LA BAVIÈRE
le baril de poudre de l'Europe si ce meurtre ne décide pas le gouvernement d'Empire à en finir avec TOrgescli, nid de conspirateurs ^ » a II faut obliger les gardes civiques et rOrgesch à se dissoudre immédiatement », réclame, au Reichstag, M. Crispien, socialiste indépendant. Et le 17 juin, il y a des pugilats dans la salle des séances entre indépendants, communistes, nationalistes et populistes : c'est la première fois depuis cinquante ans. Des scènes analogues se produisent, le 22, à la Diète bavaroise.
Par bonheur, les vacances approchent et, en dépit d'un désordre constant, un semblant d'apaisement se produit. Le président du Conseil accentue de plus en plus son nationalisme bavarois et allemand. ]> 21 juillet, il dira, en public, à Landshut : « L'indestructible idéalisme allemand doit triompher du matérialisme et de la cupidité actuels. La révolution de novembre est un crime. Aimons notre patrie, mais conservons notre Bavière indépendante, avec ses coutumes. »
Les royalistes bavarois sont plus francs, le 2 août, quand ils proclament, étrangement :
Xfi salut de la Bavière est de se détacher de la Prusse et de s'allier à la France. Nous pouvons tout demander à la Fiance, charbon et argent, si nous arrivons par la constitution d'un nouveau royaume bavarois à porter un coup grave à la politique prussienne. I«e futur roi, le prince Rupprecht de Bavière, prend tout sur lui, car Escherich et Roth * nous ont trahis en faveur de la Prusse. Notre futur royaume ne sera pas Tt^sdave du capitalisme, mais sera un ro3raume du peuple. I^ prince Rupprecht de Bavière se rend déjà populaire dans le pays en tendant la main à tous les bûcherons et en s'entretenant avec eux.
Comme suite logique à cette déclaration, le roi Louis se montre aux populations rurales. Les paysans l'acclament. Puis il paraît à Munich même, avec ses fils; aux cris de « vive le roi ! » il est béni par le cardinal-archevêque. On siffle le « gouvernement sémite de Berlin », on acclame « les princes héroïques ». Rien ne manque à
X. Biais la Guette tTEUU bavaroise publie en même tempe un plaidoyer en faveur de VOrgtadi. Cest la voix même d'Sschericfa qui se fait entendre. I^ même jour on dit à Berlin qu*S9Cherich prépare tm coup de force contre le gouvernement.