MAUBEUGE
ensuite. Pendant le blocns, la garnison, les habitants et les eanonniers de la garde nationale, qui servaient presque exclusivement les batteries de défense, donnèrent plus d'un exemple de leur courage et de leur résolution. Malgré leur infériorité numérique, ils ne cessèrent d'inquiéter l'ennemi par de nombreuses sorties et les coups de main les plus audacieux. Une fois, ils détruisirent tous ses ouvrages; une autre fois, ils tombèrent sur une forte escorte, conduisant vers Mons une colonne de quatre cents prisonniers français qu'ils délivrèrent, et qui, ramenés dans Maubeuge, contribuèrent à la défense et à la consenntion de la ville. Le duc de Weimar, découragé, abandonna bientôt ses projets sur cette place.
L'année suivante, Maubeuge reçut le contre-coup de Waterloo, dont elle n'est séparée que par une distance de douze lieues. Dès le 20 juin 1815, le deuxième corps de l'armée prussienne , commandé par le prince Auguste , investissait Maubeuge. Pendant ce siège, le clocher de l'église paroissiale, ancien monument jusque-là respecté par les siècles et par la guerre, devint la proie des flammes, ainsi que les approvisionnements qu'il renfermait. Les maisons d’alentour furent également dévorées par l'incendie qu’une pluie de bombes et de boulets rouges avait allumé. Une très-faible garnison défendait Maubeuge; elle n’était composée que de retraités et de gardes nationaux mobilisés, qui chaque jour désertaient en grand nombre. L'ennemi s’empara des ouvrages extérieurs; une vive et nouvelle attaque fut dirigée contre le corps de la place. Dans cet état de choses, une plus longue résistance était inutile. Les chefs proposèrent une capitulation qui fut acceptée, et les troupes prussiennes prirent possession de Maubeuge, le 14 juillet, tandis que la garnison sortait avec tous les honneurs de la guerre. L'ennemi dépouilla les établissements militaires de la ville, et lit éprouver toutes sortes de vexations aux habitants. L'occupation prussienne dura jusqu'au 1" janvier 1810, époque à laquelle Maubeuge fut remise aux Russes. La discipline sévère de ces dernière rendit un peu de calme à la ville, si cruellement éprouvée par l'effet du siège et le séjour des Prussiens. Le corps d'armée russe, composé de trente-cinq mille hommes, sous les ordres du comte de Woronzow, était cantonné depuis Valenciennes jusqu'à Givct; le quartier général fut établi à Maubeuge et y resta jusqu'au 18 novembre 1818. Durant l'occupation plusieurs grands personnages visitèrent cette ville ; on y vit successivement l'empereur Alexandre et ses frères les grands-ducs Constantin, Nicolas cl Michel ; le roi de Prusse, le prince Charles de Pnisse, le prince de Mecklenbourg-Slrelilz, le prime Frédéric de Hesse, et le prince royal des Pays-Bas.
Les pénibles souvenirs que ces ennemis de la France avaient laissés à Maubeuge lurent effacés en 1831 par le spectacle des préparatifs militaires de la première expédition de Belgique. Le quartier général de l’armée du Nord fut établi dans celle ville où séjournèrent les ducs d'Orléans et de Nemours, ainsi que le maréchal Gérard, commandant en chef. Un peu plus tard, en janvier 1833, le roi Louis Philippe visita Maubeuge, et y passa la revue des troupes qui avaient participé nu siège de la citadelle d'Anvers.
Maubeuge, avant la révolution avait plusieurs établissements de bienfaisance, qui sont confondus aujourd'hui dans l'hospice de Saint-Nicolas et dans celui de
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Notre-üame-des-Grtccs, richement doté, au xvr siècle, par le doyen Jean Gippus. Les anciennes maisons religieuses de cette ville ont également disparu. A leur tète figurait le noble et célèbre chapitre des chanoinesses de Saint-Aldegonde qui , après avoir donné naissance à la vide, contribua jusqu'à la fin du siècle dernier à son accroissement et à sa prospérité. Quant à l'administration communale de Maubruge, elle était jadis confiée à un mayeur et à sept échevins, dont la nomination appartenait par moitié au souverain et à l'abbesse de Sainte-Aldegonde. Un arrêt du conseil d’Êtat, en date du 29 août 1631, réduisit à quatre le nombre des officiers municipaux, et ordonna que les échevins exerceraient leurs fonctions durant quatre années, que tous les deux ans ils seraient renouvelés par moitié, et que l'abbesse pourvoirait à l'un des deux offices vacants lors de chaque nomination. la justice était exercée au nom du roi , par un prévôt. Dans le ressort du cloître de Saintc-Aldegonde, elle appartenait A l'abbesse, et elle était rendue en son nom par des officiers spéciaux.
lin des établissements les plus dignes de fixer l’attention à Maubeuge, était la manufacture royale d'armes, créée par lettres patentes du roi Louis XIV, le 15 avril 1704. Avant la révolution, elle employait quatre cent dix-huit ouvriers et fournissait les fusils d’infanterie, modèles de 1777, et les mousquetons et pistolets. Les armes rebutées, il ors de service, y étaient montées A neuf, et vendues à des armateurs pour la traite des Nègres ou à la compagnie des Indes. Sous la république, le consulat et l’empire, la manufacture de Maubeuge prit un développement proportionné aux besoins de l’époque. Les ateliers occupèrent jusqu'à douze cents ouvriers, et on fabriqua jusqu'à trente-six mille armes dans une seule année. La paix diminua de beaucoup cette activité et, sous la restauration, ou ne comptait plus à la manufacture d'armes que quatre à cinq cents ouvriers. Bientôt le gouvernement résolut de supprimer tout à fait cet établissement, et il ne différa l'exécution de cette mesure que sur les vives instances de la ville de Maubeuge. La suppression définitive eut lieu le 6 décembre 1835.
On comptait, en 1804, 4,784 habitants à Maubeuge; sa population s'élève aujourd'hui A 6,363. Iji ville ne possède d'autre industrie spéciale que la fabrication de la quincaillerie, des broches et autres articles nécessaires aux filatures ; ces objets y sont travaillés avec beaucoup de perfection. Il y existe aussi des clouteries, et trois scieries de marbre. Grâce A la canalisation de la Sombre, le commerce de transit en charbons du bassin houiller de Charleroy, en ardoises de Fumay, en fonte, etc., est assez étendu à Maubeuge. Le territoire, tant intérieur qu'extérieur de la ville, comprend dix-huit cent soixante-dix-huit hectares, dont vingt-huit en propriétés bâties et cinquante-sept en fortifications. Maubeuge est une place de guerre de troisième classe. 1
t. Jacques de Guise. — Yincbant. — Le Beau. — A. Dinaux. — Achille de Vaulabelle.