L ALSACE ET LA LORRAINE I3I
ce qui est français : on y insère les communiqués de l'abbé Hauss, directeur germanophile des cercles catholique. A tous ces prêtres, il déplaît assurément, en juillet 1921, de voir transférer le cœur de M*' Freppel à l'église d'Obemai^ Ils doivent s'exaspérer de voir Strasbourg, le 19 août, faire aux Légionnaires américains ime réception triomphale^. Ils font tout pour calfater et radouber ]^ poids mort du régime allemand, sous l'artifice du respect dQ% promesses faites et des droits acquis. I^e bilinguisme est, toiit naturellement, l'un de leurs meilleurs chevaux de bataille. î^oi qu'ils fassent, ils vont à la défaite de leurs points de vm- L'opinion, en septembre 1921, les stiit de moins en moin% L'opposition perd du terrain. « La visite des écoles, par dfts personnalités oflScielles ou privées, l'examen des travacff scolaires, font apparaître que les critiques ont été exagérées et que la population se fait une joie et une fierté, ma^pré les difficultés, de réapprendre le français'. » Les défenseurs de la MuUersprache, non sans arrière-pensée, doivent s'incliner devant ces témoignages. Les objections d'ordre confessionnel se font moins acharnées.
Il reste suffisamment, par ailleurs, d^ motifs de mécontentement, réels ou non, soigneusement, cultivés par la réaction antifrançaise : les questions de U^ valorisation *, des impôts si lourds, la comparaison des statuts universitaires allemands et français, le fonctionnarisme tracassier, les primes de démobilisation aux Alsaciens et Lorrains ayant servi dans l'armée allemande, les pensions des mutilés, les assurances sociales, les salaires, les douanes, provoquent des malentendus de tous les instants. Il n'est
X. Charles-^uUe Freppel, né à Obernai, le i*' jtiin 1827, mort à Angers le 2 décembre 1891. — Député du Finistère le 6. juin 1880.
2. Bt sans doute se réjouissent-ils en apprenant que, le x6 août, des orateurs ouvriers, place Kléber, crient : « Vive la Prusse 1 » Début de la grève de l'éclairage qui prit mi le 26 août. Cette grève entraîne la cessation du travail dans diverses industries. Il fut, faussement, parlé d'un mouvement antinational.