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Ce propos fut d'ailleurs démenti

maison régnante. L'hymne de gloire aux vertus des princes de HohenzoUem a empli les salles de réunion. Le comte Westarp, l'ancien vice-chancelier von Hergt, le député Laverrenz, à l'unisson, ont évoqué « le sceptre des msûtres absents ». Le député Boelitg a surenchéri, en réclamant « une Allemagne unifiée sur le sentiment de fidélité de l'Empereur ». « Le seul Empereur possible est un HohenzoUem », tordtrue un orateur, à l'Union nationale des ofiiciers allemands, pour le cinquantième anniversaire de la fondation de l'Empire \ Au Congrès national de Magdebourg, le professeur Hoetsch aspire « au rétablissement de toutes nos monarchies ». Le kronprinz confie à un journaliste : « Je voudrais tant contribuer au relèvement de ma pauvre patrie! » (17 janvier 1921.) Son premier soin, en touchant le sol natal, serait de télégraphier des félicitations au parti royaliste prussien qui vient de se fonder sur des bases nouvelles, pour la meilleure propagande. Puis il complimenterait les ligues monarchistes bavaroises qui donnent bien de la tablature au gouvernement républicain. Peut-être même n'oublierait-il pas la zélée corporation des photographes qui multiplient maintenant son image aux vitrines des magasins, dans tout le Reich^. Les commerçants montrent à jiouveati avec fierté leurs titres de fournisseurs de la

. X. z8 janvier 1921. — 50* anniversaire, ainsi salué par la Deutsche Zeiiung :

« I^ x8 janvier, c'est en même temps le jour d'honneur des HohenzoUem; c'est ce jour-là, qu'en 171 x, le prince électeur Frédéric III couronnait l'ceuvre de son grand-père, en joignant la principauté de Brandebourg à la dignité du roi de Prusse.

■ I^ même jour, en 1871, mit sur la tête de Guillaume I" une couronne maintenant brisée. Mais nous qui portons dans nos cœurs le souvenir del'anden Empereur, nous en ramassons les morceaux, conuoe autrefc^ Bnmnhilde ramassa les- morceaux de l'épée de Siegmtmd, tué sournoisement, pour les donner à Siegfried qui en forgea de sa propre force un nouveau glaive de la victoire. »

I^'Univosité de Breslau envoie une délégation porter des fleurs et des couronnes au pied de la statue de Guillaume I«'. L^ élèves du gymnasium de Koenigsberg envoient un tél^amme de fidélité au proscrit de Hollande, l» Deutsche Offixierhlatt dédie son article leader à < Sa Majesté l'Empereur, notre glcvieux Seigneur de guerre ». Ives jeunesses nationalistes arborent, au siège de leurs assodatioxis, le drapeau impérial. « I^ mot démocratie est une invention franco- juive ! » (Doyen de l'Université de Berlin.)

3. I<a photographie du kronprinz tra^^lant le fer chez le forgeron de Wieringen est la plus demandée.

Cour. La République démocratique allemande, sur la voie de la restauration monarchiste, achève son interrègne : il n'est plus que d'avoir un peu de patience : c'est au moins ce que pense l'ex-kronprinz, en janvier 1921.

Celui qui fut Guillaume II est peut-être moins absolument convaincu de son imminent retour au pouvoir. Il a su la mort de l/ouis de Bavière, en novembre' 1920 \ ly'impératrice est fort malade, et lui-même, bien que sciant du bois pour entretenir sa vigueur, sent peser sur Itd le faix de la vieillesse. Il a plus d'un souci : l'un des plus récents lui vint d'un projet de publication des Pensées et souvenirs de Bismarck où figurent de ses propres lettres, alors qu'il était jeune empereur. Bismarck, en outre, fait, du souverain impulsif et inconsistant, un portrait peu flatteur. Il dit sa vanité, son amour de la magnificence, sa passion de la vaine gloire, son tour d'esprit chimérique, toutes vérités qu'il est désagréable de voir livrer à la curiosité publique. Le tribunal civil berlinois, le 23 décembre 1920, fait plaisir au monarque déchu en interdisant la production du fâcheux ouvrage, et met les frais du procès à la charge du demandeur^. L'ex-kaiser se laisse parfois interviewer. « Regardez, dit-il, le 13 février, dans le Neuwe RoUerdamsche Courant, comme Dieu flagelle le monde entier. Je n'attends pas beaucoup d'un avenir prochain. » Pourtant, en février 1921, la Gazette de la Croix repardt, portant, en tête, la Croix de fer avec cet exergue : « En avant, avec Dieu, pour le Roi et la Patrie. » Le docteur Max Kemmerich, de Munich, prophétise, en une brochure, qu'avant vingt ans, le peuple allemand sera le plus puissant de l'Europe. A Berlin, la grande voûte du milieu de la porte de Brandebourg

t. I/Miis m, décédé à 75 ans, frère de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, marié à la princesse Marie-Thérèse, père de 13 enfants. Son fils aîné, Rupprecbt, né en Z869, devenait prince héritier.

3. Bn septembre xgax, Guillaume II leva le veto opposé par lui, et le voIum# put parEdtre intégralement; certaines lettres secrètes, qu'il eût voulu ne voir jamais imprimées, venaient en effet d'être éditées, à part, en Suisse. Vinterdi» tioa n'avait donc plus de sens véritable.

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reste « réservée aux voitures impériales ». Mais de petites et cruelles humiliations ramènent Texilé au sens des réalités amères. Des paysans regardent Guillaume à travers les grilles de son parc. Il les fait chasser. Le bourgmestre de Doom signifie aussitôt à son hôte impérial que les habitants du village ont le droit de circuler partout et de dévisager qui leur plaît. Et cette « leçon » intervient quelques jours avant un malheur trop prévu. Le 11 avril, Tex-impératrice décède, d'une crise cardiaque^ : on l'avait maintes fois crue au seuil de la mort. La dernière alerte était de novembre Î920. Le 18 avril, le corps rentre en Allemagne : les psaumes des chorales l'accueillent à la frontière. Le gouvernement républicain adresse ses condoléances à la famille impériale : ainsi font tous les groupes du Rdchstag, sauf les socialistes. Les obsèques ont Heu à Potsdam. La capitale a pavoisé. Il y a des délégations de tout l'Empire, militaires^, universitaires, et de toutes catégories civiles. Le cortège s'étend sur trois kilomètres et compte huit personnes de front. L'inhumation a lieu au Temple antique, dans le parc de Sans-Souci. On acclame le maréchal Hindenburg, le général LÙdendorfE et le maréchal Mackensen. Indignés^ les ouvriers de Potsdam menacent de décréter la grève générale, si ces manifestations nationalistes continuent. Les manifestants retournent à Berlin en chantant le \Vachi am Rhein,

X. AugiutarVIctoria, ex-rdne de Prusse et ex-impératrice allemande, était née prirôesBe de Slesvig-Holstéin. Née en 1858, elle épousa Ftédéric-GujUaume, alors prince royal de Prusse, le 37 janvier x88x. De ce mariage naquirent sept enfants : l'eaci-kropprinx Frédéric-Ouillaume, le prince Eitel-Frédéric, le jwixKX Adalbert, le prince Auguste-Guillaume, le inince Oscar, le prince Joadiim et la princesse Vlctoda-I^oulse, (jui a épousé le prince Brnest-Augnste, duc de Brunswick et de I«und30urg. Vex-impératrice Augusta-Vktoda n'a joué qu'un rOle très effacé pendant le xègac de son époux, Guillaume II. D'écrit étroit, ^e ne fut jamais populaire en Allema^e et on disait couramment que toute Son activité se résumait .dans la formule : •Kinder, Kleide, Kwche, Kuche (enfants, vêtements, église, cui^é). » Quand Guillaume II, après sa fuite de Spa, au moment de la débâcle des armées impériales, en novembre 19x8, se réfugia en Hollande, die alla ^e rejoindre aussitôt et s'installa avec lui au cfaAtcau d'Amerongen d'aborà, à Doom ensuite.

(D'après le Temps,)

2. « Ce qtd est odieux, dit le Vorwaerts, c'est que les formations de la Reichswehr, qui est oonddérée comme l'armée de la R^ublique, se soient fait représenter officiellement. •

Les sentiments impérialistes ont trouvé, en cette circonstance, mi regain nouveau. Pour les funérailles, l'Allemagne s'est « recasquée »^ Elle ne s'est point étonnée de lire sur l'étendard déposé, contre le sarcophage, par les and^is officiers de la marine impériale :

J*ai vu des jours de bonheur Dans les jours de misère et de honte.

Je vais suivre la maîtresse bienheiueuse Dans le repos, et rester en oes lieux Jusqu'à ce que l'Empire ait Reconquis Couronne et Empereur.

Seigneur Dieu, aide!

Elle ne croit guère la rumeur selon laquelle Guillaume aurait demandé à partir pour le Brésil, où il voudrait vivre en fermier, dit-on, à Matto-Grosso. Elle rit quand arrive de New-Yoric, le 22 mai, ce télégramme de tout point invraisemblable : « I/C bruit court ici que l'exempereur d'Allemagne se serait suicidé. » Mais elle considère^onmie très sérieuse, cette aimonce du Lokal Anzeiger : « Collectionneurs, attention ! A vendre un mouchoir de poche usagé ayant appartenu à l'impératrice Augusta- Victoria. Adresser les offres aux bureaux du journal. » Il lui pMt qtie Berlin paye au gouvernement et aux particuliers suisses lœ 1.400.000 francs de dettes que fit à Lugano le prodigue prince Frédéric-Léopold de Prusse... C'est lin bien vif agrément, pour les oreilles germaines, que d'entendre, le 20 juin, à la Fédération des Combattants, le général von Heeringen s'exclamer :

Camarades, notre empereur et notre prince {sic) nous ont été enlevés. Notre patrie est tombée de la plus grande élévation dans la misète. I^'existence de TÂllemagne est fortement menacée. Devons-nous désespérer et subir, inactifs, la destinée? Un peuple qui, en 1813, a su se relever d'une terrible misère; qui, en 1870, a vaincu; qui, pendant quarante ans, a remporté les plus grands succès scientifiques; qui, enfin, ayant été obligé de faire la guerre {sic), a résisté pendant quatre ans victorieusement à ses ennemis et a remporté des victoires; un tel peuple aura la force de reconquérir la grandeur du passé.

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