AVESNES
d' Avesnes furent détruits , les fossés comblés, et cette malheureuse ville n'offrit plus qu'un monceau de ruines. Elle se releva pourtant , se repeupla peu à peu , après être restée pendant cinq ans entièrement déserte, et, au xvi* siècle, elle avait repris assez d'importance pour exciter la convoitise des bandes de pillahis qui désolaient la contrée. Echue aux de Croy par le mariage de Charles de Croy, prime de Chimay, avec Louise d'Atbret, Avcsnes fut enlevée i cette maison et passa sous la domination de l'Autriche, puis sous celle de l’Espagne, à laquelle elle appartint jusqu'en 1637. Ixvuis XIV la prit alors, et le traité des Pyrénées la céda définitivement à la France. En 1688, la seigneurie d'Avesnes était la propriété de Charles-Louis-Antoine, cardinal d’Alsace, i qui elle rapportait trois cent mille livres de revenu. N’ayant point d’héritiers directs, le cardinal l'abandonna au duc d’Orléans, à charge d une rente de soixante mille livres seulement.
Avcsnes n’eut point à souffrir des guerres de la révolution. Les armées autrichiennes qui, en 1793, avaient assiégé les villes de Landrecies, du Quesuoy et de Maubeugc, ne lui firent aucun mal. Elle ne fut pas aussi heureuse en 1815 : un corps de troupes prussiennes, faisant partie de la grande armée d’invasion, investit la place , elle était dépourvue de garnison, et n’avait pour défenseurs qu’une compagnie de vétérans, quelques artilleurs de la ligne et les canonniers bourgeois. Le -21 juin, le feu s’ouvre, à quatre heures de l'après-midi, et continue jusqu'à onze heures du soir. A minuit il recommence, et, presque aussitôt, un bruit épouvantable annonce l’explosion du magasin à poudre. Rien ne saurait peindre l'effet de cette catastrophe ; partout ce ne sont que bâtiments renversés; les remparts sont couverts de cadavres; les hommes, les femmes, les enfants, s'échappent mutilés de leurs habitations en ruines, l'n tel spectacle n’abat point le courage des assiégés; ils restent inébranlables è leur poste, et les Prussiens, frappés de stupeur, n'osent escalader les murailles. Elles étaient renversées cependant , et toute résistance ‘sérieuse devenait impassible. On capitula dans la matinée du 22 , et l'ennemi entra le même jour dans Avesnes.
Avant la révolution, cette ville était le siège d’un bailliage royal, ressortissant au parlement de Douai. Aujourd’hui elle compte un peu plus de 3,000 âmes, et elle est le chef-lieu d’un arrondissement dont la population s'élève à 139,218 habitants. Elle a une église paroissiale , un collège communal, un hospice civil pour les malades et les vieillards, etc. Avesnes a donné le jour à l'historien jurisconsulte Antoine-François-Joseph Damées, avocat au parlement de Douai et subdélégué de l'intendant du ilainaut, né en 1722, et à M. Lebcau, président actuel du tribunal , l'un des hommes qui s’occupent avec le plus de zèle et de succès de l'histoire ancienne du Ilainaut 1
1. Jjcqucs de Guise. Annales Hannonia. — Ville haut, Histoire ecclésiastique et profane du Hainaut. — Le Beau , Notices historiques . — Arthur üinaux , Archives historiques.