‹ Histoire des villes de la province de ConstantineChapitre 9 sur 15 · GARNISON · texte numérisé non relu

GARNISON

1 Capitaine d'armes.

4 Caporaux.

45 Soldats.

HAISTRANCB

4 Charpentiers.

6 Scieurs.

3 Calfats ou aides.

2 Charrons.

2 Voiliers.

1 Poulieur.

2 Cordiers.

2 Menuisiers,

1 BarillaD.

3 Forgerons.

2 Serruriers.

2 Jardiniers.

4 Menuisiers.

2 Critileurs.

2 Mesureurs,

6 Boulangers.

2 Bluteurs.

2 Bouchers et chareutlerS.

1 Palefrenier.,

4 Buandiers.

T Cuisiniers.

1 Valet au magasin.

1 Valet à la boutiqua, .

30 Cens de peine dits frégataires.

40 Maures A salaire

soa

Employés à l'avenir

GOUVBRNBICKNT

\ Gouverneur.

2 AnmAuiers.

1 Inspecteur.

1 Major.

1 Caissier. 1 Chancelie

1 Commis à là boutique.

2 Commis aux vivres.

1 Commis à la chancellerie.

2 Cbirurgieas.

6 Domestiques.

bOpital

3 IttflrmierB.

OARNISOIt i Sergent.

4 Caporaux, 39 Sokists.

lUtSTRANCE

S Charpentiers et meouiBiers..

2 CaltatB el garçons à la poix.

1 Charron, remoulat et poulieur.

1 BarrilLan et lODoelier.

3 Forgerons, dont un serrurier.

3 Menuisiers.

2 Cribleurs et mesureurs.

5 Boulangers.

2 Bluteurs.

2 Bouchère et cliarcutiers,

1 Jardinier.

2 Cuisiniers à la maistrance.

2 Valets aux magasins.

16 Oensde peine frégataires.

12 Maures à salaire.

» La différence, comme on TOit, de 90 hommes de moins qui seront & l'avenir nécessaires à La Calle..en supposant que l'un portant l'autre, leurs salaires dont les moindres sont de 9 I. par mois et leur ration que l'on paye i 12 d. par jour, ne dussent être évaluées qu'à 30 I. le mois, co serait environ 10,000 écus de moins qu'il en coûterait annuellement à la Compagnie. A quoi, si l'on ajoute l'économie qui se trouvera encore sur le bois, le foin et la viande, il est sûr que la régie de ce Comptoir s'en trouvera diminuée de plus de SO.OOOl. par an.

a Je ne dois point finir ce qui regarde la Place de La Galle, sans insister contre les avanies continuelles que le Bey de Constantîne lui suscite, les obstacles qu'il met, à Bonne, A notre commerce de la denrée, auquel il admet toutes les Nations, excepté nous, quoi- ,^ que nous soyons les seuls & en avoir les privilèges; ils ' sont assurément une injustice des plus criantes, puisque nous avons été privés de plus de deux cent mille écus da profit que noua aurions lait inlaHliblemeat,

dans Tespace de ces trois dernières années. Mais il y a encore plus de violence de sa part d'envoyer des Camps à la Place, sur les moindres prétextes^car outre les sommes qu'il faut leur doimer et les dépenses qu'ils occasionnent à la Place où ils sont comme à discrétion, il n'est sorte d'insulte qu'on n'essuyé de leur part et il y a toujours à craindre que Ton ne soit obligé d'eu venir aux dernières extrémités ; on est d'autant plus en droit de se récrier là-dessus que, par les conventions que nous avons avec le Divan d'Alger, obtenues par le Sr Hély, en 1694, sur un Traité de Paix, il est extrêmement défendu d'envoyer des Camps à la Place. Ne pourra, y est-il dit, article cinquième, VAgha de Bonne^ Caïd et autres, aller au Bastion sans l'ordre exprès de notre Divan, Ces raisons feraient désirer,â la Compagnie,que Sa Majesté voulut engager cette Régence à être un peu plus fidèle dans l'observation de ses Traités.

m Bonne, cet Etablissement qui donne le plus de motifs à la Compagnie et il en donnerait infiniment davantage si, comme j'ai déjà dit depuis quelques années, nous n'y étions exclus do Commerce du blé ; les laines en font le principal article. Il s'y fait quelque petit commerce d'entrée en café, alun et eau-devie. Je pense, d'après le sentiment de l'Agent de ce Comptoir, très versé dans les mœurs de ce pays, que l'on pourrait l'étendre à bien d'autres choses comme la coutellerie, la quincaillerie, bonnets de Turcs et plusieurs petites étoffes. On pourrait môme y introduire quelque peu de drap. Il ne manque pas de gens dans la ville qui s'en habillent ; la difficulté est de le faire venir d'Alger où on le prend aujourd'hui, en retient peut-être bien d'autres, et, ce qu'il y a de plus, c'est qu'il s'en fait une consommation considérable à Constantine qui serait plus à portée de s'en appro* visloaner & Bonne que partout ailleurs,

^ L'Agent de Bonm, auquel la Compagxiie laisse le commerce d'eatrées comme un supplément de ses ap* pointemente, attendu sa modicité actuelle, n'a jamais osé faire les avances qui conviendraient pour cela^ par rincertitude où il est toujours dans son emploi; mais U les feraH très volontiers, si la Compagnie voulait $*abljger de reprepdre les marchandises au prix coûtant, en cas xle révocation, de retraite ou autre chose qui réloignerait de Bonne. Je pense que cela conviens drait, d^autapt mieux que des Nations Maures du Royaume de Tunis, que des guerres intestines ont obligé, cette année, de porter leurs laines à Bonne, regrettent infiniment de n'en pouvoir faire le retrait en des marchandises qu ils prenaient o.rdinairement à Tunis, II e^t à remarquer, d'ailleurs, que le Bey de Tunis commence à se réserver le privilège exclusif de rachat des laines, comme il a fait, depuis quelque temps, pour celui des huiles, et, comme il n'est sorte d'injustices et de violences qu'il ne fasse h ceux qui ont affaire à lui, il n'y a pas de doute que beaucoup de Nations de ce Royaume ne préfèrent de porter leurs laines à Bonne, dés qu'en les y vendant à un prix convenable elles trouveront à s'y accommoder des marchandises qui leur conviennent.

9 lies frais du Comptoir de Bonne en sont peu considérables, eu égard au commerce qui s'y fait; il se* rait à souhaiter que l'on y eut des Magasins plus convenables: ils sont tous extrêmement humides. Il serait 4 propos d'en faire l'acquisition et de les mettre ensuite en bon état; elle serait avantageuse à la Com^ pagnie, tant par le loyer qu'elle en paye aujourd'hui, qui est plus de la sixième partie de leur valeur, que par leur convenance, ces Magasins attenant à la mai* son de l'Agent.

> La Compagnie souffre encore un préjudice consi-

déraWe au Comptoir d© Bomae. pai* la façoii *mt ott y embarque ses marehaodiseâ et denréelis. Les porter faîx ayant â traverser une viûgfaîtïe de pas dan» la mer, avec de l'eaii jusqu'à !a poitrine, pour îes porter dans les bateaux, qui tes versent ensufte dans les bâ:-^ tiâiénts, ee qui est eâuse que !a denrée et la màrchatif-» dise, surtout, se mouinent presque toujours quelque peuf et dépérissent ensuite dans fe bord. IF conrVifert-' dfait, pour y remédier, que la Compagnie fit faire une planque au quai de Bonne, et il n'y faudrait que quelques pilotis et des planches â proportion, le tout pour fournir à une quinzaine de toises de longueur : la chose serait d'une petite dépense pour la Éompagnie et lui épargnerait de grands dommages; les Corn* mandants du pays n'auraient pas de peine a le permettre, pourvu que l'usage en soit commun.

9 La Compagnie ayant abandonné le Comptoir du Collo, en 1748, attendu les pertes qu'elle y trouvait, par les avanies et les injustices continuelles qu'on lut faisait, et par les violences dont on usait encore envers ses Employés, avait d'abord résolu d'y cnvt)yer des bâtiments, toutes les années, pour y faire la Traite. Ceux qu'elle expédia pour cela, il y a environ* un an, ne purent rien avancer, les gens du Collo ne voulant absolument pas vendre leurs marchandises si on ne leur laissait un Agent, et, après avoir passé quelques jours à ce mouillage, furent obligés d*aller charger dans les autres Comptoirs. Le Bey de Constantine, qui perçoit le dix pour cent sur la marchandise qui se livre à Collo, avait trop d'intérêt à ce commerce pour ne pas nous presser très-fortement de ne point l'abandonner; il n'entendait pas, néanmoins, nous obliger d'y reprendre un Etablissement. Cependant, lé Gouverneur actuel de La Calle et l'Agent de Bonne, ayant trop tôt pris l'alarme sur une Lettredu dit Bey,

qui ne tendait du tout point à cela, écrivirent à la Compagnie qu'elle ne pouvait plus se dispenser de reprendre le Comptoir du Collo, sans s'exposer aux dernières avanies de la part du Bey de Constantine et insistèrent tellement là-dessus que, quoiqu'elle en augura très-mal, elle crut ne pouvoir point se refuser au rétablissement de ce Comptoir et me chargea d'y travailler de mon mieux, dans le caâ où je le croirais inévitable, comme on le lui avait fait entendre.

» Arrivé aux Concessions, je ne vis pas la moindre nécessité à cela, et, comme je n'ignorais pas tout ce que la Compagnie avait eu à souffrir de ce Comptoir, je voulus ne faire l'Etablissement qu'à la dernière extrémité. Le Bey de Constantine m'avait envoyé un Turc de considération pour seconder la Traite du Collo. Je m'aperçus bientôt, dans les différentes conversations que j'eus avec lui, qu'il ne pensait pas seulement au rétablissement de ce Comptoir ; cela me confirma encore plus dans ma résolution. Enfin, «arrivé sur le lieu et après deux jours de pourparlers avec les gens du CoUo, sans que je voulusse leur donnen un Agent, ni même laisser descendre aucun Chrétien, dans la crainte qu'ils ne le retinssent de force, j'obtins des principaux du pays qu'ils me donneraient huit de leurs enfants en otage, dans le bâtiment, jusqu'à la fin de la Traite, et j'exigeai encore que l'Envoyé du Bey et l'Aga du CoUo s'obligeassent, par écrit, à nous faire rembarquer avec toute sûreté à notre première réquisition. Cela ayant été rempli de leur part, je me rais à terre avec tout mon monde, et, après avoir fait consentir les gens du Collo à la suppression de tous les usages abusifs et leur avoir fait promettre de porter la marchandise à la maison que nous habiterions,au lieu qu'on Fallait au-

trefois acheter chez eux où Ton n'était plus maître du prix, je voulus encore, pour éviter toute contestation, que l'on marquât trois cuirs de diiférentesqualités pour servir de régie à ceux que j'achèterais. Les achats se firent sur ce pied là, quoiqu*avec beaucoup de trouble et de tracasserie, ces gens étant accoutumés de vendre leurs marchandises le double de ce que je leur en donnais et nous ayant toujours contraint, par le passé, d'acheter le bon et le mauvais indifféremment, je chargeai deux bâtiments entiers et je compte que la Compagnie y trouvera un bénéfice assez considérable pour l'indemniser un peu des pertes que ce Comptoir lui a données autrefois, encore lesAngiais en avaient-ils enlevé toute la cire qui fait cependant la meilleure branche du commerce de cette Place.

9 La Traite finie, malgré toutes les instances que me faisaient les gens du pays pour leur laisser un Agent, je sommai l'Aga de me donner des soldats pour que nous puissions nous rembarquer avec toute sûreté II vint lui-même à la tête de la garnison et contre tout ce qu'avaient cru et écrit les principaux Officiers des Concessions, je me rembarquai avec tout mon monde, sans qu'il nous fût fait la moindre violence à ce sujet.

> Il y a apparence qu'en prenant les mômes précautions et surtout en ne se laissant pas intimider par les criailleries et les emportements des gens du Collo, on parviendra toujours à y faire la Traite avec assez d'avantage et sans que personne soit détenu. Il convient seulement, pour prévenir l'enlèvement de la cire par les interlopes, d'y aller ordinairement deux fois l'année, savoir : au commencement de mayet à celui d'octobre, qui sont les'deux saisons où se recueillent ces marchandises. Après l'avarice des gens de ce pays, c'a toujours été la mauvaise conduite et la pusillanimité

<j|^s Agents de ce Coinptoir q^ui en ont fait le plus grand mal.; il importera donc bien, le cas où l'on voudrait, le rétablir, de n'y mettre que des gens mûrs et d'un caractère ferme, mais ce à quoi on devra le plus s'attacher, coipme à Toccasion la plus prochaine des avanies, ce sera d'y faire la Traite d;une façon différente de ce qui se pratiqpait pour le passé.

» L'Agent n'achetait ordinairement les cuirs qu'après qu'il lui était venu quelque bâtiment pour les enlevez:; les gens du Collo voyant le bâtiment en rade et sentant bien que TAgent, non-seulement ne voudrait pas le renvoyer vide, mais qu'il était encore de son intérêt d'ejn presser le chargement, s'entendaient entr'eux pour ne lui vendre leurs marchandises qu'à un prix excessif et avec bien des fraudes, et si l'Agent refusait de les recevoir de quelqu'un d'eux, sur ce pied là, et qu'il allât battre aux maisons desautres, pour y trouver de quoi charger le bâtiment qu'il avait en rade, ce qui pouvait Jui arriver de moins disgracieux, c'était que ceux-ci refusassent d'entendre à aucun marché, jusqu'à ce qu'il se fut accommodé avec leurs voisins; si bien que, de guerre lasse, il était enfin obligé de recevoir en aveugle tout ce qu'on lui présentait et sans répliquer, au prix qu'on lui demandait

» ha Compagnie devrait encore s'attacher à un objet très-intéressant en rétablissant ce Comptoir, ce serait le commerce du blé, qui est très abondant dans le voisinage et d'une qualité beaucoup supérieure à tout ce que j'ai vu dans tout le reste des Concessions. Il ne s'en est jamais fait dans cette Place, je ne sais pour quelle raison ; mais il est assuré que la plupart des Maures qui le portent à Stora, où il s'en fait audessus de quarante chargements, préféreraient de le porter au Collo, parce qu'ils y seraient payés en piastres qu'ij3 aiment beaucoup mieux que l'or qu'on leur

- SiBdjonne ^ Stora. C'est après avoir coQsuUé lesprinci-r paux Chefade ce paye qae je parle. Il y aurait rnsèime d'autant mieux à espérer dj& ce projet : que le Bey de Oonstantlne, qui nous traT^rse partout ailleurs sur la Traite du blé, trouverait ses propres intérêts à la seconder au CoHo, puisqu'on lui payant une piastre parCaffis, qui çst d'environ onze quintauK, ainsi qu'il la perçoit à Stora et qu'il en aurait le droit au Collo, serait un objet Irës-considërable pour lui, d'autant mieux qu'il se fait bien des chargements en contravention de ses droits, et qu'il est toujours exposé à les perdre entièrement par l'indépendance des Maures de cette Place, je dis, de cette contrée.

» J'ajouterai, enfin, qu'il conviendrait dans les années où l'on pourrait trouver du bénéfice sur le blé, de faire faire la Traite à Stora et àTarcus (Tacouch), où il se fait beaucoup de blé et d'une bonne qualité. Les Anglais sont presque les seuls, aujourd'hui, à y faire le commerce ; mais, outre que nous pourrions peut-être les en éloigner, en faisant valoir notre privilège exclusif pour le commerce de ces Places, il est sûr que les Maures nous préféreraient toujours à eux, à cause des mauvais traitements qu'ils en ont reçus; au surplus, le blé s'y donne à un fort bon prix; le plus haut est de douze piastres, le Cafïis; la piastre étant d'un quart inférieure à celle du Collo, le Cafïis est, à peu de chose près, comme celui de Bône. On paye, en outre, deux{)iastresde droit par Cafïis, l'une au Bey, et l'autre au Chef des Maures de la contrée.

j» De Vbrra,yon. »

Le document qui précède a été retrouvé dans nos archives d'Alger, ainsi que plusieurs autres que nous allons successivement reproduire par ordre chronologique.

La Lettre saivante, par exemple, écrite par les Directeurs de \a,Compagnie d* Afrique, siégeant à Marseille, a trait auCheikh de la Mazoule, Abdallah, dont l'abbé Poiret nous a fait le portrait (1).

< Marseille, le 30 septembre 1761.

• A M . Armeny, Agent de la Compagnie, à Alger.

« M. Don, mal conseillé ; Hugon, son Drogman, a « été sa boussole, et cette boussole Fa mené par une A mauvaise route et lui a inspiré un plan aussi éloi- » gné des intérêts de la Compagnie que chimérique ; 0 heureusement, ia Compagnie a été à temps d*em- » pécher l'exécution d*un projet mal arrangé qui la » mettait à deux doigts de sa perte, et comme vous > l'observerez fort bien, les prétendus avantages dont » on plâtrait cette entreprise, n'étaient qu'illusion 9 et le fond était d'une noirceur indigne de la Nation

• Française. En effet, vouloir que la Compagnie se » prêtât à appeler Abdallah dans la Place.sous Tappa- » rence d'amitié, qu'elle l'y retint prisonnier et qu'elle

• payât 4,000 piastres au Bey de Constantine, pour » l'assassiner, sont-ce là des démarches dune Com- » pagnie Française et Chrétienne ! Vouloir persuader » que le fils d'Abdallah qu'on fera nommer Chef à la » place de son père, payera 44,000 piastres en recon- » naissance de cette inhumanité, n'est-ce pas la plus » haute rêverie ? La Compagc^e n'a pas donné là » dedans, mais voici ce qu'elle pense: qu'il faut vivre

• avec Abdallah, tant qu'il voudra bien vivre avec » nous, et, qu'à la première (aute, il faut se plaindre » au Bey de Constantine demander fortement répa- « ration, même sa destitution, et si, dans un court » délai, le Bey de Constantine, ne rend pas la justice

(1) Voir plot btot, page 51 .

» qu'il doit à la Compagnie, porter ses plaintes au » Dey d'Alger contre le Bey Je Constantine el Abt dallai) et Rootre tous oeux qui troubleront le Com- » merce de la Compagnie. Si U. Don n'avait pas été I mal conseillé par Hugon, il aurait suivi cette 1 route.

> Les Direclewrt de la Compagnie royale " d'Afrique,

* BbAUSSIBR, ArMBNT de UbNBZRT, Ch&UDI]ÏB£. s

En 1T63, les Français, qui vivaient paisiblement depuis quelques années, eurent A subir de nouvelles avanies. Un t>Âtimeiit de Marseiile fut encore pris, ' parce qu'ii avait eu l'audace de se détendre contre l'attaque d'un Corsaire d'Alger, qu'il croyait Marocain.

A cette nouvelle, ce fut un soulèvement général contre les Français. Le Dey fit ieter dans les fers le Consul et sou personnel, les Missionnaires Apostoliques, ainsi que les Equipages de quatre navires Provençaux qui étaient dans le Port. Deux Jours après, on les fit travailler â la charrette. Aprés^ avoir ordonné cette mesure illégale, le Dey, ' pensant que la France allait lui déclarer la guerre, se hâta de donner des ordres à Constantine, pour qu'on se saisit également de tous les Français Établis A BAiie et A La Calle. La Dey ne voulut pas permettre A notre Consul Yalliëre de repasser en France, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre du Ministre; il le garda comme otage, et écrivit A Versailles pour déclarer qu'Alger ne pouvant pas rester sans Consul, il ne renverrait M. Vallière qu'autant qu'un nouvel Agent viendrait le remplacer.

A l'occasion de cette affaire, Vallière fit remarquer

. A la Cour que les Algériens ne considéraient plus les

Consuls que comme des otages 1 que la Compagnie

d'Afrique, èlablie à Bôae et à La Galle, était trait4e pai* les Barbaresques sous le même point de vue* et que les Àlgôfriens pouvaient, selon leur caprice, arrêter le personnel de cette Compagnie et le reodre responsable des événements; il proposait, en conséquence, d'abandonner définitivement les Concessions. La Cour n'y voulut pas conse^itir (1).

A la nouvelle des avanies faites au Consul et aux auti'es Français, le Duc de Choiseul, Ministre de la Marine, envoya au Chevalier de Fabry, qui se disposait à partir pour la Levant avec quatre bâtknents, Vovdxi^ de se rendre devant Alger. La présence de cette Flotte produisit ua excellent effet. Le Consul Valliére obtint une réparation publique et fut salué de cinq coups de canon par les batteries de la Marine. Les Français des Concessions furent élargis également, sur la demande de l'Amiral, et purent repren'dre le cours de leurs affaires.

Pour l'année 1767, nos Archives d'Alger nous donnent la pièce que voici :

Obligations du Gouverneur de La Calle, des Agents de Bône et du Collo et des Officiers employés au service de la Compagnie Royale d'Afrique.

Gouverneur db La Callb.

a i» Le sieur , nommé à la Direction générale

des Comptoirs et Gouverneur de La Calle, sera tenu, dés son arrivée dans cette Place, de procéder à une vérification exacte de la Caisse en présence de l'Inspecteur, du Chancelier et du Caissier, pour, ensuite, être dressé procès- ver bal de sa véritable situation, dont l'extrait, signé, sera renvoyé à la Compagnie.

» 2* L'opération ci-dessus finie, le Gouverneur fera

(t) Rwg^t liéBDinM de U Copf régatiwi de U MissiOA*

travaâler bous ses yeux à Tio^ivataire n^néral de tontes les marchandises, deofées, meubles et effets en tout genre qui se trouveront dans la Place, dont copie sera aussi envoyée à la Compagnie.

• 9<> Le Gouverneur de La Calle, muni du Règlement fait par la Compagnie, approuvé par le Seigneur Ministre et la Chambre de Commerce de Marseille, aura soin de s'y référer et d'en assurer Texécution cians tout son contenu, avec l'attention de diminuer les dépenses de la Compagnie, en ne souffrant dans ses Comptoirs que les seuls Officiers, Ouvriers, Soldats et Gens de peine dont la bonne conduite, le zèle, les talents et l'âge pourront assurer le service.

1 4* Comme la Pôcbe du' Corail forme une branche des plus essentielles du commerce de la Compagnie, le Gouverneur de La Calle s'appliquera à l'augmenter en veillant à la construction de nouveaux bateaux, et à la faire fructifier en empêchant^ autant qu'il sera en lui, les contrebandes de Corail, la Compagnie lui donnant pouvoir et l'exhortant môme de renvoyer en France ceux des Patrons, Proyers ou Compagnons qui en seront convaincus ou contre lesquels il y aura des soupçons fondés.

» 5* L^intérét de la Compagnie exigeant de soutenir la réputation de ses Assortiments de Corail, le Gouverneur de La Calie, aidé de l'In^ecteur, assistera à toutes les vendues, aura soin de ne recetter que le Corail sec et net, et veillera à ce que les Patrons de plage assortissent les caisses avec l'égalité et l'attention la plus scrupuleuse, en vue de prévenir tout reproche fondé, voulant, la Compagnie, qu'à sa vendue de chaque Pèche, il soit travaillé sans retard à la composition des caisses, afin d'obvier à l'inconvénient qui résulte toujours à laisser le Corail eaoa être encaissé, et comme il se peut-qu'il y ait

des articles susceptibles d'augmeatation ou de dimi- Dulioa et môme de changements dans les divers accords passés avec les Patrons corailleurs, le Goaverneur de La Calle s'en occupera et proposera à la Compagnie s'il doit y être touché ou s'il convient de laisser subsister ces accords tels qu'ils sont.

• 6« L'objet essentiel de la Compagnie étant de parvenir à augmenter le commerce qu'elle fait dans ses Comptoirs, le Gouverneur de La Calle se donnera tous les soins possibles, soit auprès des Puissances du Pays, soit auprès des Nations qui avoisinent la Place, pour procurer le plus de denrées et marchandises qui se pourra ; et comme la bonne intelligence entre le Bey de Constantine, les différents Cheks de la montagne et le Gouverneur de La Calle peut influer sur Taugmentation du Commerce et sur la tranquillité de la Place, cet Officier se rendra agréable au Bey, s'adressera à lui dans tous les cas qui l'exigeront et ménagera les Cheks des environs de la Place, en vue de les engager non-seulement à tenir les chemins libres à l'approche de la Traite du blé, mais pour qu'ils décident les Maures à porter leurs denrées de bonne heure, afin de prévenfr les pluies qui, jointes au locai humide des Magasins de La Calle, vicient le blé, en occasionnent le dépérissement et n'en permettent souvent le transport que durant la morte vente.

» 1* L'exactitude dans les payements des Lismes, qui se fait tous les six mois à la Nation des Nadis. pouvant éviter des troubles que son défaut a occasionné fort souvent, le Gouverneur s'attachera à connaître les manies Lismataires et assistera à tous les payements de ces Lismes, qui seront faits par le Dro^man, en suivant la règle de donner des mandats sur La Calle qui seront signés par le Gouverneur.

» 8* Le service ne pouvant être assuré^dans la Plaee

de La Calle^que par le maintien de la subordination, de la concorde et de la paix parmi les Officiers, le Gouverneur n'oubliera rien pour rétablir et pour inspirer, à chacun d'eux, le zèle dont ils doivent être animés pour l'intérêt de la Compagnie en veillant à ce qu'ils remplissent,avec fidélité et exactitude, les différentes fonctions dont ils sont chargés.

» 90 La Compagnie, ordonnant au Gouverneur de La Calle de tenir un journal exact de tout ce qui surviendra d'intéressant pour son commerce et relatif à la tranquillité du Comptoir, veut que ses Officiers, sans exception, soient tenus de s'assembler, tous les soirs, dans la maison de la Direction, pour rendre respectivement compte de ce qui sera survenu dans leur département et de ce qu'ils pourront avoir appris des Maures ou des Chrétiens dans le courant de la jouf née.

» iO* Comme la tolérance des' jeux de reste a toujours été l'occasion prochaine de Tinsubordination, des vols, des contrebandes de Corail et môme de l'Aposéasie, la Compagnie ordonne au Gouverneur de La Calle, non-seulement de les défendre, mais de faire repasser en France les Officiers, Ouvriers, Corailleurs. Soldats et Gens de peine qui, contrevenant aux défenses qui leur auront été faites, seront trouvés jouant les jeux de reste.

m 11* La Compagnie trouvant bon de continuer à faire régir la Cantine pour son compte, eHe ordonne au Gouverneur de La Calle de s'attacher à la faire fructifier en empêchant les contrebandes qui pourraient en dinUnuer les profits et en demandant, à l'avance, tous les articles qui pourront y être vendus; le même soin et les attentions que la Compagnie exiçe du Gouverneur, pour la Cantine, doivent être donnés à la vente des articles de la Boutique, qui sont aussi débités pour son compte.

9 12* Le Directeur de La €atiô«em \èn% à là fki de totiB ieô mois^ de prooôder, ett prèsecce de rikis-peotear et du Chancelier, à <a vérification de la CaBdse et de faire quelquefois, dans le courant de Tannée, celle des articles du magasin de la Boutique et des vivres.

» 13* Finalement, la Compagnie ayant donné toute sa confiance au Gouverneur de La Callé» elle doit et ne peut être justifiée que par un redoublement de zélé pour tout ce qui pourra diminuer ses dépenses et augmenter son commerce à Toocasion duquel, s*il en est besoin, il se portera dans les autres Comptoirs, soit pour y ramener le bon ordre que pour travailler, conjointement avec les Agents, à des arrangements analogues aux circonstances et relatifiB à Tayantâge de la Compagnie.

Inspecteur.

» L'Inspecteur de La Calle devant suppléer le Gouverneur et veiller à Tex^écution de ses ordres, dans toutes les parties de Tadministration, s'attachera à connaître parfaitement le mécanisme des opérations qui se font dans la Place pour être toujours en état de remplacer, au besoin, les Officiers absents ou malades» et pouvoir utilement veiller et diriger les différents ouvriers, autant en vue de les rendre attentifs et exacts à remplir leur devoir que po^ur les enipôcher de vendre eu de prodiguer les outils et effets de la Compagnie.

» L'Inspecteur aura toujours sous ses yeux un registre à colonnes et par lettre alphabétique, contenant le nom, Tâge et les fonctions de tous les habitants de La Calle, autant pour rendre cc»mpte au (îouverneur de leurs bonnes ou mauvaises qualités que pour opérer, avec plus de connaissaûce, les remplaeemenls né^

eessaires et fournlr^aux Patrons, les Conapagaons «o railleurs dont Us peuvent avoir besoin par maladif ou autrement. Comme le défaut d'exactitude à prendre di'S notes sur les remplacements multipliés, qui se font journellement à La Galle, peut occaeionuer des injustices aux Employés ou des pertes à la Compagnie, l'Inspecteur sera obligé d'avoir une singulière attention de marquer, sur le registre ci-dessus, Tarrivëe et le départ de ceux qui vont ou viennent de Fran^ ce, le jour de la cessation du salaire pour être em^ barques en qualité de Corallleurs, et, enûn, leur entrée et sortie de l'hôpital en vue de retenir la demisolde et procéder, à la fin du quartier, au payemen t des salaires avec toute la justice qui convient. D'ailleurs, outre que l'exactitude daas la tenue de ce registre sera très utile pour la fixation des salaires, elle servira encore à faire connaître s'il n'a pas été distri* buô plus de rations qu'il n'en était besoin.

• L*In^>ecteur veillera, avec la plus grande aUentfon, aux dilTérents travaux qui doivent être faits par les Ouvriers de Haistrance et prendra soin de hâter le radoub des bateaux, pour qu'il puisse être travaillé à la construction des nouveaux; il sera atlenti! à )'u^ tillté de l'emploi et à la conservation du bois et fera usage de toutes les précautions nécessaires afin que les ouvriers n'en manquent pas; Il distribuera, luimême, le fer au Maître forgeron, en suivra l'emploi et surveillera cet artlsaii pour éviter les abus et les fraudes qui oaissent de la rareté du fer dans le pays et de l'empressement qu'ont les Maures k s'en procurer.

» L'Inspecteur sera chargé de visiter, tous les jours, llidpîial pour rendre compte au Gouverneur du trai^ tement qu'y recevront les malades, régbBr le nombre des Infirmiers, éclairer les Chirurgiens et l'Keonome sur leurs devoirs respectifs^retirer exactement un fitat

lournalier de ceux qui entrent ou sortent de rhÀpitat, et veiller» enfin, sur cette partie pour prévenir le dé* pouillement et les grandes dépenses occasionnées par rignoranoe ou le manque de zélé.

» Les devoirs de llnspecteur ayant trait à la con- 8er\*ation des e£fets en tout genre qui se trouvent dans la Place» la Compagnie se borne à lui recommander d*y veiller avec beaucoup de zèle, de ne prendre jamais rien sur lui mais d'avoir une singulière attention de communiquer ses observations au Gouverneur et de prendre son avis et ses ordres et assuier leur exécution.

Chancelier.

» Le Chancelier sera très attentif & tenir le brouillard et le grand*livre des écritures et à y passer, journellement, tous les articles avec cette netteté et toute l'exactitude qu'elles exigent pour éviter que les affaires ne s'accumulent trop et qu'il ne soit pas oublié des articles qui, conduisant à la confusion, ne permettraient pas à la Compagnie de voir clair dans les écritures du Comptoir. Il sera exact à tenir prêts les cahiers qui les contiendront, afin qu'ils puissent être mandés en France par toutes les occasions qui se présenteront.

» Le Chancelier dressera, à la fin de chaque quartier, l'Etat des salaires sur le registre tenu par l'Inspecteur, où les retenues pour avances faites aux Employés ou pour le temps de maladie ou pour autres motifs seront détaillées.

Il sera tenu, par le Chancelier, un registre des habitants des Comptoirs, où il marquera leurs noms, leur âge, le lieu de leur naissance, leur emploi, le jour de leur arrivée et départ et sur quels bâtiments ils sont venus ou partis, afin de régler avec facilité les frais

de passage, les salaires et dresser les deux Btats de passage, donl un sera remis au Capitaine et Tautre envoyé à la Compagnie après avoir chargé la marge des bonnes ou mauvaises qualités des passagers.

» Le Chancelier aura la plus grande attention jde se transporter, avec le Commis à la Chancellerie, dans la chambre de ceux qui seront décèdes à La Calle pour procéder, tout de suite, à l'inventaire de rargent, bardes et effets qu'ils auront délaissés, en vue de les conserver aux héritiers légitimes des défunts, la Compagnie défendant très expressément au Chancelier de laisser prendre, à qui que ce soit, aucun des effets des décédés, pas môme à ceux qui les réclameraient à la faveur d'un testament; la Compagnie voulant, après avoir pris les instructions nécessaires en pareil cas, décider de ce que la Justice et ses forma* lités exigeront.

» Le Chancelier prendra soin de faire vendre, à un encan public, les effets ci-dessus et remettra, après, au Gouverneur, un extrait de Tinventaire et de venté que ce dernier aura soin de faire passer à la Compagnie, pour que le montant qui sera déjà entré dans la Caisse de La Calle puisse être compté, à Marseille, aux héritiers légitimes des défunts.

» Le Chancelier, faisant fonctions de Notaire à La Calle, continuera de prendre tous les Actes qui se feront dans cette Place, ainsi que les Procédures, sous la dictée du Gouverneur qui rédigera lesdèposi^ tiens.

Caissibr.

» Le Caissier, devant recevoir et être le gardien de tous les fonds que la Compagnie fait passer à La Calle et dont il répond après les avoir reçus, n'ouvrira sa Caisse, sous peine de révocation à la moin«>

dre plainte du Gouverneur, que pour acquitter les mandats de ce dernier ou payer les billets qui lui seront adressés par le Garde magasin ou le Commis du Bazar pour le payement des denrées ou marchandises

Garde magasin. ]t ^ ,. . .

Commis de boutique. f ^.^^^ V économie, les Commis à la dépense. ; soinÈ, texaciiiude dans

Commis à la chancellerie. \ l*<iccompHMement de ^ . , , ) leurs foncttons.

Commis a la mesure. '

DKOaitAN.

f Le Orogmao sera chargé de traduire littéralement, en français, les lettres arabes qui seront écrites et traduire exactement^en arabe^les réponses minutées qui lui seront remises en français par le Gouverneur. Jl s'occupera à connaître les Maures qui fréquententLa Calle et distinguera, par beaucoup de prévenance et d*aff9biUté, ceux qui mériteront des considérations et queTintérétde la Compagnie exigera de ménager. Il s*en attachera quelques-uns pour être avisé* par eux, de ce qui se passera à la montagne. Le bien du service exigeant que le Gouverneur, auquel il doit rendre eompte de tout, ne soit pas le dernier à être instruit des différents événements qui y surviennent, le Drogman se méfiera des Maures et se tiendra toujours sur aes gardes quand il s'agira de solliciter du Gouverneur, de leur accorder des demandes sans motif fondé, ni justice ; il aura soin d'en faire sentir Tinconséquence aux Arabes et tachera de les dissuader par de bonnes raisons alléguées avec douceur etpatjence. Quand il ne pourra réussir à les faire changer de dessein et qu'il v^ra nécessité de les présenter au Oonverneur, il ne doit jamais le faire sans la pruden-

te précaution de Tavoir prévenu d'avance et avoîf discnlé et approfondi, avec lui, lademandedes Arabe», alîn que la réponse soit prompte et décisive.

» Le Drogman, ayant sa pollôe sur tes llfaures et étant souvent choisi pour être l'arbitre de leursf différents, pe décidera jamais rien de quelque conséquence sans en avoir fait part au Gouverneur et pris son avis; et ce sera en vue de s*atUrer de la considération et la confiance des Arabes que le Drogmàn étudiera les lois et les coutumes du pays et il s'abstiendra de pàrattre intéressé, la Compagnie défendant Irés-expresséraent, au Drogman, d'accepter aucun présent de ïk part des Arabes, sans l'agrément et l'autorisation du Gouverneur auquel il rendra un compte exact de fout. II ne donnera rien aux Arabes de ce qui n'est pas d*usage sans sa participation et ses ordres ; il sera ferme et prudent vis-à-vis des Turcs et sei;^ continuellement sur ses gardes, lors des visites du Caïd de Bône. pour ne pas ouvrir la porte à quelque usagé nouveau que les Turcs n'oublient jamais rien pour introduire ; il se tiendra continuellement au Bazar^ dans le tempe de la Traite des denrées, veillera conjointementavec les Commis au Magasin et à la Mesure à ce qu'il né soit reçu que du blé de bonne qualité ; sa présence en imposera aux Maures et obviera aux troubles et tracasseries qui ne sont que trop fréquents dans les temps de commerce; il se rendra agréable au Chek de la Mazoule avec l'attention la plus scrupuleuse de lui laisser toujours ignorer les vues du Gouverneur.

» Le Drogman s'instruira des changements qui surviennent, annuellement, pour cause de mort, aux payements des lismataires de îa Nation des Nâdls quil lâchera de connaître en vue d'éviter toute tracasserie avec celte Nation inquiète; il fera-niôme au commencement de chaque année, un registre où le

nom des Uamataires sera détaillé, ainsi que le montant de la Itsme qu'ils auront à prétendre ; finalement, la Compagnie recommande au Drogman beaucoup de prudence, de discrétion, de laquelle il doit faire mon« tre en tenant secrets les ordres qui lu! seront donnés par le Gouverneur.

CAPITAINE d'armes

Il sera attentif à l'exécution des consignes et des ordres qui lui seront donnés par le Gouverneur, au lever duquel il se trouvera pour lui rendre compte de ce qu'il aura vu ou de ce qui lui aura été rapporté par les deux Caporaux chargés de faire les patrouilles durant la nuit. La pratique exacte d'en faire trois dans la Place assurera la tranquillité dont on doit y jouir, et mettre à môme de veiller aux différentes contrebandes et friponneries qui peuvent se faire.

» Le Capitaine d'armes tiendra un compte exact d'entrée et de sortie de la poudre qui lui sera confiée ; il visitera fort souvent les armes des Soldats et aura grand soin de celles en réserve dans la salle, pour qu'elles puissent toujours servir au besoin ; il s'occupera des petites réparations nécessaires à l'artillorie et aura toujours bonne provision de cartouches, dont la consommation, passée aux Soldats, sera déterminée au commencement de chaque quartier lors des revues générales.

Le Capitaine d'armes commandera les délachemi nts destinés à escorter les charrettes qui iront prendre le bois de construction et se mettra toujours à la tôte de celui commandé pour protéger la coupo du foin : la Compagnie lui récommandant très expressément d*empécher que ses Soldais ne fréquentent trop les Maures et^ne quittent jamais leur détachement sous quelque prétexte que ce puisse élre pour aller dans

les Douars; finalemeot, le CapHaioe d'armes veillera au bon ordre et à la tranquillilô qui doivent régner dans les Cprps dç garde et principalement au Grand où les Maures déposent leurs arm^s avant d'entrer dans la Place : il rendra un compte journalier au Gouverneur des bonnes et mauvaises qualités des Caporaux et Soldats, en vue de distinguer le zèle des bons sujets et renvoyer ceux qui seront inutiles ou qui tiendront mauvaise conduite. '

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