SAINTE-MENEHOULD. - VOUZIERS. - ÉPERNAY
VAX, MT. — MONT18IRAIL — CBAMPAUBCAT. — VACCHAMFS
Saiute-Menehould , ville importante de l'ancien Rémois, autrefois capitale du pays et forêt d’Argonnc, la première cité champenoise du côté de l'Allemagne, située A une distance presque égale de Verdun et de t'.hAlons, s'élève entre deux rochers , sur un terrain marécageux traversé par la rivière d'Aisne , qui la baigne au nord et au couchant. Le sommet du plus haut de ces rochers a été occupé
I. Comsnent aires de Cétar. — Tacite. — Grégoire de Tours. — Marlol, Théâtre d'honneur. — Histoire ecclésiastique de l'ahlié Fleury. — Gallia christiana. — Flodoard, Hiitoria ecclesia Remensis. — M. I.ouis Pins , Chronique de Rains. — Varin, Archives de la ville de Reims — Gerusez, Description historique et statistique de la ville de Reims. — Cainus-Daras, Tableau des principaux événements de l'histoire de Reims. — Description historique de Notre-Dame de Reims, par Povillon-Piorrard. — C.lauscl de Cotisscrgues, Recherches sur les sacres. — Histoire du sacre de Charles X. — Voyez aussi le Sacre de sa majesté Charles X, inséré dans l'Annuaire du département de la Marne, année IK26
CHAMPAGNE
jusqu’en 1719 pur un château dont on attribue la fondation à Dreux ou Drogon VI, duc de Champagne et maire du palais de Childebert, roi d'Austrasie. Quelques habitations ne tardèrent point, comme d'habitude, à se grouperait pied de la forteresse; mais ce lieu ne fut connu, pendant plusieurs siècles, que sous la dénomination de Caslrum ou Lastrllum super A-ronam (ChAteau-sur-Aisnel. D'après une autre version, Hahildii (Ma haut, Mathilde), fille de Sigmnr, comte de Perthcs, lequel vivait l’an 450, aurait donné son nom à la ville nouvelle : l’existence de la cité serait donc bien antérieure à celle du château, puisque Dreux VI ne le construisit que vers l’nn 639. Quoi qu’il en soit, en 1174, Henri !•', comte propriétaire de Champagne, ayant fait transporter dans l’église Notre-Dame de t'.hâtcausur-Aisne les reliques de Mahildis, morte en odeur de sainteté, le nom de la ville changea en même temps que celui de l’église , et dès lors ChAteau-sur-Aisne ne fut plus appelé que Sainte-Manehould ou Menehould (San Uanehiltlis).
Le premier fait de quelque importance qui se rattache à l’histoire de Sainte- Mcnehould est l'emprisonnement supposé de Grippo ou Griffon, fils naturel de Karl-Marte! , dans ChAteau-sur-Aisne. Quoique Baugier n'hésite pas à croire que l’infortuné prince fut enfermé en cet endroit par Rarloman et Pépin, ses frères, après la mort de leur père commun , ce fait nous parait au moins douteux ; aucun annaliste contemporain ne désigne d’une manière bien précise dans quel château des Ardennes on enferma Grippo.
Dès la première année du xn" siècle, on trouve des sires particuliers de Sainte- Menehould. A Raoul succède Albert I", dont le fils Rodolphe hérite de la seigneurie de cette ville et du gouvernement du château (1183). Le fief étant sorti de cette famille passe à différentes reprises en d’autres mains; mais le commandement militaire est séparé du domaine seigneurial qui, en 1449, constitue une partie du domaine de Marie d’Anjou, veuve de Charles Vil. En 1485, Antoine, bâtard de Bourgogne , occupe le château ; en 1537, le commandement en est confié à François d’Anglure, tandis que le domaine de la ville appartient, par concession royale, à Honorât de Savoie, comte de Tende. Le comté de Sainte-Menehould est ensuite afTecté au douaire de Marie Stuart, veuve de François II (1570) ; il entre bientôt dans la maison de Nevcrs. Louis XIII en fait l’acquisition; à sa mort, Anne d’Autriche le possède ( 1644) ; depuis sa réunion A la couronne par arrêt du conseil (1667), Louis XIV l'engage successivement A divers gentilshommes de sa cour; enfin, le dernier engagiste , M. le marquis de l’uisieux , le remet au roi, qui en attribue l'administration aux fermiers royaux.
L’histoire de Sainte-Menehould se compose, depuis les premières années du xi* siècle jusqu'après le milieu du xvn*, d’une suite de sièges interrompue seulement par quelques épisodes des guerres civiles et religieuses. En 1039, Goselon ou Joselon , duc de la Basse-Lorraine , se présente devant la place ; mais il ne tarde point à se retirer, désespérant de vaincre la résistance des habitants. Théodore, évêque de Verdun, l’enlève, en 1089, à Manassés, comte de Perthcs, dont les troupes, en garnison dans le château, faisaient de fréquentes excursions sur ses terres. Arnould , autre évêque de Verdun , allié à Simon II , duc de Lorraine , l'investit aussi, en 1181 , afin de mettre un frein, comme son prédécesseur, aux déprédations du sire de Sainte-Menehould, Albert Pichot, parent du comte de