LA SOCIETE DES NATIONS II
ments, réglementation de la fabrication des munitions, échange entre les États des renseignements relatifs au désarmement.
Ce désarmement est en France un fait accompli. Une France nouvelle est née depuis la guerre, qui répudie le militarisme et tant de sang répandu et de pays ravagés ont désarmé moralement la France. Mais en Allemagne, en est-il de même? Il se joue dans ce pays une tragédie dont nous sommes les spectateurs attentifs. Un duel se livre entre les i)artisans de la revanche et les amis de la paix. I^ jour où une république allemande, libre et respectueuse des traités, sera garantie contre les coups de force, un grand pas aura été fait vers la paix. Kn attendant, nous sommes obligés de rester l'arme au pied. C'est pour* quoi on ose prétendre que la France est militariste. Je dis que cette affirmation est un mensonge et une Iniquité.
Ce n'est pas notre faute si nous sommes obligés, par la situation résultant des traités, de nous faire les gendarmes de l'Europe et si nous conservons pour la sécurité de tous 200.000 hommes sous les armes. S'il en est ainsi, c'est que la France ne veut pas que 1.500.000 de ses enfants soient morts pour rien.
(Discours de M. Noblemaire *.)
Le désarmement (3 octobre). — Lord Robert Cecil expose rétat actuel du problème et les propositions soumises par la Comnlission à l'assemblée :
i<* En ce qui concerne les gaz asphyxiants et les explosifs, la Commission propose à l'assemblée de lancer un appel aux savants du monde entier pour qu'ils rendent publiques leurs découvertes en la matière;
2° Pour le trafic des armes, la Commission propose que la convention de Saint-Germain soit ratifiée par tous les pays du monde y compris le gouvernement de Washington. Elle formule le vœu, en ce qui conœme les stocks provenant de la grande guerre, qu'un contrôle sqit institué pour la vente ou que ces stocks soient détruits;
30 En ce qui concerne les manufactures d'armes, la Commission demande que la commission temporaire mixte que préside M. Viviani prépare le plan d'une conférence internationale qui fournirait à l'assemblée prochaine des éléments d'information nouveaux;
4? TfiL Commission propose que les gouvernements soient invités une fois de plus à limiter aux chiffres actuels leur budget militaire, pendant les deux années qui vont venir;
5* Elle demande que le Conseil, d'accord avec la commission temporaire mixte, prépare un plan de réduction des armements terrestres et navals en se basant sur les statistiques et sur les informations qui seront demandées aux gouvernements;
6<* Elle émet le vœu qu'une propagande tmiverselle soit organisée en vue du désarmement.
I. On sera frai^ de la similitade de ton entre ces dédarations et celles que devait faire, en novembre 192 x, IC A. Biiand, à Washington (Conférence du désanncnicnt).
L'admission de V4llentagne (4 octobre). — Discusâon de rajneti^emexit argentin tendant à l'admission até/omatique de l'Allemagne dans la « Ligue de tous les États ». Les délégués sud-américains, tout en approuvant le principe de Tamendement, en reconnaissent Tinopportimité. Le vote es* ajourné sine die.
Clôture de la session (5 octobre), — M. van Kamebeek prononce le discours de clôture V
Conseil de la Société des Nations (6 octobre). — Il reprend ses travaux sous la présidence de M. Wellington Koo. — C'est le Conseil qui aura à arbitrer la question des frontières haut-silésiennes.
Le partage de la Haute^Silésie (14 octobre) . — M. Briand reçoit « la solution que recommande » le Conseil de la Société des Nations. — L'Angleterre va adhérer sans réserve à l'arbitrage.
En ce qui concerne la frontière germano-polonaise en Hante-Silésie, elle sera tracée st4vant une ligne qui est sensiblement à égale distance de celles que proposaient respectivement, au mois d'août, la France et l'Angleterre; en particulier le bassin industriel, que M. Briand réclamait pour la Pologne et M. I4oyd George pour l'Allemagne, est partagé entre les deux pays, la Pologne obtenant les districts de Kcenigshutte, 'de Kattowitz, de Beuthen (moins la ville de Beuthen), l'Allemaçae conservant les districts de Gleiwitz, de Zabrze (Hindenbiirg) et la ville de Beuthen. £n outre, une commission mixte sera chargée d'assxirer l'unité économique du bassin industriel.
. (Ifi Temps.)
M. Léon Bourgeois, représentant de la France au Conseil de la Société des Nations, a fait, le 13, à Genève, la déclaration suivante : « La tâche qui vient d'être accomplie fera honneur à la Société des Nations. Quand on a vu de près comment une question si grave, qui avait déjà fait couler le sang, a été traitée ici avec sang-froid, avec bonne foi, avec une patience et une bonne volonté inépuisables; quand on l'a vue se résoudre enfin par l'accord de tous, on a le droit de dire que la Société des Nations vivra et qu'elle sera im bienfait pour l'humanité. »
I. On coQsultçra utilement l'ouvrage de M. René Brunet, pn^esseur à la Faculté de droit deX^cn, La Société des Nattons et ta France, paru en octobrt igtx.