SAIN T-A MAN D. — CONDÉ. — BOUCHAI N
Saint-Amand, ville ouverte, sur la Scarpe, à une lieue et demie du confluent de cette rivière avec l'Escaut, doit son origine à Saint-Amand, l’un des premiers apôtres de la Belgique, qui y bâtit, vers le milieu du vu* siècle, un monastère appelé d’abord Elnon, et qui prit ensuite le nom de son fondateur. Cette maison devint bientôt célèbre, et, au ix* siècle, ses écoles jouissaient d'une grande réputation. Carloman, fils de l'empereur Cbarles-lc-Chauvc, y avait été élevé, et devint le vingt-deuxième abbé d’Elnon ; ses deux jeunes frères, Pépin et Dreux, y moururent étant encore jeunes et y furent inhumés. En 880, l’abbaye d’Elnon fut prise et brûlée par les Normands ; mais le corps du saint échappa au désastre, car les religieux avaient eu le soin de le transporter, ainsi que les autres reliques du pays, dans l'église de Sainte-Marie, annexée au château-fort de Douai. La munificence des rois francks de la première et de la seconde race, les défrichements qu'opérèrent les religieux dans cette contrée, alors couverte de bois et de marécages ne tardèrent pas à attirer des serfs nombreux, qui, en s'établissant autour de l'abbaye, donnèrent bientôt naissance à une ville assez considérable. Un cartulairc du monastère de Saint-Amand, conservé aux archives de Flandre, à Lille, prouve que cette ville avait, dès le xi* siècle, des lois et des franchises communales, octroyées par l'abbé. Une coutume barbare s’y était introduite ; elle consistait à brûler la maison de tout habitant condamné à mort. Comme, à cette époque, les maisons étaient presque toutes en bois et en chaume, on n’était pas toujours maître d'arrêter l'incendie, et c'est ainsi qu'en 1121 , six cents maisons y furent consumées, et que l'abbaye elle-même faillit disparaître dans ce sinistre. Cet usage barbare fut alors totalement aboli. La ville de Saint-Amand fut prise et saccagée, en 1 310 , par le comte de Uainaut, qui massacra tous les habitants, incendia l’abbaye, et emporta jusqu’aux cloches, pour se venger des bourgeois qui avaient dévasté Hasnon. En 1477, elle fut encore mise à feu et à sang par les Bourguignons. Le baron de Ligne s'en empara en 1521 au nom de l'empereur Charles-Quint ; enfin, prise et démantelée par les troupes de Louis Xlll, en 1667, elle fut définitivement réunie à la France.
A une lieue environ de cette ville, au hameau de la Croisette, se trouvent les eaux et boues minérales de Saint-Amand. On prétend qu'elles furent connues des Romains et qu’ils les fréquentèrent. Les eaux et boues de Saint-Amand sont thermales; elles ont une chaleur de 20” Béaumur. Pendant la révolution l’établissement où l'on prend ces eaux fut le théâtre d'une scène qui fit alors une grande sensation. Dumouriez y avait établi son quartier-général, après s'être l'étiré de la Belgique avec son armée. Le 2 avril 1793, à quatre heures du soir,