L ALSACE ET LA LORRAINE I
la situation ancienne prenne fin; c'est le désir le plus vif des populations, du commerce et des employés. L'usage de la langue allemande dans les papiers administratifs devra être supprimé. Et nombre d'employés seront enfin obligés de parler le français aux voyageurs à qui ils ne veulent encore répondre qu'en allemand. Ce sera la suppression effective de la vieille frontière.
Une autre question est pressante : celle de l'enseignement laïque. Elle soulève des incidents nombreux. Citons celui de GuebwiUer (mars 1921) où îe conseil mimicipal demande au préfet du Haut- Rhin :
tfis parents sont-ils tenus de faire assister leurs enfants à l'enseignement religieux donné à l'école pendant les heures de classe? Quelles sont les sanctions au cas où les parents refuseraient de laisser donner cet enseignement à leurs enfants?
C'est une face du problème : mais il y a l'autre face qui exige de nous beaucoup de mesure et de tolérance. I<es lois laïques françaises devront être introduites en Alsace et Lorraine, mais avec une prudence extrême. Ce qui, par contre, ne laisse aucun doute, c'est la nécessité de l'enseignement du français dans les écoles. On fait valoir l'importance de l'envoi de bons livres S de livres bien faits, à l'heure où (30 mars) le conseil municipal de Strasbourg tient sa première séance en français. La question du bilinguisme ne se règle pas sans récriminations. L'administration entend donner au français une place prépondérante, à l'école primaire. L'opposition soutient que l'allemand est la langue maternelle de l'Alsace. C'est une grossière erreur : le dialecte seul est la langue maternelle alsacienne, et il s'apprend dans la famille. L'allemand, au reste, ne doit pas être exclu. Langue allemande ne
lesdits chemins de fer étant rattadiés au ministère des Travaux publics, le ministre instituera une commission extra-parlementaire chaiigée d'étudier le statut financier des chemins de fer d'Alsace et de I<orniine, sous la présidence de M. Colsc».
I. A la date du i«' avril 193Z, la I4gue française, fondatrice de bibliothèques dans X.800 vHIcs et communes d'Alsace et de I«orraine, y a déjà envoyé 60.000 volumes.
signifie pas culture allemande : a On veut nous ravir la Bible de Luther! » vont jusqu'à dire les prcgermains. Une voix éminente s'était éteinte en février 1921, qui eût pu, dans ce débat, articuler de précieux conseils : celle du docteur Éucher, le patriote alsacien, champion de la cause française sous la domination allemande, depuis 1897. Son prosélytisme avait fait de lui une des personnalités les plus visées par la police allemande. Il n'en continuait pas moins, avec sérénité, la publication de la Revue d* Alsace et des Cahiers alsaciens. Il était en Alsace le représentant spirituel de la France. La place de sa statue était à l'entrée du pont de Kehl \ Il eût certes approuvé ces paroles de l'abbé Wetterlé, dans la Revue des Deux Mondes (juin. 1921) :
I^'agitation en faveur de la MuUersprache est purement artificielle. Inspire aux uns par une simple paresse d'esprit, aux autres, peu nombreux, pax des préjugés antinationaux, elle ne 'correspond nullement aux VŒUX de la popidation prise dans son ensemble. Je n'en doonetai d'autre preuve que la suivante : Pendant quarante-huit ans, les Allemands avaient donné la chasse aux enseignes et aux inscripti(»is Iteuiçaises. Or, au lendemain de l'armistice, comme par un coup de baguette magique, toutes les enseignes allemandes disparurent dans les rues de nos villes et de nos villages. Point n'avait été bespin pour cela d'édicter des règlements de police, qui ne vinrent que bien plus tard. Ifi cœur y avait sufifl.
Le Conflit des langues, par ses rapports avec les questions religieuses, suscite des rivalités dans les clergés. (( D'obscures manœuvres allemandes agissent là comme ailleurs. » Langue française, à tort ou à raison, est souvent traduit par «laïcité à outrance. » Nombre de jeunes prêtres, allemands d'esprit, font de l'opposition antifrançaise, sous la direction occulte de M**" Miiller-Simonis, le fondateur du journal VElsaesser, que dirige l'abbé Martz, et dont l'action est renforcée, à Colmar, par l'abbé Fasshauer, rédacteur au Kurier, Dans ces feuilles, on critique tout
X. Deux mois pltis tard, le 20 avril, mourait à Strasbourg le baron Hugo Zom de Bulach, anden secrétaire â*£t^ d'Alsace et de I/nraine, et dont la famille s'était ralliée au gouvcracmcnt aUemaad en z886. C'était le t^pe de TAlsadeB gennannptillc.