‹ Histoire des villes de FranceChapitre 100 sur 137 · G A ILLAC · texte numérisé non relu

G A ILLAC

L'origine de Gailiac i Gnlliucvm) date du vu' siècle. Ce n’était , à cette époque, qu’un humble village appartenant à l’église d’Alby, depuis la donation que lui en avait faite, en 65i, l'évêque Didier. Vers 819, Pépin I", roi d’Aquitaine, y fonda un monastère qu’il soumit à l’abbaye de Figeac. Ce monastère , dédié à saint Quentin, fut détruit sans doute par les Normands, dans le ix' siècle; car on le voit reparaître , au milicn du x', sous le nom de Saint-Michel. Frotaire, évêque d’Alby et frère du vicomte Bernard-Aton III, y consacra un autel, en 972, et gratifia la communauté de plusieurs terres ou villages de- l’Albigeois avec leurs églises. Le comte d’Alby, Pons-Kaymond, dis de Hayinond-Pons, comte de Toulouse , présent à la cérémonie , confirma non-seulement la munificence du prélat, mais y ajouta encore par le don de plusieurs autres domaines, notamment delà ville même de Gailiac et du château de Lorm , situé dans le voisinage sur une hauteur qui domine le cours du Tarn. La seule condition qu’il imposa aux religieux , fut d’observer à perpétuité la règle de Saint-Benoit. Le monastère de Saint-Michel fut ensuite uni à l’abbaye de la Chaise-Dien ( 1079); il subit une réforme et resta sous sa dépendance jusque vers le milieu du x\T siècle , époque à laquelle le pape Paul lit le sécularisa et l’érigea en collégiale, tout en lui conservant le titre abbatial.

Gailiac ne joua aucun rôle à l’époque de la guerre des Albigeois : ses habitants se soumirent, dès 1209, à Simon de Montfort. Kaymond VII , voulant les ramener dans son parti, confirma, en 1221 , tous les privilèges que leur avaient accordés scs prédécesseurs , par un diplôme ampliatif qu’on appela la grande charte, et auquel il donna une nouvelle sanction dans une autre charte datée du mois d’août 1227. La seigneurie de Gailiac se trouvait alors partagée entre deux seigneurs, savoir : le comte de Toulouse et l’abbé de Saint-Michel ; celui-ci n’en possédait que le quart; ses successeurs en ont joui jusqu’en 1789. Lorsque l’héritage de Jeanne, Bile de ltaymond VU, eut été réuni au domaine royal (1271 ), la municipalité de Gailiac rédigea des statuts pour assurer ses franchises ; Philippe-le-Bel les approuva , en 1288. Sous le règne de Charles V, la place tomba temporairement au pouvoir des Anglais, qui enlevèrent ses archives et les déposèrent à la Tour de Londres, où elles sont encore. Ce fut probablement en 1381 : du moins voyonsnous que, cette même année, les consuls firent abattre l’hôpital de Saint-Pierre et de Saiut-André-de-Gaillac , parce que les Anglais s’y étaient logés et s’en étaient servis comme d’une forteresse « pour causer du dommage à la ville. »

Les habitants, au xvr siècle, faisaient un grand commerce ; le produit de leurs vins surtout les avait enrichis. Ce, te prospérité parait avoir exercé une fâcheuse influence sur les mwurs du clergé , qui s’étaient singulièrement relâchées. Les doctrines de Calvin pénétrèrent de bonne heure dons la ville. Elle était divisée alors, comme aujourd'hui , en trois paroisses : Saint-Pierre, Saint-Jean, et Saint- Michel. Les rcligionnaires se saisirent de l'église de Saint-Pierre et y célé-

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