Le mol est du comte Westarp, dans la Kreuneitung
4. Le 6 juillet, il quittera son poste de Paris, cnq>artani toutes les syihpathieB françaises.
a été forgé, non pour être violé ou tourné, mais pour être appuyé. Tant que TAllemagne n'aura pas payé la dette qu'elle doit à la civilisation, jusqu'au dernier centime, il sera impossible à l'Amérique de se sentir vraim^it en paix avec elle^» Le projet de traité, rédigé par M. Hughes, secrétaire d'État, est formellement affirmatif sur les réparations, le désarmement, les garanties, notamment en ce qui concerne l'occupation de la rive gauche du Rhin ^ . Pendant ce mois de juiUet, en Allemagne, « la hain^ contre la France s'envenime. Les doctrines officielle, niant la responsabilité morale de la guerre et contestant la défaite, sont enracinées dans les esprits. Nulle protestation ne s'élève » (Isi Revue de la Semaine), Les étudiants villégiaturent dans des camps militaires. Le chancelier Wirth, à Breslau (9 juillet), revendique laHaute- Silésie devant un auditoire qui l'accueille par des vociférations guerrières. Le Lokal Anzeiger imprime : « Les Français auront une peur affreuse de voir crouler le cabinet d'ultimatum. lia redouteront une révolution nationale bolcheviste, ime nuit de la Saint-Barthélémy pour leurs missions de contrôle et de surveillance. » Où nous conduit la politique de ménagement? L'Allems^e ne peut ni ne veut changer de mentalité. A Oestemunde, la foule, le 10 juillet, assaille l'équipage du navire de pêche Keeling (anglais) . Le parti nationaliste bavarois nous nargue de mille façons (voir chapitre La Bavière). La Chambre prussienne s'insurge à nouveau contre les sanctions (15 juillet). La Gazette générale de r Allemagne encourage le développement des sociétés secrètes qui font disparsutre les individus considérés comme agents de l'Entente, ceux notamment qui indiquent l'existence de dépôts de mtmitions. On les poignarde à l'occasion. Les mineurs de la Ruhr, le 16 juillet, se mettent en grève. On signale partout des manifestations monarchiques, et
X. n faut convenir que le traité de paix que M. Hughes déaire voir soumettre au Sénat américain est pourtant, sur bien des points, teès différent du document signé le 28 juin 19x9, à Versailles. U en a été éliminé» particulièrement, toute l^t partie relative au pacte de la Société des Nations.
L'ALLEMAGNE DEVANT LE TRAITÉ 8l
qudques-unes antisémites. Dans les cafés berlinois, on rencontre de vagues conspirateurs qui imposent silence aux bavards « Rede nicht so viel, trink lieber » (Parle pas tant, bois plutôt) dès qu'il est question de « certains projets ». Se prépare-t-il quelque mouvement à la Kapp? I^es journaux socialistes alarmés assurent que « la République est en danger. I^e péril réactionnaire est aux portes ». Les socialistes majoritaires publient le programiUe qu'ils présenteront en septembre au Congrès de Gœrlitz : « Affermissement du régime républicain, revision du traité par des arrangements économiques, fonnatioû d'une ligue générale des peuples » ( ?). On publie avec assurance que le chancelier Wirth « en a assez )> et va se retirei[,« vu que l'hostilité de l'Entente dépasse tout ce à^uoi on pouvait s'attendre » (Deutsche Zeitung, i8 juillet). On ptésage qu'après lui viendra le chancelier qui mettra les Alliés « en présence d'une Allemagne qui ne veut pas payer, parce qu'elle est ruinée )^. « C'est faux, réplique Harden. Vraiment le bourrage de crâne nous a rendus insensibles au mensonge. Carthage détruite devint un désert ^ Deux ans aptes la signature de la paix, le Trésor allemand encaisse 40 milliards d'impôts sur le revenu. Une somme équivalente se trouve dans les dépôts privés des grandes banques. Les caisses d'épargne icgorgent d'argent. La crise industrielle est plus aiguë chez les vainqueurs qu'en Allemagne. Chaque observateur impartial peut se rendre conjpte de l'essor agricole et commercial du Reich. En plein été, 30 théâtres sont ouverts à Berlin. Dans les restaurants élégants, la clientèle se presse comme les sardines dans leurs boîtes. Voulez- vous un homarçl? 250 marks, tout frais! Le député Helflferich né voit rien, ne comprend rien ». C'est une noté à part dans le concert germanique. Mais les Allemands préfèrent les orateurs qui leur recommandent
I. Réponse au député Helfferich qui disait : • Depuis la dcstnactloa de Carthage, aucim peuple T^iaca ne fut Jamais traité arec autant de eruauté que l' Allemagne par l'Bntetit^. >
de « retrouver l'esprit de 1813 ». On admire les méthodes des simi-feiner. « Il faut les appliquer aux oppresseurs de la patrie allemande et répandre la terreur dans les régions occupées. » On rappelle les actes des anciens carbonari italiens. Et c'est encore l'invitation à l'assassinat. « En Rhénanie, des Français blancs ou de couleur prestement poignardés font un plongeon dans le Rhin sans avoir le temps de pousser un cri* »> (AUgemeine Zeiiiifig fur Miiteldeuischland, paraissant à Halle, en Saxe). Le groupe de l'industriel Stinnes tient en main la presse des provinces. Stinnes est synonyme de sabotage du traité, d'organisation de la résistance. La stinnisation de l'Allemagne fait chaque jour tache d'huile : elle a tout le caractère d'un formidable impérialisme de l'argent. Elle rayonne puissamment à l'étranger^. L'un de ses buts est de diviser la France et la Grande-Bretagne, notamment sur la question haut-silésienne. Les agents de Stinnes prétendent, le 27 juillet, qu'il existe à Alger un camp secret de prisonniers où seraient enfermés 1.200 Allemands. Tous les moyens sont bons pour énerver l'opinion, pour la fortifier dans la résistance. Un navire, construit à Stettin, pour Stinnes, est baptisé Le Boche : c^est l'indice, tout à fait frappant, d'une mentalité bien particulière. Pendant la guerre, l'Allemand s'irritait d'êtreappelé Boche. Désormais, il s'en glorifie. Le Boche de Louvain et du chiffon de papier est fier de son surnom : c'est maintenant im titre de gloire. Loin de renier le passé, on s'en fait une parure, xme étiquette. Le symbole des forfaits d'antan sera écrit sur la proue du jeune navire et parcourra les mers. La presse trouve là une nouvelle occasion d'insulter les Français. On rosse deux Japonais au théâtre de Potsdam, après avoir chanté le Deulschlund Uber ailes, Hambourg arbore les drapeaux de l'Empire
1. Deux nouvelles sociétés secrètes viennent de se constituer : « 1/ Association des Cent » et « I> cercle des hommes à la hagae. »
2. Ifi 25 juillet, Hugo stinnes est victime, à Niederwald, d'un mystérieux accident d'automobile. Il est blessé et soigné, quelques jours, àl'hdpital mnnicipel de Wiesbaden.
déchu. Le capitaine Langevin, de la Commission de contrôle de l'aéronautique, est assailli dans le train de Berlin à Spandau. On va fêter avec ostentation la bataille de Tannenberg, dans plusieurs villes de la Prusse orientale. Hindenburg et LudendorfE sont invités.
Ces « fièvres d'été », — un été torride, — ^ s'aggravent en août 1921. Le désaccord est absolu entre Paris et Londres, concernant la Haute-Silésie. On souhaite, à Berlin, la rupture. Mais le 13 août, c'est la catastrophe : le Conseil suprême se termine par des effusions. Il maintient le contrôle militaire sur le désarmement de l'Allemagne, la levée des sanctions économiques \ le maintien des sanctions militaires. Les « Boches » espéraient mieux : a II n'est pas douteux, dit la Gazette de la Croix, que l'Angleterre et la France se retrouveront toujours d'accord dans la volonté de faire servir l'Allemagne à leurs desseins, c'est-à-dire de la ruiner : la différence consiste dans le d^ré de brutalité. » (19 août 1921.) Pour justifier, du côté allemaad, le mot « brutalité », le 22 août, la police de Berlin houspille violemment un chasseur alpin» Dans le district de Rosenberg, la police de sûreté prend à partie des militaires anglais. Au Stadium de Grunewald, le kaiser est acclamé en effigie et la France couverte d'injures. Le gouvernement avait interdit à la Reichswehr de participer à cette manifestation: on a passé
I. I«es sanctions économiques seront supprimées à partir du 15 septembre si le gouvernement allemand souscrit aux omâitioas d-après :
i« I/C gouvernement allemand devra verser intégralement les sommes payables au 31 août;
3<* Il sera créé dans les pajrs européens un office allié qui contrôlera en commim avec l'office allemand les permis d'exportation et d'importation de toutes les maisons de commerce des pays occupés;
3* I^ gouvernement allemand devra reconnaître la validité des actes auxquels les autorités alliées ont procédé pendant la durée des sanctions;
40 i^ commission rhénane interalliée sera autorisée à prendre, avec le concours du chargé d'afEaires du gouvernement italien, les mesures relatives à la mise à exécution, pendant la période de teansition, des décisions énoncées plus haut;
50 ]> CÔasdl suprême confie l'élaboration en détail des clauses relatives à l'office de contrôle interallié à une commission d'experts qui sera ninnmée par les gouvernements des puissances d'occupation et par le gouvememeal italien, et <pii se rencontrera le plus tôt possible à Cc^lentx avec les dél^ués allemands , afffès avoir soumis ses propositions aux gouvernements alliés.
(Note officieuse du x8 août 1921.)
outre, et Wirth est insultécoimne léactioiinaire. Il s'attend à de rudes batailles parlementaires, lorsque, le 27 sep* tembre» le Reichstag reprendra ses séances ^ Il « aggravé son cas » en interdisant, dans les cinémas, la présentation du film La Honie noire, film tendant à démontrer que nos troupes indigènes» en Rhénanie, commettent des eKCÔs de toute nature.
Le 25 août, le traité de paix (voir Annexes) A été signé entre les États-Unis et rAUelnagne. Le BerUnet Tageblatt en commente le texte en ces termes :
Nous avons déjà dôdarê <)u'il ne fallait pas s'adonner à des espétanoos exagérées, en ce (pd ocmoerne les termes du traité de pahe. I<e nouvel accord est basé sur le traité de VetsaiUes : toutefois, il a été possible de faire valoir avec plus d'énergie qu'au printemp 1919 les revendications allemandes, n est à remarquer tout spécialement que la question de la culpabilité de la guerre n'est pas effleurée.
I^'avant-veille, une paix analogue av^t été signée à Vienne entre les États-Unis et l'Autriche. Et ces deux événements pacifiques se produisent à l'instant même où la vague de haine, en Allemagne, se fait plus véhémente et plus terrible. Le 25, Mathias Brzberger est assassiné, dans la Forêt-Noire, à Griesbach^. Impression énorme dans tout le Reich. Erzberger était, en son pays, Thoinme le plus détesté. Il succombait à im quatrième attentat» exécuté par le nationalisme allemand. Son tort avait été, ministre des Finances, de donner à sa patrie le conseil de payer la défaite, « la main à la poche ». Le revolver qui avait tué Kurt Eisner, Rosa Luxembourg, Karl Liebknecht, Haase, Gareis à Munich (voir plus loin) n'avait, cette fois, pas manqué son but. Les journaux recon-
X. Ifi, date prhoitiyeineat 0xéc était, nous l'avons dit, le 6 aqitembte.
a. Mathias Enberger, aé à Buttenhauaen (Wurtembetg) en 1875. loâfltUtear, maire de son village, journaliste. J)ltt, en 1903, député au Reichstag, soutenu par le parti catholique. Pengemianlste A outrance. An printemps de 1914, il donne aux catholiques belges sa parole d*lumneur que jamais l'Alleinagne ne violera la neutralité de leur pays. Bn temps de guerre, organise d'abord l'espionnage aile mand A I«ugano. Bn juillet X9r7, il fait adopter par le Reichstag la résolution . en laveur de la paix saas annexion ni indemnité. H est désigné potu- négocier l'armisticb en 1918. Puis il devient hiinistre des Finances. Attaqué par Hetfferich, il est le héros d'un procès retentissant (tribunal de Moabit, mars 1920). éloigné quelques mois de U vie politique^ il y restre le 6 juin par sa réélection au Reichstag.
naissent qu'il existe un « ofiice central de meurtriers ». I<a Freiheit précise : « Helfferich est l'assassin. » « Erzberger mort sera plus dangereux pour ses adversaires qu'Erzberger vivant. » (Gazette de Voss,) « Les balles qui Tant tué étaient destinées à la République allemande. » (Berliner Tageblati.) L'agence Wolff fournit la note gaie : « Le vol n'est pas le mobile de cet attentat. » Pour avoir prêché le meâ culpâ allemand, Erzberger mourait « avec douze balles dans la peau », exactement le nombre qtii est réservé aux traîtres. Un rédacteur du Journal, le 28 août, entend ce propos, à Berlin : « Enfin, ce chien est crevé ! » Et l'on établit que ce meurtre est, depuis- le début de 1919, le 315® imputable à la Camorra allemande. Le chancelier Wirth ne peut que prononcer, à Francfort, ces paroles amères ^ : « On ne saurait dire, en considérant les événements qui se passent en Allemagne, le verset : « Terre magnifique, téveille-toi I car le sang coule encore chez nous. » (Allusion à l'assassinat d'Erzberger.) «Dès demain, ajoute le chancelier, je retournerai à Berlin pour m'efforcer d'empêcher qu'un mal plus grand encore nç découle de cette ^mauvaise semence. »
Qu'il se hâte donc. Pendant qu'il parle, les ouvriers d'Oranienburg (faubourg berlinois) attaquent la jeunesse nationaliste, rossent les vétérans d'un cortège de commémoration militaire et arrachent les épaulettes des officiers. Ivcs communistes, à Potsdam, se battent avec des monarchistes : autant de gestes pour venger Erzberger. « Une nouvelle révolution est en vue : la mesure est comble. Des décisions graves doivent être prises si, au printemps prochain, nous ne voulons pas nous no5'^er dans un bourbier sanglant, » avertit la Correspondance socialiste majoritaire (27 août). Le 29, le gouvernement d'Empire publie une proclamation dans laquelle il déclare :
Vagitation effrénée entretenue, ces derniers temps, par des groupes et éléments déterminés a pour but de saper les fondements sur lesquels
I. 6i« aastmblét générale dct catlU)Uqii«t ftllcnuada (2$ août).
repose le nouvel empire allemand. Ces éléments préparent ouvertement la chute du régime républicain démocratique par des mo3^ens de violence, et représentent le gouvernement comme une association de pcditidens anti-allemands complètement incapables et qui doit être supprimée.
I«e gouvernement allemand se voit obligé d'intervenir pour que le crédit politique ne scAt pas ébranlé à un moment où l'Empire allemand a besoin de tant de ménagements et où de si lourdes charges pèsent sur lui.
I^ Constitution garantit la liberté de la presse, des associations et des réunions; elle prévoit également la possibilité de restrictions sur ce terrain aussitôt que l'on abuse de cette liberté, dans le but de renverser la Constitution actuellement en vigueur.
Une ordonnance du président Ebert prévoit :
lO ^interdiction, pour une durée de quatorze jours à trois mois, des publications périodiques qui feraient paraître des articles dirigés contre la Constitution ou le régime républicain démocrate, ou qui inciteraient à la rébellion contre les autorités;
2° I^ saisie de ces publications avec des amendes s'élevant jusqu'à 500.000 marks;
3<> I<a restriction des droits de réimion, de 'manifestation, de cortège lorsqu'il y aura lieu de craindre que des discours seraient prononcés visant la Constitution actuelle, les membres ou représentants du régime républicain démocrate, ou mettant en danger la paix intérieure de l'Empire. Des amendes de 500 à 100.000 marks sont prévues, de même que des peines de prison pour ceux qui organiseraient des manifestations de ce genre ou y prendraient part.
« Nous considérons la situation actuelle comme très grave », confesse le chancelier à un rédacteur de la Gazette de Voss. L'assassinat est maintenant prêché en chansons. Qu'on en juge par ce saisissant couplet :
Courageux héros, tu as abattu Gareis, tu nous as délivrés de ce sale chien socialiste. Quelle joie dans ces heures de deuil! Rathenau Walter ne vivra pas non plus longtemps. I^ vengeance est proche! Hurrah ! Hurrah ! Soyons frais et dispos, cassons la tête à Wirth. Quelle Joie, quelle joie! Guillaume sera Ûentôt là, tralala, tralala. Quand r^npereur reviendra, nous cognerons sur Wirth, nous en ferons tm invaUde ! I«es fusils feront tac, tac, tac, et tueront les canailles rouges et noires. Tapez ferme sur Wirth ! Faites-lui éclater le crâne ! Canardez Walter Rathenau, ce cochon maudit de Dieu !
On craint une réaction des masses ouvrières. I^e
31 août, 200.000 travailleurs vont manifester à Berline 30.000 ouvriers d'usine ont parcouru la ville de Brunswick en protestant contre l'assassinat politique. Le Vorwaerts déplore qu'en novembre 1918, les révolutionnaires n'aient pas massacré les hommes de l'ancien régime. La Freiheit invite ses lecteurs à « détruire les capitalistes et les chefs militaires^ ». La sainte Vehme n'en laisse pas moins présager, par les organes nationalistes, qu'elle n'a pas fini de frapper. Huit journaux réactionnaires sont suspendus (29 août). L'un d'eux a écrit : ft Nous prenons la responsabilité du meurtre d'hier. N'est-il pas chrétien de se réjouir d'un fait pareil, puisqu'on ne fait que supprimer le mal? » (Welt am Montage,)
Le 31 août, on annonce la mort du général von Bulow, qui commanda la 2^ armée, à la bataille de la Marne. Il figurait sur la liste des coupables. C'est un vieillard de 75 ans, un homme du passé. On l'oublie vite : on ne songe qu'au présent. Les nationalistes, répondant aux Rouges, assurent que le péril communiste mettra l'Allemagne à feu et à sang. Le 4 septembre, les uns et les autres échangeront des coups de feu à Berlin, pour l'anniversaire du Sedantag. Le gouvernement saxon doit interdire toute manifestation nationaliste et militariste. « Soit, répondent les nationalistes, en ajoutant : — Si Wirth cède à la canaille, cela ne traînera pas; nous aurons à Berlin une Répiihlique d'ordre, comme celle de M. Karr à Munich. Si les socialistes veulent la guerre, ils l'auront. La bourgeoisie ne se laissera plus tyranniser. » Le Temps voit juste en disant : n Sous la lutte politique couve une lutte sociale. » (8 septembre 1921.) C'est ce qui rend si difiScile la tâche du chancelier. Il est mal écouté quand il propose
t. I«a journée sera calme pourtant, grâce aux énergiques mesures polidéres. Sur les pancartes des manifestants, on lisait : « Violence pour violence !» « A bas la bonde des assnssinn 1 » « Mort aux traîtres de la réaction ! » 1 1^ syndicats allemands soutiendront la République. » « Assez de coups de poignard dans le dos ! >
a. Cett répondre an général von Bering, qui, apprenant la mort d*Erxberger, a dit : « PéUdtons-nous que ce codion ne soit plus. Je fais monter la meilleure boutcOle de ma cave pour fêter cet heureux événement. »
3. Ces journaux continueront à paraître, en Bavière, malgré rinterdiction.
88 HISTOIRE bES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX
(Berlin : 5 septetabre. Réunion du parti berlinois du centre) : « Nous avons contribué à répandre dans le monde Tidée du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ; celui qui veut que cette idée devienne toute puissante doit se rallier au drapeau de la République démocratique, n Pourtant, il fait de rudes efforts pour rétablir rharmonie. « Courage, citoyen Wirth, courage! lui a dit le député prussien Heilmann, dans la Correspondance socialiste, lya mort de votre ami politique pousse à gauche le prolétariat. » Au moins, faudrait-il que le prolétariat n'allât pas trop à gauche et se retînt de pousser à l'extrême les déductions par lesquelles s'achève une brochure publiée, en septembre 1921, par Scheidemann, sozialdemokrate et fossoyeur de l'ancien régime :
Pltts op prend connaissance des documents officiels de cette époque, édit-il, plus on se rend compte de rincapaçité et de la duplicité de la diplomatie impériale. Cette Incapacité et cette malhonnêteté ont conduit lé peuple allemand à l*ablme. Aussi serait-il intempestif de rebdte responsables de cette débâcle les quelques hommes qui menaient l'Allemagne autrefois. I^es coupables, ce sont les politiciens cupides qui ont manifesté leur influence à la cour, dans les ministères, ou G. Q,. G. et dans la presse i:éactioimaire. I<e3 responsables de notre misère, ce sont les andeas conservateurs et nationaux libéraux qui, maintenant, sont devenus les nationalistes allemands et les populistes impérialistes. Ce sont ceux-là qui ne voulaieht pas finir la guerre avant que X^ngwy, Briey, la Belgique et Calais ne fussent solidement dans leurs mains, ceux-là qui voulaient mettre la couronne ducale dç Courlande sur le chef de rempereurl... I^ puissances de l'Entente nous présentent actuellement. leur facture pour les folies mégalomanes de ces pcditidens et de «es hommes d'anaires... Dans une Allemagne démocratique, le régne de Guillatune II n'eût pas duré dix ans.
Les socialistes majoritaires disent, à CarlsrUhe, le 6 septembre : « Nous avons Tintention de mener le combat contre les conservateurs avec la dernière vigueur. » Mais ce ne sont pas leurs colères et leurs pugilats qui résoudront le problème vital du pays. Ne menacent-ils pas la Consti* tution elle-même autant que les projets des monarchistes ? Tout le monde se dit « roulé » par Wirth et par Ebert. Capitalistes et « miséreux », banquiers, officiers et ouvriers sont mécontents. Le conflit de Berlin et de Munich est
aigu. On arrête des communistes dans tout le Reich (8 septembre) et on moleste des nationalistes. C'est le chaos et c'est un fatal jeu de balance que l'instabilité intérieure impose à un Wirth désemparé. Il perd son temps à réfuter les attaques de ses ennemis de tous partis. Son effort est louable et nous devons lui rendre hommage» mais sa tâche n'est-elle pas surhumaine ? Elle est de celles qui ne peuvent s'accomplir hic et nune. Les Allemands sont résolus à s'entre- déchirer. Il est impossible de noter, au jour le jour, les chocs et collisions que l'on signale entre les partisans également exaspérés, les excitations de la presse multicolore, les manifestations telles que celle du 5 septembre oi^ Wirth va jusqu'à dire : « Les nationalistes, avec leurs réunions monstres, compromettent le crédit de leur pays. » S'il ne trouve le moyen de son salut, le Reich sombrera dans une définitive débâcle. La moindre défaillance de son gouvernement peut être fatale à l'Allemagne. JDes bruits de coup d'État circulent en Bavière (14 septembre). Dans tous les cafés berlinois, on chante : « Un jour viendra ! » depuis le début du mois d'août ^ et maintenant plus que jamais. Le Sud a des velléités de séparatisme. On se passionne à la lecture de la DeuUohe Revue (Stuttgart) où le prince Max de Bade fait, à nouveau, le procès du traité de Versailles et justifie l'Allemagne, a Les pires éléments réactionnaires se concentrent à Hamboutg, à Hanovre, en Poméranie et à Breslau. » ^Le Temps, i6 septembre.) « On peut dire qu'actuellement les éléments qui constituent les forces politiques et économiques les plus actives du Reich spéculent à la fois, et sur une restauration monarchique, et sur la faillite de l'Allemagne. Les socialistes majoritaires, à Ooerlitz, le ig, envisagent la question de leur participation au pouvoir et saisissent l'occasion pour attaquer à la fois les nationalistes et les Hohenzollem, par la voix de l'ex-chancelier Hermaim Millier. (Guillaume est traité de désertew,