‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 17 sur 92 · X. I^ Ttmpif 7 mai · texte numérisé non relu

X. I^ Ttmpif 7 mai

le refus équivaudrait à une catastrophe. Les journaux rhénans et westphaliens font écho. On fait observer qu'à partir de 1926, l'accord de Londres se traduira par des paiements infàieurs à ceux qu'aurait exigé l'accord de Paris. Et l'on se réserve de dissimuler une partie des exportations allemandes pour réduire ainsi les annuités variables. Le 10 avril, insidieuse, la Gazette de Francfort écrit : « Avant tout, — c'est un point sur lequel il faut toujours revenir, — nous obtenons la possibilité de rappeler à la Commission des Réparations qu'elle doit, conformément au traité, proportionner nos versements à notre véritable capacité de paiement. Nous ne signons pas, comme on nous le demandait jusqu'ici, un arrangement financier dont l'exécution littérale et ponctuelle nous aurait été imposée sans recours. Non : un arrêt nous étant dicté en vertu du traité, nous nous déclarons prêts à l'exécuter — dans la mesure où nous le pourrons. »

« Le temps changera tout! » voilà l'opinion qui se généralise. « Dans dix ans, l'Entente sera morte. Alors, toutes choses nouvelles !» Le 10 mai, le Reichstag accepte l'ultimatum par 221 voix contre 175 ^ Il y a un cabinet

z. Ptuf FacceptaiioH de PuUimakim, nous faisons disparaUrs la manau imminenU éTuiu occupaHon de la Ruhr. La erairU* souvent exprimée que Voccupaiion aurait lieu dans tous les cas, que nous signions ou non, n*esi appuyée par aucun passage de PuUimaium. (Dédaiation du chancelier Wirth.)

Aussitôt Apréa la séance de nuit, le chancelier tran^nit télégiaphiquement à rambasBodeur idlcmand à I«oiidres la note suivante pour être remise à M. Lloyd Gcotfe. (La même note fut envoyée à Paria, Rome, Bruxelles et Tokio.)

En vertu de la dédrion du BHrhutag, je suis chaîné de déclarer ce qui suit au nom du nouveau gouvernement, rdaûvement à la décision des puissances aUiécs, du 5 mai 1931.

Le gouvernement allemand est décidé :

I* A remplir, sans conditions ni réserves, ses obligations telles qu'elles sont fixées par la Commission des R^nrations;

2* A accepter et à réaliser, sans conditions ni réserves, les mesures de garanties prescrites par la Commission des Réparations, au point de vue de ces obligations;

3« A exécuter sans réserves ni retard les mesures en vue du désarmement sur terre, sur mer et dans les airs, qui ont été notifiées par la note des puissances alUées du sz janvier Z93z; les mesures dont Texécution est en retard devront être exécutées immédiatement, les autres, dans les délais prescrits;

4* A procéder, sans réserves ni retard, au jugement des coupables de guerre et à l'exécution des stipulations du traité mentionnées dans la première partie de la note des gouvernements alliés du 5 mai 1921.

Je vous i»ie de porter sans retard cette déclaration à la connaissance des puisalliées. WntTH.

dont le docteur Wirth est le chancelier et rintérimaire des Affaires étrangères V (Les prochaines échéances prévues par le traité sont donc, à dater de ce jour : 12 tnai : acceptation de rultimatum; 1^ juin : paiement d'un milliard de marks-or; 30 juin : désarmement; i^' juillet : création et remise des obligations représentant le montant des 12 milliards marks-or; 15 juillet : premier paiement trimestriel, par quart, de l'annuité fixe de 2 milliards marks-or; 15 août : premier paiement trimestriel, pat quart, des sommes équivalentes à 26 % de la valeur des exportations; 15 octobre : deuxième versement trimestriel du quart de l'annuité fixe de 2 milliards de marks-or; 1^ novembre : remise à la Commission des Réparations des obligations du montant de 38 milliards de marks-or, et de celles, sans coupons attachés, représentant le montant de 82 milliards de marks-or; 15 novembre : deuxième versement trimestriel des 26 % de la valeur des exportations.) « Si nous nous laissions jouer une deuxième fois par l'esprit de ruse de l'Empire germanique, nous serions impardonnables. » (l,*Echo de Paris, 11 mai 1921.) « Nous espérons que les gouvernements de l'Entente sauront

(x) Vacceptation allemande, le xo mai 1921, a coïncidé avec le daquantième annivemlre du tmité de Francfort, le 10 mal 1871.

ChancelUr et ministre (provisoire) des MM.

Affaires itrangètes Wirth (centre).

Viee-chemeeUêr et mimislee eu Trésor. ... O. Baubr (todal. majorit.).

Economie pubUquê R. Scbmidt ^odal. majorit.).

Travail BitAUxa (centre).

Tremtports Général dtam (démoc.).

Poatm et UUgrmphes Gibsbskts (oentrc).

Alimeniation Hbrmbs (centre).

Intérieur Okadwauxr (tedal. majorit.).

Rtiehmueikr Gbxmlbr (démocrate).

Justice SCHiFFBR (démocrate).

Reeoiutitution SiLBSMCRiiroT (8odal. majorit.).

On parle, le zx mai, pour le portefeuille des AfiEaires étrangères de M. von Ber<^' ministre d'Allemagne auprès du Vatican.

[M. Joseph Wirth est né à FritxNirg-en-Brisgau (duché de Bade) en 1879. n fut, avant d'être élu au Rdchstag, en 19x4, membre de la deuxième Chambre badoise, où il fut inscrit dans le groupe de la Christlicbe Volskmrtei (centre), h la constitution du cabinet Mûller, en 19x8, il prit le portefeuUle des finances, qu*U n'a cessé de conserver depuis lors. H fut, avec M. Joseph Mûller, partisan de la signature dultnJté de Versailles, n avait été hostile à l'approbation de l'accord de Paris du ^291 janvier X92X.3

(Ifi Temps,)

l'allemaqke devant li traité 71

éviter toute ÏUusÎod. « (I^e Tnnps, I2 mai.) Paroles opportunes. Déjà la Deuitche Zaùmyg vient de déclarer : t Le document que l'on va Eignei n'est qu'un cliifion de papier.»

C'est à ce moment qu'éclate, à Londres, la stupéfiante manifestatioii de M. Uoyd George, au sujet de la Haute- ^ésie : a Je suis alanné : j'ai peui, j'ai peui I > (Voir plus loin.) 1/6 docteur Wiith, qui préparait un plan de réparations (plan ânancier), dresse l'oreille : cette voix anglaise loi donne l'espoir que l'Entrate va subir une mauvaise crise. On se prend à dire à BeiUn que l'Angleterre serait favorable à l'évacuation de Duisbourg, DusseldorfE et Rubrort*. Le BerUner TagebiaU déduit, des termes du discours trop fameux, que des troupes allemandes ont le droit d'attaquer en Haute-Silésie '. « Le conflit polonoallemand tourne au conflit franco-anglais », dit-on gaiement outre-Rbin. Conscient que ce sont là des opinions hasardeuses, le chancelier choisit l'attitude du plus apparent bon vouloir. Il veut donner l'impression qu'il fera tout son possible pour s'exécuter. Il calme les rieurs et les exaspérés. Il dit : a Je ferai tous mes efforts pour que le désarmement, les prestations en nature et en argent commencent le plus tôt possible. On verra que nous ne jouons pas but les mots '. » De son côté, M. ïfayer, ambas-

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