LE CATF.AU-CAMBRÉSIS
Pendant la révolution, Cambrai n’eut rien à souffrir des ennemis de la France; mais le régime de la terreur y fut cruellement représenté par Joseph Le Bon. L’empereur visita cette ville en 1811, et ce fut par Cambrai que Louis XVItl fit sa seconde entrée en France; il y arriva le 26 juin 1815. Deux jours après , le 28 juin , parut le fameux manifeste daté de Cambrai, et portant la signature du prince de Talleyrand , par lequel le roi faisait pressentir la proscription des régicides, tout en protestant de son respect pour la Charte de 18H.
Cambrai , ville de 17,000 âmes , est le chef-lieu d’un arrondissement où l'on compte 166.921 habitants. Elle est très-vaste, eu égard à sa population, mais irrégulièrement bâtie ; la place d’Armes seule est très-belle. Comme ville de guerre , Cambrai a une haute importance. Outre ses fortifications remises en bon état depuis la paix, elle est dominée par une citadelle réputée imprenable. C’est celle qui fut bâtie par Charles-Quint , comme nous l'avons raconté. (Ambrai a une société d'Émulatiou. Sa bibliothèque publique renferme trente mille volumes et une précieuse collection de manuscrits. Sous le rapport industriel et commercial, cette ville est en voie de prospérité. Plusieurs grands établissements s’y sont formés, dans les derniers temps, pour la iilaturc, le tissage et l’apprèt des étoffes de lin, de coton et de laine. On y fait un trafic assez considérable de blés, de graines" grasses, d’huiles, de savon, de sel, de charbon de terre , ainsi que des toiles et toilettes ou batistes que l’on fabrique dans les cent dix-sept communes du Cambrésis.
Cambrai revendique plusieurs hommes remarquables. Nous citerons, entre autres, au xir siècle, Halderic ou lluudri, auteur de l'excellente chronique intitulée : Chronicon cam rraernse et atrebatense ; aux xv' et xvi', les historiographes Monslretct et Buzrlm; aux XVII* et XVIIIe, Le Carpentier et le chanoine Dupont, tous les deux auteurs d’une histoire de Cambrai; de nos jours, deux romanciers, MM. X. Saintine et S.-ll. Berlhuud; M. F. Delcroix, poète élégant et correct, et M. E. Bouhj, qui a raconté les fastes cambrésiens avec autant de charme que d’érudition. N’oublions pas d’ajouter que c’est dans les environs de l’ancienne capitale du Cambrésis, dans le village de Saint- Aubert , que naquit Frédeyonde, dans le V* siècle. 1