CASTRES
en 1209, détermina les Castrais à envoyer des députés au château d’Alzonne, où était Simon de Mont fort, pour l’assurer de leur obéissance. Simon, maître de l'Albigeois , disposa de tout le territoire situé à la gauche du Tarn , en faveur de Guy, son frère , dont le fils, Philippe 1", étant passé en Orient, y mourut titulaire de la seigneurie deTyr (1272), et dont le petit-HIs, Philippe II, auquel son père avait confié l’administration de sa terre de France, confirma les coutumes de Castres ( 1265). Ces coutumes, comme du reste toutes celles de la province, concernaient les homicides, les voleurs, etc., et donnaient aux adultères la faculté «de payer une amende pécuniaire ou de courir tout nus dans les rues, les hommes n'ayant que leurs brayes et les femmes la chemise autour des reins. »
Jean , comte de Squillaec et de Monle-Caveoso, fils aîné de Philippe II, n’eut point d'enfants, non plus que Simon le cadet, la seigneurie de Castres fut alors disputée par Éléonor, comtesse de Vendôme, leur sœur; par Bernard VI, comte de Comminges, et Jean I", comte de Forez, l'un époux de Taure, et l'autre fils de Jeanne, toutes les deux sœurs d'Éléonor, de Jean et de Simon (1301 ). Mais le parlement de Paris, décidant que la succession devait se régler non sur le droit écrit , mais bien sur la coutume de France , où la représentation n'a pas lieu , adjugea la seigneurie à Éléonor (28 février 1302). Castres, que le roi Jeau avait érigé en comté (1356), appartint ensuite, tour à tour, à Jacques I", Jean et Jacques 11 de Bourbon, comtes de la Marche (1342-1393); à Bernait! d'Armagnac, et à son fils, Jacques, duc de Nemours, sur lequel Louis XI confisqua le comté pour en revêtir son chambellan, Boflil ou Bouflil de Juge (de Judice), chevalier lombard (1477). l'n long procès, causé par les réclamations de Jean, frère du duc de Nemours et évêque de Castres, était pendant encore au parlement de Paris, quand François l*r reçut à Amboise, le 2? janvier 1515, l'hommage d'Alain , sire d'Albret, beau-frère de Boflil de Juge, dont il se disait héritier malgré les droits de sa veuve, Marie, et de sa fiHe, Louise. EnÜn un arrêt du parlement, en date de 1519, mit à néant ces diverses prétentions et adjugea le comté au roi qui l’incorpora définitivement à la couronne. Castres, à cette époque , était le siège d'un évêché , depuis plus de deux siècles que le pape Jean XXII ayant érigé l'église de Saint-Benoit en cathédrale, avait attribué au nouveau diocèse cent quatorze paroisses ou succursales distraites de celui d'Alby (1317). Le chapitre ne fut sécularisé qu’en 1535, par le pape Paul III.
Les doctrines de Calvin pénétrèrent de bonne heure h Castres. Dès 1561 , les protestants s'y saisirent de l’église de Notre-Dame de la Platé; ils saccagèrent ensuite la cathédrale de Saint-Benoît , l'église et le monastère de Saint-Vincent (1562-1563). Damville, après l'édit de pacification de 1563, vint recevoir leur soumission , au mois d'octobre ; mais il fit seulement le tour des murailles , parce que la peste désolait la ville. Les habitants de Castres coururent encore aux armes, eu 1567; la paix de Saint-Germain y fut publiée, au mois d'août 1570, et le roi mit en garnison dans la place trois compagnies corses ou italiennes , avec quatre compagnies d’arquebusiers et une compagnie de chevau-légers : elle fut néanmoins surprise, le 23 août 1573, par deux seigneurs protestants, La Garrigue et son frère, La Grange, échappés aux massacres de la Saint-Barthélemy. En 1595, Henri IV établit à Castres une chambre mi-partie qui, transférée à
LANGUEDOC
Béliers, en 1623, fui rendue h sa première résidence, en 1629. Sous Louis XIII. on détruisit, cette môme année, les deux tiers des fortifications, le maréchal de Thémincs arait précédemment dévasté les environs de la ville { 1625), et le duc de Rohan, repoussé d'abord par les habitants, avait réussi à s'y introduire par ruse, pendant la campagne de 1628. Les derniers faits que nous fournissent les annales de Castres, sont la translation de sa chambre mi-partie à Castelnaudary ( 1679) , et l’édit de Louis XV, qui supprima sa sénéchaussée pour la réunir à celle de Carcassonne (1768). Le siège épiscopal de Castres fnt rempli , de 1752 à 1772, par Jean-Sébastien de Barrai , auquel les habitants furent redevables de la construction des belles allées du Mail et des Lices , de la fondation de deux hôpitaux et de la réorganisation du collège , après l’expulsion des jésuites.
Castres était, sous l’ancien régime, la seconde ville de l’Albigeois, chef-lieu d'une recette et siège d'une justice royale. C'est aujourd’hui l'une des trois souspréfectures du Tarn. L'arrondissement renferme un peu plus de HO, 000 Ames, et la ville près de 18,000. On y fabrique des draps, des casimirs, des ratines, dea flanelles, des toiles, qui constituent les principaux objets de son commerce; l’industrie y est , en outre . représentée par des papeteries , des teintureries , de» forges et des fonderies de cuivre. l.'Agout traverse la ville du nord au nordouest, et la divise eu deux parties; celle du sud-est, qu'on appelle YiUegouiiau, communique au moyen de deux ponts de pierre , avec la cité proprement dite, tin peut indiquer comme de beaux monuments, la maison commune, autrefois le palais épiscopal , et les deux églises de Saint-Benoît et de Notre-Dame de la Platé , malgré les profanations des protestants. Castres a vu naître P. Bore! , médecin de Louis XIV; le savant médecin Audouard; le traducteur Dacirr; l'abbé Antoine Sabotier, connu par ses différends avec Voltaire et son livre des Trait sièclrt de ta littérature française ; le lieutenant général marquis de Fregevi lie; et M. Marturc, auteur d'une histoire de Castres et du pays Castrais
BEAUCAIRL
La ville de Beauraire dont la foire rivalise avec celles de Leipzig , de Francfort, de Novogorod et de Sinigaglia , est admirablement située pour servir de rendezvous aux négociants de tous les pays. On y arrive aisément, par le canal du Languedoc , de Toulouse, de Bordeaux , de Nantes et des ports de l'Océan ; par le Rhône, sur lequel elle est bâtie, de l'Allemagne, de la Suisse, de Lyon, Grenoble, Valenec et Marseille; par la Méditerranée enûn,de l’Italie, de l'Espagne,
f. Histoire générale de Languedoc. — Marturo, Histoire de Castres et du pays Castrais — Dictionnaire do Hesseln. ~ fîayral, Biographie castrasse. — Annuaires du Tarn.
BEAUCAIRE
de l’Afrique et de l'Orient. Compris dans le pays des Volces arécomiqnes et incorporé parles Romains à la seconde Marbonnaisc, Beaucaire porta jusqu'au xi* siècle le nom d 'Ugernum. Pline, Strabon, Grégoire de Tours et Jean de Biclar ont parlé d’Ugemum. Strabon nous apprend que les deux routes qui conduisaient de Mmes en Italie, passaient toutes deux par Ugernum et Tarascon. On en voit encore des vestiges aux environs du village de Saint- Vincent , et près de la cête de Roquou-Partidou s'élèvent trois bornes milliaires antiques, nommées par les paysans peyrout planiadous. La table de Peutinger place Ugernuni à quinte milles romains de filmes. On y a trouvé des chapiteaux corinthiens, dessfatues, des pavés en mozaïque. Le cimetière actuel est encore appelé Rouanesie, par corruption de Hura necis , et en creusant le contre-canal du Midi, en septembre 1808, au lieu appelé le Traou de la Barbu znt ou , on a mis à découvert une partie considérable des fondations d’un ancien temple.
O fut à Ugernum qu • l'empereur Avitus commença son règne éphémère, après la mort de Pétrone-Maxime (465). A la chute de l'empire, cette place échut aux Wisigoths; les Franks, sous la conduite de Théodobert, la leur enlevèrent et elle fit ensuite partie du royaume de Bourgogne 1 501 ). Le roi Keccared s'en empara en 685, la livra au pillage et emmena la garnison prisonnière. Les Franks, à son départ, rentrèrent en possession du clulteau ; mais les Wisigoths le reprirent en 587. Zarna et Ambiza, deux chefs sarrasins, ne Firent en quelque sorte qu’y {lasser, au vin* siècle; enFm Charles Martel, à la suite des victoires qu’il avait remportées sur ces peuples, constitua à Ugernum un Fief héréditaire, sous la suzeraineté des princes franks. En 825 , Ugernum était le chef-lieu de la terre d’Argencc ( Argentia ou Ager Argent eus ) qui comprenait tonte la partie du diurèse d’Arles située à la droite du Rhéne. Le comte d'Arles Leibuife , auquel appartenait ce domaine, obtint de Louis-le-l>ébonnaire la permission de l'échanger avec l'archevêque Nothon. Depuis lors les comtes de Toulouse possédèrent la terre d'Argence, sous la mouvance de l'église d’Arles. Ceux-ci, dans le xiT siècle, la donnèrent en iief à Bérenger 111 , vicomte de Narbonne. La forme quadrilatérale du château d' Ugernum, corrompu en I gerno, ou de la plaine au milieu de laquelle il est situé, lui valut les qualifications de Bel-Quadro, BeUutn-Cadrum, Belli-Cadrvtn , d'où est dérivé Beaucaire. Le nom parait pour la première fois dans un contrat de 1067 par lequel Bernard, fils de Bérenger III , cède à son frère la moitié de ce qui lui revient h lieux de Beaucaire et d’Argence. En 1096, Raymond IV, comte de Toulouse, de concert avec l'archevêque Gibelin, donne à l'abbaye de la Chaise-Dieu , en Auvergne, les trois églises de Beaucaire : Sainte- Pâque, Notre-Dame et Saint-Nazaire ; et les deux donataires établissent dans la ville un prieuré conventuel dont les religieux furent plus tard sécularisés , et dont l'église devint collégiale, en 1597. Alphonse-Jourdain, fils de Raymond IV, perdit Beaucaire par la trahison de son vassal, Avineri, vicomte de Narbonne, qui livra cette place à Raymond-Bérenger III, comte de Barcelone; mais celuici s’étant réconcilié avec Alphonse , la lui rendit ainsi que la terre d'Argence et le château de Vallobrègue, situé en amont dans une Ile du Rhône. Pour obéir â un codicille de son père, Alphonse-Jourdain , par acte passé à Fourqucs. le 3 septembre 1143, reconnut tenir tous ces domaines en fief de l'archevêché
d’Arles. Le juif Benjamin de Tudèle, qui visita Beaucaire en 1165, en parle comme d’une grande cité [magnum raslrum). On ignore en quelles circonstances fut fondée la foire de cette ville : l’acte qui constitue les privilèges n'a pas été conservé dans les archives; la plus ancienne charte où il en soit fait mention est de 1315; elle est écrite en patois languedocien, et contient l’énnmération de . ce que chaque marchandise doit payer en passant sous les piles du pont qui joint Beaucaire à Tarascon , avec exemption des droits de passage pendant les trois jours de la foire.
En 1175, Henri II, roi d’Angleterre, convoqua une cour plénière à Beaucaire. pour négocier la paix entre Kaymond V, comte de Toulouse , et Alphonse IV, roi d'Aragon. Les deux souverains ne se trouvèrent pas au rendez-vous; mais le comte y vint avec une grande affluence de seigneurs qui déployèrent à t'envi une magnificence extraordinaire, lu comtesse tirgel envoya à la réunion une couronne estimée quarante mille sous d'or. Le comte de Toulouse lit présent de cent mille louis d'or à un chevalier nommé Raymond d'Agoust , lequel , ne voulant pas se laisser vaincre en libéralité , distribua immédiatement toute la somme à dix mille chevaliers. Guillaume-Gros de Martel invita à dîner trois cents chevaliers, et fit cuire tous les mets du repas à la flamme de flambeaux de cire. Bertrand Kimhauit ordonna de labourer la plaine voisine du château et d’y semer trente mille sous en deniers. Un autre seigneur, Raymond Venons, attacha trente de ses plus beaux chevaux sur un bûcher , et y mit le feu en présence de la noblesse assemblée. Il ne fut aucunement question du but de la réunion ; mais avant de se dissoudre , la cour plénière investit du titre de roi des bateleurs un certain Guillaume Mite , qui , par malheur, était absent. On ne saurait citer un plus éclatant exemple de fastueuse prodigalité et d'extravagante ostentation.
« U Midi , comme l’a dit éloquemment M. Michelet, délirait à la veille de sa ruine. »
Raimond V, à l imitation de ses ancêtres, se reconnut vassal de l’église d'Arles, et l'archevêque consentit, en 1178, à lui conférer l'investiture du château de Beaucaire et de la terre d’Argence, à condition que le comte et ses hoirs en feraient hommage au prélat et à ses successeurs, comme hommes soumis à sa juridiction. L'église ne tarda pas à exercer rigoureusement sa suprématie. Raymond VI ayant pris la défense des hérétiques Albigeois, le conseil de Montpellier confisqua tous ses biens {3 janvier 1215), et Michel de Morèse, archevêque d’Arles, remit Beaucaire en fief à Simon, comte de Montfort. Celui-ci en fit hommage -lige au prélat, auquel il promit de payer un cens annuel de cent marcs, et un denier pour livre sur toutes les monnaies qu’il mettrait en circulation , et qui n’auraient cours qu'avec l'autorisation des archevêques. Telle fut l'origine d'un hôtel des monnaies, qui, après une durée de deux siècles, fut supprimé par Charles Vil, en 1423. Kaymond VII recouvra cétte place, au mois de juillet 1216. Lambert de Limoux, que Simon avait nommé sénéchal de Beaucaire, tenta une sortie contre la ville ; mais ses troupes, vigoureusement repoussées par celles de Raymond, se retirèrent en désordre dans le château, lo quai era fort et imprenable. Lambert de Limoux s’y retrancha, pendant que Raymond, de son côté, entourait son camp de lices et de barrières. Ce siège dura plusieurs mois, avec
BEAIT. AIRE
des péripéties variées. Simon de Montfort tenta en vain de porter secours aux siens. Vaincu dans une première rencontre, il eut la douleur de voir pendre à un olivier, sur les remparts de la ville, son favori Guillaume de Boloz, fait prisonnier les armes à la main. Les assiégés se rendirent à discrétion, après avoir souffert de la disette au point de manger tous leurs chevaux et de passer trois jours entiers sans nourriture.
Le cardinal Bertrand, légat d'IIonorius III, pour punir les Beaucairois de leur résistance, les excommunia et abandonna leurs biens au premier occupant. Le pape leur offrit de les réconcilier avec l'Église s'ils consentaient à se soumettre au comte de Montfort; mais ils persistèrent dans le parti de Raymond, qui venait de les récompenser de leur dévouement en confirmant et augmentant leurs privilèges (28 mars 1217), confirmation qu'il ratifia dans une nouvelle charte du 15 février 1 221 . Bientôt pourtant les habitants de Bcaucaire se soumirent à Louis VIII ; et Raymond VII, par le traité de paix de 1229, abandonna tout le territoire d’Argence au roi de France. Louis VIII y avait déjà établi une sénéchaussée royale : son successeur, Louis IX, organisa cette juridiction, qui comprit les diocèses de Maguelonne, Nîmes, Izès, Viviers, Mende, le Puy, et la partie de ceux d’Arles et d'Avignon située sur la rive droite du Rhône. Le roi y rendit, en outre, une ordonnance pour l'administration de la justice , et confirma les habitants dans l’usage ancien de se servir du droit écrit, et de faire juger par des architectes les questions de mitoyenneté, de jours, de gouttières et d'auvents. L'église d'Arles continuait, cependant, à se considérer comme suzeraine de Bcaucaire. L'archcvéquc Bertrand de Saint-Martin réclama de la couronne les droits féodaux , qui furent transformés en une redevance de cent livres, assignée sur le péage de Beaucaire. Pendant les règnes suivants , l'histoire de cette ville se compose d une série de petits faits isolés , lesquels ne sont point toutefois sans importance. Le pape Grégoire X et Alphonse X, roi de Castille, y tiennent des conférences pendant l'été de 1275. Le mardi après l’octave de la Pentecôte 1298, vingt-six principaux citoyens de Bcaucaire attestent que « d’après un usage immémorial , les bourgeois peuvent recevoir la ceinture militaire des mains des nobles ou prélats, et jouir ensuite des avantages des chevaliers. » Le 22 juillet 1306, Philippc-lc-Bcl chasse les juifs de Beaucaire; le 13 octobre 1307, il y fait arrêter quarante-cinq Templiers, qui occupaient dans les environs le château de Camp-Public. En 1316, Philippe de Valois confirme les Beaucairois « dans les justes possessions, libertés, usages et saisines desquels eux et leurs prédécesseurs ont joui tranquillement.» En 1351 , la ville est visitée par le roi Jean ; et quand ce malheureux prince est prisonnier des Anglais, les Bcaucairoiscs sont les premières en Languedoc à donner pour sa rançon leurs bijoux et leurs ornements. A la fin de mars 1 308, le duc d'Anjou tint à Braurairc une assemblée des communes du Languedoc, pour délibérer sur les moyens d’expulser les compagnies de routiers et de malandrins. Les mesures prises contre ces bandits furent insuffisantes; et dans les premiers jours d’avril I38ï, un corps d'environ huit cents hommes, Italiens, Gascons ou Anglais, réunis aux Tarasconais, firent irruption sur le territoire d'Argence. Ils essayèrent en vain de surprendre Bcaucaire. Les désastres du règne de Charles VI amenèrent d'autres périls pour les habitants. En 1419, les Bourguignons, unis aux Anglais, iuvesvi. 76
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tirent la ville, et forent repoussés jusqu’au pont Saint* Esprit , par Tanneguv du Châtel, qui était alors viguier de Beaucaire. Le Dauphin, régent du royaume, pour récompenser les habitants de leur fidélité, leur accorda, le 21 avril 1420, une exemption d'impôts pendant quatre ans. Louis XI, en confirmant les privilèges de la ville, donna une forme définitive à l'administration. Il abolit le syndi- * cat, qui avait été substitué en 1335 à l'antique consulat. On nomma de nouveau, au commencement de 1465 , quatre consuls qui furent élus avec de pompeuses cérémonies, et complimentés en ces termes, suivant la formule d’autrefois : Ben estruc vous lie lou consulat; Uieou vous lou laisse jouir en pax et en sauta, à thonnou daou rey, et à l'utilita e aou prouffit de la caousou publicou.
Dès les premières années du xvi* siècle , les doctrines de Luther pénétrèrent à Beaucaire; le parlement, au mois d'avril 1543, fit briller vif un homme de cette ville, nommé Antoine Sabathicr. Par la tnéme sentence, Mathieu Castanier et Jacques Caladon furent condamnés à abjurer l'hérésie, è faire amende honorable devant l’église de Beaucaire , à suivre la procession générale , à recevoir le fouet jusqu'à effusion de sang, et enfin à être H)ls aux galères à' perpétuité. Pour combattre les progrès de l'hérésie , on créa une confrérie de pénitents gris , qui obtint, en 1559, des lettres-patentes de François IL En outre, les Beaucairois s’armèrent , barricadèrent leurs portes et y placèrent des corps de garde : précautions inutiles; car, dans la nuit du 2 au 3 juin 1562, les religionnaires ayant pénétré dans la ville, dévastèrent les églises, brisèrent les autels, les retables, les vases sacrés , les statues, emportèrent toutes les grilles de fer, pillèrent et incendièrent les couvents. Les principales familles catholiques se réfugièrent en Provence; mais, apprenant que les agresseurs s’étaient retirés en laissant seulement deux cents hommes de garnison , elles levèrent en secret des soldats, avec l’autorisation de Poncet Durand, viguier de Tarascon. Le 10 juin, seize cents hommes, revêtus de casaques blanches, passent le BhAne et se présentent è la porte de Beauregard en criant : aux hugvenaulx ! Les protestants surpris s'échappent eu désordre ; les partisans que les assaillants ont dans la ville vont triomphalement à leur rencontre; le succès de l'entreprise semble assuré; mais deux calvinistes, François Pavée de Servas et Pierre Suan dit Bouillargues , au retour d’une expédition , entrent à l’improviste dans la ville et répandent une terreur panique parmi les vainqueurs. La plupart des catholiques sont impitoyablement massacrés ; d’autres s'entassent tumultueusement dans des nacelles qui coulent bas avant d’atteindre la rive opposée. Sur seize cents hommes, il en périt plus de douze cents.
L’année suivante, Charles IX, lors de son voyage dans les provinces méridionales du royaume, traversa le Rhône à Tarascon, le 2 décembre, et vint dîner A Beaucaire, accompagné de la reine mère, du duc d'Anjou, de Henri de Navarre, et des cardinaux de Bourbon et de Guise. En passant devant l'église Notre-Damc-des- Poramiers, le roi prit le chapeau du prince de Navarre , le jeta dans la nef et dit en riant : « Ainsi , beau prince , irez-vous un jour à Notre-Dame. — Pas encore , répliqua Henri , » et il envoya chercher son chapeau par un page. Le catholicisme reprit insensiblement racine à Beaucaire , sans que les habitants , toutefois, suivissent l'épouvantable exemple qu'avait donné Paris dans la nuit de la Saint-
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Barthélemy (1572). Les querelles religieuses étaient à peine assoupies quand le gouverneur, Pierre de Baudun , sieur de Parrabère, leva des troupes à l’aide desquelles il rançonna tant les manants que les commerçants qui naviguaient sur le Rhône. Le maréchal de Damviile, après avoir tenté vainement de rappeler Parrahère , enjoignit aux consuls , sous peine d'être déclarés rebelles, « de persuader le peuple, à son du tocq-à-saing , de courir sur Parrabère et ses partisans. » Trois gentilshommes de Beaucairc organisèrent alors un complot qui éclata, le dimanche 7 septembre 1578 , au moment où Parrabère entrait dans l'église des Cordeliers avec sa maîtresse, Marguerite de Bourdet, veuve de la Tourette. Le gouverneur essaya de regagner le château ; mais il fut renversé d'un coup d'arquebuse , et ses gardes, au nombre de soixante, prirent la fuite. La baronne de la Tourette fut tuée au pied du maltrc-autel. On traîna nus les deux cadavres dans les rues, et la tète de Parrabère, ceinte dérisoirement d'une couronne de paille, resta longtemps exposée sur les remparts. Paul Baudunet, son lieutenant, entreprit de le venger; il se renferma dans le château , qui était abondamment pourvu de munitions , et résista pendant cinq mois entiers aux Beaucairois , soutenus par les troupes dont le maréchal de Damviile avait confié le commandement à M. de Sainte-Jaille. Paul Baudunet obtint, le 3 février 1519, une capitulation honorable et une amnistie complète pour lui et la garnison. Les vainqueurs étaient plus b plaindre que les vaincus. Une information judiciaire, faite à la demande des consuls, par- devant maître Pons de Léautaud , juge royal de Boaucaire , évalue les pertes de la ville à plus de cent cinquante mille livres ; les Beaucairois avaient, en outre, fourni pour lever des troupes vingt-cinq mille écus qui , malgré les ordres donnés par le roi aux États de Languedoc , ne furent jamais remboursés.
L'assistance que les luthériens avaient prêtée aux Parrabiristes leur avait aliéné l'esprit des Beaucairois. Sur les représentations des consuls, les commissaires du roi , chargés de faire exécuter l'édit de Nantes, déclarèrent, par une ordonnance du 2 février 1601 , qu'il n'y avait lieu d'établir à Beaucaire l'exercice de la religion préthandue réformée. Satisfaits de ce triomphe , les catholiques se réunirent dans la maison commune avec les chefs protestants , le 7 novembre 1615 , et s’engagèrent mutuellement à vivre en bonne paix et intelligence; néanmoins la guerre civile continua dans la contrée , et des bandes calvinistes s'avancèrent plusieurs fois jusque sur les murailles de Beaucaire. Les Nlmois furent même sur le point de s'en emparer, la veille du dimanche des Rameaux de l'an 1621 ; mais au moment où ils allaient franchir le fossé, ayant entendu tinter la cloche d'un couvent de Capucins, voisin de la porte de Nîmes, ils prirent ces sons, qui appelaient les moines à matines, pour ceux du tocsin d’alarme, et s'enfuirent, croyant avoir les gardes de la ville à leur poursuite. La révolte du duc de Montmorernj, en 1632, contraignit encore les Beaucairois à prendre les armes contre leur gouverneur et viguier, Jean de Poyn, marquis de Pérant , lequel s'étant déclaré pour les rebelles . soutint dans le château un siège d'un mois et seize jours. Lorsqu’il eut capitulé, le cardinal de Richelieu se rendit à Beaucaire , lé 22 septembre , afin de presser la démolition du château , dont le roi et les consuls jugeaient la conservation désormais incompatible avec la sûreté de la ville. Vers
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la fin du règne de Louis XIV, les ramisards descendirent des Cévennes dans la plaine de Bcaucaire, où, dans la nuit du vendredi 28 février 1704, ils brûlèrent six métairies et massacrèrent trente-neuf catholiques. Le maréchal de Villars arriva à Beaueaire, le *20 avril, avec mission de paeilier le Languedoc. En 1718, Louis XV donna Bcaucaire au comte Fouquet, en échange de Belle-lsle-en-Mer; mais sur les vives remontrances des consuls et des États de Languedoc, il revint sur cet abandon. En même temps il confirma les privilèges octroyés à la ville par ses prédécesseurs, et auxquels Louis XVI donna une dernière fois la sanction royale dans des lettres-patenti s du mois de décembre 1779. Beaueaire, peu de temps avant les États-Généraux, fut visitée par le duc de Chartres, depuis, Louis- Philippe; par Monsieur, frère du roi; l'empereur Joseph II , et l'archiduc Ferdinand, frères de Marie-Antoinette.
La Révolution rencontra de nombreux adversaires dans cette ville. A l’occasion des troubles qui suivirent la chute du trône, la municipalité fournit trois cents hommes et quatre pièces de canon , destinées à grossir farinée fédéraliste du Midi; les sections de la ville résolurent de ne plus reconnaître la Convention et de marcher sur Paris. Il suffit, pour détruire ce projet, de l'arrivée d'un bataillon, qui entra dans Bcaucaire, le 29 juillet 1793, précédé de deux pièces de canon et de vingt artilleurs commandés par le lieutenant Napoléon Bonaparte. L'administration royaliste fut renversée, et trente-un Beaucairois périrent i Nîmes sur l'échafaud ( 1" juillet 1794). Le 9 thermidor provoqua une réaction terrible à Beaueaire. Un décret rendu sur le rapport de Courtois , le 25 juin 1795 , rapporta toutes les mesures prises contre les conspirateurs de cette ville, où les jacobins et les prêtres assermentés eurent à souffrir une violente persécution. La paix ne fut rétablie qu’en 1800, sous les auspices mêmes du lieutenant d'artillerie qui avait maîtrisé les fédéralistes beaucairois, et consigné ses impressions d’alors dans une brochure intitulée le Souper de Beaueaire. En 1814, au moment où l'empire allait crouler, le duc d'Orléans, le comte d'Artois , le duc d'Angoulême, traversèrent successivement Beaueaire, où il se forma un corps de volontaires royalistes. Le pape Pie VII y passa aussi. L’année suivante, aux premières nouvelles de la bataille de Waterloo, quand tout le département du Gard conservait encore les couleurs tricolores , Beaueaire avait pris la cocarde blanche. Les fédérés de Nîmes marchèrent presque immédiatement contre la ville soulevée au nom de la légitimité; mais les miquclets beaucairois , aidés de ceux de Tarascon , s'avancèrent, à la rencontre de l'ennemi , l’attaquèrent sur le chemin de Vic-Blande, et l'obligèrent à la retraite. Environ dix mille royalistes s’enrégimentèrent h Beaueaire , où le comte René de Bernis, commissaire extraordinaire de Louis XVIII , établit son quartier général , le 3 juillet 1815. On y fabriqua plus de quarante mille cartouches. L'entrée du roi à Paris dispensa les Beaucairois de pousser leur dévouement jusqu’à la guerre civile.
Depuis cette époque, Bcaucaire n’a joué aucun rôle politique. Son existence est concentrée tout entière dans la foire qui s'y tient annuellement , du 21 au 28 juillet. Nous avons dit qu'on en ignorait les commencements. Le vidimui des privilèges de la ville, donné le 9 janvier 1463, par Jean-Rernard de Marhnont, écuyer de l’écuyerie de Louis Xi , et garde du petit scel de Montpellier, nous
BEAUCAIRE
apprend que les habitants de Beaucaire avaient accoutumé « de Taire tenir et célébrer chaque année, à la fête de Sainte-Magdelène , et les trois jours suivants, la foire dans ladite ville de Beaucaire, de toutes marchandises, sans paiement d'aucun péage , redevance ou impôt , et sans que l’on puisse détenir ni prendre personne, si l'énormité du crime ne requiert punition corporelle. » Charles VIII décide b que s'il survenait quelques fêles peuduut la tenue de la foire , elles ne compteraient pas, et que la foire tiendrait trois jours ouvrables entiers. » Henri III, au mois de mars 1583, ratifia cette disposition. Les franchises de la foire consistaient principalement dans l’exemption du denier de saint André, perçu sur les marchandises exportées. Menacés par la Révolution de perdre leurs privilèges séculaires, les Beaucairois présentèrent un mémoire au comité d’agriculture et de commerce; et le *27 juin 1790, l'Assemblée constituante, a considérant que la franchise accordée aux foires de France était plutôt une faveur pour le commerce qu'un privilège particulier à une ville, » décréta qu'il ne serait rien innové à ce qui les concernait. Un décret impérial, du 0 janvier 1807, fixa la durée de la foire de Beaucaire à huit jours. I.e conseil muuicipal de la ville, dans sa séance extraordinaire du 3 mai 1815, nomma quatre députés pour aller supplier Louis XVIII de conserver aux Beaucairois les privilèges de la foire du 21 juillet : cette demande ne pouvait être accueillie ; cependant le bureau de consercation de la foire, régulièrement constitué par arrêt du conseil d'Etat du 10 novembre 1671, et main- . tenu par la loi du 27 ventôse an vm , fut autorisé par l'article 59 de la Charte constitutionnelle.
La vogue de la foire n'a pas diminué; on estime à deux cent cinquante mille le nombre des commerçants qui la fréquentent : Français méridionaux, Lyonnais, Alsaciens, Koucnnais, Allemands, Corses, Italiens, Espagnols, Grecs, Orientaux. Le chiffre des affaires qui s’y font a été évalué, dans un coin pic-rendu de M. Thierrat , directeur des fermes en 1790 , à quarante-un millions cent quarante-cinq mille trois cents francs, et dans le Dictionnaire de géographie commerciale , publié en l'an vil, à sept millions. Les négociants que nous avons consultés portent la somme actuelle des ventes et achats à cinquante, soixante, et même quatre-vingts millions. On y trouve des marchandises de toutes les contrées , et aüu qu'on puisse se reconnaître dans ce dédale commercial , l'autorité a établi un ordre de vente et un classement méthodique. Les négociations s'entament longtemps avant l'ouverture légale, annoncée le 22 juillet par un coup de canon. l>u 10 au 18, on vend les rouenneries, les impressions , les articles de Mulhouse; du 18 au 25, les draps et les laines; du 25 au 26, les soies grèges; du 26 au 29, les soies lavées. Les cuirs occupent la rue des Tanneurs; les toiles écrues ou blanches , la Placette et les rues adjacentes; les articles d'Alsace, de Saint-Quentin et de Tarare, les rues Barie, des Couvertes et des Quatre-ltois. La draperie loge rue Haute; la quincaillerie, rue Beauregard ; la mercerie, rue Tupin. Les grands magasins de bimbeloterie s’installent au Bazar, péristyle couvert, situé près de la porte de Beauregard. Sur la route de Mmes s'opère la vente des chevaux et des bestiaux ; mais elle est restreinte , car il y a pour eux une foire spéciale le lendemain de l'Ascension. Les salaisons , anchois et sardines , sont sur les bateaux du canal ; les fers sur les quais du canal et du Rhône ; les bois sur la grève , à l'extrémité de la ville. La lingerie ,
LANGUEDOC
les éventails , les Foulards , les rubans.-les papiers peints , les chapeaux , les nouveautés, sc tiennent dans la me des Bijoutiers. Le pré Sainte-Madeleine, vaste prairie située au pied des ruines du château, ombragée d'ormes et de platanes, donne asile aux vanniers, aux restaurateurs, aux saltimbanques, aux musiciens , et aux bohémiens déguenillés qui tondent les ânes et pratiquent la chiromancie. Pendant la foire , le préfet du Gard se transporte à Boaucaire avec le tribunal de commerce. On a conservé la coutume de donner une prime à la première embarcation qui parait sur le Rhône. N'oublions pas de dire que quelques princes étrangers ont voulu juger par leurs propres yeux de cet immense mouvement commercial : ainsi le prince royal de Danemark, depuis, Frédéric IV, fut présent à la foire de 1692, et Henri Frédéric , duc de Cumberland, frère de George 111, roi d’Angleterre, à celle de 1785.
l-a location des maisons, en temps de foire, est le principal revenu des Beaucairois. D'ordinaire, la ville est inactive et triste. Elle ne fabrique guère que des tricots , des radis , des poteries communes et quelques soieries. Son commerce habituel consiste en grains , farines , merrain , huiles d’olive et vins. Ceux des environs de Bcaucaire, et surtout de la côte de Canleperdrix, avaient une réputation qu’ils ont depuis longtemps perdue. I.es murs de Bcaucaire datent de 1355, époque à laquelle ils furent reconstruits après avoir été dé ruits par Louis VIII. Quelques-unes des portes sont d’une architecture remarquable, entre autres celle de Beauregard. Des quatre portes de l'ancien château, il n'en reste qu’une seule; elle donne sur le pré Sainte-Madeleine. Deux des sept tours sont encore debout. Ce qui subsiste de la chapelle a été construit par les ordres de Louis IX, qui, d'après môme une charte de François 1", en date de 1515, passe pour avoir fait bâtir la totalité de la forteresse. L'église paroissiale de Bcaucaire, Notre-Damedes-I’ommiers , fondée eu 856, par Bernard, comte de Narbonne, fut entièrement reconstruite de 173k à 17ik. On peut encore signaler aux curieux, parmi les églises de la ville , Saint-Paul , qui a dépendu du couvent des Cordeliers, et Saint- Pierre de llipis, ainsi nommée parce qu'elle avoisine les rives du Rhône. Les églises de Saint-Nazaire et de Sainte-Pâque, mentionnées par plusieurs actes du moyen âge, ont disparu pendant la Révolution, qui a détruit oh transformé en propriétés particulières les couvents des Bénédictines et des Ursulines, et l'asile des Filles pénitentes. Le chemin de Romanesa contient encore les restes de l'hôpital Saint-Esprit, fondé au xnr siècle. La première pierre de l’hôtel de ville a été posée, le 7 septembre 1679, et il a été achevé en 1683. Les armoiries de Beaucaire, placées au-dessus du portail, sont un écu écartelé d'or eide gueules , formé de trois fleurs de lis du premier émail, et accolé de l'ordre de Saint-Michel.
Le pont de bateaux, commencé en 1669, et sur lequel on passa pour la première fois, le 21 avril I67i, a été remplacé par un magnifique pont suspendu, livré à la circulation, le li octobre 1829. L'une de ses piles repose sur un Ilot sablonneux , qui était au moyen âge une lie assez étendue. Le quai du Rhône a été construit, en 1730, aux frais des États de Languedoc et du gouvernement. I>e solides chaussées, qui existaient dès le xin* siècle, garantissent la ville et la plaine des envahissements du fleuve; cependant il a souvent débordé et rompu ses digues; on cite jusqu'à douze inondations, entre celles de 1351 et de 18ik.
BEAUCA1RE.
Le canal de Beaucaire à Aigues-Mortes fait partie de la grande ligne qui joint le Rhône A la Garonne ; un chemin de fer, inauguré dans le mois de juillet 1839, établit, en outre, des communications rapides entre cette ville et celle de Nîmes. Beaucaire, chef-lieu de canton d'environ 11,000 Ames, n'a qu'un petit nombre d'établissements publics : ce sont un hôpital général de charité, qui date de 170’*; un petit séminaire, créé en 18-23 ; et une confrérie des Pauvres Honteux, constituée, le 16 juin 1583, par Sylvius de Sainte-Croix , archevêque d'Arles. Les États de Languedoc se sont réunis onze fois A Beaucaire, de 1521 A 1622. Louis XIII assista A l'assemblée générale de 1622, laquelle se réunit dans ce même couvent des Cordeliers où Jacques Cœur, argentier de Charles VII, avait été enfermé [vendant deux ans, A l'époque de sa disgrâce.
Au nombre des illustrations que peut revendiquer Beaucaire , nous citerons Uayinoml VU, comte de Toulouse ; le troubadour Pierre Cardinal ; Draronix , l'un des médecins de Louis XI ; Guillaume de Villeneuve, écuyer, maître d'hôtel et historien de Charles VIII; Pons-Françuis de l'ermineau, avocat du roi au présidial de Nîmes, en 1636, auteur d’un Traité du droit de la monarchie; Antoine Pu/ail , qui contribua avec Vincent de Paul A la fondation du collège des Bons- Enfanls ; Charles de Virgile la Hastide, qui a composé plusieurs mémoires archéologiques intéressants pour l'histoire du pays; Paul-Joseph des Porcelets, marquis de Maillane, auquel on doit de savantes recherches sur Beaucaire; C/aude- François de Nwbonne-Pelet , évêque deLectoure, mort en 1760; Joseph-Antoine- Xavier Émery, conseiller A la cour des comptes de Montpellier, auteur d'un Traité des successions ; le docteur Pierre-Joseph Amoureux, membre de l'Académie des sciences de Montpellier, et rédacteur de divers ouvrages d'histoire, d’agrirulture ou de médecine, mort en 1824; Jean I ignaud, peintre d’histoire (1775-1826) ; et le chevalier de Fortin, infatigable scrutateur des archives de sa ville natale. '
1. Géographies de Slraboo et de Ptoléinée.— Dictionnaire de géographie ancienne de l'Encyclopédie méthodique. — D’Anville.— Itinerarium Benjamini ex hebraïco lalinum. — D. Vaisselle, Histoire de Languedoc. — Bibliothèque historique du père Leloug, I. III. — Dictionnaire de Moreri, arl. Sénéchaux. — Histoire de Provence , par César Noslradamus. — ld., par Gaufridi.
— Id., par Papou.— Histoire des guerres du comtat Vennissin, par Pérussis. — Mémoires de mademoiselle de Montpeusier. — Recherches sur Beaucaire, |Kir des Porcelets , marquis de Maillane.
— Nouvelles recherches pour servir à l’histoire de Beaucaire , |wr le chevalier de Fortin. — Notice des principaux événements qui se sont passés à Beaucaire depuis l'assemblée des notables, par le même. — Relation de ce qui s'est passé entre le roi et le comte de Brlle-lsle, au sujet de l'échange de Beaucaire , par Arbaud de Rngnac. — Traité historique sur la foire de Beaucaire, Marseille, 1734, in-i°. — Recherches historiques sur la sénéchaussée de Beaucaire. — Notice sur le canal de Beaucaire , et Description abrégée du département du Gard , par Grangeot. — Le Moniteur Universel.