‹ Histoire des villes de FranceChapitre 112 sur 137 · PONTOISE · texte numérisé non relu

PONTOISE

avec ses gens pour en prendre possession ; mais ce fut une vain»; tentative : deax ordonnances successives, l’une du roi Jean ( mai 1350 ), l'autre du régent Charles (mai 1359), déclarèrent Pnntoisc uni pour jamais au domaine de la couronne. En 1380, une ordonnance de Charles VI constitua les bourgeois de Pontoise en confrérie, et confirma l'établissement de l'hôpital Saint Jacques qu'ils venaient de fonder. La guerre des Anglais mit un terme ans prospérités croissantes de la ville : il» la prirent et la saccagèrent, le 29 juillet 1419, presque en présence du duc de Bourgogne et de son année; les habitants, chassés de leurs demeures , s’enfuirent en foule vers Paris, où on leur donna asile. En 1423, elle échappa pour quelques années au joug des Anglais ; puis reprise par eux , le 13 février 1437, grâce à un stratagème de Talbot , leur général , elle fut enfin emportée d'assaut par Charles VII en personne, le 19 septembre 1441, après un siège de trois mois. Le couvent des Cordeliers , bâti hors des murs , souffrit seul de ce siège : les Anglais le rasèrent afin d'empêcher l'arjnée du roi de s’y embusquer ; mais peu de temps après , un nouveau monastère fut construit pour ses religieux , dans la ville, près de la chapelle de Saint-Jacques.

A l'époque de la ligue du Bien Public, Inouïs Sorbier, commandant de Pontoise, trahit l»;s intérêts du roi ; il livra la place aux gens du duc de Bourgogne, qui la gardèrent jusqu’au traité de Confions. Quand Jeanne de France eut été répudié* par Louis Xlf, elle eut cette ville pour fief et pour douaire (1498). Après la mort de François II, les viirgl-six. députés des États-Généraux qui avaient d'abord été convoqués à Orléans , vinrent continuer leurs séances au couvent des Cordeliers de Pontoise (1561), monastère fort renommé alors et dans Péglisc duquel le ministre de Louis XII , Georges d’Amboise, avait voulu que son cœur fut déposé. Pendant les troubles de la Ligue, Pontoise fut une des villes les plus disputées. C'est la dernière place dont Henri IV s'empara avant de venir assiéger Paris ( 1589) ; mais if ne la garda pas longtemps : d'Alincourt, qui en était gouverneur pour le duc de Mayenne, la reprit bientôt, et né fit enfin sa soumission qu'en 1594, peu de jours avant la reddition de Paris. Durant la Fronde, Pontoise devint un asile pour Louis XIV et Mazarin fugitifs : ils y constituèrent même, le 6 août 1 652 , avec les quelques magistrats restés fidèles à leur cause, un fantôme de parlement. En 1720, cette illustre compagnie , rebelle aux ordres du Régent, fut exilée à Pontoise, et en 1775 c'est encore là qu’elle fut transférée.

Jusqu'à |a Révolution, Pontoise resta une ville éminemment monastiqu»; : scs couvents faisaient en grande partie sa population et sa richesse. Outre ceux qui; nous avons nommés , les plus florissants et les plus célèbres étaient : dans le faubourg de l’Aumône, l'abbaye de Maubuisson, où la reine Blanche de Bourgogne, épouse de Charles-le-Bel , avait été enfermée, et où se voyait aussi le tombeau de Bonne de Luxembourg, fille du roi Jean de Bohême; dans le faubourg de Rouen, l'abbaye des Bénédictines Anglaises, et surtout le fameux monastère de Saint-Martin, embelli et agrandi par le duc de Bouillon, seigneur eugagiste de la ville et châtellenie de Pontoise. Il n'existc plus aujourd’hui que des vestiges de ces couvents : les seuls monuments que le temps et les hommes aient respectés sont l'hôpital , attenant à l’ancien couvent de Saint-Jacques , et l'hôtel seigneurial de la famille de Bouillon, qui sert de palais de justice. En per-

dant son titre de comté, l'ontoise a gagné celai de clief-Ken de sous-préfecture du département de Seinc-et-Oisc , et son bailliage s'est changé en un tribunal de première instance. La population de l'arrondissement s’élève à plus de 93,000 habitants; celle du chef-lieu à près de 6,000. Pontoise a vu naître l'avocat Tronçon Ducoudray, l’un des défenseurs de Marie-Antoinette, et le général Leclerc, pacificateur de Saint-Domingue et beau-frère de Napoléon. Le bourg de file-Adam, situé dans l'arrondissement, à quelques lieues de Pontoise, a donné lé jour à l'illustre Philippe de- Clic* Adam , qui , élu en 1521 grand maître de l’ordre de Saint-iean-de-Jérusolem, défendit si héroïquement l’He de Rhodes contre les deui cent mille Turcs de Soliman.1

MAHTE8.

Mantes, comme l'attestent de nombreux monuments, fut d’abord habitée par des tribus celtiques. Son nom dérivé, en effet, S'il faut en croire Dom du Plessis du mot celte Muntal ou Mafintal (extrémité de la roche); et c’est en mémoire de cette origine que ses armoiries portent une branche de chêne avec trait glands que couronne une moitié de fleur de lis. La position de Mantes sur la Seine, entre la Relgique et la Celtique , en fit naturellement le théâtre de plusieurs des grands faits militaires qui ensanglantèrent les Gaules sous les premiers Césars. La conquête romaine et la civ ilisation gallo-romaine y ont laissé de nombreuses traces de leur passage ; mais h partir de l'invasion des Barbares jusqu’au xi* siècle, d’épaisses ténèbres couvrent l’histoire de cette ville. Son nom reparaît pourtant, çà et là, dans le récit des prédications évangéliques, et l’on soit, en outre, qu'elle fut trois fois saccagée par les Normands, en 8V5. ’

Mantes, nu xi* siècle, était devenue , on ignore comment et à quelle époque, chef-lieu de comté. Ses comtes, cependant, qui figdrcut glorieusement dans les chroniques de Normandie, n’avaient pas tout pouvoir sur elle; et pour certains droits et quelques parties de son territoire, elle relevait des comtes de Meulan. C’est à Mantes que le roi de France Henri I" apprit que ses troupes venaient d'être battues à Mortemer, par Guillaume de Normandie (1055). Il quitta Mantes aussitôt, quoiqu’il y comptât de nombreux et braves défenseurs. Les habitants de cette ville se plaisaient, à ce qu’il parait, à harceler les Normands. Une de leurs excursions irrita tellement Guillaume, alors Toi d'Angleterre, qu'il exigea que le roi de France, Philippe 1", lui livrât le Vcxin, ‘Pontoise , Chaumont et

I. Vovl TailU’pied, l'Antiquité de la ville de Pontoise, in-8*. 1587. — Mém. de l' Académie des insrri/Aiont et belles-lettres, t. XIX, — l.'alibc Trou t Recherches hiitorijfuei , archéologi quts , etc., sur Pontoise, gr. in-8n, 1811. — Recueil des historiens de France, U VIII. — (rallia christiana , lomts X et XI. — Joinville , Histoire de Saint Louis. — Journal de Paris sous Charles VI et Charles Vil.' — Leblanc, Traité des Monnaies , p. 165.

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