‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 80 sur 128 · SAINT-OMER · texte numérisé non relu

SAINT-OMER

La ville de Saint-Omer, située sur l'Aa, dans un pays marécageux, a été fondée vers l'an 637, selon la plupart des chroniqueurs, par le pieux Orner, évéque de Thérouanne. Un temple de Minerve s'élevait encore, à cette époque, sur le mont Sithin , à côté d'un chAteau appartenant à Adroald , seigneur de toutes les terres avoisinantes; le saint évéque de Thérouanne convertit le chef barbare à la foi chrétienne ; le temple de Minerve fut abattu et l’on brûla la statue de la déesse. Bientôt, un troupeau de lidéles, conduit par Orner, vint augmenter le nombre des habitants de la petite bourgade qui s’étendait au pied du chAteau d'Adroaid. L’église de Saint-Martin, démolie dans le cours du xvii* siècle, fut la première paroisse de la ville nouvelle ; immédiatement après, on jeta les fondements de la cathédrale, qui fut placée sous l’invocation de la Vierge.

Orner avait demandé quelques missionnaires à l’abbaye de Luxeuil , pour les associer A son apostolat; on lui envoya Mommolin, Berlin et Bertram. Mommolin bâtit à une lieue de Sithin , sur une petite montagne entourée par l’Aa et par des marais, un couvent qui se trouva bientôt trop étroit pour loger ses religieux ; alors Orner chargea Bertin de construire un autre monastère, en lui laissant le choix de l’emplacement. Celui-ci fonda dans l’Ilc de Sithin la célèbre abbaye qui a pris son nom, après être demeurée d’abord pendant quatre cents ans sous l’invocation de saint Pierre. La charte de fondation, dont l’original se trouvait encore, en 1789, dans les archives de l’abbaye, est datée de l’an 678. Le monastère de Saint-Bertin, consacré à l’ordre de Saint-Benoît, a joui, pendant plus de douie siècles, d’une immense réputation. Le profond savoir de ses religieux, qui y réunirent une riche bibliothèque, l’importance de ses revenus, l’étendue de ses cloîtres, la magnifique architecture de son église, lui valurent le nom de monastère des monastères.

Orner mourut en 665 ou 667 ; on l'inhuma dans l’église de Thérouanne ; mais plus tard, ses cendres furent transportées dans la ville A laquelle il donna son nom, et les (idèlcs lui élevèrent un tombeau dans l’église de Notre-Dame. Au ix* siècle, les Normands vinrent piller plus, d’une fois la ville de Saint-Omer. En 861, ils brûlèrent l’église de Saint-Bertin et la chapelle de Saint-Martin, bâtie en 700 par l’abbé Rigobert. Saint-Omer fut enclavé dans la Flandre, lors de l’érection de ce comté en faveur de Bauduin I", gendre de Charles-le- Chauve (863). Bauduin fit de cette ville une de ses résidences habituelles. En 880 eut lieu une nouvelle invasion des Normands. Le monastère de Saint-Bertin , qui venait d’ôtre rebAti, fut de nouveau livré aux flammes ; ce fut après ce désastre que Foulques, dix-huitième abbé de Saint-Bertin, songea A fortifier la ville (881).

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