CHAUMONT
Chaumont est situé sur un plateau élevé entre la Marne et la Suize, à une demi-lieue du confluent de ces ueux rivières. 11 subit de connaître la situation topographique de cette ville, qu'entoure une contrée de l'aspect le plus sévère et le plus triste , pour comprendre l'étymologie de son nom Muns calent , Mont chauve. Au x* siècle, on ne voyait encore sur ce plateau qu'un bourg défendu par une forteresse; les chroniques nous apprennent que Lothairc y passa en 951, apres la prise de Dijon. Soumis à des comtes particulière, Chaumont fut une des seigneuries de la maison de Choiseuil, et releva des évêques de Langres. Les comtes de Champagne, lorsque Chaumont fut réuni à leurs domaines, lui accordèrent des privilèges auxquels cette ville dut un rapide développement. Déjà,
1 . Bernard Athanasc , Bourbonne et te» eaux thermales. — Duf.iv, Sur la chaleur des eaux de Bourbonne. — Baudry, Traite' des eaux minérales de Bourbonne-les-Bains. — Berger de Xivrey, Lettre à H. Hase sur une inscription trouvée à Bourbonne-les-Bains.
CHAMPAGNE
«mi 1182, le roi Philippe-Auguste y avait établi une commune , sur le modèle de celle que Louis VI avait concédée aux habitants de Manies; les pairs, parcs communiions, occupaient la principale place dans celte organisation. En 1190, Thibault V, comte de Champagne, donna aux Chaumontois la coutume de Lorris, concession qui fut conlirmée en 1228 par Thibault VI , en 1259 par Thibault Vit , en 1292 par le roi Philippe IV, et en 1338, avec quelques modilications, par Philippe VI.
Les comtes de Champagne avaient fait du chôteau de Chaumont, alors situé hors de la ville, une maison de plaisance dont ils aimaient beaucoup le séjour; la tour de llautefeuille, qui s’y trouvait comprise, s'élevait de quatre-vingts pieds au-dessus du sol; il y avait des salles magnifiquement décorées, et une chapel.e qu'on appelait la chapelle du roi. Aujourd'hui il ne reste plus de cet édifice qu'une tour carrée. Louis XII entoura la ville de murailles; François I" et Henri II la fortifièrent de fossés et de bastions. Presque tous ces ouvrages «ni été détruits; on ne voit plus qu'une porte du côté de I pingres et quelques fragments de murs.
Au xv* siècle, l’administration intérieure de la ville de Chaumont, qui avait jadis une prévôté el un bailliage, fut profondément modifiée ; on confia le pouvoir à quatre personnes, dont l’une, sous le nom de procureur, et les trois autres, sous la dénomination de commis, remplissaient les fonctions municipales, avec l'assistance et les conseils d'une assemblée de notables. Les quatre magistrats élus [inr les habitants exerçaient pendant une année. Cette constitution, qui date de l'an 1469, dura jusqu'au commencement du xvir siècle; les noms seulement des magistrats furent changés au xvi*.
Les Chaumontois prirent une part très-active aux affaires de la Ligue. Toutes les communes du bailliage qui tenaient pour les Guise formaient une espèce de république, dont Chaumont était le rentre d’action : les officiers municipaux de cette ville faisaient assiéger et abattre les châteaux, établissaient des contributions, confisquaient les biens de leurs adversaires politiques ou religieux, el entretenaient une correspondance suivie avec les cités voisines. On a conservé le procès-verbal du serment que les députés de Chaumont prêtèrent è la sainte Union lorsqu'ils se rendirent à Paris eu 1558, et diverses lettres écrites au sujet de quelques démêlé-s qui survinrent entre I.angres et Chaumont. Itu reste, le fameux Guillaume Rose, évêque de Senlis, avait puissamment contribué à entraîner les Chaumontois dans le parti des Guise. Né à Chaumont en 1512, il était devenu un des prédicateurs les plus fougueux de ces temps de troubles; aucun peut-être n’exerça, par la fanatique exaltation de son esprit et de son langage, une plus longue et plus funeste influence sur l'esprit des Parisiens.
Au mois de mai 1591, Henri IV rendit un édit portant l'abolition de ce qui s’était passé à Chaumont et la contirmation des anciens privilèges de cette ville. En 1604, il y établit une mairie, et ses lettres patentes furent continuées en 1610 et 1611 par Louis XIII. F.u 1710, Louis XIV transféra à Langres la juridiction consulaire qui, en 1564, avait été concédée à Chaumont.
Sous l'ancienne monarchie Chaumont avait disputé à Langres le titre de capitale du llassigny ; la révolution parut lui donner gain de cause en l’érigeant en
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