‹ Histoire des villes de FranceChapitre 28 sur 137 · MIRAT. — MAURIAC · texte numérisé non relu

MIRAT. — MAURIAC

anciennement élevée en l'honneur «le cet apôtre. On y lient aujourd'hui une foire annuelle Irès-fréquentée. Une fille de Chlodwig, nommée Théodechilde , lit grand tort à la célébrité du saint; car c’est au monastère que fonda celte princesse qu'on rattache, sinon l'origine, du moins les premiers accroissements de la ville. Tliécdorik avait donné à sa sœur Théodechilde, qui l’avait accompagné dans son expédition contre l'Auvergne, le château de Moncelli pour résidence. Un soir, cette princesse, appuyée sur les créneaux des hautes tours, crut voir briller au loin une lumière dans lu forêt voisine; elle ordonna aussitôt à ses serviteurs de prendre des flambeaux et de parcourir le bois pour chercher d’où provenait cette lumière; elle-même les suivit, et un étrange spectacle s’offrit bientôt à ses yeux. Au milieu de la forêt, sous un dôme de verdure formant un temple naturel , deux lions accroupis gardaient une statue de la Vierge. Théodechilde comprit que la Vierge voulait être honorée en ce lieu, et y fit élever une chapelle. Pour la desservir, elle fonda un monastère sur l’emplacement du ch&teau de Moncelli, rasé par son ordre, et elle le dota, avec les biens enlevés nu comte Hazolus qui , retenu prisonnier depuis sa défaite par Théodorik , reçut alors la permission de s’y retirer. Le monastère s'agrandit par la suite, et, en 8-20 , une magnifique église y fut construite. A cette date, Louis-le-l)ébonuaire accorda une charte aux moiiœs de Saint-Benoit , qui étaient venus s'y établir.

En 1357, l'Anglais Robert Knolles, s’empara de Mauriac. Pendant les guerris de religion, en 157k, les protestants s’en rendirent aussi maîtres. La ville fut mise au pillage , l’église du monastère détruite , et les reliipies de saint Mary jetées dans les flammes d’où on les retira à demi consumées. Cependant l'ancienne église de Notre-Dame des .Miracles est encore debout aujourd'hui ; le chœur, les absides latérales, les transsepts et la première travée de la ncr, datent de la fin du xr siècle. C'est un monument remarquable à plus d’un titre. Les édifices récents offrent un aspect bleuâtre , provenant de la qualité de la pierre dolérite, employé»; à leur construction ; ils sout généralement dus à M. de Monthyon. La fontaine , en forme d’obélisque , qu’on voit à l’extrémité «le la pi omenude de la Placette , est son ouvrage. On y lit une inscription qui fait l'éloge du vénérable intendant. Marmoritel en est l’auteur; quoi qu’il ne fût pas Auvergnat, fauteur des Contes moraux avait fait ses études au collège de Mauriac et séjourné longtemps en Auvergne. Parmi les hommes un peu considérables, nés dans la ville même, on cite saint Odilon , abbé deCluny, auteur de la vie «le saint (léraud d’Aurillac, et l’abbé ('.happe d' Auteroche , célèbre astronome, qui fut envoyé en Sibérie, en 1760, pour observer le passage de Vénus. Cette ville, aujouid’hui l’un des trois chefs-lieux de sous-préfecture du Cantal , n’a pas plus de 3,530 habitants, et l’arrondissement n’en compte que 62,860. Il se fait à Mauriac un grand commerce de bêtes à cornes, de mulets, de chevaux estimés, de moutons et de cochons gras; ses foires, au nombre de huit, sont très-fréquentées. 1

1. Grégoire île Tours, Hist. Franc; Glor. martyr. — G allia christiana. — D'Expilly , Dictionnaire de» Gaule». — Taylor et Nodier, Voyage en Auvergne. — Juvoiial des Ursins, Histoire de Charte» VI. — Deribier Du Chàlelet, Statistique du Cantal. — Le Grand d’Anssy, Voyage en Auvergne. — ImbertUs, Guerre » religieuse» d’Auvergne.

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