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que lui avaient amené Robert , archevêque de Rouen, Robert, élu évêque de I.aon, et Guillaume, archidiacre de Paris, H rentre, sans coup férir, dans lés châteaux de Gaillac , de liabastens et de Montaigu , détruit de fond en comble ceux de Saint-Marcel et de la Gucpic, et, sur la frontière, assiège, prend et saccage Saint-Antonin, dont il laisse le gouvernement à Beaudoin. Son frère , Gui de Moulfoii . reçoit en fief la ville de Rabastens pour prix de scs services ( tîl2| ; seigneurie à laquelle il ajouta, plus tard, celle de Lombcrs, par son mariage avec Briaude, veuve de Lambert de Thurei, chevalier français, qui tenait cette barimnie du comte de Leiccster. Simon jKirait même avoir inféodé à son frère toute lu partie de l’Albigeois bornée par la cive gauche du Tarn , sans pouvoir cr|>endant lui en assurer la jouissance. Lorsque Gui de Montfort fut tué d'up coup de flèche au siège de Vareilles, dans le comté de Foix ( 13 janvier 12-28), son second fils.
Gui, né de son union avec Briande, hérita des deux fiels de Rabastens et de Lombers. Philippe, son autre fils, issu de son mariage avec Elvire d'Ybclm, sa première femme , obtint [dus tard le pays siiué à la gauche du Tarn.
On peut dire que pendant la guerre d'Albigcois, ta politique de la cour de Rome, les ados de ses légats, tes fureurs du clergé et les crimes du chef de la croisade , furent la justification la plus complète des. hérétiques. Jamais armée triomphante n'insulta, ne pilla , n'incendia plus impitoyablement un pays conquis ; jamais de plus hideux excès ni de plus froides cruautés ne furent exercés sur des vaincus , des femmes et des enfants ; la résistance aux croisés était punie connue une révolte, et presque toujours on massacrait ou pendait sans miséri-,4 cordé la garnison qui avait fait preuve de courage dans la défense d'une place . forte. Quelquefois, au lieu d’ûter la vie aux malheureux prisonniers, on leur Y.” crevait les yeux , et on leur coupait la magret le nez , un seul d'entre eux étant épargné pour servir de guide aux autres. -Ces actes de sauvage barbarie provoquaient des représailles non moins atroces de la part des Languedociens ou de celle de leurs seigneurs les comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges. Quant aux hérétiques, il n'était pas un homme, sous la bannière de l'Église, légat, évéque, prêtre, moine, chef, chevalier ou artisan, qui ne fut animé, pour leur extermination , d'uu ardent fanatisme ; on craiguait tellement de les voir échapper à l’épée ou aux flammes, que les populations mixtes, ou douteuses , étaient, pour plus do sûreté , égorgées en masse. Le généralissime de la croisade, l'abbé Arnaud, n'avait-il pas donné le mot d'ordre aux siens, dés l’ouverture de la campagne; ne l’avail-on pas entendu dire, pendant le sac de Béziers, au sujet des catholiques, mêlés par milliers aux Yaudois : Tuezles tou», car Dieu eonnait ceux qui sont à lui! (1209). L'annéa suivante, il est stipulé, dans la capitulation du château de Minerve , que les hérétiques auront la vie sauve, s’ils abjurent leurs erreurs; là-dessus, Robert de Mauvoisin, un des chevaliers de Simon de Montfort, s’écrie avec colère » qu’on est venu pour exterminer les hérétiques et non pour leur faire grâce ; » mais l'abbé de Cftcaux lui ferme la bouche par celte réplique, qui vaut bien le terrible mot de Béziers : Hassurez-vws , vous n’acts rien à craindre, parce que peu se convertiront ( 1210).
A Castres, ville de l'Albigeois, on se dispose, par l'ordre de Montfort, h briller vif un ministre ou parfait avec un de ses néophytes : celui-ci , effrayé, des apprêts vi. 72 •
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du supplice ou éclairé par lu grâce, demande à abjurer. Le comte Simon n’en ordonne pas moins de le brûler avec l’autre. Taisant observer que s'il est véritablement converti , sa peine sera une expiation pour ses péchés, et que si , au contraire, sa conversion est feinte, il subira le talion pour sa perfidie. Du reste, les hérétiques étaient, en général, trop fermement attachés à leurs croyances religieuses pour racheter leur existence au prix d’une apostasie : hommes, femmes, parfaits ou simples croyants, tous préféraient la mort, s'y exhortaieut mutuellement, se précipitaient eux - mêmes dans les flammes, et, selon le témoignage de dom Vaisselle, « mouraient avec un courage digne d’une meilleure cause. » Après la prise d'une ville ou d’un château , on dressait presque toujours un immense bûcher pour ces exécutions collectives, qui rappelaient les sacrifices humains de la Gaule druidique ; c'est ainsi que quatre cents hérétiques parfaits périrent, eu une seule fois, par le feu, â Carcassonne (1209) ; qu’on en brûla aussi/ d’un seul coup, de cent trente-sept à cent quatre-vingt-sept à Minerve (1210) ; et qu’cnün, quatre cents autres sectaires subirent la même peine à l^avaur ( 121 f ) . Pierre de Vaux-Semay nous apprend que les croisés assistaient h ces affreux spectacles avec une joie extrême.
La guerre de (a croisade fut, en quelque sorte, la passion de la nation languedocienne, et rien ne manqua à ce crucifiement do tout un peuple : ni les insultes des pharisiens, ni la flagellation, ni la couronne d'épines, ni le coup de lance, ni les stigmates d'une longue agonie. Seulement cette fin douloureuse du Languedoc du moyen âge , expirant étouffé dans son propre sang, ne devait avoir ni lendemain ni résurrection. Il tomba tellement meurtri sous les coups de Simon de Montfort qu'il ne put jamais se relever pour reprendre son existence individuelle , comme état indépendant. Ce fameux capitaine fit donc plus que donner la victoire à l'Église et ramener le pays d’Albigeois à l’unité, religieuse : son épée assura la conquête politique du Midi par le Nord , et prépara l'assimilation complète des deux grandes divisions territoriales de la France. Quand les rois Louis VIII et Louis IX mirent le pied- dans le l.anguedoc , ils le trouvèrent si bien façonné à la domination étrangère, qu’ils en accomplirent presque sans effort la réunion à la monarchie. Non pas que Simon ait eût la conscience de sa mission providentielle, ni qu'il ait obéi à un sentiment élevé de patriotisme; peu importait à son ambition de'relevcr de la- couronne d’Aragon ou de celle de France, pourvu qu'elle fût largement satisfaite'; mais il avait ces instincts, celte éducation , ces habitudes , et , il faut bien le dire , ces préjugés français , qui, à part son intérêt personnel, devaient le1 rendre profondément hoslHe à l’esprit, aux retours , aux lumières et à la civilisation méridionales: peut-être même est-ce là, tout en n'oubliant point la puissance des liassions religieuses du temps, que nous devons chercher l'explication de l'enthousiasme profond et universel qui s’était attaché .rsa personne, et dont il recueillit partout des preuves sur son passage, quand il se rendit à Paris pour faire hommage des pays conquis au roi de France ( 1216). Quoi qu'il en sort, les languedociens furent traités par Simon de Montfort et ses chevaliers de la langue française ( tinguœ gallicie), comme les Saxons de l'Angleterre par Guillaume-le-Râtard et ses Normands. Le chef des croisés entra parfaitement dans les vues du saint-siège, qui , pour mieux
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extirper l'esprit de révolte religieuse, voulait détruire l'existence morale des peuples du Languedoc.
Les trois légats, Arnaud , abbé de Clteaux, le chanoine Thédise, et Raymond, évéque d'L'scz, avaient suffisamment montré au concile d’Arles l'esprit dont la cour de Home était animée k l'égard des Languedociens. Sous leur inspiration , les Pères de cette assemblée déclarèrent à Baymond VU qu'il ne ferait In paix avec l'Église qu’aux conditions les plus humiliantes pour ses sujets : il devait défendre, à tous les habitants de ses domaiues, de servir, à chaque repas, plus de deux sortes de viandes sur leurs tables ; nobles ou roturiers, ils ne pourraient faire usage de vêtements, de prix, et il lenr serait seulement permis de porter des ■chappet noires ou mauvais*'; de plus, l’autorisation d'habiter les villes serait particulièrement refusée aux gentilshommes, qu’on reléguerait dans les campagnes, etc. ( 121 tj. Ia‘ pape se dédommagea de n'avoir pu imposer ces art ides au comte de Toulouse, par la confiscation des biens des sectaires qui avaient pris In fuite et qu’on appelait faidits (faiditos). Presque toutes les terres de la noblesse des pays conquis, furent. mises ainsi en séquestre entre les mains du clergé, dans les diocèses de Toulouse, d'Alby, de Béziers, de Carcassonne et de Narbonne, et, par l'ordre d’innocent tll , Simon de Montfort en put disposer comme bon lui sembla. Le chef des croisés , qui voulait s'entourer d'hommes dévoués à ses intérêts, les donna en fief aux chevaliers français. Le plus célèbre de ces colons militaires. Gui de Lévis, maréchal d’ Albigeois, ou maréchal de farinée de la l'oy, reçut de Montfort la seigneurie de Mircpoix, confisquée sur ses anciens seigneurs pour cause d'hérésie; il y ajouta d'autres domaines, qu'il dut également à la. libéralité de Montfort, et transmit tous ces fiefs à ses héritiers, sous le uom de terre du maréchal.
I t'a près les règlements du. cardinal-légat, Pierre de Bénévent, les chevaliers languedociens qui se trouvaient dans la catégorie des faidits, purent, en 1215, circuler partout où ils voudraient; mais « à condition qu'ils [rentreraient pos .dans les villes murées; qu’ils marcheraient sans armes; qu’ils ne monteraient que sur de simples coussins et qu'ils ne porteraient qu’un éperon, a L’ordonnance du |>arlcment de Panpers est conçue dans le même esprit. Simon de Montfort réunit, à la fin du mois de novembre 1212, dans. cette ville, des députés de la noblesse et de la bourgeoisie du Languedoc, auxquels se réunirent l’archevêque de Bordeaux et les évêques de Toulouse, de Carcassonne, d'Agen, de Périgueux, de Conserans et de Bigorre ; et, sur son invitation, une commission composée de douze membres, choisis par l'assemblée èt au nombre desquels figuraient quatre chevaliers français, fut chargée de rédiger des statuts pour le gouvernement du pays. La commission présenta un travail, divisé en quarante-six articles, qui reçut la sanction des trois États. L'ordonnance avait pour but d'assurer l’extirpation de l'hérésie, la restitution des biens usurpés sur le clergé, le .service militaire, la levée des toillos, les rapports des serfs avec leurs seigneurs, etc. Tous les propriétaires de maisons, y est-il dit, seront tenus d’assister à la messe et au sermon, les dimanches et jours de fête, sous peine d une amende de six deniers tournois monnayés, dont trois pour le seigneur et trois pour le curé de la ville ou de la paroisse. L'hérétique , même après sa conversion.
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tic pourra remplir les fonctions de bailli, juge ou assesseur, ni plaider comme avocat, ni être admis en témoignage. On observera pour les successions et les droits féodaux , sur tous les fiefs concédés à des Français , les coutumes de la ville et de la vicomté de Paris. Les chevaliers français, astreints au' service militaire , envers le comte Simon , y lit-on encore, « ne pourront le rendre, pendant vingt ans , qu'avec des Français et non avec des gens du pays. » Le quarante-sixième article défend à toutes les femmes , veuves et héritières nobles , « qui ont des forteresses ou ries châteaux dans leurs domaines, de se marier, pendant dix ans , à d'autres que des Français, sans la permission du comte de Montfort. »
. Le pape Innocent III, le grand promoteur de kl croisade, était mort en 1216 : son phis ferme soutien , Simon de Montfort , fut tué sous les murs de Toulouse deux années après. Une pierre lances1 par un mangonneau le frappa mortellement ii la tête, ou moment où H "méditait de nouvelles entreprises (25 juin 121-8). Telle fut la fin de cet homme extraordinaire qui, depuis nenf ans, remplissait le monde du bruit de ses exploits militaires : grand capitaine, doué d'un génie supérieur, quoique sans grandeur morale; froidement courageux, mais, à l'occasion, intrépide jusqu'à la témérité; Imrdé d'ambition, sans scrupules comme sans entrailles; superstitieux par moments plutôt que religieux ; cherchant moins en Dieu un appui qu’un allié; vrai type du soldat du moyen âge , dépouillé du prestige de la chevalerie; sans générosité, et frappant .volontiers un ennemi abattu; se servant du -poison, en guise d’épée, pour se débarrasser plus efficacement d’un rival; héros de circonstance et d'une mauvaise cause ; chef illustre , enfin , par ses talents et ses connaissances, et homme vulgaire par le caractère et le coeur. Tout du reste, dans sa personne, frappait les regards, parlait à l’imagination , et annonçait le commandement ; sa taille avantageuse, admirablement disposée pour les exercices de-la guerre ; sa beauté remarquable ét ses cheveux , qu’il laissait croître, comme ceux des premiers chefs des Franks.
Les succès des croisés reposaient si bien sur l’épée de Montfort que , du jour où elle fut brisée, les deux Raymond de Toulouse commencèrent à reprendre pied à pied leurs terres. Le pape Honoré III confirma le fils de Simon, Amaury de Montfort, dan» la possession de tous les pays conquis par son père; Alby et l'Albigeois étant nu nombre de ses possessions les plus importantes, le jeune comte s’y rendit pour recevoir l’hommage de ses vassaux (1218). Le 21 septembre il était à Alby et y donnait , pour trois années, la ferme du Château- Vieux et de scs autres domaines, situés soit dans la ville soit dans ses environs, à l’évêque Guillaume-Pierre; il se réservait cependant le droit de chevauchée et gardait sous sa dépendance immédiate tous les Français « qui possédaient quelques biens dans le pays. » De leur côté, les comtes de Toulouse visitèrent l'Albigeois, vers le mois de novembre 1219 ; le jeune Raymond y reçut , à Gnillac , l'hommage d’Olivier et de Bernard, seigneurs de Penne. -fl y revint seul , en 1220 , y prit Lavaur et s’arrêta encore à Gaillac, où il confirma l’acte par lequel Raymond VI donnait la ville de Montauban à Raymond-Roger, comte de Foix , pour prix de ses nombreux services. It avait gagné, l’année précédente, la bataille de Basiégc sur les chevaliers français, et Sicard, -vicomte de Lautrec ( 1219). L’jntcrvcniion aimée du jeune Louis de France ne l'effraya point. Ce prince qui , du consentement de son père ,
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Philippe-Auguste, s'était déjà croisé contre les Albigeois, et avait prêté son appui au comte Simon (1215.), retourna dans lo Languedoc pour secourir Amaury de Montfort. Mais Louis échoua contre les murs de Toulouse ( 1219). Après la mort de Raymond VI, en P222, on se battit du nouveau dans l'Albigeois: Amaury y prit le château de Lescure et le rasa 1 1223). En 1224, Raymond VII s’cinparad’Alby sur son rival , et en qualité de comte d'Albigeois , continua les privilèges des habitants de cette ville. D'un autre côté , ün nouvel ennemi se présentait pour renverser l'édiliee si laborieusement élevé par Simon de Montfort. L'ambitieux comte avait obtenu de son vivant la renonciation d’Agnès de Montpellier, veuve du vicomte Raymond-Roger, A b>us les biens de son mari (1209); et la donation des prétendus droits de Raymond-Trencavel, frère de ce dernier, sur les mêmes domaines, bien qu’étant seulement vicomte apanagistc, il n’eut en réalité rien A céder (1210). Raymond-Trencavel II, légitime héritier des quatre vicomtés, ne s’en présenta pas moins pour les recueillir dès que les circonstances lui parurent favorables. Rentré en possession de Carcassonne, il Üt une expédition dans l'Albigeois, y assiégea le château de Lomberset s’en rendit maître (122V),
Le château de Penne , en Albigeois , était au nombre des neuf places du Languedoc qui, au mois de janvier 1224, reconnaissaient encore l'autorité d’Amaurv lorsqu'il conclut Une trêve avec les comtes de Toulouse et do Foi \ pour les restes des vastes domaines de son père. Peu de temps après, il prenait, en fugitif, la route de France. L’hérésie, décimée, mais non pas détruite, relevait courageusement sa tète ensanglantée par le glaive et noircie à la flamme des bûchers : dès l’année 1221 , le pape Honoré III, effrayé de ses forces renaissantes , envoya en France le cardinal Conrad, légat dans la province, pour presser Philippe-Auguste de venir en aide aux croisés. «Vous savez , notre cher flls, écrivait-il lui-mèmè an roi, combien l’Église est ébranlée, en ce temps-ci, surtout dans ht pays if Mbigeois , sur les limites de voire royaume : les hérétiques la combattent ouvertement, prêchent politiquement contre la foi , tiennent des écoles d’erreur et élèvent leurs évêques contre les nôtres. » Philippe-Auguste s’était contenté de laisser à son U!s la liberté de secourir les croisés,- il n’avait pas non plus voulu accepter la cession de tousses droits d’ Amaury de Montfort sur le comte de Toulouse (1222). Louis VIII, monté sur le trône, reprit la croix. Il consentit aussi à recevoir d’Amaury « les privilèges et dons que l’Église avait accordés à Simon son père, de pieuse mémoire, au sujet du comté de Toulouse et des autres pays d’ Albigeois » (1224). Singulière puissance des préjugés, ce n’était pas en vertu de sa souveraineté que le roi de France reprenait cette terre, c’était comme le représentant d’une usurpation de la cour de Rome sur le pouvoir temporel. Raymond VII, obligé de garder des ménagements envers les hérétiques, et porté d’ailleurs, par son caractère, à la tolérance, s’était attiré la haine du clergé : le concile de Bourges refusa de l'admettre daus le sein de l’Église, quoiqu’il fût bon eatholique, et le cardinal de Saint-Ange, légat du pape, l'excommunia comme hérétique comlumné ( 1225 ). Le roi de France, Suivi de plus de cent mille hommes de toutes armes , sc dirigea vers Avignon. Tandis qu'il en pressait le siège, la plupart des villes du Languedoc se soumirent volontairement A son autorité. Les habitants d’Alby furent des premiers à envoyer des députés A Louis VIII , et il
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désigna leur évêque, Guillaume-Pierre, pour recevoir leur serment do fidélité. Le r«i , après aroir parcouru toute la. province en maître, s'arrêta à Al h y dans le mois d'ortobre de la même année. Il y accueillit Agnès de Montpellier, et, y donna la sanction royale au traité de Simon de Montfurt a ver la veuve de Raymond-lloger. Un autre acte marqua le séjour de Louis VIII à Alby : il y confia le gouvernement des pays conquis à Humbert de Beaujeu, sous les ordres duquel il laissa une partie de ses troupes. Ce brave chevalier fut le premier lieutenant des roi» de France , dans le Languedoc, depuis sa réunion à la couronne. Il y exerça des poursuites rigoureuses contre les hérétiques, et fit brûler v if un de leurs évêques, Pierre Isarn, à Cauncs, dans le diocèse de Narbonne ( I2î(i). la; diacre Gérard de la .Mole péril de la même manière , avec quelques autres sectaires , après la prise du rhMrau de Bécède (1227). Humbert de Beaujeu, oublié par la cour de France, conclut une ligue avec l'évêque Guillaume-Pierre , les chanoines de ta cathédrale de Sainte-Cécile, les principaux habitants d'Alby, Sicard, vicomte de Lautrcc, et Guillaume de Rabastens, prévôt de Saint-Salvi* il assiégea le château de la Grave, et commit de-grands ravages dans les environs de Cordes, tandis que Raymond VII, inquiet de ses mouvements, se tenait à Gaillac pour défendre, au besoin, ses domaines contre les entreprises du clicvalier français.
- Ce drame terrible de la croisade se dénoua enfin dans l'église de Notre-Dame de Paris, ou le comte de Toulouse, en chemise, eu haut-de-chausses et nu-pieds, reçut l'absolution des mains du cardinal de saint-Ange , légat du pape. Le traité de 1229 eut un double caractère : politique , il régla la réunion du Languedoc à la couronne ; religieux , il donna des garanties è l’Église pour la destruction de l'hérésie. Parmi les trente - une villes et châteaux de ses domaines , dont Raymond Vil promet, par le traité, de détruire -les murs, il y est parlé de Lavau r, de Gaillac, de Rabastens, de Monlaigu et de Puieelsi, en Albigeois; le comte s'engage, eu outre , à remettre au jeune roi Louis IX, pendant dix aus , la garde des clullcaux de Cordes et de Peune, situés dans le même pays. L'Albigeois, du côté de la rive gauche du Tara, où glt ('astres , est réwii avec Alby au domaine l oy al , l'autre partie qui s'étend au delà de la rive droite, et dans laquelle se trouve Gaïdar, reste au comte de Toulouse. Amaury de Mont fort* par un acte particulier, confirme, en même temps , à Louis IX la cession de ses droits ; il obtient , en échange, le titre de connétable de France. Philippe, fils de Gui et neveu de Simon dcMontfort, reçoit de la couronne l'inféodation de la partie royale de l'Albigeois, c'est-è-dire celle de la rive gauche du Tarn , moins Alby, que |é roi se réserve avec ses droits sur la ville , dont la seigneurie et la juridiction continuent pourtant d'appartenir à l'évêque, comme par le passé. Arec ce fief commence le comté de (Castres, qui passera aux descendants de Philippe. Les deux portious de l'Albigeois ont chacune un sénéchal, l'une pour le comte de Toulouse , l'autre pour le roi de France; la première, composant une seule judicature régie par un juge et un procureur ; la seconde, formée de sept bailliages inclus d’abord dans la sénéchaussée du Rouergue et ensuite rattachés à celle de Toulouse ( 1252-1255). Nous passons aux articles du traité de 1229, relatifs à l'hérésie. Raymond VU promet, pour faciliter les recherches de ses baillis, de payer pendant deux ans deux marcs d’argeul et, daus la suit.', un marc à quiconque
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livrer* un hérétique dont la culpabilité aura été judiciairement constatée; d'assimiler les sectaires aux juifs, pour l’exclusion des charges publiques ; de contraindre les excommuniés à rentrer dans le sein de l'Église par la confiscation de leurs biens; et en général de combattre les sectaires jusqu'à ce qu'ils aient disparu du pays, tan.i excepter ses proches, ses parents, ses vassaux et ses amis. Nous ne pouvons passer sous silence l'obligation contractée encore par Hoymond Vil de payer quatre mille cent marcs d'argent, à litre d'indemnité, aux abbayes de OSteaux , de Clairvaux , de Grandselvc , de Belle-Perche et de Candeil ; et d’entretenir pendant dix ans, à Toulouse, des maîtres ou professeurs en théologie, en droit canon, en philosophie et en grammaire.
Raymond VH se fiatla un moment de reprendre le.^pays réunis à la couronne , au moyen d'une ligue avec Henri TU. roi d’Angleterre, Hugues, comte de la Marche, Boger, comte de Foix , Amalric, vicomte de Narbonne, Haymond-Trencavei 11, l'héritier proscrit des quatre vicomtés, et les habitants de la ville d'Alby Les seigneurs coalisés envahirent l'Albigeois et le Carcasse/ et les soumirent à leur autorité; mais Louis IX , vainqueur à Taillebourg, eut bon marché de cette coalition dont les principaux membres se.hAlèrent de solliciter la paix. Les diocèses d'Alby et de Carcassonne revinrent, sans coup férir, au roi ( 1242). Kaymond Trcncavcl H fit aussi sa soumission à Louis IX, à qui il céda, outre les quatre vicomtés , tout ce que lui et les siens avaient possédé dans le langucdoc ( 1247). Le roi lui assigna, en échange, six cents litres de rente sur la sénéchaussée de Beaucaire. Le dernier vicomte d'Alby eut un fils nommé Boger, qui se croisa comme lui et dont on perdit les traces dans la Terre-Sainte. La ruine des deux grandes maisons seigneuriales du Languedoc ,. préparée par la guerre d*Albigeois , se trouva donc définitivement consommée au profit de la France. Raymond Vit mourut en 1249, h Milhaud, où l'évèque d'Alby lui administra le saint viatique ; quelques mois avant sa mort, il avait fait brûler à Agen quatre-vingts hérétiques croyants. On embauma son corps et on le transporta, avec de grands honneurs, à Fonlevrault; Alby, Gaillard Babastens virent ces dernières pompes de la monarchie toulousaine traverser leurs murs. Jeanne, fille de Raymond Vil , et son mari Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse , héritèrent de la partie de l’Albigeois située à la droite du Tarn. Quand les deux époux eurcut rendu l'Aine en terre étrangère , à quelques jours de distance l’un de l'autre, les commissaires du roi Philippe-le-Hardi réunirent le juiys d'outre-riviére à scs domaines du diocèse d'Alby (1271 ),
Depuis la réeonci dation de Raymond VU avec l'Église , la cour de Rome avait continué de poursuivre par tous les moyens, la. destruction de l'hérésie. Elle n'avait pas voulu s'en rapporter au zèle du comte de Toulouse pour enlever sux sectaires leurs derniers refuges; le cardinal de Saint-Ange, légat du pape Grégoire IX, parcourut la province avec un corps de croisés, que l’appdt de grandes indulgences avaient réunis sous ses ordres ; il eut à peine l'occasion de tirer l'épée , mais il s'employa activement à la démolition des places fortes du pays (1229 |.
I. En 1236, Raymond- VII avait acheté tic Guillaume Froliers et de Sicard, Sun frère, po|ir 1:1 '
somme de six mille sols de Cahors, tous les droits qu'ils avaient sur lu Château- Vieux tl'Alhy et sur tes autres villes, forteresses et seigneuries du diocèse.
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Ppu de temps après la paii de Paris , saint Louis avait adressé une ordonnance à tous les baillis des provinces d’Arles et de Narbonne et des diocèses d’Albv, d'Agen, de Cahors et de Rhodez, qui prescrivait les recherches, les poursuites et les châtiments les plus rigoureux contre les sectaires. Le roi de France y renouvelait la promesse d'une récompense de deux marcs d'argent, pendant deux années, et, par la suite, d'un marc seulement, pour chaque hérétique livré à la justice ; il y déclarait les protecteurs ou fauteurs de l'hérésie incapables de succéder, et il étendait la confiscation de leurs biens jusque sur leur postérité 11229 J. Pressé par Gautier, évêque de Tournai, légat du pape, et par Gilles de Flageac, commissaire du roi Louis IX, Raymond VU publia aussi une ordon nance pour la suppression de l’hérésie. Le comte , renchérissant sur 1a sévérité des règlements antérieurs, y ordonnait du raser les maisons des protecteurs nu fauteurs des sectaires , et de détruire de la même manière « celtes où on aurait trouvé un hérétique, vif ou mort, depuis la paix de Paris, ainsi que celles où, du cohscntement du maître, l'hérésie aurait été prêché. » Dans ec dernier cas, les habitants des maisons détruites, associés à la culpabilité de leur» propriétaires, encouraient, comme eui , la confiscation de tous leurs biens ( 123ï ).
Le saint-siège, èonvaincu que le clergé n'était pas armé d'une autorité suffisante pour sévir avec efficacité contre les hérétiques, avait résolu d'en confier la recherche à des juges investis d'un pouvoir extraordinaire. Un concile, convoqué à Toulouse par ie cardinal de Saint-Ange, s’occupa de cette question. Ce fut une assemblée mixte, où Raymond VII et les comtes et barons du Languedoc siégèrent avec les archevêques de Narbonne, d’Auch, de Bordeaux, un grand nombre d'évêques et les députés du clergé. Le concile de Toulouse fit quarantecinq canons, dont quelques - uns confirment les dispositions de l’ordonnance de saint Louis et d'autres règlent l'établissement permanent de l'Inquisition. A l’avenir, les évêques «députeraient dans chaque paroisse un prêtre et deux ou trois laïques de bonne réputation ; » ceux-ci , chargés de rechercher exactement les hérétiques et leurs fauteurs , visiteraient « toutes les maisons, depuis le grenier jusqu'à la cave» et tous les lieux souterrains où ils pouvaient se retirer, afin de « les dénoncer aux ordinaires , aux seigneurs , et à leurs officiers. » Toutefois, aucun accusé ne devait être réputé coupable, s’il n’avait été juge tel par l'évêque oti par un ecclésiastique désigné pour le suppléer. Il était enjoint aux catholiques de s'engager par un serment, renouvelable tous les deux ans, à dénoncer et à poursuivre les- ennemis de la foi; cette obligation commençait, pour les hommes, à fâge de quatorze ans, et, pour les femmes, dès leur douzième année. Toute personne qui ne se confesserait |»s et ne communierait pas un certain nombre de fois dans l'année1 serait suspecte d'hérésie , et aucun laïque ne pourrait avoir chez lui l'Ancien ou le Noavenu Testament. Les hérétiques parfait s ou revêtus , après s'être convertis, devaient porter deux croix sur la poitrine, l'uue à gauche, l'autre à droite, et toujours d'une couleur qui trancherait avec celle de leurs habits. Ils seraient frappés d'interdiction pour l’exercice des fondions publiques ou des devoirs civils, en leur qualité de croisés pour le fait a’ hérésie; et ceux d’entre eux qu’on soupçonnerait d'avoir abjuré par un sentiment de crainte ou d'intérêt personne1 finiraient leurs jours dans la réelu-
ALBY
sion (1229). Ainsi la tentative des sectaires albigeois, pour consacrer le droit d'examen et la libellé de conscience, en matière de religion, allait aboutir à l'établissement du système d'oppression le plus odieux et le plus cruel qui ait jamais pesé sur la liberté et l'intelligence humaine
Le concile de Toulouse avait fait quelques réserves dans l'intérêt de la juridiction des évêques; mais ce n'était pas ainsi que la cour de Home comprenait l'exercice de l’inquisition. Hile ne tarda pas à prétendre que les évêques étaient trop absorbés par d’autres soins pour qu'ils pussent s'occuper fructueusement de la répression de l'hérésie des Albigeois. Sous re prétexte, le pape Grégoire IX investit les frères prêcheurs des pouvoirs extraordinaires de l'Inquisition dans tout le royaume, et particulièrement dans le comté de Toulouse et les provinces de Narbonne, de Bordeaux, d'Auch, de Vienne, d’F.mbrun, d'Arles, d’Aix et de Bourges (avril 1233). Saint Dominique était mort à Home, le 6 août 1221 , en entrevoyant peut-être celte haute fortune de son ordre ; il l'avait constitué d'une telle manière, qu’il était plutôt fait pour combattre les hérétiques avec le glaive que pour les convertir par la parole. Quoi qu'il en soit , la mesure de délianee prise par le pape Grégoire IX déplut à Raymond VII, indisposa le haut clergé et mécontenta profondément les peuples. Le comte de Toulouse protesta d'abord par l'organe du roi de France, contre les pouvoirs donnés aux frères prêcheurs au préjudice des évêques (123V); porta ensuite les mêmes plaintes directement devant le pape ( 1236) ; puis somma les évêques de Toulouse, d'Alby, de Lodève, d'Agde, de Mmes , et un grand nombre d'autres prélats, réunis en concile à Béliers, de s'associer à ses réclamations (1243). C'était à eux qu’il appartenait , leur rappelait-il, d’exercer ou de faire exercer l’inquisition dans leurs diocèses. Le nou veau pape Iunocent IV, sans s'inquiéter de cette opposition , ordonna aux hères prêcheurs de continuer leurs fonctions ; il confirma, en outre, la commission qui conférait au provincial de l’ordre le pouvoir exorbitant de nommer tous les inquisiteurs (I2V4). Les religieux dominicains se vengèrent de la résistance de Raymond VII, en le frappant d'une nouvelle excommunication, et en s'efforçant de rendre sa foi suspecte au pape. De là une lutte dont nous ne donnerons pas les détails, mais dans laquelle les populations déjà cruellement opprimées par tes inquisiteurs, prirent énergiquement parti pour le comte de Toulouse.
Tous les conciles que les légats de la cour de Rome convoquèrent dans la province, venaient en aide, par de nouvelles mesures de rigueur, au zèle impitoyable des dominicains, lin de ceux qui se réunirent à Béziers, enjoignit aux curés de tenir un état de toutes les personnes suspectes d'hérésie (1234) ; celui de Narbonne régla minutieusement la procédure des inquisiteurs (1244). D'après les canons de cette dernière assemblée, les Albigeois, en voie de conversion, devront se présenter tous les dimanches à l'église , le corps en partie nu , et avec une poignée de verges
I. Le concile de Toulouse fit , en outre, défenses expresses de construire de nouvelles citadelles et de relever celles qui étaient détruites, et proscrivit toute ligueou association, par serment, entre barons, châtelains, chevaliers, bourgeois cl paysans ( rurale t), sous peine, pour les contrevenants, d*uno amende proportionnée à leur condition. Remarquons en passant que presque toutes les dispositions de l'ordonnance de saint Louis et la plupart des canons du concile de Toulouse (sauf ceux qui ont trait à rétablissement de l'Inquisition ) , ne sont que la reproduction des articles du réglement de Ramiers relatifs au gouvernement religieux, civil et militaire de la province.
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LANGUEDOC
pour recevoir la discipline. Les pauvres convertis seront séquestrés dans des prisons, et on y pourvoira à leur subsistance , excepté toutefois dans les villes où ils se trouvent en si grand nombre que le ciment et la pierre ne pourraient suffire à les renfermer. On abandonnera les relaps sans miséricorde au bras séculier « pour être punis comme ils le méritent, o Les inquisiteurs auront un pouvoir discrétionnaire pour les pénitences , mais ils s'abstiendront d’imposer des amendes. Ils pourront admettre toutes sortes de témoins, même les infimes et les criminels, et il leur sera défendu d’en révéler jamais les noms (1244). Un nouveau concile, assemblé A Béliers en 1246, rév isa et compléta les réglements de celui de Narbonne touchant la procédure. Il ordonna de condamner à la peine du feu les hérétiques parfaits ou revêtus , qui refuseraient d'abjurer leurs erreurs ; et d’enfermer, pour toute leur vie , dans des cellules particulières, avec confiscation de leurs biens, les relaps , les fugitifs et les contumaces désignés sous le nom générique d 'emmurés (immurati). Enfin le concile d’Alby, où se trouvèrent les évêques des provinces de Narbonne, de Bourges et de Bordeaux , et que présida l’évêque d’Avignon, Zoên, légat du sainl-siége, arrêta que des prisons seraient construites dans chaque diocèse, pour recevoir les hérétiques ; et qu'on exhumerait et brûlerait les ossements de ceux qui, avant de mourir, n’avaient point abjuré leurs erreurs (1254). C'est cette même assemblée qui défendit l'usage des chapes rondes aux juifs, et les obligea à porter sur leur poitrine, comme signe distinctif, o une roue d'un doigt d'épaisseur et d'un palme de diamètre. » L’évêque de Tournai, légat du saint-siège, établit les premiers inquisiteurs de l’ordre des frères prêcheurs dans toutes les villes où il y avait des couvents de dominicains, telles que Toulouse, Alby, Carcassonne, Montpellier, Cahors, etc.; il désigna, pour la capitale du Languedoc, les frères Pierre Cellani et Guillaume Arnaud, et, pour celle de l'Albigeois, deux autres religieux , Arnaud Catalan et Guillaume Pelisse (1233). Vigorus de Baconia, chef des sectaires, fut une des premières victimes des inquisiteurs de la foi, à Toulouse. Ceux d'Alby firent brûler vifs deux hérétiques, et condamnèrent douze autres habitants de cette ville à aller servir en Palestine, comme croisés, pendant un Certain temps. Ils ne se bornèrent pas à sévir avec une efTrayante rigueur contre les vivants, ils si! mirent aussi à faire le procès à la mémoire des morts; le résultat de cette enquête posthume fut une sentence qui ordonnait l’exhumation des ossements de quelques personnes d'Alby pour les traîner à travers les rues, et les livrer ensuite aux flammes. Frère Arnaud Catalan annonça au peuple de la ville que cette lugubre cérémonie se ferait le premier jeudi après la Pentecôte de l'année 1234; précisément ce jour-là l’évêque du diocèse devait tenir un synode dans la cathédrale de Sainte-Cécile. Sur le refus des officiers du bailli et du prélat, l’inquisiteur se rend lui-même dans le cimetière de Saint-Étienne , où reposait la femme , dont il s’agissait d’abord de flétrir les restes ; puis , saisissant un hoyau , il commence, en présence de la foule consternée, à écarter la terre. Il croit avoir suffisamment payé d’exemple , recommande aux gens de l’évêque d'achever d’ouvrir la fosse, et, de là, se dirige vers lu cathédrale pour assister au synode. Mais à la stupeur succède la rage; on chasse du cimetière les officiers de l’église. Frère Arnaud Catalan ne l'apprend pas plutôt, qu'il retourne à sa proie : on l'entoure,