‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 93 sur 128 · III. fît · texte numérisé non relu

III. fît

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contre le despotisme de In cour et ensuite contre les prétentions des classes privilégiées. Iji communnuté de sentiments et d'intéréts, qui, à toutes les époques de grandes crises , avait rapproché les populations de l’une et l’autre provinces , fit alors battre de nouveau tous les cœurs. Les membres de la basoche d'Angers, les étudiants en droit et en médecine, cl bientôt tous les jeunes gens de la ville, protestèrent, dans une adresse énergique, contre les attentats commis par l’ordre de la noblesse pendant la réunion des états à Rennes , et otTrirent aux patriotes bretons le secours de leurs bras. Deux députés , Choudicu et Pérard, représentèrent les habitants d’Angers à la fameuse fédération de Pontivy. Par cette association, «les jeunes citoyens français, habitant les provinces de Bretagne et d’Anjou, » comme le porte l’acte fédératif, « s’engagèrent à ne reconnaître entre eui , malgré la nouvelle division des provinces, qu'une immense famille de frères, toujours réunis sous l'étendard de la liberté » (20 mars 1700 ) : sentiments généreux, sans doute, mais dont les tendances eussent été peut-être dangereuses pour le repos de la France et pour le maintien de son unité politique.

Cependant les événements marchaient avec une grande rapidité. Le (i octobre 1787, les députés du roi et ceux de la généralité de Tours se réunirent dans une salle de l’hôtel de ville d’Angers, sous la présidence du duc de Praslin; ils étaient au nombre de vingt-deux et représentaient les trois provinces d’Anjou , du Maine et de Touraine. On leur sut gré de leurs bonnes intentions, qui, du reste, n’eurent aucun résultat. Les élections pour les états-généraux furent terminées vers la Gn du mois de mars 1789 : parmi les députés du Tiers, nommés par la sénéchaussée d’Angers, nous trouvons Chassebœuf-Volney et Laréveillère-Lépeaux.

Le clergé angevin se déclara unanimement contre la constitution civile qu'on voulait lui imposer: il suivit en cela l’exemple de l’évéquc d’Angers, M. de Lorry, dont la déchéance fut prononcée; le 6 février 1791, l'assemblée électorale de Maine-et-Loire remplaça ce prélat par M. Hugues Pelletier, prêtre du diocèse. Au nombre des ecclésiastiques dissidents, on avait remarqué le curé de Saint-Laud, Étienne-Marie Bernier; il se réfugia dans les rangs de l'armée vendéenne et ne tarda pas à y exercer une influence considérable. Angers, érigé en chef-lieu du dé|>artement formé de l’ancien Anjou, fut ensanglanté de bonne heure parles dissensions civiles. Deux mille ouvriers , employés dans les ardoisières , et connus sous le nom collectif de Peneyeurs , s'insurgèrent pour avoir justice des accapareurs de grains, commirent quelques désordres, et dirigèrent ensuite contre la porte Saint- Michel une attaque mal combinée que repoussèrent les gardes nationaux Berthe et Soland, aidés seulement par six de leurs camarades. Après quelque hésitation, une partie de la milice angevine se joignit au régiment de Royal-Picardie, alors en garnison à Angers , pour marcher contre les insurgés réunis dans le Cbamp-dc- Mars. Cinquante à soixante perrcycurs furent tués ou blessés dans cette rencontre ; leur chef et deux prisonniers, pris les armes à la main, périrent par la potence (septembre 1790 ). Tandis que la guerre civile éclatait ainsi dans la cité d'Angers , l'invasion étrangère menaçait la France. Le département fournit successivement à nos années trois bataillons de braves, outre la compagnie franche de Beaugé; et avec ces soldats citoyens partirent les Beaurepaire, les Lemoine, les Girard , les Delaage, qui, tous quatre, s'élevèrent au grade d'officiers généraux.

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Les Angevins, naturellement enclins à la modération et à la douceur, répugnaient aux principes et aux mesures extrêmes. Cet esprit parut tout d'abord dans les tendances politiques du directoire du département et dans l’établissement du club de C Est , ou des Amis de lu Constitution, auxquels se rallièrent les hommes les plus considérables de la ville. I.e club de l'Ouest, ou des Amis de l'égalité , appelé aussi le club des Don nets, parce que la plupart de ses membres appartenaient à la dernière classe du peuple, comprit mieux les tristes nécessités île cette situation tout exceptionnelle et annula ou absorba bientôt le club des modérés. C’était, sur une échelle infiniment réduite, la défaite de la Gironde par la Montagne. Dès le commencement du mois de novembre 1792, des attroupements nocturnes se formèrent dans les districts de Vihiers, de Cholet et de Saint- Florent. Les rassemblements devinrent, en peu de temps, des armées bien pourvues d’artillerie, qui tinrent la campagne , assiégèrent les villes ou livrèrent des combats. On fit marcher contre eux la milice angevine qui , à la suite du désastre vN de Pont- Barré , perdit plus de cinq cents hommes, tous pères de famille. Deux représentants du peuple, commissaires de la Convention nationale dans les départements de l’ouest, Hentz et Francastel, se concertèrent avec la commune et le directoire pour assurer la défense de la ville, qui fut mise en état de siège, et pour arrêter au dehors les progrès de l’insurrection.

Après la prise de Saumur, les Vendéens se dirigèrent sur Angers. Le général ltarbazan se trouvait è scs portes avec quatre mille hommes ; et les habitants étaient disposés à faire une défense vigoureuse. Par une résolution inexplicable, on n’en ordonna pas moins l’évacuation de la place avant même que l’ennemi se fût montré. Le 24 juin 1793. les Vendéens y entrèrent; on distinguait dans leurs rangs ce même abbé de Follcville, prétendu évêque d'Agra, qui, l’année suivante, fut fusillé à Angers (5 janvier 1794). l.es républicains reprirent la ville, comme ils l’avaient perdue, sans combat. Le comte de Ruillé, qui avait contribué à la préserver du pillage, en acceptant les fonctions de maire pendant l'occupation vendéenne, paya ce dévouement de sa tête (2 janvier 1794 ). Cependant, vers les premiers jours de juillet, les conventionnels Tnllien , Bourbotte et Choudicu, député de Maine-et-Loire, tous trois membres du comité de surveillance des armées de l’Ouest, s’étaient rendus à Angers pour y organiser la terreur : ils confièrent à un comité révolutionnaire le soin de veiller à la sûreté publique, et investirent une commission militaire des pouvoirs les plus amples pour procéder au châtiment de tous les traîtres (8 et 10 juillet 1793). Quelques mois après, Choudieu et Bourbotte , auxquels s'était réuni le représentant Richard , prononcèrent la destitution du directoire départemental, en lançant contre ses membres une accusation de fédéralisme. D’un autre côté, Francastel et son nouveau collègue Esnue-Lavalléc , déclarèrent que si Angers ouvrait encore ses portes aux Vendéens, il serait traité en ville rebelle, rasé et incendié. Les habitants n’avaient pas besoin d'être placés sous le coup d'une telle menace pour se défendre : ils le prouvèrent en se réunissant à la garnison , sous les yeux même des commissaires de la Convention, pour repousser les royalistes, le 3 et le 4 décembre 1793. Quatre attaques, dirigées contre les portes Cupif, Saint- Miçhel et Saint-Aubin, échouèrent cette fois complètement : les Vendéens,

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afFaiblis déjà par la faim et les souffrances, ne purent se résoudre à donner un assaut général et se retirèrent dans un affreux désordre. Westermann, arrivé trop tard avec l'armée de Mayence pour combattre les assiégeants , sous les murs de la place , les poursuivit et leur tua beaucoup de monde.

La terreur n'a été nulle part plus impitoyable qu'à Angers, parce que nulle part peut-être la lutte ne fut plus acharnée. Les prisons, le château, le petit séminaire, le calvaire, les Ursulincs, l'église de la Fidélité et la cathédrale même, regorgeaient de suspects, de prêtres, de religieuses et de prisonniers vendéens. La commission militaire faisait amener devant elle les détenus par fournées, ou se transportait pour les juger dans les lieux de détention. La guillotine , en permanence sur la place du Ralliement, ne frappait pas assez vite : pourtant, en un seul jour, elle fit tomber cent cinq têtes ; c’était ordinairement par des fusillades qu'on se débarrassait des victimes envoyées par troupes à la mort. Les condamnés . marchaient, deux ù deux, entre un double rang de soldats ; une musique bruyante jouait les airs de Ça ira et de la Carmagnole pour étouffer les plaintes ; enfin , un des membres de la commission militaire assistait à la fusillade, qui s'accomplissait presque toujours dans un champ situé près de la haie des Bons-llommes , auquel on a donné le nom de Champ des Martyrs. Douze cents prisonniers vendéens , enfermés à Saint-Maurice . n'en sortirent que pour être fusillés en une seule fois dans la plaine de Saint-Gemmes. De nombreuses exécutions de prisonniers de guerre ensanglantèrent aussi les Ponls-de-Cé. On embarqua sur la Mayenne soixante-un prêtres du département de la Nièvre , et on les transporta à Nantes, où ils périrent dans les bateaux à soupape de la Loire. Toutefois, la commission militaire renvoya devant un autre tribunal les accusés les plus illustres qui lui furent livrés : MM. L. de Dieusie, ancien député de Maine-et-Loire à l'Assemblée constituante et président du directoire ; Couraudin-Delanouc et J. -B. Laréveillèrc, ex-conseillers au présidial d’Angers, et depuis, l'un président du district, l'autre du tribunal criminel; L.-E. Brevet, ex-constituant, et J. -F. -A. Tessié Dudoseau , médecin , tous deux membres du conseil général , furent conduits à Paris par l’ordre des juges d’Angers. Le tribunal révolutionnaire les condamna à mort, a comme fédéralistes, » le 15 avril 1791.

Le représentant Bézard fut envoyé dans l’Ouest, après la révolution du 9 thermidor. Il se fit aimer des habitants d'Angers par sa douceur, et acquit des droits à leur reconnaissance en les autorisant, pendant une disette cruelle, à faire dans les districts environnants de fortes réquisitions de blé (1795). Scs collègues, Domicr, Morisscau, et Dclaunay, député du département, eurent la gloire de pacifier la Vendée : le à mars 1795, ils annoncèrent à la municipalité qu’ils avaient conclu un accommodement avec Stofllet et Charette. Une nouvelle famine menaça bientôt Angers, où l'on ne comptait pas moins de quinze mille habitants réduits à la misère : le comité de salut public et celui des finances , ne voulant pas laisser périr une ville qui était « l'arsenal et le magasin commun de trois armées , » lui accorda un secours de cinq millions. Dans la première année du Directoire, qui compta parmi ses cinq directeurs un député de Maine-et- Loire, Laréveillère-Lépeaux , 1a guerre civile éclata de nouveau. Hoche déjoua les projets des deux chefs vendéens par la promptitude de ses mouvements, et

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les fit prisonniers. Stofliet fut fusillé il Angers dans le Champ-de-Mars , arec ses aides de camp Desvaraines et Lichtenheim , et ('.harette périt de la même manière à Nantes. En 1799, les succès obtenus par les chouans dons plusieurs districts de la Sarthe, du Morbihan et de la Loire-Inférieure, firent mettre encore le chef-lieu de Maine-et-Loire en état de siège; il ne fut toutefois l'objet d'aucune entreprise sérieuse de la part des royalistes. Pendant le consulat, l'école centrale fit place au lycée, érigé depuis en collège royal. L'ancien curé de Soint- Laud, l'abbé Bernier, qui s’était rallié au gouvernement de Bonaparte, et avait puissamment contribué i la pacification de la Vendée , assista , comme évêque d'Orléans, à l'installation de M. Montault, le nouvel évêque d'Angers.

La tranquillité du département fut profonde sous la domination impériale. Le

11 août 1808, Napoléon et l’impératrice Joséphine s'arrêtèrent un moment à Angers, pendant leur voyage de Nantes à Saumur. L’empereur, à la demande du maire, M. de La Besnardièrc, confirma l'autorisation que, l’année précédente , il avait accordée à la municipalité de démolir les anciennes fortifications de la ville, dont les créneaux et les tours tombaient en ruines. Le duc d’Angouléme visita Angers en 1814, et le duc de Bourbon s’y rendit, l’année suivante, pour prendre le commandement des départements de l'Ouest; il se le vit presque aussitôt enlever par le général Lamarque. Celui-ci, avec la coopération des généraux Delaage, Travot et Corbineau, obligea le duc de Bourbon à s'embarquer pour l'Angleterre, et par l'heureux résultat des combats de Thouars et de la Roche- Servière, contraignit les généraux royalistes Auguste de La Rochejaquelein et Sapinaud à lui demander la paix qui fut signée à Cholet, le 26 juin 1815. Après le désastre de Waterloo , le général Thiclman , à la tête d’un corps de cinq mille Prussiens, prit possession de la ville d’Angers, à laquelle il imposa d'énormes sacrifices. Pour punir M. de Wismc, préfet du département, nommé par le roi le

12 juillet 1815, de sa résistance aux actes de l'autorité militaire, le commandant prussien le fit secrètement saisir ; ce magistrat ne fut rendu à la liberté et à scs administrés qu'en vertu de la convention du 4 septembre 1815. Pendant les vingt années de la restauration, nous n'avons à noter que le passage de la duchesse d'Angouléme à Angers , où elle assista à l'inauguration de la nouvelle Maison-Commune (1823), et l'enthousiasme extraordinaire avec lequel les habitants de cette ville accueillirent, en 1830, MM. Guilhem et d'Andigné, représentants de Maine-et-Loire et signataires de l'adresse des deux cent vingt-un. L'ovation préparée aux deux honorables députés faillit occasionner les troubles les plus sanglants, par la résistance de M. le préfet Barthélemy et de M. le colonel Cadoudal aux désirs de la population angevine.

Angers était le siège d'une sénéchaussée et d’un présidial, d’une prévôté royale, d’une prévôté générale de la maréchaussée, d'un tribunal d'élection, d'un bailliage, d’une juridiction consulaire, et de deux commanderies de l'ordre de Malte, celle du Temple et celle de l'Hôpital, appartenant l'une et l'autre à la langue de France et au grand prieuré d'Aquitaine. Il y avait, en outre, dans cette ville une maîtrise particulière des eaux et forêts, un bureau général de tabac, un grenier à sel, une juridiction des traites foraines, un bureau pour les droits d'aides et un autre bureau pour les droits des cinq grosses fermes. Nous avons parlé de son

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évêché, de son université, de son collège, de son academie des Belles-Lettres et de son école royale d'équitation. Angers renfermait, en comprenant les faubourgs, seize paroisses, toutes exemptes de tailles, hormis une seule ; ce qui lui avait valu le nom de ville franche. On y comptait neuf chapitres et seize communautés religieuses. Le commerce était alors presque nul à Angers; ses établissements industriels se bornaient à deux manufactures de toiles à voiles, une de toiles peintes, une raffinerie de sucre et une petite fabrique de bas de fil. Dès qu'un marchand ou même un artisan avait amassé quelque fortune, il s’empressait de renoncer à son état puur entrer dans la classe de la bourgeoisie. Le travail pouvait être accepté comme une nécessité, mais il ne donnait droit à aucun honneur ; bref, la considération d'une famille était d'autant plus grande, qu'il y avait plus de temps que ses membres vivaient sans rien faire. Les charges municipales donnaient la noblesse, l’oisiveté la consacrait. On prétend même que certains ennoblis, voulant dissimuler leur origine roturière, avaient arraché plusieurs feuillels du registre où se trouvaient écrits les noms de leurs ancêtres.

La révolution a complètement modifié l'aspect de la ville, en bordant la rivière d'une ligne de quais, et en ouvrant des rues nouvelles sur les vastes enclos de la Fidélité, des l'rsulines, de l’Oratoire et des Cordeliers. Les Angevins sont toujours, il est vrai, aussi soumis au préjugé nobiliaire, qu'ils l’étaient sous l’ancien régime, et, en général, chaque classe des habitants de la ville reste isolée dans sa sphère, ou bien n’en sort que rarement ; mais, du moins, le travailleur n'y a plus honte du travail, comme autrefois, et n’envie plus autant que le faisaient ses pères l'avantage de vivre n oblement. L’industrie angevine est loin encore, toutefois, d'avoir acquis le développement qu'elle peut prendre; quelques manufactures de toiles et d'indiennes, quelques filatures de laine et de coton suffisent à l'activité des habitants; la seule exploitation qui ait de l'importance est celle des riches ardoisières situées aux environs de la ville. Le commerce , beaucoup plus considérable, consiste en toiles à voiles, chanvres, étoupes, mercerie, grains, légumes, fruits, confitures sèches, miel, cire, bougie, vins blancs très-estimés , chevaux et bestiaux. Chef-lieu de préfecture, siège d’un évêché et d’une cour royale d'où ressortissent les trois départements de Maine-et-Loire , de la Mayenne et de la Sarthe, Angers, tout en n'étant qu'une ville de troisième ordre , exerce encore aujourd'hui une action presque aussi étendue que lorsqu’elle représentait une province. On y trouve une bourse, une chambre des manufactures, un dépôt d'étalons, une institution de sourds-muets, une académie des belles-lettres , un jardin des plantes, un cabinet d'histoire naturelle, une bibliothèque publique et un musée : l'école des arts et métiers, le collège royal, l'école de médecine secondaire, l'académie universitaire et le cours de botanique, dédommagent la ville de la perte de son ancienne Université. La bibliothèque, formée des livres épars pris dans les abbayes de Saint-Aubin, de Saint-Nicolas, de Saint-Serge et de l.évières, belles collections pillées et à moitié détruites pendant le siège de 1793, se composait encore de cinquante mille volumes à l'époque où fut créée l'école centrale ; elle est réduite actuellement à vingt-quatre mille imprimés et cinq cents manuscrits. Le musée s'est enrichi d'une magnifique collection formée par les copies en pliltre de presque tous les chefs-d'œuvre dus au ciseau de Jcan-

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Pierre David, qui lui en a fait hommage, [.a population d'Angers, dont le chiffre atteignait , dit-on , 50,000 Ames avant la révocation de l'édit de Nantes, n'était plus, en 1726, suivant Boulainviilers.que de 36,000; descendue à 30,000 en 1789, elle est remontée depuis à 30,531. L'arrondissement contient 1H,793 habitants, et le département 488, '*72.

Angers s'élève en amphithéâtre sur le penrhant d'une colline ; la Maine le divise en deux parties bien distinctes ; à gauche , la vieille cité , que circonscrivent et dominent la cathédrale et le château , et dont les accroissements successifs ont fini par former une ville principale, centre de la richesse et du commerce, quartier des magasins de luxe, des habitations aristocratiques ou bourgeoises; à droite, la Doutre, ou quartier d'outrc-Maine, bâti sur la rive droite de la Mayenne , centre populaire, ville du bruit et du travail. Ce n’est, du reste, qu’en pénétrant dans la partie haute, dans ces rues escarpées, étroites et sombres, bordées de vieilles maisons en pans de bois, plaquées d'ardoises sur les façades, ou bien entièrement construites, comme les anciennes fortifications, en pierres d'ardoises, qu’on peut comprendre maintenant pourquoi Angers était appelé In ville noire : dans toutes les autres parties, on dirait plutôt la ville blanche, car les maisons y sont lwtties sur un plan régulier, avec beaucoup d’élégance et en fort belle pierre de taille. Les Angevins sont très-fiers de leurs boulevards : celte promenade, pratiquée sur l’em|>laccment des fossés et des murailles, em- • brasse sans interruption dans sa vaste ceinture la Doutre , la ville et la cité proprement dite, que relient ensemble deux ponts jetés sur la Maine, l'un en fonte, l'autre en fil de fer. Plusieurs églises ont été démolies pendant ou depuis la révolution, telles que Saint-Pierre, Saint- Mainbœuf, Saint -Maurille, Sainte- Croix, Saint-Michcl-lc-Palud, Saint-Aubin, etc.; il reste de l'église de Saint- Aubin une tour qu'on peut apercevoir à une distance de quarante kilomètres, ainsi que les flèches hardies de la cathédrale , admirable édifice gothique construit sur une éminence, fxs autres monuments d'Angers sont le château, qui se dresse sur un roc, du côté de la Mayenne, à plus de trente mètres au-dessus de cette rivière; les églises de la Trinité et de Saint-Serge, bâties au milieu du xr siècle; l'hôtel gothique d'Anjou; le superbe bâtiment occupé autrefois par l'école d'équitation, et le Logis- Barrault, dont l’immense local est réservé à la bibliothèque , au cabinet d’histoire naturelle et au musée. On remarque enfin , à Angers, le Champ-de-Mars, presque aussi vaste que celui de Paris, et les promenades du Mail, de la Lice, de la Turcie et du Bout-du-Monde.

La biogruphie angevine, particulièrement en ce qui concerne la ville d'Angers, est d'une grande richesse. 1-a théologie surtout , la science du droit , la médecine, les lettres et les arts fournissent de nombreux sujets ù cette curieuse nomenclature, dans laquelle on ne compte que trois hommes de guerre et un marin , savoir : au moyen âge , Charles <T Espagne de la Cerdu , nommé connétable de France par le roi Jean en 1350; dans les temps modernes, Henri-François des Erbiers , marquis de Lctanduére, chef d'escadre, au xvm* siècle; le général Jacques Desjardins; et le colonel Gilbert Gaultier, son aide de camp. La ville d'Angers a donné à l'église et à la théologie , le cardinal Geoffroy, qui vivait dans le xi* siècle; Jean le Masson, premier ministre à Paris de la religion réformée;

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Jean Fronteau , auquel on doit un abrégé de la philosophie de Saint-Thomas ; François Rabin , rédacteur des Conférences d'Angers ; Louis de Carrières , connu par un commentaire sur tous les livres de la Bible; et Catien de Gahzon, compdateur d’un recueil latin des lettres des Papes. Parmi les jurisconsultes, publicistes ou avocats, nous citerons Pierre Ayrault, célèbre par son traité De jure putrio; Jean Bodin, à qui son livre de la République fit une réputation européenne; Gabriel Dupineau, l'un des commentateurs de la Coutume d’Anjou ; Julien l’eleus, historiographe de Henri IV; François Detaunay, commentateur des Institules coutumières d'Antoine Loysel; llenê de la Bigottiére, sieur de Perchambault , rédacteur de la Coutume de Bretagne; Claude Pocquet de Livonnière, avorat, fondateur de l'Académie d'Angers; le constituant Brevet de Beaujour, ancien avocat du roi dans cette ville ; J. Detaunay aîné , avocat , député à l'Assemblée législative, puis à la Convention, mort sur l'échafaud révolutionnaire ; et Pierre- Detaunay, son frère, député à la Convention et au conseil des Cinq-Cents. Au nombre des hommes que les sciences , les lettres et les arts doivent à Angers, distinguons François Dernier, le fameux voyageur; Jean- François Mirau/t, docteur en chirurgie; les deux Bouriligné, l'un poète , l'autre historien ; Gilles Ménage, qu'il suffit de nommer; François Guyet, le plus savant des Angevins; Jeanne et Marie Ayrault , filles du lieutenant-criminel, qui, toutes deux, cultivèrent la littérature; Nicolas Petrineau Des-Noutis , historien des comtes d'Anjou; le curé Claude Itobin , auteur de l’ouvrage intitulé le .Vontgtonne; Louis Damours , auteur des Lettres de Ninon de Lenclos; Gabriel-Rléonore Merlet de la Roulage, fondateur du Jardin îles Plantes d'Angers; le graveur Jean Bon in ; les architectes Bardout! et Jean de Lespine, et Pierre- Jean David, le plus grand sculpteur de notre temps. David , à une époque où il était encore très-jeune, pauvre et inconnu, fut gratifié, à litre d'encouragement, d'une pension de six cents livres par le conseil municipal d'Angers. Nous nous plaisons à rappeler cette circonstance, qui n'honore pas moins la ville que l’artiste qui en fut l'objet. 1

I. Commentaires de César. — Recueil des historiens de la France. — L’Art de vérifier les dates. — Spicilège d'Achery.. — D'Anville, Notice de Contienne Gaule. — Mémoires do l’Académie des inscriptions et belles-lettres, tomes vtll.xill, xvii et xix. — A inédée Thierry , Histoire des Gaulois. — Mémoires de Sully. — IKj Thon , Histoire de son temps. — Mémoires de la Ligue. — Dont .Morice et dots Lohiueau , Uistoires dt Bretagne. — John Liugard, History of England. — Bûchez , Histoire parlementaire de la révolution française. — Legros, Correspondance inédite du comité de salut pubHc. — DtichJHcIlicr , Histoire de la révolution française en Bretagne. — Camille Molli net , La commune de Nantes. — Ménage, Histoire de Sablé.

— Privilèges de l'université d’Angers, et Dissertation sur son ancienneté , par Pocquet de Uvonnière. — Peau de la Thuilerie, Description de la ville d’Angers et Calendrier d'Anjou. — Moilhey , Recherches historiques sur Angers. — De Villeneuve Bargemont, Vie de René d’Anjou

— Bodin, Recherches historiques sur Angers et ses monuments. — Godard-Faultrier, L’Anjou et ses monuments. — Blordier-Langlois, Angers et l'Anjou sous le régime municipal. — Le même, Angers et le département de Maine-et-Loire , de 1787 à 1830. — Marchegay, Archives de l’Anjou. — Ravabson , Rapports sur les bibliothèques des départements de l’Ouest. — Bonlainvilliers , Etat de la France. — Dictionnaire d’Expilly.

Digitizéd

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