‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 46 sur 92 · X. Berliner Tagéblatt, 19 janvier · texte numérisé non relu

X. Berliner Tagéblatt, 19 janvier

2. « Forfait d'amputation », dit M. A. Tardieu à la même séance de la Chambre des doutés.

sious : on demandera à TAUemagne i6 milliards de marks* or en 5 aiuiuités variait de 2 à 5 miUiarâf ; f 93 milliards de marks-or en 37 annuités de 6 milliards et m pr^lève^ ment de 12 % sur ses exportations ^ . « Exigences usuraires et malpropres », fulmine le BepUner Tagêblaii. « Impérialisme $pai^çier ! » déclare la Gazette générée de l'AUemqgne. "Bft pointant nous ne faisons que d'adapter nos revendications aux chances de développement du pays délateur où le comte de Brockdorff-Rantzau disait, le 29 mai 1919 : « Notre gouvernement se rend bien compte que, pendant des générations, le peuple aura à supporter des charges plus lourdes que tout autre, pour remplir l'obligs^tion de réparer les dommages. »

I^e 6 février, arrivent à Paris 24 tonnes d'or, envoyées par la Rdchsbank, marks allemands et livres turques représentant une valeur de 197.500.000 francs^ (exécution des paragraphes i et 3 de l'article 259 du traité). Ce n'est encore pas avec cette somme que « tous les Français vont devenir possesseurs d'un capital de 35 à 60.000 francs par famâle » (Taeglische Rundschau). Sous une autre forme, c'est un peu le langage du chancelier Wirth, devant la Chambre de commerce de Brème (février 1921) : « Une ivresse de milliards a saisi l'Entente. » C'est quelques jours avant la Conférence de Londres (voir V Allemagne devant le iraiié) et le vice-chancelier Heim fait chorus : « Le voyage à Londres n'est pas une soumission aux ordres de M. Briand. Nous y allons écarter ime servitude définitive. » Imprudente parole. Ce qui est certain, c'est que l'Allemagne doit payer, au i«' mai 1921, 20 milliards de marks-or (dont 8 milliards et demi environ sont payés'). Ce qui n'est pas douteux, c'est l'état des réclamations des puissances alliées et associées à la date du 12 février

X. Soit, en quarante-deux ans, asO milliards marlcsHur, plus le prélèrement de 13 % sur la valeur de ses exportaticms, la part de la France restant de 52 %. (Voir, au sujet de cet accord Interallié (Annexfs). la déd^fatiap faite par le gouvernement français, le 3 février 1931.) ' '

a. ï^tB AUem<nd^ prétendent pourtant avoir payé la totalité des sq p;i|l|||rdi I

1921 ^ On discute oepQ&dâAt si peîfideinâit à Londtes, que nous prenons nos gages, par une occupation de la $ûifë, le 8 ifiârs. Nous Soâlines disposés à aller plus loin, le I*' mai, puisque (20 mars) M. Simons persiste à dire que sa patrie me peut plus payet ni sut ses expoitatiotis, ni sur son capital.

Or le bttdget aUematid î»évt>it, pbtxt l'tatttdct cil coufs. ulie tècèttè totale d*i2tit)6ts d'éiilriroû 36 milliàtdd de maiks. Ijéè dix dotiiiêitied de cette Sfmmt ttpté&eûithâeht tth pcti iHtAos 6t 32 milliards. Ot, le ttésot all^îttlaild a petçu, durant les dit pt^ïîùtr& nloiâ de Texerdce, 3i milliards i/s ehviton. On Voit qîi« les cmittlbuablâs âllemaiids ont r^ris l'habitude de pajrer*.

t. £tâtfifùv]«oirteti&tt«iiââ]itr«uttènâ6flld«ifd4flfl(!tiiiada.Voidl«Bdiift^ pour la Fndioe :

t. — bommagii auk hiéfU.

A) ^ûÊotaâgfa itfdnsttiels.. . « iêMt.^tt. 4y^

B) — à la DTopriété bfltie 36.89t.soo.ooo

C) — BKA^lkn.... 25.1x9.560.000

D) — à la propriété ma bftiic st. 6y t. 946.115

H) — aux bienà de 1 Etat • 1.958.2x7. 193

F) — aux M^tlt piiblksi s.5is.<99-4s^

6) Autres dommages t.S59.86«.ooo

Dot&majféâ màHtmieâ 5.009.6x8.^22

Spécial.

Algérie et Cèlonics to.7to.odo

Arétmurar * 2.094.815.000

Intérêts a 5 % sur le principal (33 milliarcls eu chi£Frts roaéii eatre le xt aOYètnbre 19x8 et It t** mai tgiti èoit treat«

mois en chiffres ronds) 4. 125. 000. 000

lit — » Dammt^M mux ptrsotmts*

A) Faisions militaires et compensations dt même nature é . 60.045.696.000

B) Âiiocatiofis &ti± (axiiliiêâ de» mobilisai 12. 9^6. 956. 824

Civils,

A) i^ensions accordées aux victimes de la guerre et â leurs

ayaau drdlt , 5x4.465.600

B) Mauvais traitements infligés aux dvils et aux prisonniers dé gtierte.... t. 869.230. 000

C) Assistance fournie aux priMnâiers et guerre tt A letlrs

familles 976.906.000

D) laitiiBiaatftf 4e saidltes^.» , is3.xi5.3x3

E) Exactions de TAllemagne au détriment des populations

dviles 1.267.6x5.939

toïAt OfiMÉRÀL Fr. izS. 54t. 596. 120

2. ifout le budget allemand est truqué» co^rend beaucoup de dépenses iautilts ou qui auraient dft être réparties sur plusieurs exercices. I^ sommes sont toutes

« mÊêm • et le total dts ûépmtMÊ pttvncs à plua de tte tniliiâtâs ^(mtéit être réduitd'aaMiitMriLCacaïaôiiâageaétlpréstttléftiillêiASialfjie tf ottobretQto

Et le Temps (21 mars) d'ajouter :

A qui fera-t-on croire que le comnRrce aUetnand ne peut pas supporter une taxe d'exportation, quand cette taxe existe déjà sous deux formes : zo le droit perçu par le ministère des Finances (recette prévue pour Tensemble de l'exerdoe : 700 millions; recouvrements effectifs des dix premiers mois, 968.409.995 marks) ; 2*> le drcût perçu par le ministère de l'Économie nationale (recette prévue pour l'ensemble de l'exerdce, 392.600.000 maries; recouvrements effectifs des dix premiers mois, 907.019.863 marks). Pendant l'exerdce précédent, le second de ces droits existait seul, et il n'avait produit, pendant les dix premiers mois, que 437 millions environ. Cette fois-d, en dix mois, les deux droits réunis ont fourni un peu plus de 1.875 xnillions. Et chacun sait que les exportations allemandes, tout en portant cette charge plus que quadruplée, ont pris en 1920 un brillant essor.

Une un de uon-recevoir ne peut donc être par nous que... mal reçue. La Commission des Réparations exige un milliard pour le 23 mars : on le lui refuse ^ et l'on fait connaître que nous ne devons rien espérer pour mai. Nous ne pouvons que répondre par une menace de sanctions. M. Léon Bourgeois estime à 10 milliards de marksor nos dépenses d'occupation entre le 11 novembre 1918 et le 1^^ mai 1921. L'exercice des droits du vainqueur nous coûte cher ! Prendre des hypothèques, des nantissements, des gages, sur les impôts, biens domaniaux, mines, chemins de fer du Reicti? Résolution héroïque, comme dirait M. R. Poincaré. Mais ne nous trouverionsnous pas en présence de profonds déficits, ne déch^nerions-nous pas outre- Rhin des cataclysmes financiers? A quoi nous servirait notre récolte de marks? A acheter des marchandises, c'est-à-dire à concurrencer nos industries. Ainsi disent certains qui n'approuvent pas sans réserves la manière forte. L'organisation de la barrière douanière sur le Rhin se fait difficilement.

Sera-ce le raisonnement ou la peur qui convaincront à

par le ministre des Finances. « I«e budget d'exécution du traité de paix est le meilleur moyen d'agitation dont le peuple allemand dispose. Il doit être répandu par milliona d'exemplaires dans le monde entier. •

X. « I^ milliard mark-^ est bien à la banque d'Empire, mais c'est une propriété privée qui ne saurait être confisquée. » (GaxeUe ginlraU éU rAUemëgite')

la fin TAllems^e? Bien qu'elle le prenne d'assez haut, en avril, elle n'est pas entièrement tranquillisée : le i^' mai l'inquiète. Elle entend dire à l'étranger (Daily Express) que les Alliés pourraient mettre en adjudication les mono* pôles sur divers produits allemands, que des sociétés financières interalliées, de même, assureraient l'exploitation des chemins de fer et usines du Reich (Daily Chronicle). Elle voit se réunir, à Berlin, des banquiers qui discutent un projet dé prélèvement sur la fortune; afin de procurer des recettes en vue des réparations ^ Et elle cherche un biais honorable, si l'on peut dire, au moins aussi peu onéreux que possible, pour esquiver le risque menaçant d'une occupation de la Ruhr. Un instant, elle songe à un emprunt international, à un projet de reconstruction des régions dévastées, à une reprise d'une partie de la dette des Alliés envers les États-Unis^. Le 19 avril, la Commission des Réparations la harcèle, en lui faisant savoir :

Qu*à titre de sécurité et de garantie, elle a décidé de demander au gouvernement allemand de transférer immédiatement, et avant le ler m^ 1921, aux suQCttisales de la Rdchsbank deCologne et de Coblentz, la totalité de l'encaisse métallique de la Reichsbank. Cette encaisse pourra continuer à figurer au biùn de la Reichsbank, mais le gouvernement allemand ne pourra pas disposer d'aucune partie de cette encaisse, sans autorisation de la Commission des Réparations.

Elle renâcle. Au reste, ne parlons-nous pas trop tard ? L'or de la Reichsbank est-il toujours à Berlin ? Toutefois, son gouvernement se déclare disposé à prendre, avant le !«' mai, toutes mesures pour prolonger, jusqu'au i®^" novembre 1921, la disposition de l'article 248 du traité, interdisant l'exportation de l'or. En tout, on cherche à

X. Vindustriel allemand Arnold von Rechbetf > rival de Stinnes, propose d'attribuer à TEntentc le tiers de la fortune mobilière allemande, pour intéresser directement les Alliés à la prospérité germanique. L'auteur du projet assure, et on le croit sans peine, que le rendement serait bien supérieur à celui des accords de I/»dres. Von Rechbetg est, à ce propos, violemment attaqué par la presse du Rdch.

3. Ce serait un marché de dupes, estime le Temps du 34 avril 1931. Bertin nous dirait ensuite: « Je ne suis plus votre débiteur. Évacuez donc la Rhénanie, rappelés vos ofigancs de contrAle, »

l60 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TflAITÉ DE PAIX

gagiler du temps. « VAUtmàgnt pt^abte % dit le Temps, Slle prépare de notiveUes propo^tiotid qu'elle va eâvdyet à Wàshkii^toû. HUe voudrait que les Êtats-t^niS demandent au3t Alliés de surseoir au projet d'occupation. Le 27 avril, ou sait que les offres souuiises à l'appréciation du présideut Harding sont manifestemeut iusuffisauteé auk yeux des Alliés. NoUs agirons doUc. L& Commission des Réparations fixe à 132 milliards de marks-or^ le montant des dommages dus aux termes de l'attlde 23a, 2® alinéa, et de l'annexe i à la partie VIII du traité. On sait qu'à LondreSi des entretiens interalliés ont pour eâet de différer de quelques jours l'application des sanctions ^. Le t^ mai nous allons saisir;..... l'Allemagne cède.

Bst^ce le point final ? Non, assurément, mais c'est une victoire d'un jour. Le gouvernement allemand vetsè 150 millions de marks-or et, avant fiu mai, il temettra 830 millions en bonë sur le Trésor (effets à trois mois avalisés par des banques allemandes agréées ou eu traites sur l'étranger approuvées par la Commission des Réparations^). Le 30 mai, les S50 millions de marka*or scmt ctt effet versés eu bous sur le Trésor.

Page 1