‹ Histoire des villes de FranceChapitre 41 sur 137 · BOURGANEUF · texte numérisé non relu

BOURGANEUF

Bourganeuf ( Burgus Novus), dans la haute Marche, était autrefois le chef-lieu du grand-prieuré d'Auvergne; cette petite ville, qui, dès la lin du xi* siècle (1096), appartenait aux templiers, et qui passa, au commencement du xiv%

I. Le p^re Bonaventurc , Histoire de Saint-Martial. — Chronique du Vigeoie. — Chronique d'Adémar de Chabaunais. — Spicilegium. — Uitloire des grands officiers de la couronne, par le père Anselme. — Gallia christiana. — Dubouchet, Généalogie de la maison d'Aubutson. — Brief discours sur la défaite des huguenots dans la haute Marche , en 1588. — Joullicton, Histoire de la Marche. — L’Ancien Bourbonnais , par Achille Allier, continué par Ad. Michel .cl IKkli&sicr. — Album pittoresque de la Creuse. — Archives générales du royaume, pièces relatives à la religion prétendue réformée. — Rapports manuscrits des intendants de la généralité de Moulins , etc. , etc.

LIMOUSIN. -MARCHE

entre les mains des chevaliers de Rhodes, n’est célèbre dans l'histoire, que par la résidence du „ prince Zizim ou Djem, frère de IlajAePlI , auquel il avait disputé le trône des sultans. Pierre d'Aubusson , grand maitre de l'ordre, accueillit d’abord Zizim dans l'tle de Rhodes, en 1182; puis-, l’ayant envoyé en France, au mois de septembre de la même année, pour le soustraire aux embûches de Bqjazct, il l'établit au château de Rocheclinard, en Dauphine , d'où il le fit transférer dans sa -coinmanderie de Bourganeuf. Le jeune exilé y lit construire, dit-on, une grosse tour, très-forte, et revêtue de pierres taillées en pointe de diamant , à laquelle est resté son nom ; il y demeura pendant six ans, gardé à vue par les chevaliers de Saint-Jean , traité pourtant avec tous les égards dus à son rang et à son infortune , et refusant fièrement d'abjurer la foi musulmane. En 1489 , le roi de France le confia aux députes du pape Innocent VIII , malgré les avantages que lui proposait l'empereur des Turcs, s'il consentait i se dessaisir en sa faveur d'un prisonnier de cette importance; six ans après, Charles VIII entrait vainqueur è Rome et sommait le nouveau pape, Alexandre VI , de lui rendre Zizim, qu'il retenait près de sa personne au château Saint- Ange.' Le pape ne céda qu'avec beaucoup de peine à scs réclamations et à scs menaces. Zizim, remis enfin entre les mains du roi, expira, le 26 février 1495, des suites d’un poison lent que lui avait fait prendre l’infâme Borgia , selon le témoignage de Comines; c'était le prix des trois cent mille ducats que Bajazet avait offerts i Alexandre VI, afin a qu’il lui plut délivrer Djem des angoises de ce monde et l’envoyer dans un. monde meilleur ». '

Cet épisode est le seul fait digne d’intérêt que nous présente la chronique locale de Bourganeuf. La ville s'élève sur une éminence, dans un site assez agréable, non loin de la rive gauche du Taurion : c’était, avant la Révolution, le siège d'une justice royale, et le chef-lieu d’une élection dépendant de l’intendance de Limoges : il n’y avait qu’une paroisse dont le curé, nommé anciennement par le grand prieur d’Auvergne, portait le titre de paler, père, et dont l’église, bâtie au xiia siècle et restaurée au xv, était qualifiée, en 1370, de préceplortrie. Bourganeuf figure aujourd'hui comme chef-lieu de sous-préfecture dans le département de la Creuse; on y exploite une manufacture de porcelaine et il s'y fait un commerce considérable de cire. L’arrondissement renferme près de 40,000 âmes, et la ville un peu plus de 3,000. On voit aux environs, dans le voisinage de Pontarion , une réunion très-curieuse de monuments celtiques. N’oublions pas de dire, eu terminant , que Bourganeuf a donné son nom à un bassin houillcr qui étend ses ramifications dans trois autres communes ; celles de Bosmorcau, de Thauron et de Saint-Dizier. '

1- Connues. — Joiillielon, Histoire de la Marche et de la Combraille. — Tri[»ou, Historique monumental. — Dictionnaire d'Expilly.

Page 1