FLORAC
On ne sait rien sur le château de Florac , si ce n'est que son origine remonte A une époque fort reculée et qu’il devint le siège de la baronnie de ce nom. Une ville ayant droit de représentation aux États de Languedoc s’éleva A l'ombre du chAteau. Sans doute les événements politiques et militaires qui agitèrent le Gévaudan, et en particulier Mende, ne furent point, au moyen âge, sans retentissement ni sans contre-coup A Florac. Ce n'est pourtant qu’au milieu du xvi* siècle qu'il est question de cette petite ville pour la première fois : nous voyons le baron de Florac siéger aux États de Languedoc, réunis à Béziers, en 1576, A l’occasion des troubles de la religion. Il réparait aux deux assemblées de 1570 et de 1585, qui se réunissent, celle-là, à Castelnnudary, celle-ci, A Béziers. Lorsque la Ligue
I. Histoire générale de Languedoc. — Archives du domaine de Montpellier. — Hètel de ville de Marvejols. — Pi#aniol, Description de la France, t. Vt.
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a scs États, le baron de Florac continue de siéger avec les députes du parti du roi : c’est ainsi qu'il figure parmi les membres de la noblesse royaliste è Péxénas, en 1596.
Cependant , dès 1562, les protestants s'étaient emparés de Florac et en avaient expulsé les ennemis de leur religion. Les catholiques , au mois d'octobre de la même année, voulurent prendre leur revanche. D’Apchier, La Goize, le baron de Saint-Vidal, La Fare, Treillans, et plusieurs autres seigneurs, se présentèrent avec deux mille hommes devant Florac. La ville tint si bien , qu'aprés huit jours de siège, les catholiques, instruits de la prochaine arrivée de Beaudiné, & la tête d’un corps de troupes , décampèrent à la hâte. Le même La Fare revient à la charge, contre Florac, le 4 avril 1563, tandis que d’Apchier serre de près Espagnac. Le premier de ces seigneurs était mû surtout dans cette entreprise par le désir d'enlever une jeune fille d’une rare beauté, enfermée dans la ville, et dont il était éperdument amoureux. Beaudiné instruit le comte de Crussol du danger que courent les deux places. Crussol fait un appel à la noblesse calviniste duVivarais , du Gévaudan et des Cévcnncs ; et cette brave milice , prenant aussitôt les armes , rejoint Beaudiné près d'un village situé dans les environs de Florac. La Fare et d'Apchier sont encore contraints de lâcher prise. Lorsque, sous le règne de Louis XIII, les calvinistes du Gévaudan s’armèrent à la voix du duc de Rohan, en 1626, Florac fut une des villes qui souscrivirent au serment d'union et reçurent des garnisons protestantes. Le marquis des Portes , commandant des Cévennes, la reprit, le 8 novembre 1627, sans pouvoir toutefois la conserver au roi ; Montredon , chef du Colloque de Saint-Germain , la ressaisit presque sous les yeux des deux mille hommes qne le marquis avait réunis pour la secourir (1627). Florac ne fit sa soumission à louis XIII qu’aprés la prise de La Rochelle , comme on le voit par le préambule de l'édit de pacification , publié à Nîmes le 14 juillet 1629.
Florac , depuis la Révolution , figure au nombre des trois sous-préfectures de la Lozère : ce n'est guère qu'une longue rue, coupée par une petite place et traversée par une grande route; mais cette ville, bâtie sur la rive gauche du Tarnon, non loin de son confluent avec le Tarn et la Mimente, est enchâssée dans un frais et étroit vallon , comme dans un champ d'émeraudes. Ce sont , en bas, de belles prairies parées d'arbres fruitiers ; plus haut , des coteaux tapissés de vignes : ailleurs , enfin , des rochers escarpés d'où jaillit une fontaine qui coule dans la ville et y remplit deux bassins, disposés en cascades, de ses eaux abondantes et limpides. Cette fontaine a des propriétés minérales acidulés. En un mot, c’est là un de ces lieux modestes dont la vue charme, et où l’on sent qu’il fait bon vivre. On compte environ 2,000 habitants à Florac , et 41 ,000 dans l’arrondissement. La ville est peu commerçante; elle a un tribunal de première instance et une société d'agriculture. Guillaume de Grimoald, qui , appelé à la papauté en 1362, prit le nom d’Urbain V, naquit à Grisac, dans les environs de Florac. '
I. Dora Vaisselle, Histoire de Ijmgutdoc. — Mercure de France. — Annuaires de la Lozère.