kil
qui, à raison de 65 fr. le kil., prix courant, donnent une valeur réelle de 1.748.825 fr.
Ces produits, disait dernièrement M. Saunier, se façonnent, se transportent en Italie, y reçoivent un accroissement de valeur de plusieurs millions et se déversent ensuite sur le monde entier, y compris la France, d'où ils sont sortis. L'Europe exporte an* nuellement 15 millions de Corail travaillé ; la France, patrie du Corail, ne participe à cette exploitation que pour deux miliious. Chose étrange I Jadis, sous les Puissances barbaresques, alors que les Corsaires infestaient la Méditerranée, que nos Pécheurs étaient sans cesse exposés aux déprédations des Pirates, aux avanies du Dey, la Pèche française, malgré toutes ces causes de pertes et d'insécurité, était florissante. L'industrie coraillère occupait, à Marseille, plusieurs manufactures. Aujourd'hui que la mer est à nous, que l'immense côte qui s'étend depuis Tripoli jusqu'au Maroc nous appartient, soit en propriété, soit en usufruit, que nous sommes les maîtres incontestables d'un fond de richesses inouïes, ce soutien étrangers qui l'exploitent ; nous n'avons plus ni Pèche ni manufactures.
Les Coraillenrs sont presque tous Italiens.
La France et lltalie sont deux Nations sœurs qui ne doivent, en aucun cas» se combattre, mais s'entendre et se secourir.
L'Etat ne peut évidemment pas se faire entrepreneur de pêche, pas plus que de colonisation. Pourquoi alors ne pas concéder, comme jadis, à une grande Compagnie offrant des garanties solides, les mines corailléres, de même que Ton concède aujourd'hui l'exploitation des mines métallurgiques et des forêts de chênes- Hége. Ce serait là un avantage direct. Quel bénéfice incalculable ne trouN'erait pas l'Algérie à devenir le véritable marché d'un produit si précieux, à voir s'établir sur ses rivages une population maritime française et italienne de plusieurs milliei*s de familles, sur son sol une industrie prospère ! Quel surcroît d'activité ! Quel accroissement dans la consommation, dans la production et par suite dans les perceptions de toute nature qui profitent à l'Etat.