‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 31 sur 92 · LA BAVIÈRE II · texte numérisé non relu

LA BAVIÈRE II

l'esclavage déshonorant! » Non moins quotidien est le refrain sur le maintien des gardes civiques. Nous ne saurions perdre notre temps à le recopier sans <xB6t. Le troisième lieu commun, c'est que les ÂUiés continuent à violer le traité de Vetsailles. Sur ce répertoire, von Kahr, en mars, fait des variantes infinies. Lorsque le 13 mars, le Conseil des États allemands adopte le projet de désarmement des gardes civiques, seule, la Bavière demeure intransigeante.

Mais une diversion surgit. Les troubles communistes de Prusse portent effet en Bavière. Des tracts sont distribués dans la Maximilienstrasse, à Munich : on arrête des chefs du parti. Habilement, les nationalistes répondent aux agitateurs, en organisant des « meetings de haine » contre l'étranger impudent : « Le peuple allemand éât vme victime et non un bourreau. » Ainsi atteint-on la fin d'avril 1921, dans un assez joU désordre. £t la date fatidique du 12 (échéance) approche. Le 8, von Kahr est à Berlin : il porte les points de vue de la Bavière au gouvernement d'Empire, pour la résistance. Il parlera, tout particulièrement, au nom de cette Einwohnerwekr qui est forte de 320.000 hommes et qui, pour 1920*1921, jouit d'un budget de 15.074.000 marks. Pourtant, quand il rentre à Munich, oh pense, comme à Berlin, qu'il va falloir céder \ Au moins peut-il dire à ses concitadins que, touchant les Einwohnefwehren, rien n'a été décidé. A vrai dire, le parti populaire bavarois (12 mai) annonce qu'il est disposé à tenir compte, dans la plus large mesure, du désir du gouvemeinent du Reich dans la question du désarmement des milices : mais il ne représente qu'une fraction del'opinion. Le parti gouvernemental désarmerait volontiers les milices s'il lui était periiiis de créer une « police de sûreté ». C'est un changement de politique. Dans quelle proportion est-il consenti? Quoi qu'il en soit, la propagande contre l'Entente n'a jamais été plus

I. Tfii Mûnchnsf Augsburger AbendMeUung tit le seul fournal bavarois qui ntainticiitie le priadpe du reftis.

active à Munich, pendant que les négociations sur le désarmement sont en cours entre la Bavière et Berlin (22 mai). Elles traînent singulièrement, d'objections en réticences, au point que, le 1^ juin, TAngleterre fait dire à von Kahr, par son conseiller d'ambassade :

Je suis chargé de déclarer caiégoriqu&mefU eue Papplication des sanctions ne peut être évitée que si les /xmditions imposées à la Bavière par Fîdtimatum sont intégralement exécutées. Ces conditions comprennent, comme vous le saves, aussi bien le désarmement que la dissolution des gardes civiques \

Berlin s'énerve de ces tergiversations : La Correspondance parlementaire du centre écrit ^ :

Xfi peuple bavasois déviait comprendre daiiement que le reste de l'AUemagne n'aura pas la moindre compréhension de cette attitude dans la question dont dé];>end le bien-être ou le malheur de tout l'Empire allemand, car il ne peut régner aucun doute à ce Sujet: la résistance au désarmement signifie l'occupation automaUque du bassin de la Ruhr.

Des officiers bavarois parcourent les montagnes voisines et assurent aux paysans qu'on ne leur prendra pas leurs fusils. Ils n'ont qu'à les cacher, pendant quelques mois, dans les couvents. Et, sans doute pour démontrer que les armes ont encore le droit de parler en Bavière, le 10 juin, le chef du parti socialiste indépendant, le député Gareis, est abattu de quatre coups de revolver, à Munich '. « L'Orgesch l'a fait assassiner, déclare l'opinion publique, parce qu'il attaquait les gardes civiques et dénonçait les organisations de volontaires. » Von Kahr avait toléré une campagne violente contre Gareis. Maintenant, il réprouve l'assassinat avec énergie. Dès le soir, la grève générale est proclamée pour trois jours en Bavière : l'ordre n'est que partiellement suivi par les travailleurs. La Freiheit de Berlin estime que « la Bavière va devenir

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