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L' ALSACE ET LA LORRAINE I3J

Mais les Alsadeos-I/orraixis savent que ce sont les malpropres traitements des médecins français qui en sont cause.

Il y a une telle saleté dans les gares, dans les édifices publics et dans les rues, que l'on peut à peine se frayer un chemin. Aussi les Alsadens- I^onains ont-ils créé le sobriquet des « Sales Français ».

I«e csommetoe ne va plus dans les anciennes garnisons. Même là où l'on a crié le plus fort ■ Vive la France !» on a la nostalgie des braves Allemands (sic) qui achetaient et consommaient tant de choses...

Dendéiement encore, deux gendarmes français ont été « zigouillés » par la population indigène...

(Juin 192 1.)

A rUniversité de Heidelberg existe une association « d'étudiants alsaciens-lorrains », composée d'anciens StudenUn de l'Université de Strasbourg, tous fils d'Allemands anciennement domiciliés en Alsace. En juin, ils ont l'audace d'organiser ime cérémonie à l'occasion du tricentenaire de la fondation de l'Université... strasbourgeoise ! La Ligue économique de la Hesse septentrionale lance vm appel au boycottage des marchandises françaises, et, en marge, parmi les produits condamnés à l'ostracisme, elle cite : les fils D. M. C. de Mulhouse, les biscuits et conserves de Strasbourg, les articles de la maison Ungemach de Strasbourg, etc. L'industrie alsacienne est particulièrement visée, et d'autant que les produits alsaciens-lorrains entreront en franchise dans le Reich jusqu'en 1925. Des touristes qui se disent Suisses, mais qui sont Allemands, visitent l'ancien front des Vosges, en août, et s'écrient dfevant les tombes françaises : « Ces pauvres veaux, c'est donc là qu'ils sont couchés ». Cela, c'est la grossière injure, mais la ruse est une arme bien préférable. Nombre d'Alsaciens reçoivent une lettre où il est dit :

Voulez- vous être rattaché à la France?

Voulez- vous être rattaché à un État neutre comme la Suisse et la Belgique?

Voulez-vous former un État autonome dans le cadre de TEmpire britannique, ce qui vous donnerait des débouchés pour vos marchandises ?

On est prié de répondre au secrétaire général de la

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lyigue des Nations, à Genève ^ et il y a un post-scriptum :

Toute mesure administroHoe prise par les autorités françaises contre ce plébiscite sera immédiatement dénoncée aux gouvernements de la Grande- Bretagne et des États-Unis.

(Septembre 192 1.)

Dans les rues de Strasbourg (octobre) se promène impunément le ûls de l'ancien ministre de la Justice Pétri; ce personns^e est le gendre de Pauli, le dernier préfet allemand de la ville. Pauli reparaît le jour même où s'enfuit l'agent allemand Scherf, employé à notre police politique, suspect aux autorités et divulgateur aux Allemands d'importants renseignements confidentiels. Simultanément, on arrête à Sarrebourg les frères Heidrich, l'un employé à l'administration des dommages de guerre, l'autre concierge à la préfecture : ils sont impliqués dans une affaire de fraude.

Au moment de la Conférence de Washington {7 novembre 1921), le gouvernement donne des instructions aux préfets d'j\lsace et de Lorraine pour réagir contre une nouvelle campagne séparatiste, suscitée par le sieur Ley, survivant actif du groupe Rapp-Ley-Muth. L'agitateur tente de faire accepter l'idée du plébiscite.

Quelques jours plus tard, les populations célèbrent, pour la troisième fois, l'anniversaire du 11 novembre 1918. Et des fleurs s'amoncellent, à Metz, devant la statue de Paul Déroulède, inaugurée le 16 octobre.

X. Le 4 novembre 1921, la Société des Nations fit connaltie qu'elle n'était pour rien dans cette basse intrigue.

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