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laienl lus luis ut lus habitudes romaines, et laissaient l'administration municipale fonctionner, sous la prééminence de l’évêque, devenu , pendant la dislocation de l'empire, le défenseur des populations et le vrai chef de la cité. Toutefois bien des altérations s'étaient introduites et continuèrent à s’introduire dans l'organisation des municipalités. Le pouvoir central étant détruit , les villes de la même province n'eurent plus de lien entre elles. Les villes secondaires soumises jusqu'alois à la métropole furent contraintes de s'en détacher pour les besoins do leur propre défense; elles s'attribuèrent une organisation municipale complète, qui ne leur avait point appartenu jusqu'alors, et que nul ne vint leur contester. C'est à cette origine, selon toute apparence . que Riom, Issoire, Brloude, etc., durent la constitution municipale qu elles se trouvaient posséder auv xi* et xii* siècles, et qui fut confirmée par les chartes de h urs seigneurs. Un autre changement s'opéra : l'évêque, devenu magistrat civil , par la force des choses , entra peu à peu , dans la hiérarchie des fonctionnaires germains et lit cause commune avec eux; toutefois cette révolution n'arriva que plus tard. Au milieu de ces péripéties, la culture de l’esprit se soutenait chez les Àrvcrnes; l'écrivain qui clôt la liste des historiens romains, Grégoire de Tours, était Arvorne. Mais la domination brutale et ignorante des Kranks eut bientôt fait évanouir ces dernières lueurs de civilisation.
Le partage fait a la mort de Clovis entre ses enfants attribuait l'Arvernie à Thierry, roi d'Austrasie, dont Metz était la capitale. Les Arvemes n’avaient point oublié le Barbare qui les avait si durement traités : ils conspirèrent pour se donner à Childebert, roi de Paris, ou du moins un parti de nobles àrvcrnes se Gl fort de lui livrer Augustoncmetum pendant l’absence de Thierry, occupé à faire lu guerre eiiThuringe. Childebert, dons l'enivrement de ses espérances, répétait souvent : « Je voudrais bien voir de mes yeux cette Limagnc des Arvernes, que l'on dit si belle. » Il accourut en effet , mais il trouva les porti*s fermées, et il fallut qu'un sénateur nommé Arcadius lui en ouvrit une on cachette. A peine était-il entré que le bruit se répandit du retour de Thierry, sain et sauf, et victorieux do ses ennemis. Childebert, effrayé, s’enfuit sans même avoir vu la Limagne, «car, dit l'historien contemporain , il avait régné pendant tout ce temps un brouillard si épais, qu'on n’apercevait rien à dix pas de soi. » Thierry dissimula son ressentiment contre ceux qui l’avaient trahi; mais, à quelque temps de là, ses leudes ayant menacé de l'abandimner parce qu'il ne voulait pas accompagner ses frères dans une guerre contre le roi de Bourgogne, il leur tint ce discours :
« Suivez.-moi plutôt dans un pays où vous trouverez de l'or et de l'argent tant que vous en pouvez désirer, et d’où vous emporterez des troupeaux , des esclaves, des vêlements en abondance» ; ce pays, c’était l'Arvernie. Les leudes s'armèrent et suivirent leur roi. Ils traversèrent cette province, le fer et la flamme à lu main, dans toute sa longueur, réduisant en cendres ce qu’ils ne pouvaient pas enlever. Ils brûlèrent Clermont, château qui dominait Augustoncmetum, et commençait à substituer son nom à celui de la ville. Thiers éprouva le même traitement; Vollore et Murat, qui passaient jiour imprenables, furent forcées de capituler; il Brioude, les habitants s'étaient réfugiés dans l'église de Saint-Julien, avec tous leurs meubles, et les Kranks n'osaient briser la porte de peur de s'attirer ta colère du saint ; un soldat st* glissa par une fenêtre et ouvrit les clôtures sans
H ISTU1HË GÉNÉRALE les rompre, alors les Austrasiens se précipitèrent dans l'église , égorgèrent les prêtres au pied de l'autel , et réduisirent les habitants en captivité. « En quittant ce malheureux pays ils n’y laissèrent » , dit Grégoire de Tours, « que le sol qu'ils ne pouvaient pas emporter. »
Ces traitements n'étaient pas de nature à réconcilier l'Arvemie avec ses maîtres mérovingiens. Aussi lorsque Clothaire, devenu seul possesseur de l'empire frauk, eut confié à son (ils Chramne le gouvernement de cette province, les An crues fomentèrent une révolte, dans laquelle le fils prit les armes contre son père. On enunait la lin tragique de ce jeune homme, étranglé et brillé avec ses tilles et sa femme, par l’ordre de Clothaire, dans une cabane de l’Armorique. Mais les Arvemes ne se découragèrent [tas : ils soutinrent le rôle qu'ils avaient embrassé, soufflant le feu de la guerre dans toutes les cités du Midi, armant le comte contre le roi, le dis contre le père, le frère contre le frère, au profit de leur indépendance locale, et s'offrant toujours aux maîtres qu'ils n'avaient pas. I*ar ces manœuvres opiniâtres, ils parvinrent à créer entre les diverses provinces situées au midi de la Loire, une ligue de résistance aux rnis mérovingiens et une sorte d’unité politique. Le nom d'Aquitaine reparut alors comme dénomination d’un État nouveau , qui finit par se constituer et se donner des ducs indépendants, lai guerre de Charles-Martel contre Hunald, le second de ces ducs, attira sur l’Arveruie une longue suite de calamités. Pressée au midi par les Sarrasins, qui pénétrèrent jusqu’à Brioude, où ils profanèrent les reliques de saint Julien, elle n'eut pas moins à souffrir des demi-chrétiens d’Austrasie, pillards insatiables et spoliateurs des églises. La lutte, un moment calmée , se réveilla entre Pépin et Waifre, qui , ayant tué le Frnnk Hiiping, comte d'Arvemie, au nom du roi, mit à sa place le Gallo-Romain Blandin. Pépin vint en personne, à deux reprises, ravager les terres des Arverncs ; en 700, il s’empara de Clermont et brûla plusieurs châteaux de la province ; en 767, il enleva Scorailles, dans le haut pays, et détruisit Tournemire et Parusse. Charlemagne conquit tout le pays d'outre-Loire, et mit fin au pouvoir des ducs d'Aquitaine; mais, rendant hommage à un fait accompli, celui de la séparation du nord et du midi des Gaules, il constitua le duché en royaume, sous le gouvernement de son fils, Louis-le-ltébonnaire.
La création du royaume d'Aquitaine transporta au comté de Poitiers l'importance politique que f Auvergne avait eue jusqu'alors : nous pouvons désormais nous servir de ce mot pour désigner l'ancienne Arvernie, car nous arrivons dans l’histoire de France à l'époque de transformation où les idiomes modernes apparaissent et où les éléments d'une société nouvelle sortent du chaos de la conquête barbare. Tout en plaçant à Poitiers la capitale de ce royaume, Charlemagne voulut que le roi résidât un hiver, tous les quatre ans, dans le palais d’Ebreule, Eboloracum, situé sur le territoire auvergnat, au bord de 1a Sioule. Le règne de Lou is-le-Débon Daire en Aquitaine fut paisible; mais, quand il voulut transmettre ce royaume à son fils Pépin , à la condition qu’il resterait subordonné à Lothaire , son aîné, Pépin et les Aquitains se révoltèrent. Louis, irrité , fit don de l’Aquitaine, en 832, à son dernier fils , Charles-le-Chauve ; il en résulta une guerre sanglante. Pépin étant mort en laissant un fils du même nom que lui, Louis le dépouilla de la succession de son père et voulut installer le jeune Charles A main
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armée. Il |wssa l’Ailier et entra en Auvergne où il ne rencontra d'abord que des amis, car les habitants de Clermont vinrent au-devant de lui et pistèrent fidélité à son fils; mais la montagne était occupée par les partisans de Pépin II qui défendirent pied à pied leurs âpres vallées; si bien que l’année royale, accablée de fatigues et manquant de tout , gagna précipitamment Poitiers, où Cliarles-le-Chauve fut couronné.
Après la mort de Louis-le-Débonnaire , la division persistant entre les villes d'Aquitaine, le comté d'Auvergne se rallia tout entier au roi Charles, et lui envoya ses milices qui se comportèrent vaillamment à la bataille de Fontenay. Pépin il , pour se venger, ap|>ela les Normands à son aide, et les déchaîna sur les riches plaines qui avoisinent Clermont ; une fois la route connue, des hommes du Nord reparurent périodiquement. Clermont fut brûlé et la campagne horriblement ravagée. Le comte Étienne eut la gloire de délivrer enfin la province de ces Barbares: il les délit, en 86.1, dans une glande bataille où lui-mème périt. Plus célèbre que lui dans l’histoire, mais moins honnête, le successeur d’ÉÜenùe figura au premier rang de ces hommes rusés, braves, et médiocrement consciencieux, qui tenaient le lil embrouillé des a d'aires de te temps : il se nommait Bernard, et fut tour à tour ami et ennemi de Charles-lc-Chauve, instigateur et adversaire des grands vassaux qui travaillaient à la décomposition du royaume, conseiller du roi l.ouis-le-Bègue et tuteur de son lils : ce comte d'Auvergne est le dernier qui ait porté le caractère de fonctionnaire royal ; après lui l’hérédité commença.
Cependant, la dynastie carlovingienne éprouvait le sort qu'elle avait fait subir aux Mérovingiens ; Eudes , comte de Paris, nommé roi de France par une assemblée de seigneurs réunis à Compiègne, voulut tout aussitôt se faire reconnaître au delà de la Loire et attaqua l'Auvergne; Raoul à son tour y porta la guerre, car les Auvergnats, après avoir vécu en opposition permanente contre les descendants de Cluuiemague, s’étaient pris pour eux d’un beau dévouement quand ils les avaient vus tomber. Après la déposition de Charles-le-Simple, les actes passés en Auvergne continuèrent à être datés des années de ce roi déchu; quand il fut mort , on les data des années de son décès : « Christ régnant , b' roi manquant ». Vis-à-vis de Uugues-Capet l'attitude des Auvergnats ne fut pas moins hostile; ils le traitèrent en usurpateur, ne reconnaissant d'autre maître que le prétendant Charles de Lorraine qui était en effet un maiti e fort commode.
Ce qu'on appelait au commencement du xi* siècle le comté d’Auveigne renfermait toute la province actuelle, plus la partie du Bourbonnais qui dépend du diocèse de Clermont, et aussi, à ce qu'on croit , une portion du Vélay. Ce vaste territoire avait deux puissants voisins, avec lesquels les rapports étaient difficiles et les collisions dangereuses : le roi de France au nord, et à l'occident le comte de Poitiers, qui, ayant immobilisé dans ses mains le titre de duc d’Aquitaine, prétendait en cette qualité à la suzeraineté de l’Auvergne. La politique des seigneurs de celte province fut de louvoyer entre ces deux écueils, d'opposer toujours le roi de France au duc d'Aquitaine, et le duc d’Aquitaine au roi de France, et de changer de suzerain, suivant le cas. Voilà pour le dehors. Au dedans, le territoire auvergnat avait subi la loi du morcellement féodal; il s’y
était formé de grandes et petites seigneuries, et dans ce pays de montagnes, où chaque rocher avait son château , le nombre des seigneuries inférieures fut considérable. Elles se groupaient sous la main de sept ou huit grands barons , qui, à leur tour, prêtaient foi et hommage aux comtes. Tels étaient les vicomtes de la Tour d'Auvergne, issus d'une branche des comtes ; ceux de Murat et de Cariai, qui tenaient le haut pays ; celui de Thiers, qui dominait à l'est ; les barons, depuis comtes et ducs de Montpensier, rameaux détachés des vicomtes de Thiers, et dont Aiguepcrse était le chef-lieu ; les barons de Mercosur, possesseurs de la ville d'Ardes et d'une partie de la vallée du l’Ailier etc. , etc. Riom était la capitale du comté et la résidence des comtes d’Auvergne.
A ces glandes seigneuries laïques il faut ajouter des seigneuries ecclésiastiques non moins importantes. La première en date comme en foire était la ville de Clermont , qui formait dans l’intérieur, du comté d’Auvergne un comté particulier, sous la domination de l'évêque et de son chapitre. Après Clermont, venait Brioude, ville vassale d'un chapitre où les chanoines moitié prêtres, moitié hommes de guerre, maniaient également bien le missel et l’épée, et qui, institués pour protéger les pèlerins qui se rendaient de toutes parts au tombeau de saint Julien, purent servir de modèle aux ordres de chevalerie monastique oiganisés plus tard à la Terre-Sainte. Issoire était , en partie , sous l'autorité du comte d’Auvergne, en partie sous celle de l'abbé de Saint-Austremoine, ou dn moins tous deux s’eu disputaient la possession. Iles villes nouvelles se formaient autour de plusieurs monastères, vers lesquels se portait la piété publique : Aurillae , près d'une abbaye, crée en 915 par Saint-Géraud , de la famille des comtes; Mauriac et Mauzae, près de deux établissements de l’ordre de Saint- Benoît. Une maison religieuse de femmes donnait naissauce à la ville de Cusset, et, en 1051, l’abbay e de La Chaise-Dieu , la plus riche de toute la province, devint le noyau d’un des lieux principaux de la basse Auvergne. On aurait peine à énumérer tous les fiefs ecclésiastiques, tant la ferveur religieuse était grande parmi le peuple et l'usurpation hardie de la pari des chefs de communauté. Il est juste d'ajouter que ces monastères, dont l'Auvergne se couvrait alors, coopérèrent grandement à son importance et à sa gloire. Les religieux d'Aurillac entretenaient dans leur abbaye une école llorissante, d’où sortiront quelques-uns des plus grands maîtres du temps. Quand on la comparait à celle de Luxeuil , on disait qu’elle l’emportait par l'érudition , et l’autre par l'art de bien dire. Géraud de Saint-Céré et Ray mond de Lavaur, acquirent une grande célébrité dans cette école monastique, où fut élevé Herbert. Nul homme ne fut plus grand, daus ce siècle, que le pâtre auvergnat, devenu moine, puis archevêque de Reims et de- Ravenne, et enfin pape sous le nom de Sy lvestre II. Il savait tout ce qu'on pouvait savoir de son temps : rhétorique, mathématiques , astronomie , médecine; on alla jusqu'à l'accuser de magie. Ce fut lui qui introduisit en France les chiffres arabes , et on lui attribue l'inveution de la première horloge dont le mouvement fut réglé par un balancier. L’abbaye de Sauxillauges produisit, dans le siècle suivant, un homme qui ne fut guère moins illustre, Pierre le Vénérable, fils de Pierre de Montboissier, lequel se prétendait issu des anciens rois arvernes : Pierre fut l'ami d'Abeiiard et son protecteur, et l’adversaire de saint Bernard ,
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dont In rigidité excessive le choquait, malgré ses vertus incontestées. La vie de Pierre de Montboissier ne fut pas bornée aux services du cloître : les mis de France et les papes, confiants à la fois dans sa droiture et dans son habileté, l'employèrent avec succès aux affaires les plus délicates de son temps.
Avec cette réputation, répandue au loin, de science et de ferveur religieuse , on ne doit pas s'étonner que l'Auvergne ait été choisie par Urbain II pour y prêcher la croisade, et que Clermont ait vu siéger dans ses murs un des plus grands conciles dont s’honore la chrétienté. D'ailleurs la première idée des croisades appartenait à un pape auvergnat, à Gcrbert dont nous venons de parler. Le concile de Clermont s’ouvrit le 18 novembre 1095, sous la présidence d’Urbain : trois cent soixante-dix prélats, dont treize archevêques, assistés de leurs suffragants, et vingt abbés, s’v trouvèrent réunis. Au cri de Dieu le veut! les seigneurs présents s'ehrôlèrent sous le commandement d'Aymard de Monteil, évêque du Puy, qui avait autrefois porté la cuirasse; le fils du comte d'Auvergne, Guilioume VI partit accompagnée du baron de la Tour et des seigneurs de Beaufort, de Dienne, d'Apchon, de Mardogne, de Montmorin, de Tournemire, etc. Ce fût à qui attacherait la croix rouge à son épaule , et ce premier ban de croisés auvergnats fut suivi d’un second, puis d’un troisième; ils entrèrent même en assez grand nombre dans l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, pour que la deuxième des Langues de cet ordre prit le nom de Langue d'Auvergne. La milice monastique et guerrière du Temple en reçut également de vaillantes recrues qui comptèrent parmi les hauts dignitaires de l'institution, mais aussi parmi les instruments de sa perte.
Quoique en général les comtes d’Auvergne supportassent impatiemment la domination temporelle des évêques dans la ville et le comté de Clermont , Guillaume V vécut en bonne intelligence avec le sien à qui il concéda même, en pénitence de quelques péchés sur lesquels l’histoire se tait , le droit de battre monnaie et les profits résultants de ce droit. Mais on n'apprenait guère à la croisade le respect du clergé et des biens de l'Église. Après la mort de Guillaume V, son fils, Guillaume VI, revenu de la Terre-Sainte, se montra moins timoré : à la première difficulté, il s'empara de la cathédrale, la fortifia et y mit garnison. L’évêque se plaignit au roi de France, qui dans la règle féodale était le protecteur et le gardien des églises de fondation royale. On sait assez quel était Louis-le-Gros, qui occupait alors le trône de Hugugs-Capet : actif, entreprenant, toujours prêt à s'immiscer dans les querelles des seigneurs, pour fonder sa suprématie et abaisser l'orgueil des grands vassaux, au premier mot de l’évêque demandant justice, il entra en Auvergne à la tète d’une armée (11-21); chassa de Clermont les soldats du comte, et suivant le mot de l'historien contemporain Suger, il rendit l’église a Dieu , les tours au clergé et la cité à l’évêque. Guillaume se soumit, mais pour recommencer bientôt; et, cette fois, il s’adressa au duc d'Aquitaine comme à son suzerain, tandis que l’évêque recourait encore au roi de France. Louis , plus prompt que le duc, vint assiéger Montferrand qui appartenait au comte, et ayant pris cent hommes de la garnison il h-s renvoya, pour l'exemple, avec la main droite coupée et placée dans leur main gauche. Ce traitement rigoureux effraya les habitants, qui se rendirent. Sur ces entrefaites le comte de Poitiers, duc d’Aquitaine, arriva avec
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ses troupes, et vint camper dans les montagnes situées au delà du Puy-dt*-f)ôme. Effrayé de la bonne attitude -des troupes royales, il voulut parlementer avant de combattre, « Sire, lit-il dire à Louis-le-Gros , le duc d’Aquitaine votre homme vous souhaite toute sorte d’honneur et de prospérité. Ce qu'il prend la liberté de vous demander, c'est que vous receviez son hommage en lui conservant son droit. Caria même justice qui impose la loi de la soumission au vassal, evige du suzerain une domination équitable. Si le comte d’Auvergne qui relève de moi, comme je rclèv e de vous , a commis quelque délit à votre égard , je suis tenu de le représenter au tribunal de votre cour : c’est ce (tue je n’ai jamais empêché, et ce que j’offre actuellement de faire; et aün que vous ne soyez en doute à ce sujet, je suis prêt à vous donner des otages si les grands du royaume le jugent à propos. » Le roi marqua un jour aux parties pour paraître devant lui à Orléans, mais elles prévinrent le jugement de la cour par un accommodement. Toutefois, le grand justicier fut tdiligé de se mettre de nouveau en campagne pour cliàtier le comte qui s'était uni au vicomte de Polignoc pour dévaster les terres des églises de Clermont et du Ptiy : battus et faits prisonniers, ils prêtèrent serment de cesser leurs brigandages.
Enfin tîuillaumc VI s'ennuya de cette vie de désordres; il se démit de son comté qu'il Ht passer à son lils Robert III , avec son aversion contre les seigneurs ecclésiastiques. Robert III tourmenta les chanoines de Brioude comme Guillaume VI avait tourmenté l’évêque de Clermont : ce fut l'unique exploit de son règne ; et il mourut du vivant de son père, laissant un lils mineur, Guillaume Vil, surnommé le Jeune, qui faisait ses premières armes à la Terre-Sainte, et un frère puîné, appelé aussi Guillaume, et distingué de son neveu |>ar la qualification de Vieux.
Naturellement, Giiillaume-le-Jeuiie devait hériter du comté d'Auvergne, mais Guillaume-le-Vieux profita de sa minorité et de sa longue absence pour le lui enlever. Son prétexte fut que Guillaume VI ayant survécu à Robert III , son fils aîné, c'était à lui, lils puîné, que revenait l'héritage; car le fils, disait-il , devait succéder, par préférence, au petit-fils. Guillaume VII , à son retour de Palestine, trouva donc son comté envahi; pour se faire rendre justice, il s’adressa à son suzerain , le duc d’Aquitaine : Guillaume VIII aussitôt recourut au roi de France, Louis-lc-Jeunc , et on vit se renouveler, entre le souverain et le suzerain , la querelle du règne précédent. Le duché d’Aquitaine venait de tomber entre les mains d'Henri II, roi d'Angleterre, par suite de son mariage avec Éléonore de Poitiers : les deux rois ne s'aimaient pas, et la querelle des comtes auvergnats se changea entre eux en une guerre personnelle. Le roi d’Angleterre revendiquait la connaissance de l’affaire , par ce principe que le vassal ne pouvait se pourvoir à la cour du souverain qu’en cas que le seigneur médiat refusât justice à ses hommes; et que lui, suzerain, ofirait de la rendre. Louis soutint le contraire; • on lie conv int de rien et on se battit ( 1 17 1 }. Le différend continua entre Philippe- Auguste et Henri II (1180), puis entre Philippe-Auguste et Kichard-Cœur-de- Uon (1189). L’Auvergne et les provinces voisines furent le théâtre de cette lutte , dont les deux Guillaumes n'étaient plus que le prétexte, car ils avaient fini par se réconcilier moyennant un partage de territoire. En vertu de cet arrangement , l’oncle conservait le litre et la majeure partie du comté; le neveu recevait