‹ Histoire des villes de FranceChapitre 101 sur 137 · GAILLAC · texte numérisé non relu

GAILLAC

brèrent la One; après quoi, ils essayèrent d'emporter Saint-Michel de vive force. Mais Pévèque d'Alby, Strozzi, se vengea de leurs entreprises par de cruelles représailles (1562). Quelques années plus tard (1568), les protestants ayant à leur tète le vicomte de Paulin, prirent, à leur tour, une éclatante revanche: introduits dans la place par un traître, ils y firent main-basse sur les catholiques. Le château fut enlevé au bout de trois jours, saccagé et livré au* flammes. Maîtres de Gaillac , les calvinistes démolirent les églises et en firent servir les matériaux à la construction des remparts et de quelques tours. Ils n’en sortirent quaprès l'édit de 1569. O gouvernement de la place échut alors au capitaine l'Étoile ou l'Estelle, de la maison de Brunet-Panat, lequel eut pour successeur le capitaine Mous , qui se déshonora en trafiquant avec une atroce cupidité du pouvoir de vie et de mort qu'il eut sur les rcligionnaires , à l’époque de la Saint-Barthélemy, et fat révoqué par le duc de Montmorenci , gouverneur du tangnedoc ( 1572). Les habitants se jetèrent bientôt dans le parti de la Ligue, et ne reconnurent Henri IV qu'en 1596. A partir de cette époque, Gaillac entra dans une grande voie de prospérité; l'agriculture et le commerce y devinrent très-florissants. Les Anglais , les Hollandais et les Polonais recherchaient beaucoup ses vins, connus sous le nom de vins du coq , il cause des armoiries de la ville apposées sur les tonneaux; aussi leur exportation, favorisée par la paix, prit-elle un accroissement considérable. Le goût des Anglais était même si vif, que, dans les xiv* et xv* siècles, ils avaient fait un traité avec les magistrats des villes du pays, pour assurer la franchise des vins d'Albigeois.

Gaillac figure dans le département du Tarn comme chef-lieu de sous-préfectùre; sa population atteint presque 9,000 âmes, et l’arrondissement en compte près de 72,000. La Tille est bâtie sur la rive droite du fleuve , dans une situation délicieuse, an point central de la fertile vallée qui s'étend depuis Alby jusqu’à la pointe de Haint-Sulpice. Son développement extérieur sur le sommet de la berge et sur les trois routes d'Alby, de Toulouse et de Montaubnn , offre un coup d'œil magnifique; mais l'intérieur ne se compose que de vieux quartiers, de rues étroites , obscures et mal bâties. L'ancienne abbaye existe encore au bord du Tarn, sur lequel la restauration a fait jeter deux ponts; elle communique avec l'église Saint-Michel, qui fut en partie démolie par les protestants, en 1568, ainsi que celles de Saint-Pierre et de Saint-Jean. Un collège communal ne remplace qu’imparfaitement, depuis la Révolution, le collège que le pape Jean XXII y avait créé en 1329, et dans lequel trois régents enseignaient le latin et la grammaire. Une bibliothèque publique est établie dans les archives de la mairie. Après les vins, pour lesquels on confectionne annuellement quarante mille futailles, les principales branches du commerce de Gaillac sont les céréales, les minoteries, les prunes sèches , les volâilles , les graines de trèfle et d'anis , et les bois de merrain. Cette ville s’honore d'avoir vu naître le père Hernard, traducteur des œuvres de saint Thomas; le savant historien du Languedoc, dom Joseph Vaisselle; le père Gaubil, missionnaire en Chine , où il fut promu à la dignité de mandarin; et le célèbre médecin Antoine Portai'.

t. Histoire générale de Languedoc. — Noies manuscrites de M. de Combetles-Ubourélie.

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