‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 19 sur 92 · I. En Totu dï l'ottlcle 5 de l'oltimatuni. I · texte numérisé non relu

I. En Totu dï l'ottlcle 5 de l'oltimatuni. I

it provlwlrc du comlW do (alsntlts (vnli i de l'itat de palanoils.

le Frtnklurlir Nackricliien A sa solde : • On ne p«l d'un Idéolo^e ft tra poAte tédamaJit une pt^ttque pnitlqiK. > La pnoc de droite bit dranu. — Le docteoi Walter Rathenau, tnnd liidtutrid, bouBie d'abltes, phUoeopfat, sociotogne, moraliste, thteeideD et riaUntenr ; dircctnir de la SocMJ lenïrale d'eiectridtf. A a*t, m aoAt 1914, on mldbUre de la Gueire. le Mpartemoit des MalUn preuliies, A negula^,

an profit aUoiiaDd, la rcseonrces de la Prajiw et de la Belgique '~~ '^~

11 moate. A Bene, les deux aflalm MiUUrla et Muallum [

74 HiaTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

Allemands, au ministère de la Reconstitution. Le i^ juiti, M. W. Rathenau, au Reichstag, reconnsutra Fimpoitance des dégâts commis en France. Il sait, dit-il, que l'honneur de TÂllemagne est lié à la signature du Reich. Un prochain avenir montrera à quels entretiens et solutions cftte disposition d'esprit amena le nouveau ministre. « Entente, reconstruction, réconciliation », ajoute Wiith, qui, dans le cabinet, garde le portefeuille des finances. « Note optimiste », constate la Gazette de Vass, Mais la Deutsche Zâitung assure que « le rouge de la honte monte au visage en entendant ces paroles ». Elles ne vont, d'ailleurs, pas sans quelque réticence. Le chancelier veut bien mcmtrer de la bonne volonté, mais nous comblerons ses voeux en approuvant son refrain : « En échange, laissez-nous la Haute-Silésie. » Somme toute, Berlin nous demande des gages, et c'est asses piquant, comme sophisme et comme calcul. L'Allemand attend une récompense s'il est bien sage ! Le polémiste Harden se met du jeu, à son tour, et la flatterie qu'il nous adresse est cousue de fils blancs (Zuhunft). C'est du meilleur pince-sans-rire :

Ives hammes qui aont aujouDd'hui à notre tête ne sont fias des génks, mais des gens de bonne volonté. Us veulent relever devant le monde la signature de TAllemagne. C'est un gouvernement de gauche. Aidea^le. Caressez un peu M. Wlrth dans te sens du poil. Au lieu de le bombarder d'ultimatum, adre^ez-lui des notes courtoises. C'est à la France psychologue que je m'adresse V

Les invites sont telles que le Journç^ des Débats, étudiant cette psychologie de la douceur, se demande si

I. I^ VorwMfU croit que le discours de M. lUtbtoatt aura ua giaad reUatis- •eiMsit $i GoQtritniera puiBSBauneat i 4 inaugurer uae ère de coofiance daas 1^ lapporis fraoco^aUeinaads.

1)6X1$ la dédaration lue au Edcfastag par un membre du parti •ocialiete awjqritaire, on trouve ce* mota : « Noue tesoue beaucoup à avoir avec l'Aagleterre de booaee, d'excellentes relations. Ifait l'aveair de l'Europe n'en dépead pas moias, en preniière Ugae, des bons lapporti entre l'AUemagne et la Fruice. Cest pourquoi Je ne veux pas abandonner l'eipoir qu'un jour, malgré tout, }*on réussira à établir une entente durable entre cce deux pays. Ce i«ur>là, une nouvelle pliase commencera dans l'histoire de TEuTEve. •

l'heure est venue d'accueillir les baisers Lamourette :

I«e tapprochement avec r Allemagne exige beaucoup de temps. Zl ne deviendra possible que le jour où les Allemands, voyant s'affermir et pfospéver autout d*euz les États non germaniques issus de la vie* taire de zgi8, s'avoueront qu'ils seraient impuissants à détruire la nouvelle Europe. Ce que nous demandons en ce moment à nos amis d'outre-Mancfae, c'est de nous aider à faire pénétrer cette conviction dans le Reich.

Pourtant « il y a en ce moment, en Allemagne, des dirigeants avec qui on peut causer » iy Avenir, 5 juin), Rathenau, par exemple. Mais il y a les Stinnes, les Stresemann, les populistes qui hurlent aux cliausses de Wirth, et les nationalistes qui viennent de déposer la motion : 0 Le Reichstag refuse au gouvernement la confiance dont il a besoin ' . » La droite se méfie de Rathenau et de ses plans de capitaine d'industrie, dans le domaine économique. La presse ne croit généralement pas à la solidité, du ministère. Cependant, Wirth reste optimiste : « Malgré l'opposition des nationaux-allemands, le gouvernement évitera la crise, Le président Ebert ne sera pas contraint de dissoudre le Reichstag. » Mais, le « disciple d'Erzberger » a un nombre considérable d'ennemis, des « enfants terribles » qui lui font la vie difficile et cherchent l'occasion du croc-en-jambe. Le 13 juin, la Correspondance locale nationale lance un appel à la lutte et proclame que Wirth est un Erzberger « aggravé ». On prophétise d'écrasantes augmentations d'impôts ^, au moment où la Reich^ bank achète des monnaies d'or, allemandes ou étrangères, au prix de 140 marks- papier la pièce de 10 marks, et où a Ueu la première entrevue de M. Loucheur et de M. Ra-

z. Ja cabinet obtient 4 pdse un ToCé de co&fiaiioe : il semble qn'oo lui ait laissé seulement un répit.

3. I«e 24 juin, un débat s'engagera, au Reichstag, au sujet du projet de loi relatif à la perception accélérée de VimpM de $merifie4 et de la taxe de guerre. « Nous avons besoin de nerfs solides, ^la Wirth, pour pouvoir aocxunplir les gnmds devoirs qui nous attendent sur le terrain fiscal. • — X,e 28, le budget extraordinaire pqur l'applieatioB des danses du traité est déposé au RsJcHstag : l«s crédits demandés sont de 8 milliards 500 millions de marks. — I«e 39, des désaccorda ' ' an sein dn ministère, sor la question même des impôts.

thenau, pour l'organisation des réparations en nature et leur paiement. Les deux ministres doivent aussi examiner les ressources qui pourraient être substituées au prélèvement de 26 % sur la valeur des exportations allemandes, pour la fixation de l'annuité variable que doit acquitter l'Allemagne. (Cette importante question sera traitée postérieurement.)

Le comité des garanties s'est transporté provisoirement à Berlin et y envisage l'application de l'état des paiements notifiés à l'Allemagne. Il va installer un organisme local de contrôle et d'information. C'est ne pas perdre une seconde et c'est fort bien ainsi. N'y a-t-il pas lieu de craindre que si le ministère Wirth tombait, nous pourrions nous retrouver devant une Allemagne et un gouvernement plus récalcitrants? M. Foincaré, quand il écrit, dans le Temps du 27 juin, comprend fort bien que ce sentiment est assez courant, en France :

J'entends de graves oonseiUeis nous dire : « N*y touchex pas. Vous allez le faire tomber en morceaux. I^a nouvelle coalition gouverne-, mentale ne représente, au vrai, qu'une minorité du Rdcfastag : 229 voix sur 466, et, si Tultimatum a été aecepté par 321 voix contre 175, il y a eu de nombreuses abstentions. I«e ministère Wirth reste donc dans une position fort instable. H est forcé de compter avec l'opposition du parti national allemand, et le comte Westarp vient encore de prendre le chancelier à partie avec une extrême violence, en lui reprochant de donner au pajrs un mot d'ordre criminel. De son côté, le parti populaire se réserve. Si nous ne facilitons pas aux ministres du Rdch la tâche ingrate dont ils se sont chargés, ils seront renversés et nous nous retrouverons devant le néant. » Dans ces conseils, je suis tout disposé à reoonnattre la part de ta sagesse et de la vérité; mais je voudrais bien qu'ils ne nous conduisissent point à de nouvelles capitulations et que, sous prétexte de ménager un cabinet fragile, nous ne fissions pas encore subir à nos droits, déjà trop cruellement diminués, de dangereuses amputations.

C'est contre cette théorie du « vase brisé » que réagit Tex-président de la République. Il fait observer à propos que Wirth n'a cédé à l'ultimatum que pour conserver la Ruhr. Nous ne lui devons aucun remerciement : il n'a fait que son devoir : « Tant pis pour le vase, s'il se brise tout à fait! » La même résolution appariât dans les

commentaires que fait notre presse sur là réunion prochaine, à Stockholm, de l'Union interparlementaire et

où sont invités les délégués allemands.

I^ Ailemands n'ont pas réparé; ils n'ont ni regrets ni remords du crime commis ; ils en sont encore à nier leur responsabilité dans la guerre.

Deux ans après la signature de la paix, ils commencent seulement à manifester l'intention de s'exécuter — et encore a-t-il fallu recourir à une mise en demeure fonnelle, avec menace d'un recours à la force, pour les y contraindre.

Xfii situation est telle qu'on se doit de refuser à l'Allemagne d'être représentée au sein de la Société des Nations. Ce n'est que le jour où l'on jugera qu'elle remplit les conditions morales et politiques indispensables pour y faire siéger ses représentants aux côtés de ceux des autres nations, que la reprise de contact avec les Allemands pourra se poser dans tous les domaines.

Jusque-là la plus grande réserve s^impose, et il faut souhaiter que le groupe français de l'Union interparlementaire maintienne l'attitude prise en commun antérieurement avec le groupe belge et refuse de se rencontrer à Stockholm avec les délégués du groupe allemand *.

(Xfi Temps, 28 juin 1921.)

Wirth, reprenant un couplet qui manque décidément de variété, redit à la Neue Frète Buhne de Vienne : « L'Entente doit supprimer les sanctions. Elles ne se justifient plus depuis l'ultimatum. Elles font obstacle à notre travail, à notre commerce. C'est une blessure au corps économique allemand. »

Ce n'est ici qu'une plainte. Le propos du docteur Rosen, le 30 juin, au Reichstag, ressemble bien plutôt à une comique admonestation. Il est une fois de plus question des sanctions, et le docteur Rosen a l'audace de dire :

J'ai invité notre ambassadeur à Paris à déclarer immédiatement, et de la manière la plus expresse, à M. Briand, que le.maintien de ces mesures après l'acceptation de l'ultimatum et les grosses prestations laites en vue de son exécution, était une injustice à l'égard de l'Alle-

I. ^ A cette date, H. de Sdioen, ambaaeadeur d'Allemacne A Paris, ea 1914, publie SCS mémoires, démontre que le peuple français ne songeait pas A la guerre et flétrit les méthodes qiû la déchaînèrent, comme celles <iai aboutirent A^la violation de la neutralité bdge. Cet acte de contrition a sou prix : on en prend bon acte en France, mais ce n'est qu'une dodie de tx» timbre dans le CMO|dionique CBrillon d'outre-Rhin.

tnagne et qu'au cas où le gouTcmement français ne nutnifesteiait pas,

sous une forme quelconque et dans un temps très proche, son intention dé levet rapidement les sanctions, on st demanderait de plus en plus, en Allemagne, si la Pfance a sérieusement enrisagé les conditiotts nécessaires pour que le cabinet subsiste et que 1* Allemagne tienne ses engagements.

Voilà qui s'appelle parler. De la jérémiade à Tordre quasi-impératif, nous avons toute la gamme. La vérité est que le cabinet Wirth est de plus en plus menacé. On croit sa chute inévitable : pourtant il vivra. On nous sait assez satisfaits de Wirth et on agite le fantôme d'un hypothétique successeur. L'armée, les conservateurs, la jeunesse imiversitaire, la Bavière jouent cette carte. La coalition est forte. Wirth n'a guère que les socialistes majoritaires avec lui : et ils sont bien maladroits. Sur 466 députés, 121 viennent de voter pour le drapeau républicain, et 120 pour le rétablissement des couleurs impériales. L'idée fixe de la « suppression des sanctions » cherche des appuis à l'étranger, en Angleterre, où Ton a essayé de nous convaincre que nous devrions y consentir, à Wiesbaden, dans les entretiens Loucheur- Rathenau et dans beaucoup d'organes de la presse neutre. Le Reichstag en fait un leitmotiv de ses délibérations (Bell, Reichert, Breitscheid, Koch, Deermann, 2 juillet). « Il ne reste à l'Allemagne que la politique de l'exécution loyale »,. propose M. G. Bemhardi dans la Gazette de Voss, « on devrait se rendre compte que l'on n'a pas un instant à perdre ». On en perd beaucoup, ne fût-ce que dans d'inutiles conflits entre bloc socialiste et bloc de droite, sans compter les divergences de points de vue entre le gouvernement du Reich et le gouvernement prussien. C'est le moment où, en Haute-Silésie, l'assassinat du commandant français Montalègre ne nous incline pas précisément à la douceur. Pas un regret allemand. Bien mieux, la Deutsche TageszfiUung signale le fait sous ce titre : « Un bain de sang organisé par les Français ! ! » Comment, devant ces impudences, songer à être indulgent, compatissant à la prétendue détresse

L'ALLEMAGNE DEVANT LE TRAITÉ ^g

du Reich? Outre- Rhin» toute vérité est systématiquement maquillée. On cultive la haine : que nous demande-t-on la bonté ? Nous Voulons la paix, mais avec tme Allemagne démocratique et pénétrée du sentiment de la justice. On y ment jusque sur le moindre détail, telle la folle histoire des 115 prisonniers allemands détenus à Avignon* Ce sont des prisonniers de droit commun, des malfaiteurs qui y subissent leur peine : et c'est pour ces gens que Berlin est travefséd'unlongcortègeprotestataire I Ainsien va-t-il pour tout le reste. Par ailleurs, on entretient l'acrimonie. l,e prince de Bulow, à Hambourg, dédare qu'un peuple qui ne désespère pas n'est jamais perdu. C'est bien. Mais son discours n'est qu'un appel à la vengeance, qu'un consdl à la perfidie. I^es audiences de Leipzig ont été dérisoires (procès des coupables : voir chapitre spécial^). Des douaniers allemands détroussent des voyageurs français^. Wirth, le « chancelier de la soumission à plat ventre ^)>, n'en peut mais. Il est possible qu'il ait de louables intentions : il est débordé par le mauvais vouloir de la nation. Par l'intermédiaire de la Neue Frète Presse, il demande aux Alliés de a doimer une impulsion à l'Allemagne démocratique ». Comment le pourraient-ils?

Le Reichstag prend ses vacances jusqu'au 6 septembre, après que les doutés se sont voté im traitement de 2.000 marks par mois. Les États-Unis ne vont plus être en guerre avec l'Allemagne. Le président Harding a signé la résolution transactionnelle entre les deux motions Knox et Porter. Sur le Rhin, on espère que les 15.000 soldats américains vont être rappelés dans leur pays : il n'en sera rien. L'ambassadeur américain à Paris, M. Hugh C. Wallace *, vient de déclarer précisément : « Le traité

X. La questtoti des coupables, pour la période étudiée, sera traitée au tome III , d'ensemble avec la période qui y sera analysée. 3. Incident Kunstinger et Myon, i" juillet xqsx.

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