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PONTOISE

Pontoise, ville célèbre à plus d'un titre, s'élève en amphithéâtre sur les bords de la Viosneet de l'Oise. Un grand commerce de grains et de farines, des filatures de coton, des tanneries et d'actives usines l'animent et l'enrichissent. Dans les environs, au milieu de sites charmants et pittoresques, on rencontre un grand nombre de jolies maisons de campagne , de vastes jardins et de belles plantations. L'origine de cette ville est fort ancienne, non pas autant toutefois que voudrait le faire croire Taillepied lorsqu'il avance, dans ses Antiquités de tu ville de Pontoise, que son véritable fondateur est un certain Moïse Belgius, quatorzième roi des Gaules, en l'an 1000 après le déluge. Suivant Y Itinéraire <T Antonin et la Table Théodosienne, le lieu où s’élève Pontoise s'appelait liriva-Jsura , ou pont sur l'Oise, du mot celtique briva, pont, et Isara , Oise. Plus tard, lu mot latin

1. Mémoire s du siro de Joiuville. — Histoire du donjon et -du château de Vincennes , pôr Nougarel. — Le donjon de Vincennes , par MM. Alboizc et Macpiet. — Sismondi , Histoire de France. — Dulaure. Environs de Paris. — Atlas du premier consul au ministère de la guerre.

— Le Moniteur Universel. — Captivité de Le Prévost de Beaumont , 1791. — Mémoires de Marers de Lalude. — Mémoires de Richelieu. — Essai jur la vie de Mirabeau , par Cadet Gawkouri.

— Recherches historiques sur le procès et la condamnation du duc d'Enghicn , par M. Auguste Nougnrède de Fayel. — Journal du duc d' Enghien. — Relation manuscrite du curé de Vincennes. — • VU militaire du général Daumesnil. — Registre d’écrou.

pou» ayant été substitué au mot celtique briva , ou eut Pont-lsurœ , nom qui en se francisant se changea lHi-méme en Pontoise. Au ix‘ siècle, cette position était devenue importante : nous voyons en effet Alatramn venir s’v fortifier, en 885, contre l'invasion lies Normands, et l’évêque de Paris Gozlin y envoyer des munitions. Mais les remparts élevés par Alatramn n’étaient que de simples palissades qui ne purent tenir contre les Normands , et il fut forcé , selon l'annaliste de Saint-Waast , de se replier sur le Beauvoisis.

En 103 2 , le jeune Henri I", fils du roi Robert , concéda Pontoise et tout le Vexin français au duc Robert de Normandie, qui l’avait soutenu contre les tentatives ambitieuses de la reine Constance. Le duc investit lui-même de ce fief Drogou , l’un de ses leudes, qui prit le titre de comte du pays pontoisien , la ville n’étant pas alors assez considérable pour constituer à elle seule un comté. Sous Philippe I,r, Pontoise rentra dans le domaine royal et devint même un des séjours préférés du roi, qui, en 1064, y fit battre cette monnaie connue encore des numismates sous le nom de monela PoHtesensis. En 1069, le même prince accorda de grands privitéges à l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise; et on 1001, il donna en fief celle de Saint-Mellon, de la même ville, à Guillaume, archevêque de Rouen. C'est surtout autour de ce dernier monastère que la ville s’agrandit : les constructions s'y multiplièrent tellement, que toute la partie nouvelle de Pontoise, constituant pour ainsi dire une cité à part , prit le nom de Yilleneuve-Saint-Mellon. Les habitants de ce seul quartier furent assez puissants, en 1 196 , pour acheter de Philippe-Auguste une charte de commune, portant qu’ils seraient exempts de toute redevance dépassant un denier par muid de vin et cinq sols de cens pour chaque masure. Grâce à ces privilèges, Pontoise aurait pu devenir une heureuse et riche cité, si sa dangereuse position de ville frontière entre le royaume de France et les états du duc de Normandie ne t'eût exposée à de continuelles attaques. Ainsi, en 1097 , le duc Guillaume avait ravagé tous ses environs, et la ville elle-même, cédée par Louis- Ic-Gros, avec Montes, Chaumont et tout, le Vexin, avait été de nouveau annexée au duché de Normandie.

Sous le règne de Louis IX, Pontoise, devenue ville française, fut le séjour favori du saint roi, pendant les premières. années de son mariage. Reclus dans le château de Pontoise sous l'ombrageuse surveillance de la reine Blanche, sa mère, il trouvait à grand' peine l’occasion de converser avec sa jeune épouse Marguerite ; et le plus souvent, suivant le sire de Joinville , ce n'est, qu’au travers d'un escalier à vis qu'il pouvait lui parler. En décembre 124-2, Louis IX tomba grièvement malade à Pontoise : la ville se remplit de processions et de pèlerins en deuil , et les dons faits aux pauvres en cette occasion furent si considérables , que le faubourg conduisant à Paris en prit le nom de faubourg de-f Aumône. Louis IX se rétablit enfin , mais ce ne fut que pour entreprendre la guerre sainte , à laquelle il s'était engagé par un vœu durant sa maladie. La reine Blanchè, pour qui Pontoise était aussi un lieu de prédilection , y fit bâtir vers le même temps un riche couvent de Cordeliers ( 1248 J.

Au xiv* siècle, Pontoise faillit encore être détaché du domaine royal , malgré les prescriptions de la charte communale. Le roi de Navarre, Charles-le-Mauvais , prétendit que Philippe de Valois lui avait cédé ses droits sur cette ville, et il vint

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