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I. I*e Matin, 22 avril

L'ALLEMAGNE DEVANT LE TRAITÉ 6l

l'opinion française à l'égard de nos propositions. » Entre temps, la Commission des Réparations a fixé les taux d'évaluation des dommages, statué sur la conversion en or des chifiPres obtenus et arrêté à la somme de 132 mil* liards de marks-or la dette de l'Âllems^e. (Voir Annexes : Communiqué officiel de la Commission,) La part de la France^ sera de 52 % de cette somme, soit 68 milliards 640 milUons de marks-or, représentant au change du jour 226 milliards 512 millions de francs.

Comme dernier argument devant ces mathématiques impératives, Berlin crée une crise parlementaire, annonce la démission prochaine du docteur Simons, celle du chan* celier Fehrenbach et de tous les ministres. Ainsi att€Înt-on cette date du i®' mai 1921, qui, dans la Rewie Hebdomadaire, le 30 avril, inspire à M. Jacques Bainville les paroles suivantes : a Le bon sens, la force des choses nous poussent à « réaliser » le traité et à prendre des gages. On y vient lentement, trop lentement, mais sûrement. Que l'occupation de la Ruhr ne donne pas tout ce qu'on attendait (ce qui dépendra encore de nous et de la manière d'occuper), ce qu'elle rapportera vaudra mieux que le vide de la caisse, puisque, trente mois après l'armistice, vingt-deux mois après la signature de la paix, seize mois après l'entrée en vigueur du traité et le jour même — !« mai 1921 — fixé pour la première échéance de 20 milliards, la chose a d'importance » reste à faire : obliger l'Âllems^e à payer. »

En France, pendant la fin de mars et le mois d'avril, divers événements méritent une rapide récapitulation rétrospective. Le 15 mars, à la Chambre, M. Jean Hennessy préconise l'emploi de la main-d'œuvre allemande pour la reconstruction des régions dévastées. M. Briand

X. D'Après ramogemcnt interallié de Spa, signé le x6 Jtiillct xçao, pris en aonfonaité de rarUde 337 du traité.

établit, le tnêtne jour, qUe pout la répartition des taxes, cti AUemague, il y atira ttti fonds commun 6t que « la taxe est ptéletée pont lu coiHpte commuti des Alliés ». Le 5 avril, ilttpottatit débat au Sénat. M. Briand y définit iidtte politique étrangère et dédare : « La France, d'accord avec ses Alliés, est bien décidée à avoir le dernier mot. Nous fêtons consacrer notre créance, aii besoin, par la force. » Le 8 avril, VIUu$traiion publie les premières pages écrites par M. Clemenceau, depuis qu'il a quitté le poUtoir. Ce sont des extraits inédits de la préace du livre La Paix que M. André Tardieu fera paraître la semaine suivante:

« Si to Allemands n'ont pu mesurer eneore là ptoÊcmâKax d'une chute irrémédiable, s'ils n'ont pu démêler l'éventuelle valeur de l'aetc culminant de l'immense tragédie, ils sentent encore ttés foirtement bouillonner en eu^m&tneB toutes les sources lù-ofoadtt d'une vl« de labeur et de volonté. I«enr faute est de ne voir l'aveiiir qu'à teftTtcs les brumes sanglantes d'une civilisation gre0ée sur des survivances de barbarie. S'ilft se peuvtet rénover, ils prendront graduellement la juste place à laquelle ils ont droit dans le monde.

« Sinon, les vainqueurs, qu'ils en aient ou non la conscience, se trouvent dés à («résent condamnés à veiller de très prés aux bàtrïérâ ôss pajs devenus, comme disait le président WUson, « des froiitiérts de liberté ».

a Tel est notre pressant devoir de ce jour. I,e traité signé n'est qu*ime feuille au vent sans la suit« d'e±é<hitiaii. I«ê plni fort daliâ le inonde sera le phia vigilant, le mieux ptéparé & se défendre contre toute ents^ prise mauvaise, à aider son prochain dans la détresse qui, à son tour» voudra l'aider avec oU saxis traité. C'«st notre loi commtine, et lu déloyauté dn boche n'est qu'une invitation nouvelle à nous toujours garder. S'il est des sentinelles qui sommeillent ou se laissent surprendre, au peuple intéressé l'immédiate réplique de défense. Quand je demande que l'esprit public soit en éveil, c^Èst qu^on a vu trop souvent les maîtres de la puissance emplo3rer tous leurs soins à l'assouplir. »

M. Clemenceau conclut :

« Aujourd'hui, comme hier et demain, aucune suite de succès ne peut être attendue que des capadtés de disdplinë intérieure chez leé peuples dignes de concevoir et de réaliser l'ordre nouveau d'une jilete paix de labeur, Vévénement parlera. Celui qui voudra le plus fortement et le plus longteinps aura raison de l'autre partie, ^'ambition vaut par son objet, la plus bdle n'en réclame que plus haut des caiBCtéres, des volontés.

« Ce n'est ni la noblesse des aspirations, ni le ferme coturage qui peuv^t nous faire défaut. I«a eonstance du propos, là méthode et l'esprit de suite furent de nos principaux mâiiquements dails l^hl^tôilé.

Né ptài^abA-ntiOà piOeet dans Ibê éptmvts de ce temps la force de r^iau9!;er ks i^ires de la guenre (insttffiaaates à maftitmir mi peuple)» d'un supérieur ensemble de ces achèvements de la paix dont s'illustra souVeht iiotre passé? Potir s'appropHer Tavenir, il n'est que de le fdr||er soi-aïtine. Bticlmnes et marteaux sont là, soyons les biBS*. »

Le même jour, et à nouveau au Sénat, M. Briand réplique aux affirmations du docteur Simons. Le 9» le général de Castelnau déclare (Echo de Paris) qu' « en tout état de catise, le peuple français ne veut ni vivre dans la honte des faillis, ai mourir dans la détresse des ruinés ». Le 13, la Chambre entend M. Briand menacer l'Allemagne du gendarme en même temps que de l'huissier. Le 15, notre premier ministre dit à la Commission des Affaires étrangères de la Chambre : « Si l'Allemagne faisait d'ici le 1^ mai de nouvelles offres, je n'accepterais p3S d'engager, avec ses représentants, de nouvelles conversations sans obtenir préalablement des gages, afin de mettre ainsi obstacle à la politique d'atermoiement que le Reich pourrait être tenté de poursuivre. » Le même jour, nos chefs militaires et civils arrêtent, en conseil à l'Elysée, toutes mesures utiles. Le 19, l'entretien de Lympne est décidé. Les ministres alliés se réunissent, le 23 avril. « M. Lloyd George a le sentiment qu'on a fait preuve du maximum de patience à l'égard de l'Allemagne'. » Le lendemain, MM. Lloyd George et Briand examinent les offres de Berlin. Le 25, retour de M. Briand à t^aris. Le 26, il expose à la Chambre le résultat de ses conversations : « Le 30 avril, dit-il, les Alliés seront à pied d'œuvre. » Par 400 voix contre 25, la Chambre fait confiance au gouvernement. Le 27, le gouvernement français fait tenir à son ambassadeur à Washington une note déclarant les propositions de Berlin inacceptables. Le 30, première journée de la Conférence de Londres (Conseil suprême). Le Premier anglais estime

X. M. Alfred Capvn voit dans la préface de Clemenceau • nn puissant ccnnnicnttite plino»o|dii<|tte du ttait€ dé TCIMOlCi et de B» tMséqueuces t. (Ifi GâmIoU. )

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