‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 61 sur 128 · MAUBEUGE · texte numérisé non relu

MAUBEUGE

Maubeuge, en latin Malbodivm, place forte située sur In Sombre, non loin des frontières de la Belgique , est la ville la plus ronsidérablc de l'arrondissement d’Avesnes. Elle doit son origine à (leur monastères fondés, vers 657, par sainte Aldcgonde ; l'un de bénédictines, l’autre de prêtres réguliers chargés de desservir l'église des religieuses. Cette institution devint plus tard fort célèbre. Les ravages des Normands, au ix' siècle, ayant rclAché tous les liens de la discipline ecclésiastique, une réformation complète des abbay es était devenue nécessaire. Bruuon, archevêque de Cologne et frère de l'empereur Othon , fut chargé par lui de cette mission difficile. Entre autres œuvres , il organisa les maisons de chanoinesses , dont la plupart existaient encore avant la révolution. Pour ce qui concerne Maubeuge, il convertit, par acte du 10 avril 967, le monastère de Sninte-Aldegonde en un chapitre de filles nobles. Dans ce chapitre, on ne recevait que des personnes de la plus haute naissance, pouvant faire preuve de seize quartiers de noblesse paternelle et maternelle. Quand la charge d’abbesse était vacante , il fallait un ordre du souverain pour procéder à une élection nouvelle. Trois chanoinesses étaient désignées, et le monarque choisissait entre elles. L'abbesse de Maubeuge jouissait de privilèges très-étendus : elle était dame de la ville et de quelques villages qui dépendaient de la prévôté, et, au temps des comtes de Hainaut, elle avait le droit de battre monnaie.

Il serait difficile de préciser l'époque à laquelle Maubeuge obtint ses lois, franchises et coutumes; ce qu’il y a de certain , c’est que les habitants de cette ville avaient déjà une organisation communale au xm* siècle. En 1293, Jean d’Avesnes, comte de Hainaut, leur ayant demandé un subside de guerre, ils ne voulurent pas le payer, et allèrent même jusqu'à insulter ce prince, qui se trouvait alors parmi eux avec sa femme et scs enfants. Jean d'Avesnes, irrité, revint bientôt devant la ville à la tête d'une formidable armée; les bourgeois se soumirent. Le comte de Hainaut leur octroya son pardon, mais à des conditions bien dures. Les voici telles qu’on les trouve dans une charte du 22 décembre de cette même année 1293 ; a Aucun habitant de Maubeuge ne pourra porter la main ni aller en procession avec la fierte (la châsse; de Sainte- Aldegonde, et ce, pour l'avoir portée le jour de la rébellion, Le comte bannit à toujours hors du pays trente et une personnes des plus coupables de la commune. les érhevins, consaux et commune de Maubeuge, ne pourront lever tailles ni assises dans leur ville sans le consentement du comte. Tout ouvrier, toute ouvrière de la ville paiera au comte à perpétuité une maille le samedi de chaque semaine. C.baquc fois que les comte et comtesse de Hainaut viendront à Maubeuge , la ville sera tenue de livrer à ses

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