‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 44 sur 92 · X. Génétai Bialleterre. Froncé milUairê, 24 avril xqsx · texte numérisé non relu

X. Génétai Bialleterre. Froncé milUairê, 24 avril xqsx

Camarades, à notre Empereur, à notre Prince, nous exprimons notre fidélité et notre confiance.

On n'attache pas une importance extrême à la décision du conseil municipal de Berlin (22 juin), qui tend à changer les noms de rues rappelant des souvenirs djniastiques « sans fondement légitime ». Les discussions au sujet des drapeaux rouge-noir-or et noir-blanc-rouge ne sont que des incidents sans grande portée \ L'intéressant, c'est qu'à la gare de Breslau, le 9 juillet, les soldats du corps Oberland entonnent unanimement l'hymne impérial et crient : « Vive l'Empereur 1 » en assommant à coups de gourdin ceux qui refusent de les imiter; c'est que les monarchistes recrutent ouvertement des troupes pour entretenir l'agitation en Haute-Silésie ^ ; c'est l'espoir réitéré du kronprinz (15 juillet) de rentrer dans son pays, pour utiliser ses capacités^. On trouve logique que, dans le camp de Dœberitz, les avis et avertissements affichés émanent encore de la kommandantur royale de Prusse et qu'on n'y puisse circuler qu'en possession d'une pièce timbrée à l'aigle impériale. On applaudit lorsqu'en août, au stadion de Grunewald, le général comte de Waldersee lance l'anathème : « Malheur à ceux qui nous ont déshonorés et voués à la haine ! La haine éclate partout et secoue toute l'Allemagne. Elle apprendra aux jeunes à armer leurs fusils. Soyez fidèles à l'Empire et à l'Empereur. »

1. l/cs couleuxs noir-rooge-or étaient celles qu'av&it adoptées la démocratiç allemande de 1848.

2. lya situation n'a jamais été aussi dangereuse que maintenant. Depuis mars 1920. l'impunité dont jouissent les kappistes et la faiblesse du régime tépublicain rendent plus forts les monarchistes. I^ événements de Haute-Silésie ont été pour eux l'occasion de se remettre en action. Des corps libres se sont fcMinés. Xfis chefs les plus dangereux de l'an dernier s'y sont donné rendex-vous; les armes sont arrivées en masse, en dépit du désarmement. I«es anciens officiers dominent. On dresse des cartes, on visite les terrains; bref, le militarisme et le monarchisme régnent à nouveau.

(Wat am Montag.)

3. En juin 1920, le kronprinz avait été le héros d'un procès intenté au Mercure de France et à M. I/}uis Dumur, auteur du Boucher de Verdun. M^^* Blanche Desserey, accusée par l'écrivain d'avoir été la maltresse du reclus de Wieringen, en appelait à la justice. Elle gagna son procès, mais les « attendus » sévères qui figurèrent au jugement furent tels que le succès moral, en cette affaire, appartint au romancier.

Qu'importe qu'à Betlln, & Munich, à Dtesde' se pioduisent parfois des manifestations contre la guerre? {tw août.) I^ vrai «sur allamatid ne bat pas pour cet idéal de sots humanitaires, de pacifistes veules qui proposent « le refus du service en temps de guerre ». Guillaume II attend son heure à Doom, et c'est lui qui sauvera l'Alletnagne : voilà la pensée secrète, ou avouée, de la majorité des habitants du Relch, Certes, eu août, on célèbre le second anniversaire de la Constitution : il y a des drapeaux, des discours, des défilés. Mais quel spectacle tout eu surface ! On délaisse, dans les journaux, les conlpteB rendus de la joutuée, pour Hte aux B Nouvelles de Hollande », que le kaiset f^t des pressepapier au chiffre impérial, avec les bûches qu'il débite. C'est nue pitié d'apprendre que l'Infortuné monarque vend Bès objets d'art aux antiquaires de La Haye. Mais quel réconfort ne ttouve-t-on à voir, le 22 août, le prince Oscar dé HohenîoUem diriger une parade militaire, à Francfort Sut l'Oder, et y recevoir le salut de l'aacien régiment de la Garde ! Le même jour, à CoboUrg, le prince Ëmèst de 3axe-Meiningen est acclamé par 3.000 Soldats du têgiment de Thuringe, tandis qu'à Munich, la fête de l'ex-Toi motive un colossal festival à la Theatiner Hofkircbe, Mieux encore, quelques joUts plus tard, le prince Eitel- Frédéric occupe la tribune d'honneur, en une fête des combattants, et le comte von der Goitz lit le télégramme impérial qu'il vient de recevoir :

I. lit t6 aoat, à Zdti (Saxe), le ténba] de I,<ttaw Vorbuk, conUmidanl' ......... -, I ... nis-cn. tneur d'boninies I • ti (Bhne Joui, lo ouvrier»

une maoitestatioD natioiuillite, empêchent U itnéial K jécluait pitU i s'opprea uix multstatio»

llet ïCifth laisse échappet ce cri i lu Weatarp, qui doit quitter '

C'est avec ûerté et profonde reooniiaissatioe que je pense aujourd'hui à mes camarades invaincus dans les combats; avec une vraie fidâQté allemande Us accomplirent des actes inouïs contre un monde d'ennemis. Que cette gloire des grands jours passés soit le phare des jours à venir encore sombres. Dieu protège le peuple et la patrie !

Guillaume.

Le fils a refusé d'aller habiter avec le père. Il préfère encore Wîeringen à Doom. Mais quelque autre HohenzoUem ne viendra- t-il pas rejoindre l'empereur déchu, si la rumeur qui circule à Berlin, le 29 août, est fondée? Ne parle-t-on pas de l'expulsion de tous les Hohenzollem résidant sur le territoire ? C'est une divagation de reporter, sans doute, ou un beau rêve de démocrate \ Mais un plus beau canard s'envole, le 2 septembre. La Rheinische Rundschau (Coblence) annonce que Guillaume s'est enfui, de Doom, en avion. Âtterrira-t*il à Munich où la réaction réclame furieusement la restauration des trônes, dans ce moment même? Prendra-t-il une direction inconnue? Tombera-t-il au milieu de Berlin ? Rien de tout cela ne se produira : le « prisonnier » est toujours à Doom et son maréchal de la Cour vient justement d'avertir les quémandeurs d'argent qu'ils ne frappent pas à la bonne porte ^ : c'est là une épître tolérable, mais une autre l'est moins, celle qui, en fin août, contient^un message à ses amis monarchistes d'Allemagne. Le gouvemement s'in-

X. En aq;>tetiibrc t^tt^ et comme conséquoice de l'assassinat d'Brtbct|cr, le prince Adaîbert, troisiteie fils de Tez^lcalser, le duc et la duchesse de Bnmswick se rendent à Doom. On dit <iue d'autres Hohcnzolleni vont quitter rAllemagne, où Us ne se sentent plus en sûreté, pour aller vivre en Hc^lande.

3. Par suite de la grande misère qui régne dans notre patrie, nous recevons chaque jour des milliers de requêtes, des demandes de secours ou de prêts auxquels, en raison du manque de personnel, il est impossible de répondre chaque fois par écrit. I^ Maréchal de la Cour se voit donc dans la nécessité de faire une réi>onse imprimée. Sa Majesté l'Empereur et Roi a pris connaissance de la détresse qui lui est dépeinte et il en éprouve, dans le cas présent, un vif regret. Mais les seooors qu'on lui demande sont deptds longtemps épuisés et les conâtions économiqucs ainsi que le cours du diange sont pour son administration absolument ruineux. En effet, pour loo marks on a en moyenne quatre flcnins hollandais, si bien que, par suite de la cherté de vie qui existe en Hollande, comme en Allemagne, il est impossible de se procurer autre chose que le nécessaire avec l'argent allemand. Dés lors. Sa Majesté n'est pas en état d'accorder le recours financier demandé,

Lt Mtifichal de te Court à Doom.

quiète et découvre les traces d'un vaste complot. Des convois d'armes ont été envoyés, de Poméranie et de Hambourg, en Bavière. La brigade mobile Ehrhardt a été mise sur pied d'alarme. Des tracts circulent. (Voir notre chapitre La Bavière.) On déniche, au château de Bielau, près de Neisse, une agence de nationalistes et d'anciens officiers monarchistes : tous ces gens ont des faux passeports et des papiers d'identité truqués. Le but de tous est de faire disparsdtre, les uns après les autres, les chefs de la République, « ennemis de la cause nationale » ^ . Cette association occulte compte des individus au service du gouvernement. La municipalité de Berlin fait enlever de la salle du Conseil les portraits des HohenzoUem, mais on vend partout la reproduction du monument « Abandonné de l'Univers », œuvre du professeur Bberlein, où l'on voit Guillaume II, assis, la tête appuyée sur la main, mélancolique devant son manteau impérial déchiré.

z. Les detiz prochaines victimes désignées étaient le chancelier Wirth et le ministre Bathenau.

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