‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 50 sur 128 · K ET H EL · texte numérisé non relu

K ET H EL

Verdun. Il y avait fait construire deux châteaux , dont les garnisons désolaient le pays. L’évêque de Verdun , Thierry, marcha contre Sainte-Menehould , à la têle d'une nombreuse armée; cette place se soumit, et il se dirigea aussitôt vers Stenay, qu’il fit raser. Advenus Caslrum Sancla Manehildis stbi in/est issiinuui nrmalam erpeditionem movit; enindem expeditionem in Castrum Septiuiinium convertit , illud ohscdit , erpit et diruit. Mariasses, qui était alors extrêmement vieux, n’opposa aucune résistance au prélat. Hugues, son fils, ayant commencé la construction d’un château à Rethel , voulut y employer les vassaux d’un prieuré établi dans cette ville; il eut, à ce sujet, un démêlé très-vif avec les moines de Saint-Rcmi à qui ce prieuré appartenait , fut excommunié par l'archevêque de Reims, Renaud de Martigné, et vint enfin, accompagné de son fils aîné Manassès, solliciter son pardon dans l’église même de l’abbaye , devant les reliques du saint ( 1091).

A lingues 1" succédèrent Gênais et Withier, l'un son fils, l'autre son petit-fils, par Mathilde, sœur de Gcrvais et femme d'Eudes, châtelain de Vitri : Withier souleva contre lui, comme son grand-père, les plaintes des religieux de Saint-Hemi, dont il était avoué ; il encourut l'excommunication de l'archevêque, excommunication confirmée par le pape Honorius II l'an 1126, et, après avoir été contraint d'accepter un accommodement, se montra, depuis cette époque, très-libéral envers les couvents et les églises. Hugues II, petit-fils de Withier, prêta serment de fidélité à Philippe-Auguste, au mois de mars 1221 , s’engageant, dans le ras où son suzerain Thibault, comte de Champagne, refuserait le service du roi, à joindre ses troupes à l'armée royale pour le réduire. C’est à Hugues II qu’on attribue la construction du château de Régnault (Cnstnim Iteginutdi), qui, plus tard, devint «le chef-lieu d’une principauté de laquelle dépendaient vingt-sept villages ou communautés. » Il fonda aussi l'abbaye d'Eslaii, dont l'église servit dans la suite de sépulture à la plupart des membres de sa famille. Ce fait se trouve consigné du moins dans l'histoire manuscrite des comtes de Rethel, par Pieire Camart. L'auteur ne nomme point, il est vrai, Hugues II, mais bien Hugues IV; mais, comme la date (1200 à 1228) est exactement la même, cette faible erreur ne doit présenter, selon nous, aucune difficulté. Hugues bâtit également Phôtel-dieu de Rethel, et, « comme il estoit grandement amateur du soulagement des peuples, » dit Pierre Camart, o il osta plusieurs servages personnels qui se levoient sur les Retliclois et leur commerce, selon leurs désirs, en prestation d'argent, grains, volailles, plus tolérables. » Son fils et successeur, Hugues III, fut du petit nombre des premiers vassaux de Champagne qui, lors de la grande confédération de 1229, demeurèrent constamment attachés à leur suzerain, le comte Thibault IV.

Les trois frères de Hugues III , Jean, Gaucher et Manassès, furent, l’un après l’autre, comtes de Rethel. Hugues IV, fils de Manassès, eut une fille appelée Jeanne, que le lui de France, Philippe- le-llardi, fiança, en 1277, à Louis, fils aîné de Robert 111, comte de Flandre. Louis, accusé par Philippe-le-Long, dont il était l'homme lige, d'avoir entretenu les Flamands dans leur rébellion contre lui, et d'approvisionner ses châteaux-forts dans un but hostile au roi et ou royaume, fut sommé de comparaître devant son tribunal pour avoir â s'expliquer

sur tous <es faits; mais il n’obéit point, et sc retira dans les Flandres. Philippc- Ic-Long saisit alors le comté de Nevers, ainsi que celui de ltelhel, qu’il tenait de sa femme : i/uod sibi rut mue conjugis conlingebat' . Louis sc soumit à cette nouvelle; la paix ne fut toutefois conrlue que le 5 mai 13-20, et a il fut réglé, » dit l'auteur de l'Art de vérifier les dates, «que Louis, liis du comte Louis et de Jeanne, épouserait la Tille du roi, nommée Marguerite, avec assurance de succéder au comté de Flandre, de même qu'a ceux de ltetliel et de Nevers. » Louis 11 , fils de Louis de Flandre et de Marguerite, fut tué à la bataille de Crée; (26 août 1346). Son fils Louis III , ou de Male (lieu de su naissance, proche Bruxelles, , obtint de Philippe de Valois, pour sa mère et pour lui, la pairie viagère de Nevers et de Kelliel, dans des lettres patentes de I2V7, confirmées, le 10 avril 1350, par le roi Jean. Marguerite, fille de Louis de Male, épousa Pliilippe-le-Hardi, duc de Bourgogne. Tous deux donnèrent, en 1302, le comté de ltetliel à leur second (ils Antoine; celui-ci le céda, en 1405, à son frère Philippe, ainsi que le comté de Nevers. Philippe fit exempter son domaine, en 1405, par Charles VI, du droit d’aides à perpétuité, moyennant cinq mille livres de redevance annuellé, franchise que Charles VI étendit, en 1408, à l’impôt sur le sel. Philippe périt , du reste, à la funeste journée d’Azincourt (25 octobre 1415) , comme son aïeul Louis 11 était déjà tombé, blessé à mort, sur le champ de bataille de Crécy. Monstrelet nous apprend que le Itelhelois et la Bourgogne furent ravagés, du temps de Philippe (1411), par Clignet de Brabant. Les habitants embrassèrent , en 1431, le parti de Jean de Luxembourg, allié du roi d’Angleterre, lorsqu’il vint, en son nom, attaquer plusieurs forteresses de la Champagne, qui tenaient pour Charles VIL la-s gens du roi tirent , de leur côté , des courses dans le pays ; mais , sur l’ordre du due de Bourgogne, le comte d’Étampes leur courut sus, ajoute Monstrelet, « si

« furent la plus grande partie des François détroussés par les Picards pour

« lesquelles détrousses le roi ne son fils ne furent pas bien contents. » En 1444, Charles, fils de Philippe, enferma dans une enceinte la ville haute de Kethel, alors appelée le Grand-Faubourg; car il n’y avait encore que la ville basse qui fût close de murs, c’est-à-dire le château vers la tour du tluurg-de-Chef.

Jean, frère de Charles, eut une vie extrêmement agitée. Dépouillé par son tuteur Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, de tous les domaines qui lui étaient échus, il fut un moment surnommé Jean-sans-Terre; mais, Charles étant mort sans postérité, l’an 1464, il en hérita les comtés de Nevers et de ltetliel, dont il fit aussitôt hommage au roi Louis XL Charlotte, sa fille, avait été mariée, en 1486, à Jean d’Albret, sire d’Orvul : la meilleure partie de la succession paternelle lui fut disputée par son neveu Engilbcrt de Clèves, fils d'Élisabeth, sa soeur aînée. Après bien des contestations, les deux parties transigèrent : il fut convenu que Marie, fille de Charlotte et de Jean , épouserait son cousin, Charles de Clèves, fils d' Engilbcrt, et qu’ils posséderaient en commun le comté de Kethel, tandis que celui de Nevers passerait à Engilbcrt. Charles de Clèves, prisonnier dans la

1. « Ludovicus borao ligius rt*gis Francia?.... Flanuningos in wbellione nutriens, castra sua contra regem muniens, corum riîgc super pr.nnis.sis ivsponsurus, fioienniier citatii*, noiidum coin | ta ni il . quin imu fit? n sua tranxtulil ad Flainuiingos , etc. » ( l.e coiilinuatmii* de la Chronique de Guillaume de Xanyit.) m

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