‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 45 sur 92 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

« 4.. I,es terribles HtMigrois... avmient impoié au roi dt Gertnaiiiê iihe tr«ve et tin ttaitè... CHui-cl aoaU i>rofiU de ta tlrtHe pém Imfér le âMémé an Slucêns, pom extnm ta emtaiêHë têatu Its totémois, p<mr aguerrir sft ioldais... La septième année, au liia du ifitnU orMiMt, U fii femeH^e à ÉMàH^ HU WArptd, km chien galeuM, -oreilles tt fueuê câupéêt. Deux armées hongrolMs «titrèfeiit ta Ottthaidé : HenH les attëiéùlt à Mer«èbur^: d y tttft $êA)oo coiiemls. VaitsiTcnsite de cette victoire iigaaiéc se cél^e encore aujourd'hui... »

{Hiêtoirt du moyen âge, du R. P. Gâzsau, page 203, y* éAtion. — Paris, Baltenweck.)

« Nous avons déjà avancé à l'Allemagne, sur les réparations, )5 ittUUaids t^td tàai, à il* p<mt cent, d<tt< ttUliardft d'Intérêts par an. Noos en sommes à attendre ces deux millisfdà. JOiè |Mii ! Belle opération ! »

(V Action française, 13 octobre 1920.)

En ce tome deuxième de notre ouvrage, il appardt que le chapitre VII, relatif aux indemnités dues par les Allemands, pourrait occuper une place si prépondérante qu'à la fin il absorberait en lui tous les autres chapitres. Le problème de la victoire et de la paix repose, de plus en plus, touti entier sur lui. Son importance est telle que toutes les autres questions, même les plus graves, deviennent, si on les lui compare, d'un intérêt presque secondaire. On a pu juger dans U Allemagne devant le traité à quel point la dette allemande envahissait la politique générale intérieure du Reich et commandait ses relations avec l'extérieur. Le traité de Versailles est et restera toujours une affaire de droit, de justice et d'hon*

Lg CHAPITRE DES INDEMNITÉS 149

mm, mm», à le considérer «qus 8cm aspect réaliste, c'est use affaire d'argot. Si TAllemagiie ne paye pas, il n'y a pcônt de traité* Si eUe esquive ses obligations « de caisse ï*, ^e n'a pas été battue. Si les Alliés, et notammmt la France, ne réussissent pas à obtenir leur dû, ils courent le risque des banqueroutes. Telle est la conception qui s'imposera avec évidence pendant la période que nous allons étudier, et qui, très vraisemblablement, conservera la même valeur positive, le même caractère matériel, en marge de toutes les spéculations idéales des « constructeurs de la paix », jusqu'à la réalisation ou à la faillite du dernier article du traité.

Sans antidper sur ces temps futurs, reprenons où nous l'ayons laissée, en septembre 19^0, à l'heure de la Conférence de Bruxelles, la thèse allemande, articulée fermement dans tout l'exrBmpire, et dont l'objet est de différer les délais de versemaits prévus le 28 juin 1919. On dit à Berlin, et partout de l'autre côté du Ehin : « Nous ne pouvons payer. Si vous voulez nous y forcer, ee sera la débâde pour nous, et pou^ vous la ruine. » Nous considérons cette dédaration, à ce moment, conune systématiquement pessimiste et faite plutôt pour nous intimider que pour donner une juste idée de Tav^iir financier de l'Europe. En quelques mois, — si nous ne sommes pas aveuglés par l'obstination du rentier cm du créancier qui « veulent toucher », sans phrases et qui ne voient pas plus loin que la date de l'encaissem^it, — nous reconnaîtrons

bien que la mauvaise volonté allemande, les échappatoires du vaincu, ses ruses et ses lourdes malices, nous mettent, quoi qu'en puissent penser les a jusqu'ai^otifisUs » des représailles, en présence d'une situation infiniment compliquée, telle que l'application des plus sévères sanctions pourrait bien avoir pour conséquence de nous entraîner sur la pente prévue par le payeur récalcitrant.

Eaut-il donc qu'il ait raison, cet Allemand de mauvaise foi qm mvoie sa fortune dans des banques étrangère^

pour la soustraire à notre Intime saisie? Faut-il que la victoire des armes soit continuée par la défaite des Commissions de Réparations, et que, devant le non possumus germain nous trouvions plus de difficultés à ciilever la position que n'en trouvèrent nos poilus à passer enfin la ligne des tranchées et à poursuivre le fddgrau de Guillaume II ? C'est le grand X des quatorze mois dont nous allons faire l'examen ici.

Les Allemands, en octobre 1920, aimeraient que fût réunie une Conférence « pour régler le problème des réparations ». Leur offensive a échoué à la Conférence de Bruxelles. L'Angleterre incline fort à accepter la thèse d'un forfait (fixation d'un chiffre total de l'indemnité) : nous estimons que nous courons le risque de voir nos dommages taxés au rabais. Le traité de Versailles a prévu l'évaluation de la dette par la Commission des Réparations, ainsi que la fixation unilatérale des chiffres définitifs par les gouvernements alliés. Londres et Berlin songent à dessaisir la Commission de ses pouvoirs d'évaluation et à instituer une discussion contradictoire entre les Alliés et l'Allemagne.

Si, la première fois que nos Alliés ont voulu nous entrsdner à violer le traité et à dessaisir lia Commission des Réparations, nous leur avions amicalement et fermement rappelé leur signature, et si nous n'avions accepté aucune convention dérogatoire, ils ne nous reprocheraient pas, aujourd'hui, d'avoir changé d'avis. I«a Commission^ des Réparations aurait su ce qu'elle avait à faire et elle aurait eu la liberté de se mettre tout de suite au travail. Contrairement à ce que disent certains journaux, elle aurait été en droit de fixer le montant de la créance, à la simple majorité (§ 13 de l'annexe II) ; et si l'Allemagne ne s'était pas exécutée, elle aurait pu également, comme elle l'a fait, l'autre jour, pour le charbon, inviter les gouvernements à prendre des sanctions et, au besoin, des gages territoriaux. On serait resté dans un domaine connu, celui du traité. On est, aujourd'hui, en plein maquis,

dit M. R. Poincaré, dans la Revue des Deux Mondes

f-E QW^FITHE DUS mpPMNITÉS I 53

la prooédiiir^ dés répf^r^tioQç, est étebU eotre la FrÉ«M!e efc rAugJeterre. Pes wgl<^ ^gnç <Mit été ftrrwdis i (m peut douç continuer à dif^ que VÉ^%mt§ îV'e§t p^ un va» iwt. y AU^Piftgfte, 4éçue, g énût gprèe avoir qîié et, cojôici^ce içuriwiB«, on aat^nd le Th^^^ ^ Bi^Uq, pf opwf r, — tm a4, jpur pouf jour, ftv&îit }g vipite de îîugp StioiM^ à I^ndres et ram^fc^ des pourparlers pour uu poratoriuQji, -r- que la quertîon d^ la Ô^j^atips de î'iujteuinité lioit ajournée à plusifHir$ auuéfis. 0 Propiç^ stupid^ »» 4isous*upu9 alprs, ^ pou$ ajoutoue « propos tpauetruaui^ » quaud, le 29 uovemï>rçi la FrçmkfurUr ZHt^ng parle de a la volonté ferme de oe coua^ntir aucune réparatiçu ^ ^>- I^e Courrier 4§ Hanovre ironise « la folk illusion des répa'ratiçns » rt îu^prise Vartide 331 '^ Aiusi »esurc«i6-nous rerreur de trop de f (ûblesBes : Conseil suprême da I/0ndre3 (12 février-s piai^) • e^ctension des délds accordés pour les propositions de paiement; pan Remo (19-2^ avril) : acceptation d'une Conférence directe des gouvernem^ts avec l'Allemagne sur les questions affectant le bien-être économique; Hythe (;5-i6 mai) : transfert, à des experts, des droits de la Commission des Réparations ; ç^gravatiou dis cette faute à Hythe* Boulogne (20-22 juin), à Bruxelles (2-3 juillet), « revisipns » de Spa (5-16 juillet), enfin, médiocre compromis franco-britannique du 11 novembre. Et l'on parle encore de conférer contradictoirem^t avec l'Allemagne ! On a écarté le forfait pur et simple, on y revient par des chemins obliques. On réimit à Bruxelles des délégués alliés et allemands (voir U Allemagne devant le traité, paragraphe Conférence de BruxeUes) : l'Allemagne offre, pour une large part, de réparer « en nature », mais nous demande de nomt^reu^j: adoucissements du

1. X<e 35 décembre 1920, au lendemain dél a Coalérence de Bnixtlles, la Frttnkfmttr ZêiiuHg, commentant les c prétentioBS w des Alliés, écrit : « ^st-û nécessaire de discuter sérienscment ce sadisme? »

2. 1 I«es gouvernements alliés et associés déclarent et FAffmtUfff ttfiÇfHt^tt ^P9e l'AUemagne et ses Alliés sont responsables, pà^ UjÊÊÊUÊMt^ i^ toutes l«s pertes et de tous le? douMaane^ mw» pw Icj M«fH ^^™'^" *^ et lewB paiiooai);^ » aottféoaeiMsc de U fui^nit ^fflm^ §

4ê rAtUmagnt et de sa Alliés, * (Art. 231.)

traité : « Certes, constate M. A. Tardieu ^ , le traité affirme le principe des paiements en nature, mais il y a lieu de considérer les difficultés d'application (variation des prix, modalités de livraison, etc.). « Jusqu'à ce jour, ces paiements (en nature) ont donné des résultats qui se chiffrent au minimum par 12 milliards de marks. » (Tardieu.) Il serait bon désormais d'arrêter les moyens de nature à les régulariser. Les experts français s'en préoccupent et estiment que, sous cette forme ^, pourrait être versé, pendant cinq ans, l'équivalent de 3 milliards de marks-or par an. Pendant ce temps, on se hâterait de régler le problème des réparations dans son ensemble. Mais le gouvernement allemand ne veut pas s'engî^er à payer les 3 milliards de marks-or par an (17 janvier), et ne propose officiellement aucune somme. Il voudrait bien plutôt voir fixer dès maintenant le total de sa dette : ce serait le triomphe du forfait. Il dit avoir déjà payé environ 22.000.000.000 de marks-or '. « Les

1. VHomme librt, 15 janvier 1921. — (Art. 233, 235, 236, { a de l'article 12 de ranncxe II de la partie VIII ; art. 19 de la même amiexe ; art. i*' de Tamicxe m de la partie VIII; art. s de la même amiexe; art. x*' de l'amiexe IV de la partie vni; art. 4 de la même amiexe; art. x*' de l'amiexe V de la partie VIII; art. X*' de l'amiexe VI de la partie VIII; art 7 de la partie VIII.)

2. livraison de certains produits, fabrication d'objets manufacturés, prélèvement sur le prix des commandes passées en Allemagne par des Francis non sinistrés, prélèvement sur le prix des marchandises vendues à rétxanger par divers s]mdicats allemands de producteurs.

3. Cette somme est ainsi déocMnposée jusqu'au 30 décembre 1920 :

El lillMis de urks-«r.

Matériel de chemins de fer x .500

Mines de la Sarre x .000

Biens domaniaux (propriétés, concessions, intérêts, etc.) dans les territdres enlevés à l'Allemagne, en dehors de l'Alsace et de la Lorraine, et cédés à la Pologne, au Danemark, à la Belgique, au Japon, à la Chiney

ainsi que dans les territoires à pléUsdte 4 .500

Navires de commerce 7 .300

Remboursement des frais d'ooci^Kition militaire x .300

Charbon 500

Achat de vivres et matières premières. 3.000

Cftbles allemands 93

Butin de guerre non militaire 3 . 700

La Commission des Réparations, sans chiffrer le montant total, fixe «n d'autres termes ce que furent exactement les réparations et restitutions à la date du 31 décembre 1920 (voir Annexes).

3 milliards de prestations consommeraient notre ruine ^» M. Gabriel Hanotaux, dans V Intransigeant du 22 janvier, avertit le débiteur évasif :

Si l'Allemagne ne se décide pas, si elle ne veut pas, si eUe ne s'exécute pas, alors, elle déchaînera fatalement les événements dont, fatalement encore, eUe sera la victime. Car, tout de même, elle est battue, elle est désarmée, eUe est à terre. Ce n'est pas dans ces conditions qu'elle gagnera la partie qu'elle a perdue, après une entreprise inouïe, formidablement préparée, en 1914-1918.

Elle ne gagnera pas la partie, mais comme elle sait bien la jouer ! Nous aurons recours aux sanctions ? Mais comme elle a du talent pour nous prouver que nos représailles ne nous permettront pas de cueillir le fruit mûr de la victoire! M. Briand (le 21 janvier) repousse le forfait « transaction pour obtenir des avantages immédiats^ ». Nous voulons des paiements pour le temps présent, mais nous réservons nos droits pour l'avenir. L'Allemagne ne se décidera à payer \m peu, dit-elle, que lorsque nous lui aurons assuré la conservation de la Haute-Silésie. Si die nous envoie des ouvriers pour les régions dévastées, ce sera, déclare- t-elle, «un présent magnifique ». Généralement parlant, elle fait dire, le 25 janvier, par M. Simons, son ministre des Affaires étrangères : « Nous renoncerions, après tout, au forfait, si les Alliés allégeaient sensiblement nos charges. » C'est la chicane sous sa forme la plus vague et pour ajouter à l'indétermination du problème, qu'essaye de résoudre la Conférence de Paris (voir L'Allemagne devant le traité). On nous manœuvre de toutes manières, tandis qu'au budget de la France, pour 1921, sont inscrits « 16 milliards à recouvrer sur l'Allemagne », et pendant que le Reich offre à de grandes affaires, en Roumanie, en Tchéco-Slovaquie, en Hongrie, des milliards de marks. Le 29 janvier, le Conseil suprême aboutit à ces conclu-

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