-être succombé, sans la miraculeuse intervention de Loup, son saint évêque. Au bruit d’une cloche qu'il agite luimême, et dont le son, alors peu connu, les saisit d'épouvante, les assiégeants prennent la fuite et se dispersent dans les campagnes. Ceci se passait vers
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l'an 615. Quelques années après, Sens ouvrit ses portes à Clotaire, devenu le seul héritier de la monarchie franque. Dans le siècle suivant, la cité sénonaisc, assiégée par un ennemi encore plus redoutable, dut une seconde fois son salut à l'intervention d'un de ses chefs spirituels. Attirés en France par Eudes, duc d'Aquitaine, les Sarrasins s'étaient avancés jusque sous les murs de Sens, dont ils avaient brillé les faubourgs. La consternation était grande parmi les habitants, qui songeaient à se rendre, lorsque l'archevêque Ebbon releva leurs esprits abattus en offrant de les conduire lui-même au combat. Le camp des infidèles . attaqué à l'improviste, est enlevé ; les Sarrasins se sauvent en désordre devant les chrétiens, qui les poursuivent et en font un grand carnage (731-738). La ville de Sens fut encore assez heureuse pour échapper à la fureur des Normands, en 886, sous le pontificat d'Euvrard. Ces pirates l’assiégèrent pendant six mois, et tirent pleuvoir sur elle une pluie effroyable de pierres et de flèches sans pouvoir triompher de la résistance des Sénonais.
Nous avons donné la qualification d'archevêque à Ebbon : ce fut vers la fin du xiP siècle que les chefs de l'Église de Sens prirent ce titre ; Géric , le prédécesseur d'Ebbon , parait l'avoir porté le premier, l'n grand éclat était réservé à ce siège épiscopal , qui compta parmi ses sulfragants non-seulement les évêques de Troyes, d’Auxerre, de Meaux, de Nevers, d’Orléans, de Chartres, mais l’évêque même de Paris jusqu'au xvir siècle. L’archevêque de Sens portait huit crosses dans ses armes, et le chapitre métropolitain résumait dans le mot campont, qu'il avait pris pour devise, les initiales des sept évêchés placés sous la dépendance spirituelle de l'église sénonaise. L'archevêque prenait le titre de vicomte de Sens, de primat des Gaules et de Germanie. Nous ne connaissons, du reste, aucune pièce de monnaie frappée à son efligie , quoique cette ville ait eu un hôtel monétaire dès le vi* siècle et l'ait conservé sous les comtes de Chamjvagne et les rois de la troisième race.
Pendant les six siècles que nous venons de résumer, l'histoire ecclésiastique de Sens est tout entière dans scs établissements religieux. Les chapelles isolées de Notre-Dame, de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Étienne, bâties par saint Savinien, au milieu de la ville, après avoir longtemps reçu les fidèles dans leurs cryptes ou leurs sanctuaires, tombèrent de vétusté : fort rapprochées toutes trois , la seconde étant au rentre , la première à droite et la troisième à gauche, elles finirent par ne former qu'une seule église , la cathédrale de la cité. Celle-ci, prit d'abord la dénomination de Notre-Dame, et plus tard celle de Saint-Étienne. Les constructions en pierre et en bois dont elle se composait, deux fois relevées et rétablies par les archevêques Wenilon et Atalde (811 et 907 ) , puis brûlées avec leurs archives sous l'épiscopat d’Arehambauld (968 ou 969), firent place à une nouvelle basilique fondée par saint Anastase, vers 972. Sevin, le successeur de ce prélat, en fit la dédicace le 13 octobre 999, avec ses trois suffragmts d'Auxerre , de Nevers et de Troyes. Nous ne raconterons point tous les désastres et tout; s les réparations par lesquels la cathédrale de Saint-Étienne passa ensuite jusqu'au rvr siècle : parmi ses restaurateurs, après l'incendie de 1 1 Htir , dans lequel elle périt eu gl.ir.de partie, fut le roi Philippe-Auguste. La gloire d'achever cette oeuvre tant de fois détruite par le temps ou par les
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(Moments était réservée à l'archevêque Étienne Tristan de Saltazar (1506-1519).
Parmi les établissements religieux qui se groupèrent autour de la basilique , deux surtout acquirent une haute importance, l'abbaye de Saintc-Colorobe-lès- Sens et le monastère de Saint-Pieire-lc-Vif, ainsi appelé par corruption du latin view, bourg : l’une devait son origine à Théodechilde , tille de Chlodwig (000;, l'autre au roi frank Clotaire II (620). Deux princes, Richard I", duc de Bourgogne, et son (ils Raoul , qui porta la couronne de France , Turent inhumés dans l’abbaye de Sainte-Colombe, dont le pape Alexandre III consacra l'église en 116k, et où Thomas Bcckel trouva un asile pendant Son séjour à Sens. Autour du monastère de Saint-Pierre-lc-ViT, un bourg, compris lui-mème dans le vaste faubourg de Saint-Savinicn , s'était graduellement formé : on y tenait une des foires les plus considérables de la ville. La veille de leur intronisation, les archevêques de Sens passaient la nuit sur le tombeau des martyrs , dans l'église de Saint-Pierre-le- Vif. Plusieurs savants, les religieux Odoran, Clavius, Geoffroi de Courlon et l’abbé Arnaud, illustrèrent cette maison du xi* nu xn* siècle (986-1123). Ce fut l'abbé Arnaud qui, pendant la guerre de l.ouis-le-Gros contre le roi d'Angleterre et le comte de Chartres, entoura de fortifications le bourg dans lequel l'abbaye était enclavée. I n moine du même monastère se distingua par des , travaux moins brillants mais plus utiles : il retrouva ou perfectionna le mécanisme des pendule* et montre* a eau, connues des anciens sous le nom de clepsydres. Grèce à lui, la ville de Sens fut dotée d'une nouvelle industrie, qni devint très-célèbre et dont elle tira de grandes richesses.
Revenons à l'histoire civile et militaire du Sénonais. A Sens, comme dans la plupart des autres villes, les comtes héréditaires ont eu pour prédécesseurs des comtes amovibles; il en est cinq dont l'histoire nous a conservé les noms : Manérius, Douât, Gilbert, Garnier et Richard. Mnnérius ou Mniner était un des fils naturels de Louis-lc-Débonnairc, par lequel il fut investi de ce fief en 817. I.e comté revint à la couronne après sa mort, et, en 837, Charlcs-lc-Cbauvc étendit son autorité sur tout le pagu* senonewis. Douât fut ensuite comte de Sens en 8k5, et Gilbert en 88k, sous Garloman et Chartes-le-Gros. A Gilbert succéda, en 895, Garnier ou Warner, lequel s'étant déclaré pour le duc de France, Eudes, contre Charles-le-Simple, fut assiégé dans sa ville comtale par Richard -le-Justicier, duc de Rourgogne et grand-oncle de Charles. Le duc Richard s'empara de Sens , dépouilla le comte de son fief , déposa , puis rétablit l'archevêque Walter, et conlla le gouvernement du pays à un officier qualifié du simple litre de vicomte. Peut-être se borna-t-il, du reste, à le réduire complètement sous sa dépendance; car nous trouvons, en 926, un vicomte de Sens du nom de Garnier, lequel périt dans une terrible bataille livrée en Rourgogne contre une armée de Normands. Richard-le-Justicicr, qui mourut dans celte ville, fut inhumé, comme nous l'avons dit, dans l’abbaye de Sainte- Oilombe. Son tils Raoul devint roi de France en 923, et le comté de Sens, qu’il avait ajouté nu domaine royal , demeura réuni à la couronne jusqu’à l’année de sa mort (936). Dans l'intervalle, le commandement de la ville était échu 6 Richard, fils de Garnier; ce seigneur ayant pris part, l’on 931, à la révolte de Gislebert , comte de Rourgogne , perdit dans cette guerre scs hommes et son pouvoir.
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En 9V1 , Sens et tout le pays sénonais étaient gouvernés par un vicomte nommé Frotmoud , sous la suzeraineté de Hugues-le-Gr#nd , à qui ce riche domaine avait été concédé par Louis-d’Outre-Mer, au préjudice de IIugues-le-.Noir, frère de Kaoul. Les comtes.de Reims et de Vermandois, Kainald et Héribert, jaloux de l'ascendant que le duc de France avait pris sur le jeune roi , résolurent de lui enlever le comté de Sens. Ils séduisirent l'archevêque Gerlann, qui devait leur livrer la ville; mais Frotmoml était sur ses gardes : il chassa l'archevêque, et le complot échoua. Hugues, en récompense de ce service, promut Frotmondà la dignité de comte, comfs Senonum. En 9à5, Kuinnld , comte de Reims, s’empara de Sens; mais Frolmond, qui était absent, revint à marches forcées et ressaisit la ville par une surprise habileineut ménagée. Il mourut en 95t : son Uls, Rainard 1", dit le Vieux, lui succéda dans la dignité de comte, laquelle lui fut confirmée par le duc Hugues, et devint dès lors héréditaire dans sa famille.
En 965, uue armée de Saxons, que l’évèquc de Troyes, Anségise, avait amenée en France, s'achemina vers le Sénonnis pour s'y procurer des vivres et se dédommager d'un échec qu'elle venait d'essuyer devant les murs de la capitale de la Champagne, le comte Itainard et l'archevêque de Sens, Arehembaud, frère du comte Robert, marchèrent aussitôt à la rencontre de l'ennemi. L'engagement eut lieu à Yillers ( Vi Mare). Les Saxons furent défaits; un de leurs chefs, le due Ifi'lpoii , périt dans cette bataille. Rainard lie fut pas moins heureux, par la suite, dans toutes les guerres qu'il eut à soutenir contre ses voisins et ses vassaux. Afin de repousser leurs agressions avec plus d’avantage, il fit construire plusieurs forteresses , entre autres une tour située au milieu de la ville de Sens. L’aîné de ses fils, Frotmond II, eut des démêlés très-vifs avec l’arrhidinrre Léothérie, élu canoniquement archevêque de Sens, et lui disputa longtemps le siège de cette ville, sur lequel il voulait placer Brution, son troisième fils. De scs deux aînés, l'un, Rainard II, hérita du comté de Sens; l’autre, Frotmond, fut seigneur de Joigny. Rainard II continua les persécutions de son père contre Léothérie. Il faut lire dans la chronique de Saint- Pierre-le-Vif les singuliers outrages auxquels ce (Ointe se portait envers l'archevêque de Sens. Léothérie, cependant, avait su intéresser le roi de France, Robert, à sa querelle. Rainard, attaqué dans sa capitale, n'eut bientôt d'autre ressource que la fuite, et se réfugia auprès d'Eudes H, comte de Champagne. Tous deux, ayant joint leurs forces, vinrent investir la ville de Sens, où ils n'entrèrent qu’après avoir brûlé deux de ses faubourgs. Ou conclut enfin la paix. Il fut déridé que le comte posséderait une moitié de 1a ville et du pays, sous la condition qu'à son décès celte part ferait retour au roi , l'archevêque devant jouir de l'autre moitié , qui demeurait acquise au domaine de Saint-Étienne. I h pareil état de choses ne présentait point de garanties bien solides. Après diverses vicissitudes, qu'il serait trop long de raconter, l’archevêque Gelduin, successeur de Léothérie, céda sa part du fief de Sens au comte de Champagne, Eudes II. Qu'était devenu cependant le comte Itainard? L’histoire n'en dit pas un mot, quoiqu'il ait vécu jusqu'en 1055. Les chroniques écrites par les moines en parlent toutes comme d'un fort méchant homme. Rainard avait eu le bon sens de protéger les juifs. Le clergé ne put lui pardonner cette protection, poussée , si l'on veut même , jusqu'à
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In faveur. Hainard, affublé par eux du sobriquet de roi des Juifs, tourna gaiement l'injure en plaisanterie , et s'efforça de faire partager, autant que possible , sa tolérance aux peuples du Sénonnis. A sa mort, Henri I*', déjà maître d'une moitié du eomtéffe Sens , réunit l'autre à la ronronne , et en confia le gouvernement à un vicomte, comme avaient fait ses prédécesseurs.
Nous pourrions remplir des pages avec la li>te des conciles et des synodes qui furent réunis à Sens, au milieu de ces agitations et de ces guerres, depuis l’année 601 jusqu’au xli' siècle. Dans l'assemblée de 12111 , on proscrivit les ouvrages d'Aristote, et l'on ordonna d'en brûler toutes les copies. Mais le concile le plus remarquable fût celui que l'archevêque Sanglier convoqua à Sens en 1 1 UL Deux hommes illustres s’y trouvèrent en présence, Pierre Abailard et saint Bernard , le redoutable abbé de Clairvaux : le premier, attaqué par le second , refusa de prendre la parole pour défendre ses doctrines ; il en appela au pape du jugement du concile, qui n'en condamna paa moins ses livres au feu.
La ville de Sens , sous le gouvernement de ses seigneurs , avait-elle conservé , dans l'administration de ses affaires, quelques formes de l'ancien municipe romain? Nous n'en trouvons aucune trace antérieurement au xii* siècle. Ce fut en l’année 1146 que les différents membres de la bourgeoisie sénonaise s'unirent par une association de défense mutuelle; I-ouis VII donna la sanction royale à cet acte d’affranchissement politique. Mais le clergé ne vit dans la création d un pouvoir populaire qu’une atteinte portée à ses privilèges ; par l'entremise d'Herbert, abbé de Saint- l’ierre-le- Vif, il se plaignit amèrement à Eugène III de l’nbolition de scs justices. Le pape était alors à Dijon avec le roi de France; il lui transmit immédiatement les réclamations du clergé sénonais; cl Louis Vil , b la demande du pontife, prononça la dissolution de la nouvelle commune. L'irritation fut grande à Sens, surtout contre l'abbé Herbert. Ce prélat, après l'édit d'abolition, eut l'imprudence d'aller recevoir, dans la ville même, les féliritations de son ordre. (I eu résulta une catastrophe des plus sanglantes : les bourgeois armés assiégèrent l'abbé dans son couvent de Saint-Pierre-le-Vif; bientôt les portes en sont enfoncées, malgré la courageuse résistance d’un jeune chevalier, neveu d'Herbert, et tous deux tombent sous les coups des assaillants. Louis VIL voulut punir les meurtriers de l'abbé de Saint-Pierre. 11 fit investir la ville parapet troupes; les principaux acteurs de l’émeute furent arrêtés; on en précipita plusieurs , sons forme de procès , du haut de la tour de l'abbaye de Saint- Pierre-le-Vif; les autres, conduits à Paris, jugés et condamnés à mort, périrent par les mains du bourreau.
Ces rigueurs ne rendirent point la paix 4 la ville. Pendant près de quarante ana elle fut désolée par une guerre intestine ; enfin Philippe-Auguste, en rétablissant la commune, mit un terme à ces désordres. Nous avons peu de détails sur l'organisation de la municipalité sénonaise. Louis XI, en 1474, la composa d'un maire.de quatre érhevins, d’un procureur de ville et d'un greffier. Quand il s’agissait de procéder à l'élêction de ces magistrats , on sonnait la cloche de la porte de la commune; les absents étaient condamnés à payer une amende de douze deniers. La garde des clefs de la ville était confiée, non bu bailli , mais au maire e( aux érhevins.
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Il ne parait pas que Sens «il joué aucun rôle dans les guerres du xiv1 et du xv* siècle. C'était cependant une des places les plus importantes de la Champagne; nous avons parlé de ses murailles si remarquables et dont on attribuait la construction à Julien-I’ Apostat. Au temps de la captivité du roi Jean, le dauphin Charles , qui vécut plusieurs années dans l'hôtel sénonais des Tournelle*, ordonna aux habitants d'entourer la place de nouveaux fossés ; élargis encore sous le règne de Louis XIII,- ces fossés subsistèrent jusqu’au xvnr siècle. Il y avait neuf polies, dont cinq étaient antérieures au xiv* siècle; la principale, celle d'Yonne, servait aux entrées solennelles des rois, des princes et des archevêques. Muant aux tourelles, elles étaient nu nombre de vingt-six. l'ne artillerie nombreuse garnissait les murailles; lors de In visite.de François l*r à Sens, en 1539, cinquante pièces de canon étaient braquées sur les fossés du mail.
Un épisode assez curieux, connu sous le nom de l'histoire du jeu de tacquemain, marqua le règne de Louis XI. l’n soir du mois d'août 1172, le peuple voulut contraindre un apothicaire , pour le punir de s'être immiscé étourdimenl dans une partie de main chaude, à prendre la place de l'artisan qui, le fronl courbé, recevait les coups d'un cercle joyeux d'hommes , de femmes et d’enfanfs ; sur son refus, ou le poursuit et on s'assemble en tumulte devant la maison de son beau-frère, Le doux, secrétaire du roi. Les magistrats municipaux , ne pouvant dissiper celte foule, saisissent les plus mutins; mais le peuple force la prison, délivre les siens et les porte en triomphe à travers les rues. Le Goux, homme d’une humeur vindicative, profita de sa position à la cour pour représenter ces désordres comme une rébellion ouverte contre l'autorité royale, lui ville s'était récemment montrée assez peu docile lorsqu'elle avait été appelée à dresser le rôle des impôts : Louis XI l'approchant ces diverses circonstances, et trompé d'ailleurs par son secrétaire, ordonna à Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, de se rendre à Sens avec des troupes pour châtier les rebelles. Il ne s'agissait de rien moins que du pillage de la ville et du massacre de ses habitants. Quand le sire de Beaujeu s'approcha, toute la population consternée se porta au-devant de lui : les femmes et les enfants le reçurent à genoux , et en criant miséricorde. Le sire de Beaujeu , touché de ce spectacle , défendit à ses soldats , sous peine de mort et jusqu'à nouvel ordre , d'exercer aucune violence contre la personne ou contre les biens des habitants ; il établit une enquête , et découvrit sans peine l'imposture. Pierre de Bourbon se montra dès lors plein d'humanité envers les Sénonais , qu'il quitta au bout de quinze jours, après leur avoir donné un exemple de modération bien rare à cette époque. L’affaire du jeu de tacquemain fit pourtant quelques victimes. Deux conseillers du parlement, envoyés à Sens avant l'arrivée du sire de Beaujeu , ordonnèrent l’arrestation du lieutenant-général, du procureur du roi , du prévôt de la ville et de douze personnes appartenant pour la plupart à la classe ouvrière. On instruisit leur procès; les trois magistrat* furent mis en liberté; mais on pendit plusieurs ouvriers et d’autres moururent en prison.
la population de Sens , à l'époque où nous sommes parvenus , était encore considérable. On sait qu'en 1190 Philippe-Auguste avait crée quatre grands bailliages pour tout le royaume ; ceux de Yermandois , de Môron, de Sens et de ni. 15
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Saint-Pierrc-le-Moutier. François I", par son ordonnance de décembre 1543, divisa les grands bailliages en plusieurs sièges différents. Celui de Sens fut démembré comme les autres , et donna naissance aux bailliages particuliers de Troyes , de Langres , de Melun , de Montargis , d’Auxerre , de Chaumont , etc. Son ressort n’en ronserva pas moins une très-grande étendue : on peut s’en faire une idée d'après l’importance qu'avait le barreau sénonais en 1563 : on n’y comptait pas moins de quatre-vingt-huit avocats et de cinquante-six procureurs. L’archcvèque, en outre, avait alors pour suffragants les évêques de Chartres, de Nevers, de Meaux, d’Orléans, de Troycs, d'Auxerre et de Paris, ce qui assurait encore à la cité sa double suprématie ecclésiastique et politique ; et ni la construction du canal de Briare, ni plusieurs incendies qui la désolèrent postéricnrement, n’avaient porté de sérieuses atteintes à sa prospérité et à son commerce.
Sens fut toujours une ville éminemment catholique ; c’est à peine si les protestants avaient osé y établir dans une grange, à l'entrée du faubourg Saint- Pregts, auprès de l'abreuvoir, un prêche dont Charles TX et l'archevêque Louis de Lorraine ordonnèrent la suppression en 1562. Plusieurs religionnaircs furent , à cette occasion, attaqués et massacrés dans divers quartiers de la ville. Les Mémoires de Condé rnpportent , il est vrai, la même circonstance d’une toute autre manière. S’il faut avoir foi dans ce témoignage , le maréchal de Saint-André, qui se trouvait alors dans son château de Vallery, près de Sens, voulant rivaliser de zèle avec le duc de Guise et le connétable de Montmorency, s'entendit bvcc l'archevêque pour persuader aux catholiques que les protestants avaient comploté de piller les églises. La populace, irritée, se porta envers les réformés à des excès épouvantables. On égorgea, pendant quatre jours, les enfants, les femmes, les vieillards , avec tous les rafllncments d'une atroce barbarie. Le parlement envoya deux conseillers pour informer au sujet de ces meurtres : mais les assassins restèrent impunis.
En 1563, Charles IX vint à Sens : il y entra, le 15 de mars, par la porte d'Yonne, la même par laquelle le cardinal Duprat avait fait son entrée comme archevêque de cette ville, le 6 du mois d’aodt 1535. En 1566, Charles IX rendit une nouvelle visite aux Sénonais; il assista aux exercices des arquebusiers, eonflrma leurs privilèges , et affranchit le vainqueur de toutes tailles et impôts pour une année.
En 1567, l’abbaye de Sainte-Colombe fut pillée par les troupes du prince de Condé ; le feu endommagea une partie des édifices, réparés plus tard par l'abbé Hubert de la Mesnardière. Les calvinistes dévastèrent aussi le couvent de Saint- Kemy et le ruinèrent de fond en comble. En ces temps d’exaltation, de guerre et de représailles , le catholicisme était chez les Sénonais une affaire de passion. Les prêtres et les moines exerçaient sur leur esprit la plus grande influence; ils applaudissaient avec enthousiasme à tous les châtiments prononcés contre les moindres infractions aux préceptes de l'Église : ainsi, par exemple, on voit, en 1522, un nommé Passagne attaché au pilori de Sens et fouetté par la main du bourreau pour avoir, en carême, mangé des pois au lard ; puis, en 1540, c'est un gentilhomme du nom de l.anglois qui périt dans les flammes, en expiation de quelques paroles légères sur la sainte Vierge , et dont le rhanoine Jean de
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Barde ville, son oncle, dans un fougueux transport du fanatisme, allume et alimente lui-même le bûcher. Les Sénonais furent des première à embrasser le parti de la Ligue. Dès 1579, une médaille fut frappée à Sens, en l'honneur de 1'union catholique : les armoiries de la ville en ornaient un cûté , de l'autre était gravé le symbole de la Sainte-limon. Le duc de (luise, obéissant aux ordres du roi qui lui défendaient de passer à Sens, fut, en 15S5, reçu par le maire à la porte d’Yonne, où il déjeuna dans le corps-de-garde , tandis que son aimée filait sur les ponts. Après la mort de Henri III, dont le meurtrier, Jacques Clément, natif du village de Serbonncs, aux environs de Sens, avait été élevé au couvent des Dominicains de cette ville, les Sénonais tournèrent toutes leurs espérances vers le duc de Mayenne. Dans une fête qu'ils lui donnèrent, le plancher de la salle où avait lieu le banquet vint tout à coup à s'écrouler, entraînant dans sa chute tous les convives et avec cqx le duc, qui faillit perdre la vie.
Après la bataille d'Ivry, Henri IV, sachant combien il lui importait de se rendre maître de Sens, se porta rapidement vers cette place, qu'il fit battre aussitôt par neuf grosses pièces de canon du côté de la rue Champfeuillard , près de la porte Formeau (14 mars 1950). Deux brèches très-profondes furent pratiquées dans la muraille, ce qui, plus tard, fit remplacer l’ancien nom de Champfeuillard par celui de rue de la Brèche. Le gouverneur Chanvallon consentit à capituler; mais les habitants, résolus à subir les extrémités les plus terribles de la guerre plutôt que de recevoir chex eux un prince huguenot, contraignirent Chanvallon à se défendre. Ils avaient une artillerie nombreuse servie par les villageois des environs de Sens avec tant d'adresse et d'énergie qu'un jour Henri IV élouné demanda de quel régiment étaient d’aussi bons tireurs. «Ce sont des sabotiers, » lui répondit-on, voulant désigner par là des campagnards. Au même instant, un coup, parti de l'un des fauconneaux, faillit atteindre le roi. « Ventre-saint-gris! » s’écria-t-il, « quels sabotière! » et quelques jours après il leva le siège pour marcher sur Paris. Sens ne lui ouvrit ses portes qu’au mois d’avril 1594. Soit qu’il eût conservé quelque ressentiment de la résistance des Sénonais, soit qu’il n’eût pas oublié leurs mauvaises dispositions à son égard, Henri IV dépouilla la commune de tous ses privilèges.
De cette époque jusqu'à nos jours, l’histoire de Sens ne se compose que de quelques faits appartenant à la chronique municipale et qu’il nous suffire d'indiquer sommairement, tels que les réjouissances publiques à l’occasion de l’assassinat du maréchal d’Ancre, pendant lesquelles on porta le Saint-Sacrement en procession dans les rues, avec la châsse de saint Savinien ( 1617) ; l’arrivée d'un ambassadeur ottomau, Méhémet-EITcndi, lequel fut harangué par le maire, à la tête du corps-dc-ville ( 17 août 1021 ) ; les deux passages de Louis XIV, à vingtcinq ans d’intervalle l’un de l'autre ( 25 octobre 165» et 29 mare 1683 ) ; le supplice de deux socriléges, brûlés vifs pour avoir dérobé les vases sacrés de l’église paroissiale de Saint-Maurice (1737); les prédications du fameux père Bridainc, à la voix duquel toute 1a population, saisie du plus vif enthousiasme, rivalisa d'urdeur pour niveler la route conduisant à un terrain situé au-delà du grand fossé de la ville, où l’on devait planter une croix ( 1741 ); enfin les obsèques du dauphin, fils de Louis XV, à la mémoire duquel fut érigé dans la cathédrale, au
lie
CHAMPAGNE
milieu du chœur, un monument de marbre, œuvre du célèbre Coustou, tombeauqui devait bientôt aussi recouvrir les dépouilles de la dauphine, Mnrie-Josèphe de Saxe.
I.e démembrement de l’archevêché, sous le régne de I-ouis XIII, porta une rude atteinte aux intérêts de l'église sénonaise. Nous avons vu qu’en 1513 les bailliages de Troyes, de Langres, de Melun, de Montargis, d'Auxerre, de Chaumont . furent soustraits à la juridiction de Sens. En 162-2, Louis XIII obtint du pape Grégoire XV l’érection du siège de Paris en archevêché, et Sens, pour constituer les suffragants de la nouvelle église, fut obligée de lui abandonner ses évêchés de Chartres, d’Orléans et de Meaux.
Au commencement de la révolution, le cardinal Loménie de Brienne, ancien archevêque de Toulouse et contrôleur général des finances, occupait le siège archiépiscopal de Sens. Il avait donné sa démission du ministère, laissant le trésor public dans le plus grand désordre, mais pourvu, quant il lui, de huit cent mille francs de bénéfices. C'est ce prélat qui fit raser l'église de Saint-Pierre-le-Vif, fondée par saint Savinien. Le 3 septembre 1792, les électeurs du département’ de l'Yonne se rassemblèrent dans l'église de Saint-Étienne, afin d'élire des députés à la convention nationale. Dès ce jour fut résolue la démolition du monument élevé à la mémoire du dauphin ; mais, grâce au maire, M. Ménestrier, le marteau révolutionnaire n'abattit point ce magnifique mausolée, lorsque les tombeaux du cardinal Duprat, de Sallatar et des deux Duperron furent détruits en 179i. Cette même année, le cardinal de Brienne mourut à Sens. On prétend qu'il avait pris un poison très-subtil, enfermé dans le chaton d'une bague. En 1791, après la promulgation de la loi qui réglait la circonscription nouvelle des diocèses, M. de Brienne avait remplacé son titre d'archevêque de Sens |>ar celui d'évéque du département de l'Yonne, et prêté serment à la constitution civile du clergé. Ce siège, supprimé en 1801, a été rétabli en 1817 avec son ancien titre d’archevêché. Quant à la ville de Sens, le décret de l'assemblée constituante, du 26 février 1790, en fit un chef-lieu de district', transformé plus tard en chef-lieu de sous-préfecture.
En 1811, le général Allix, enfermé dans la ville de Sens dont il avait fait murer toutes les issues, se défendit vaillamment contre des nuées de cosaques, dont quelques-uns s'efforcèrent même d'enfoncer les portes à coups de canon. Le 10 de février, le prince de Wurtemberg s'étant présenté devant la place, du côté du faubourg Notre-Dame, lui livra sans succès un troisième assaut. La résistance qu'il éprouvait l'côt probablement contraint à battre en retraite, si un traître n'avait introduit les Wurtembergeois dans la ville par une petite porte pratiquée dans le mur de la promenade du mail, et qui communiquait avec les liâtimcnts du collège.
Nous avons dit que la ville de Sens, baignée par les rivières de l'Yonne et de la Vanne, était sillonnée à l'intérieur par une multitude de petits ruisseaux. Beudant les pestes des xvir et xvnr siècles, on eut l’heureuse idée d'assainir les rues en y faisant rouler ces eaux, dont on augmente ou diminue le volume à volonté. L’intérieur de Sens est généralement bien bâti. Parmi ceux de ses monuments les plus remarquables qui oui échappé à l'action des hommes et du